‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 154 sur 180 · AUE · texte numérisé non relu

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leur tête le prince Constantin Ostrogski, protestèrent contre l'union. C’est à cette époque que ceux qui s’unirent à l'Eglise catholique furent appelés wnis, et ceux qui demeurèrent attachés au schisme, les désunis.

L'exemple des victoires des Polonais en Hongrie, en Transylvanie et en Walaquie, ne servit point aux Kosaks. Soudoyés par l'Autriche, ils se révoltèrent contre la Pologne (janvier 1596 ). Zolkiewski fut chargé de les soumettre. Il les - défit dans les batailles de Bialacerkiew et d'Ostrykamien (avril 1596), et punit de mort les chefs Nalewayko et Loboda. Zolkiewski fit la relation de ses succès à la diète de Warsovie (mai). La cour d'Autriche, effrayée de voir que ses intrigues étaient découvertes, entama des négociations relatives à l'affaire de Bendzin; mais elles furent rompues (2 août).

La même année, la Pologne perdit le dernier rejeton des Jagellons dans la personne d'Anna, veuve d'Étienne Batory. Cette vertueuse princesse mourut le 9 septembre 1596.

Les soins que Sigismond ne cessait de prendre pour propager en Suède la religion catholique facilitèrent au duc de Sudermanie les moyens de s'emparer de l’autorité suprême en dépit du roi de Pologne, qui se plaignait par ses commissaires de la violation de son autorité. Enfin, à la diète d'Abroga (février 1597), Charles leva le masque, désavoua Sigismond et s'empara de la Finlande. Nicolas Fleming défendit vaillimment cette province, mais la mort subite de ce capitaine seconda les vues de Charles. Sigismond essaya de négocieravec Charles, et luienvoya à cet effet Laski (9 février 1598); mais cela ne servit à rien. Alors Sigismond demande et obtient la permission à la diète de Warsovie (mars-avril) de partir pour la Suède. Zamoyski lui conseillait de prendre une armée d’une force imposante, mais il répondit que la persuasion et ses droits étaient plus forts que les armes. Le temps prouva que Zamoyski avait raison, mais il était trop tard.

L'armée de Sigismond était commandée par Georges Farensbach. Le roi débarqua à Kalmar le 8 août 1598 ; ses partisans commencèrent à se ranger autour de lui. Farensbach battit les carlistes à Stegeborg (9 septembre). Mais Sigismond, au lieu de marcher tout droit à Stockholm, comme le conseillait Farensbach, prit un chemin détourné pour rendre visite à sa sœur. Charles sut mettre à profit la faute du roi : il réunit au plus vite les garnisons des forteresses, et, à la

tête d’une armée considérable, attaqua Sigismond près de Stegeborg (19 septembre); le combat n'ayant point eu de résultats décisifs, une nouvelle rencontre eut lieu à Strengbroo près Linkoping (25 septembre). Sigismond fut contraint de signer des conditions humiliantes, et prit honteusement la route de Dantzig (30 octobre).

La diète de Warsovie s'ouvrit sous de tristes auspices (février 1599). À la même époque, Charles de Sudermanie convoqua la diète à Linkoping, et fit signifier à Sigismond l’ordre d'y revenir ou d'y envoyer son fils pour être élevé dans les principes du luthéranisme. Une pareille arrogance équivalait à une déclaration de guerre ; mais comme Sigismond ne savait employer avec fruit ni ses trésors ni les bons conseils, la diète ne voulut plus intervenir dans les querelles suédoises, d'autant plus qu’il fallait pousser la guerre de Moldavie et de Walaquie.

Michel, hospodar de Walaquie, avait chassé de ses Etats Mohila, hospodar de Moldavie, fidèle tributaire de la Pologne. Fier de ce succès et des avantages qu'il avait remportés dans la Transylvanie, il aspirait à monter un jour sur le trône de Pologne. Les dissensions anarchiques de l'aristocratie polonaise furent cause qu’à la dernière diète on ne put obtenir les sommes nécessaires pour punir l’usurpateur. Alors Zamoyski lève des troupes à ses frais, plusieurs autres citoyens notables suivent son exemple. La campagne est ouverte (juillet 4599). Zamoyski s'unit à Zolkiewski près Filipkowce (30 septembre). L'armée ennemie est mise en déroute. L'hospodar Michel, battu, conclut une trève (20 octobre). La Walaquie fut rendue à Siméon, frère de Mohila, et la Moldavie à Mobhila, avec l'obligation d’en faire hommage à la république

Après le départ de Zamoyski, Michel voulut encore tenter la fortune, mais il fut battu par Jean Potocki, staroste de Kamieniec-Podolski, et Michel alla se réfugier à Vienne, sa constante alliée. A la diète de Warsovie (1600), on rendit à Zamoyski des actions de grâces pour cette brillante campagne, car on savait bien que ses talents et sa fortune seraient d’une immense utilité dans la nouvelle guerre qui allait s’ouvrir avec la Suède.

Charles de Sudermanie, ne mettant plus de bornes à son ambition, fut cause que Sigismond réunit l'Esthonie à la Pologne (12 mars 1600). Charles conçut donc le projet d’envahir la Livonie, Ses troupes débarquèrent au mois de janvier

1601. Radziwill, Chodkiewicz et Dembinski combattirent vaillamment les Suédois. Mais Charles, étant arrivé avec une armée formidable au mois d'août, reprit quelque avantage dont il ne put profiter, car Zamoyski, qui prévoyait les obstacles que lui 'opposerait le gouvernement inepte de Sigismond, se mit à la tête de l’armée et changea la face des affaires (septembre). Sigismond y vint aussi (octobre) avec une cour plus nombreuse que l’armée; mais s’apercevant que sa présence était aussi inutile auf peu agréable, il retourna à Wilna.

