PRÉFACE LVII
çais aux Français pour les tourner contre la France. Elle se sert des Albigeois et des Camisards, des Baqaudes et des Templiers, de la Sainl-Barthélemy et des Dragonnades : ces incidents, ces accidents, ces antiques blessures vile cicatrisées par le bienfait des hommes et par la fortune du temps, on y insiste, on les avive, on y verse le flot acide et bouillonnant de nos divisions d'aujourd'hui, on s'efforce d'y retenir l'attention pour mieux rejeter dans l'oubli les âges de paix et d'union qui précédèrent et suivirent. Il n'est plus question de l'ensemble de notre passé, mais uniquement, selon la pénétrante expression de notre ami M. René de Marans, de nos « schismes * ». Académicien ou maître d'école, qu'il soit M. Lavisse ou M. Devinât, l'adversaire ne méprise rien de ce qui peut devenir instrument de la division de la France; il le choisit aussi tranchant, aussi affilé que possible. Tout le spirituel du régime républicain s'acharne à faire fonctionner ce grand diviseur. Le patriotisme guerrier, tant exploité en certains cas, est complètement dédaigné aussitôt qu'il est présumé capable de faire oublier les précieuses séparations insti-
1. Rapport sur le concours du Manuel d'histoire de France, {Revue d'Action française, du 16 juillet 1908).