D'après la Gazelle de France des 1er et 2 mars
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seulement ils consentaient à se donner la peine de réfléchir, si, au lieu de se résigner à se laisser conduire par l'humeur de leurs troupes, ils songeaient à leur imposer la direction utile, l'impulsion réfléchie.
Mes amis, nos amis les nationalistes français, prendront-ils nettement parti pour la défense religieuse? Ou, sous prétexte que le salut de la patrie n'est pas clairement ni directement engagé dans l'affaire, s'abstiendront-ils? Ou la seconderont-ils avec mollesse? Ou même iront-ils jusqu'à désapprouver et blâmer? Je n'oublie pas que les journaux nationalistes ont donné, ces jours-ci, avec un ensemble parfait, en faveur de notre énergique ami le général Récamier et des braves jeunes hommes qu'il avait su grouper. Ils ont dignement publié, commenté et loué les actes et les paroles du général, ils ont applaudi à sa ferme défense, ils n'ont pas omis de souligner comme il convenait l'espèce de terreur qui a saisi le tribunal républicain devant ce vétéran de la défense nationale, officie:' général du cadre de réserve et commandeur de la Légion d'honneur; ce tribunal qui n'a pas osé prononcer une condamnation trop dure, mais qui, par une égale peur de ses maîtres, — juifs, protestants, maçons, métèques, — n'a pas osé davantage acquitter tout net. Réduit à la cote mal taillée de la condamnation avec sursis, le tribunal a donc subi en frémissant la nécessité morale des circonstances et leur loi que la pudeur publique lui imposait, mais il s'est vengé en
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« salant » — comme l'on dit, je crois, dans ce jar* gon — tel et tel des plus jeunes compagnons du général, et en particulier René d'Aubeigné, blessé au front dans la bataille et juridiquement frappé de quatre mois de prison sans sursis ! La presse nationaliste s'est montrée équitable envers René d'Aubeigné. Elle l'a salué comme il le méritait et, en vérité, comme s'il n'eût pas été Catholique croyant et pratiquant, comme s'il n'eût pas été royaliste à' Action française.
Ii me plaît de vous signaler cette attitude décente parce que différents symptômes permettaient de craindre que l'on ne s'y tînt pas. Trouvez-vous que, dans ce monde et dans ce milieu, on ait été je ne dirai pas généreux, mais reconnaissant, mais équitable envers ce noble Bernard de Vesins? La Libre Parole et Y Intransigeant ont été parfaits. Mais eux seuls. 11 me souvient même de certaine note des Comités nationalistes de Versailles déclarant sèchement qu'aucun membre de leurs groupes et formations n'avait pris part à là défense de l'église Saint-Symphorien. Eh bien ! tant pis pour leurs formations! Tant pis surtout pour les rédacteurs de ces notes malencontreuses! La ville du grand Roi jouit d'une représentation législative et communale qui affiche autant de nationalisme que de libéralisme ou de libéralisme que de nationalisme. Je lui souhaiterai, en sus de ces beaux titres, une chose plus belle, qui est l'esprit politique. Ces citoyens de Versailles, ces fils directs dé la pensée unitaire du grand monarque,
devraient avoir un sens plus net et plus concret de l'unité des choses de France. Vesins a témoigné qu'il le possédait, ce sens-là ! Et l'avenir se chargera de démontrer que les plus brillantes qualités personnelles ou collectives sont fatalement annulées chez ceux qui ne conçoivent point l'intime cohésion et la liaison rigoureuse de certains sentiments, de certaines réalités : de la religion traditionnelle par exemple et de la réalité nationale. Celle-ci, celle-là, sont attaquées ensemble. Si vous vous obstinez à les défendre séparément, vous expierez votre division avant peu.
Les catholiques, i! y a huit ans, ne commirent pas cette faute. Bien rares ceux d'entre eux qui. voyant l'armée attaquée, n'essayèrent pas de la doubler des forces de l'Église. Gomme tout juif, tout protestant, ou peu s'en faut, se prononça pour Dreyfus et pour l'anarchie, tout catholique, ou peu s'en faut, se déclara servant de l'ordre, de l'armée et de la patrie. Assurément, on n'eut aucune incorrection ni aucune imprudence à reprocher au clergé; jamais il ne s'est moins mêlé aux affaires politiques; son opinion dans la grave et délicate Affaire se manifesta à peine : mais son sentiment ne fut jamais douteux. Le P. Didon n'hésita point, dans un discours célèbre, à affirmer la juste et sainte alliance du froc et de l'épée, du corps des officiers et des Congrégations religieuses,
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et le P. du Lac supporta héroïquement toutes les conséquences de cette association de mots et de choses, dont il fut le bouc émissaire.
Nationalisme, Catholicisme, furent donc alors, pour tous, des termes, non équivalents, mais correspondants et symétriques. Sabre et goupillon eurent l'honneur de se rencontrer dans les mêmes insultes. C'est grâce à cette union étroite, issue de la nature de la Fiance et conseillée par l'esprit français, que, dans une forte mesure, l'invasion étrangère put être repoussée, la vraie lumière faite et la vraie justice rendue. L'ennemi a bien pu s'emparer du pouveir. Il n'a pu réussir à purifier les origines de ce pouvoir. Il n'a pu s'emparer de l'opinion publique. Dreyfus reste Dreyfus : le traître. Le président Loubet qui l'avait gracié a quitté l'Elysée sans que son favori ait tlé réhabilité *. Voilà ce qu'a pu obtenir, sur le terrain patriotique, une opposition désunie et en lutte perpétuelle contre elle-même. L'immense majorité des catholiques avait compris qu'il s'agissait pardessus tout de sauver la patrie, si l'on pouvait, et tout au moins de bien mériter d'elle : un commencement d'union a pu avoir lieu, par là il a pu se produire une ébauche d'action, un linéament de victoire.
11 serait honteux qu'après ce précédent les na-
1. Il n'a été réhabilité, depuis, que par un crime d'État qui a rendu sa condition plus misérable encore. — Noie de
lionalistes pussent songer à faire défection ou à manquer d'entrain dans une nouvelle bataille. Des alliés jadis secourus qui oublient de secourir, quand leur tour d'agir est venu, se rendent à jamais indignes d'alliances ultérieures. Ils se perdent en s'isolant. Que ceux-ci ne m'allèguent point l'incommodité de terrain! Pour tout nationaliste un peu réfléchi, le terrain n'aura pas changé depuis 1898. Le terrain est le même, exactement. C'est encore et toujours le terrain national. Il est vraiment fou d'en douter. Oui ou non, cette guerre religieuse dont on peut ne voir que les mobiles spirituels, mais dont un homme d'État doit considérer les effets pratiques, oui ou non cette guerre engagée pour le spirituel engaget-elle le temporel de la France? Oui ou non, produit-elle une guerre civile? Fait-elle, oui ou non, de la France entière une émeute? Fait-elle, oui ou non, couler le sang français sous des balles françaises? Et ne divise-t-elle point, non seulement le pays, mais l'élite, la force, la garde même du pays, cette armée que tous les efforts des patriotes de tous partis s'appliquaient autrefois à serrer, à unir, à maintenir compacte autour du drapeau lumineux? Toutes les diversités de la conscience nationale se conciliaient autrefois devant ce symbole de l'unité française. On les fait se déchirer à son ombre.
Oui, oui, c'est devant le drapeau, c'est au iront de la troupe que les chefs sont « forcés » de prendre un parti personnel et de manifester la décision
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de leur loi religieuse. « Forcés » est bien le mot. Je ne l'ai pa3 trouvé. J'en dois la découverte et le premier usage à un connaisseur excellent des choses de l'année, notre confrère M. Charles Malo. M. Charles Malo a très hien observé, dans le Journal des Débats, que le3 officiers catholiques ont été « poussés » et « forcés » à désobéir. M. Malo en fait remonter la responsabilité à un souspréfet, qui, par un bon hasard, s'appelle Ottenheimer (comme le principal collaborateur de la loi Briand au Conseii d'État s'était appelé Grunebaûm, ce qui veut dire en allemand l'arbre vert) Il est fort naturel que les révoltes les plus vives du sentiment religieux soient «orties des excès de zèle, des gaucheries, des maladresses de détail de quelques fonctionnaires plus particulièrement pénétrés de l'esprit de la Loi, de l'esprit du régime. Qu'est ce à dire? et qu'est-ce que cela signifie?
Eh I comprenez-le donc ! Il a été promulgué une législation telle que des serviteurs du pays, irréprochables jusque-là, en 3ont poussés, en sont forcés à la révolte 1 Telles dispositions ont été prises par le pouvoir, telles mesures édictées, que la police et la population en sont réduites, en sont poussées, en sont forcées d'un bout à l'autre de la France à se prendre au coHet ! Cette loi, par son texte et son application, par sa tendance et par sa direction certaine, jette dans le pays un trouble. Ce trouble diviseur, ce trouble énervant et sanglant loin d'être combattu par la loi et par le pou-
voir, auteur de toute loi, c'est ce pouvoir, c'est cette loi qui le déterminent ! Et la paix, et l'union, et l'ordre public, se trouvent donc ainsi trahis par leurs gardiens. Les écrivains qui ne savent pas comment l'esprit nationaliste pourrait prendre parti en un tel conflit national sont de bien terribh s aveugles. Ce parti, votre principe vous l'indique bien clairement : le principe nationaliste décrète de haute trahison le gouvernement qui morcelle et dissout le pays.
La trahison serait trop claire en tout temps et à toute époque. Naturellement et honnêtement, jamais cabinet, président, roi, empereur, pouvoir public ou pouvoir occulte ne créa de gaieté de cœur, en aucun pays, sauf dans l'intention de le perdre, un pareil état de tension, de malaise et de violence. Mais aujourd'hui, en cet hiver 1905- 1906, cette initiative réunit tous les caractères du crime ou de la folie. Nos amis de la Ligue d\<4ciion Française ont signalé dans leur dernière déclaration l'empressement avec lequel MM. Sonnino et Sacchi, du nouveau ministère italien, anticléricaux avérés l'un et l'autre, avaient démenti les projets de législation anticléricale qui leur étaient prêtés. En Italie où règne un souverain excommunié, à Rome capitale de la maçonnerie autant que du catholicisme, repaire des grands juifs, où l'infiltration protestante a revêtu les formes hideuses du libéralisme, l'intérêt national a suffi à faire comprendre que l'état de l'Europe commandait d'éviter a l'intérieur du pays toute
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dissension. En revanche, nous connaissons, à merveille, grâce à un instantané du Matin, dans quels sentiments MM. de Radowitz et de Tattenbach, membres de la Conférence d'Algésiras, apprirent la nouvelle des bagarres de Sainte-Glotilde. Ces messieurs souriaient ou riaient franchement1, sans doute aux avantages que leur promettaient nos querelles. Avantages moraux immédiats, puisque nous nous diminuions devant les diplomates qui représentaient l'Europe à la Conférence. Avantages matériels qui, pour être futurs, n'en reposaient pas moins sur des calculs sérieux, réalisés depuis. Il n'était pas besoin pour les Allemands et pour tous nos divers ennemis en Europe d'être grands logiciens pour tirer quelques conclusions intéressantes des prémisses posées dans les journées de Sainte-Clotilde, de Saint-Roch et de Saint-François-Xavier.
— Si, devaient-ils songer, si la classe qui fournit à l'armée française le plus d'officiers se bat contre
1. « Il faut voir rayonner à l'horizon deux ministres allemands ! Le profil de M. de Radowitz témoigne d'une intime et profonde satisfaction goûtée avec lenteur, savourée avec force, comme à la nouvelle d'une grande victoire calculée et prévue, mais enfin qu'on avait attendue jusque-là. Quant à M. de Tattenbach, sa béatitude intense s'épanouit très franchement dans un large sourire. » {Déclaration de la Ligue de l'Action française, 14 février 1906)
l'armée qui envahit les églises et tout en criant de son mieux « vive l'armée » 1 lui dispute le parvis et le sanctuaire, il est à penser que le corps des officiers commandera cette besogne sans entrain, il se trouvera même des circonstances où il pourra refuser de le faire, et ce sera un nouveau germe de dissension j- té dans ce corps. Ce que l'Affaire Dreyfus, l'expulsion des Congrégations et la délation auront commencé, l'inventaire des biens d'églises le continuera. La confiance entre égaux se relâchera. Puis, de chefs à soldats, que deviendra l'obéissance? Viennent quelques nouvelles grèves de Limoges ou de Brest, les soldats en seront plus disposés à mettre la crosse en l'air; peut-être aussi tels officiers de l'autre bord à favoriser, soit sous main, soit ouvertement, la Révolution. Ainsi poursuivaient nos bons ennemis d'Algésiras et d'ailleurs, ainsi mûrira pour la Prusse, pour l'Italie et pour l'Angleterre, le beau fruit de la France en décomposition ! Ainsi la tulle religieuse et sociale, en consumant ce peuple à l'intérieur, abrégera, simplifiera les opérations à mener du dehors. Bientôt peut-être n'y aura-l-il plus qu'à s'approcher pour le cueillir : alors une simple promenade militaire en verra la fin...
... Mais qui osera dire que ce calcul des effets certains de toute guerre religieuse remonte seulement aux premiers jours du mois passé? Qui ne
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sait que ce calcul-là, Bismarck l'a fait en gros voilà plus de trente-cinq ans? Le détail, qu'il n'a pas prévu, d'autres plus rapprochés, contemporains des origines de la loi Grunebaum-Briand, l'ont pu faire certainement, et ils l'ont fait. Comme les conseillers de la reine Victoria machinaient l'Affaire Dreyfus pour arrêter Marchand dans l'est de l'Afrique, les conseillers de Guillaume II ont suscité le mouvement anticlérical et séparatiste pour arrêter l'effort de nos diplomates et de nos soldats au nord-ouest africain. Au furet à mesure que la crise s'accentuait, que la situation se tendait entre les puissances européennes, nos anticléricaux et nos révolutionnaires, nos séparatistes et nos antimilitaristes poussaient ainsi leur pointe dans Je Parlement et dans le pays. Au profit de qui? Et par quels moyens? Un ministre de la police qui serait patriote aurait, du jour au lendemain, les mains pleines des preuves que la coïncidence s'explique par des connivences et que les connivences se traduisent par un large afflux des subsides qui sont de tradition a Berlin et ailleurs.
L'or russe, l'or prussien, l'or autrichien, après l'or juif, ont préparé ainsi Je partage de la Pologne. L'or persan ou macédonien faisait de même les affaires des grands et petits rois à travers les Hères démocraties de l'ancienne Grèce. En 1882, nous avons vu l'or anglais aplanir au Parlement français toute difficulté dans la question d'Egypte et, quinze ans plus tard, les mêmes guinées opérer,
pour Dreyfus, contre le cabinet Méline-Hanotaux. Les pouvoirs étrangers qui se priveraient de ce moyen d'influence sur les gouvernements d'opinion, moyen pacifique, doux, conciliant et philanthropique, ces pouvoirs-là, à leur point de vue national, seraient jugés sévèrement dans leur pays. Leurs nationaux, dont ce procédé épargne le sang, leur font un devoir d'en user. Notre Constitution leur en donne tous les moyens. Que ce moyen ils l'utilisent, que ce devoir ils le remplissent, c'est la seule explication satisfaisante des désordres gratuits absurdes, sans raison et même sans prétexte, auxquels nous assistons dans notre pays. L'or étranger, l'influence, la volonté de l'Etranger, c'est l'unique racine d'une guerre de religion si opportunément ou inopportunément déchaînée. Il appartiendrait aux nationalistes de la voir et de la faire voir à chacun. Quelques journalistes adroits pourront, du reste, en s'avançant dans cette direction, relever des pistes heureuses. Ce n'est pas seulement en astronomie que la vérité abstraite certainement connue peut conduire à la découverte de faits concrets d'un relief très net, d'une éblouissante lumière. Il n'est pas naturel qu'un gouvernement se conduise comme notre gouvernement. Il est impossible que ses mobiles soient patriotiques et nationaux. Il est inévitable, il est nécessaire, il est fatal que l'Étranger ait passé par là. Cherchez, nationalistes : si vous cherchez bien, vous trouverez vite.
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Vous trouverez certainement si vous savez chercher. Et vous chercherez hien si vous savez vous affranchir du ridicule préjugé qui paralyse quelques-uns d'entre vous, toutes les fois qu'une question de catholicisme plénier se pose devant eux en France. Ce n'est pas le préjugé anticlérical proprement dit. Votre âme est assez libre, votre esprit assez fort pour comprendre ce qu'un clergé, en soi, représente d'autorité et d'ordre et ce que le clergé français représente de tradition, de services rendus, services collectifs impliquant, imposant une gratitude profonde de la communauté nationale. Le préjugé dont je parle est antipapalin. Il est hostile au Pape considéré non plus comme un souverain étranger, mais comme un étranger tout court.
« Cet Italien. » Quelle erreur de nomenclature ! Si notre nom de nation est la France, notre nom de civilisation est Latinité. Intellectuellement, moralement, à partir d'une certain niveau, une patrie est commune à tous les esprits latins, à tous les esprits romains et, par une extension aussi légitime que nécessaire, h tous les cerveaux et à tous les cœurs catholiques. Ce n'est pas de la religion, c'est de l'histoire. Ce n'es! pus du dogme, c'est de l'observation et de la science. On peut regretter ce lien, on peut désirer être d'une communauté humaine plus rétrécie, mais la vérité est que le
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monde ne s'est pas encore ratatiné à la misérable mesure de ce désir. Oh 1 cela nous viendra peutêtre, cela n'est pas encore venu. La nation française conserve sans doute et elle maintient, en durant, l'ordre et le développement de l'esprit français; mais cet esprit même se recommande par l'universalité et la catholicité. Universalité profonde. Catholicité éminente. générale, constante. La société des esprits français peut dire d'un Germain germanisant ou d'un Italien dégénéré, c'est-à-dire de deux types de révoltés et d'anarchiques : t Ce barbare ou cet étranger », mais elle ne saurait appeler étranger ni barbare, dans l'ordre spirituel, aucun digne fils de l'Église, à quelque race humaine qu'il appartienne; à plus forte raison ce père, ce Pontife, têtu et visage où se reflète toute la tradition du monde pensant.
Subtilités? Aucunement. Pures vérités du bon sens le plus épais et le plus simple, confirmées par tous les rapports de l'histoire quand on l'interroge avec la volonté de la comprendre et de l'employer. Cette fameuse Église nationale, cette Église de France séparée de son tronc romain, qui fait la turlutaine de quelques nationalistes auxquels le rêve napoléonien impose en ces matières une sorte de paralysie et qui ne peuvent plus développer leur pensée, puisqu'elle est tout entière butée sur un simple mot assez vide, — cette prétendue Église de France, ce clergé national, savcz-vous ce que ce serait? Une Église aussi peu française que possible. Un clergé antinational.