Quoique inférieur en nombre, Zamoyski commença les hostilités avec sa valeur accoutumée. Charles avait déjà regagné Stockholm. Les Suédois, n’osant pas se mesurer avec les Polonais en rase campagne, s'enfermèrent dans les forteresses, Zamoyski assiéga Wolmar, s'en empara (18 décembre 1601), et fit prisonnier Carolosin, fils de Charles, et le général en chef Pontus de La Gardie. Le premier, envoyé à Rawa, y mourut dans la captivité. Outre plusieurs châteaux forts, Félin (17 mai 1602) et Bialykamien (Weissenstein) (27 septembre) tombèrent en son pouvoir. Déjà l'armée victorieuse touchait à l’Esthonie, lorsque les troupes, ne recevant plus de solde, commencèreut à se révolter. Au lieu d'argent et de munitions, Sigismond III envoyait des promesses. Irrité de cette coupable incurie, Zamoyski distribua aux troupes ses propres fonds, et se démit du commandement en faveur de lillustre Jean- Charles Chodkiewicz, et se retira dans sa terre de Zamosc (décembre 4602). Son âge et ses blessures le forçaient au repos.

Pendant ce temps, Sigismond III s’occupait de convertir et d’intriguer avec la cour de Vienne, tout ceci le préoccupait beaucoup plus que la guerre de Livonie ; il amassait de l'argent, mais c'était pour avoir de quoi défrayer ses noces. À la diète de Warsovie (janvier-mars 1603), Zamoyski l'avertit des dangers d’une union avec l'Autriche ; mais Sigismond fut sourd à ce conseil. Aussi Charles de Sudermanie profita de l'inconcevable apathie de son neveu, et se fit proclamer roi de Suède sous Le nom de Charles IX (22 mars 1604). Ensuite il débarque en Livonie, remporte sur Chodkiewicz une victoire près de Weissenstein (25 septembre), et revient à Stockholm. Zamoyski, qui touchait à sa dernière heure, assista cependant à la diète de Warsovie (janvier-mars 4605). Dans un long et mémorable discours, il apostropha le roi sur sa conduite privée et sur

sa politique. En le terminant, il s'écria : « Sire,

+ je vois qu'un danger imminent menace et notre

» patrie et Votre Majesté. La Suède vous à vu » naître, mais c’est la Pologne qui vous nourrit, » Vous vivifie, vous protége, et c'est elle, par » Dieu, qui vous supplie ; corrigez-vous. Si vous » voulez être heureux, vous devez nous aimer tous » également; pensez à la Pologne si vous voulez » arriver à une longue vie et si vous est chère vo- » ire royauté ! » Sigismond ne put contenir sà colère, il parla avec fureur; et se levant de son trône, il posa la main sur son épée. Les murmures partent alors de tous côtés, les sénateurs et les nonces quittent leurs places ; Zamoyski fait signe de la main, un profond silence s'établit, et il prononce ces mots : « Sire, ne touchez point à » votre épée pour que la postérité ne vous ap- » pelle pas Caius César, et nous Brutus. Nous » faisons les rois, mais nous écrasons les tyrans. » Régnez, mais ne gouvernez pas! » Telles furent les dernières paroles d’un grand-général.et d’un grand-chancelier de la couronne. Depuis, cet illustre citoyen alla à Zamosc ety terminases jours le 3 juin 4605. ps Charles IX, ayant tout préparé pour une nouvelle expédition, envahit la Livonie. Il assiéga en vain Riga, et apprenant que Chodkiewicz, posté à Kirchholm sur la Dzwina; n'avait plus que trois mille quatre cents hommes sous ses ordres, Charles, à la tête de dix-sept mille Suédois

} d'excellente troupe, vint cerher le général litya-

nien (27 septembre 1605).

En visitant les rangs, Chodkiewicz parla de la supériorité disproportionnée des forces de l’ennemi ; alors un de ses compagnons d'armes lui coupe la parole : « Nous compterous les Suédois » après les avoir vaincus. — Plaise à Dieu que » ta prédiction s'accomplisse, reprit le général; >» quoi qu'il en soit, elle est de bon augure.» Le combat commence ; on se bat en désespérés pendant quatre heures. Chodkiewiez paie partout. de sa personne. Pendant le carnage, un dragon suédois s’élance sur Chodkiewicz, et tue son aide de camp en croyant frapper le général ; celui-ci, irrité, s’'élance sur le dragon, et lui tranche .la tête d'un coup de sabre. Enfin, l'ennemi succombe sous la bravoure polonaise; les Suédois laissèrent neuf mille morts sur le champ de bataille. Charles IX lui-même ne dut son salut qu’à la vitesse de son cheval. Le bulletin de eette victoire fut lu et admiré dans toute l'Europe. Parmi les lettres de félicitations qui arrivaient de toutes

parts à Sigismond II et à Chodkiewicz, celle du pape Paul V, de la maison de Borghèse, était la plus flatteuse (9 décembre 1605). C’est sous de tels auspices que Sigismond épousa, à Warsovie, l’archiduchesse Constance, sœur d'Anna, sa première femme (11 décembre).

Tant que vécut Zamoyski, les fautes du roi étaient punies par des paroles franches et indépendantes; maisaprès lui il n’y eut plus personne pour dire la vérité, et Sigismond put s'abandonner à toutes les inspirations de sa mauvaise nature. Zebrzydowski, palatin de Krakovie, nommé, avec deux autres citoyens, tuteur du fils du grand Zamoyski, crut devoir s’ériger en défenseur de la cause publique, et apostropha le roi. Mais aussitôt il reçut ordre de quitter l'hôtel qu'il occupait à Krakovie en qualité de palatin. Alors il s’écria : “« