‹ La politique russ en PologneChapitre 5 sur 32 · AVANT-PROPOS VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS VII

du peuple russe, la reconnaissance du haut commandement et de S. M. l'Empereur, exprimées dans des termes chaleureux. Mais tout cela ne suffit pas pour détourner la bureaucratie de ses méthodes invétérées. Pendant quinze mois on remet, d'un mois à l'autre, la réalisation des promesses du Grand-Duc et, comme par dérision, on ne commence à parler positivement de l'autonomie du Royaume et de l'abolition du régime d'exception dans l'Empire que lorsqu'il ne reste presque plus un seul pouce de terre polonaise entre les mains des Russes.

En dépit des sentiments fraternels exprimés par l'immense majorité du peuple russe, en dépit de la déclaration du Généralissime, en dépit de la bonne volonté de S. M. l'Empereur, bonne volonté dont la sincérité est manifeste, nous avons toujours à redouter ces influences puissantes qui, dans le passé, ont empêché de régler la question polonaise et qui, aujourd'hui encore, menacent sa solution.

Quiconque désire se rendre compte du tragique enchevêtrement des rapports polono-russes ne peut se borner aux faits les plus récents, il doit encore les rattacher au passé. C'est ainsi seulement qu'il comprendra comment ces cruelles erreurs qui, dans le passé, ont pesé si lourdement sur la vie en commun des deux nations peuvent continuer à être commises même au courant de cette guerre qui semblait leur avoir mis un terme.

Et voilà pourquoi je désire présenter à ceux qui décideront du sort de ma patrie l'histoire impartiale et strictement documentée de la politique russe en Pologne, au cours des cinquante dernières années et jusqu'à la guerre actuelle. Mes arguments n'ont rien de nouveau. Je ne fais qu'insister sur des vérités que j'ai toujours défendues. Je répète ici ce que j'ai exposé publiquement aux dirigeants de la politique russe en Pologne, il y a six ans, à l'époque où le pays pliait sous le poids des répressions et où aucun rayon d'espoir ne venait éclairer les ténèbres.

J'ose croire que si l'on examine la question dans son ensemble, si l'on y réfléchit, on ne pourra s'empêcher d'admettre qu'après toutes les expériences du passé, il ne saurait être question d'un replâtrage quelconque, de palliatifs illusoires, ni de stériles demi-mesures. Si l'on vise à établir entre les Russes et les Polonais des rapports normaux et durables, on ne pourra le faire que sur des bases absolument nouvelles, c'est-à-dire en constituant entre les deux nations une union

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