TOME If
croyaient agir efficacement dans l'intérêt de la Pologne.
Alexandre sentait donc que toutes les chances étaient en faveur de Napoléon. Mais il eut recours aux seuls moyens qui lui restaient. Cajoler et tromper habilement, promettre toujours, se montrer libéral, et tout remettre à un avenir indéfini, tel fut son rôle. IL l'exploita avec persévérance, et il réussit d'autant mieux qu'il opposait les Polonais aux Polonais, divisait par conséquent leur action, et se réjouissait en voyant les dupes qui mettaient en lui toute leur confiance, et qui croyaient à la possibilité de la restauration et de l'existence indépendante de la Pologne par le fait du cabinet de Saint-Pétersbourg.
L'histoire à déjà prononcé; mais c'est un ouvrage spécial qui développera les événements de cette époque et qui peindra les hommes qui ont joué un rôle principal ou secondaire dans ce grand drame. Aujourd'hui nous concentrons notre attention sur Kosciuszko qui, victime du machiavélisme moskovite, le fut encore de ceux qui avaient intérêt à couvrir leurs fatales illasions d’un nom illustre, d’un caractère inébranlable, qui avait résisté au plus puissant des conquérants.
En remportant la victoire d’Austerlitz en Moravie, province de la Slavonie, Napoléon était
aux portes de la Pologne. Ses habitants tressailz
lirent de joie. Alexandre fut effrayé, mais la paix de Presbourg le calma. Un an plus tard la victoire de Léna, amenant la campagne de 1807, réveilla toutes les craintes d'Alexandre ; il conçüt le projet de faire venir Kosciuszko; une lettre allait lai être envoyée, mais on réfléchit encore, et on se décida à appeler le général Kniaziewicez, qui avait refusé en 1801 d’être l'instrument aveugle du consul Bonaparte. Alexandre offrait à Kniaziewiez un commande-
oh: