A WARSOVIE
Le voyageur, après une course pénible, apercoit avec bonheur le clocher d’une église; les portes de la maison de Dieu lui seront ouvertes, et 1l pourra se reposer, il pourra prier, et si l'égoïisme des grandes villes l'isole au milieu de la foule, il trouvera un abri, un refuge :
flèche des temples s'élève dans l'air; venez, venez de ce côté : ici, Dieu est pour tous !…
La ville de Warsovie possède de belles églises. La munificence des anciens ducs de Mazovie, des
rois de Pologne et de riches particuliers éleya | ces monuments. Les uns sont encore debout, les
autres tombèrent sous la hache destructive de nos ennemis ; les autres furent consumés par le feu, plusieurs enfin subirent des changements si notables, qu'on retrouve à peine les traces de leur architecture primitive. Il en est ainsi de l’église des Bernardins.
= L'ordré monacal de Saint-Bernard, ou des Récollets, date, en Mazovie, de l’année 1454; il fut introduit à Warsovie, par Anna, duchesse de Mazovie, alors que la Pologne et la Litvanie étaient gouvernées par Kasimir, fils de Wladislas-Jagellon. |
Dans les années 1507 et 1509, la nouvelle église fut détruite par un incendie; mais Anna Radziwill, femme de Conrad, duc de Mazovie, conjointement avec Lubranski, évêque de Posen, la reconstruisirent, et en firent un des plus beaux édifices de Warsovie.
Mais de nouvelles vicissitudes l’attendaient. A l’époque de la fatale invasion des Suédois, et lorsque ces derniers, commandés par le général Alfred, se défendaient dans le château royal contre l'attaque des Polonais qui voulaient chasser les envahisseurs, l’église des Bernardins fut pillée et ses ornements furent endommagés. Enfin, grâce
aussi La
à l’incomparable valeur d'Etienne Czarniecki, les Suédois furent expulsés du territoire de la république polonaise; le roi Jean-Kasimir remonta sur le trône de Pologne, et peu après ce monarque et Koniecpolski, grand-trésorier de la couronne, ayancèrent des fonds pour faire réparer l'église.
Sous le règne de Stanislas-Auguste Ponia-
-towski, la ville de Warsovie subit des changements notables ; plusieurs places, rues, avenues et édifices furent tracés, les monuments publics furent élevés, restaurés, agrandis, et la capitale de la Pologne pritle plus bel aspect. L'église des
Bernardins voulut se distinguer ; les moines donnèrent une partie de leurs revenus, et cela, joint aux libéralités des Potocki et des Kwiecinski, permit à l'architecte Aigner d'élever le clocher et la belle façade, telle qu’elle est encore aujourd’hui. Outre cela, cette église se trouve située dans le quartier le plus beau et le plus fréquenté de la ville.
L'intérieur de cette basilique est orné de tableaux dus au pinceau d'artistes nationaux. On y voit encore un tableau du bernardin Zebrowski, qui fut peint en 1755. Ceux de saint Stanislas et de sainte Cécile furent exécutés par Gladysz. Sainte Cécile est patronne de l’église, et le jour de sa fête, les premiers artistes de la capitale chantent alors une grande messe en musique.
En 1732, on y établit la confrérie de Saint- Jean-Népomucène ; il y a aussi d’autres confréries, et chacune possède un autel particulier.
Le 23 novembre 1822, on transporta solennellement l’image de Notre-Dame-de-Lorette, qui fut donnée jadis par le roi Wladislas IV aux Bernardins, dans le faubourg de Praga, de l'autre côté de la Wistule.
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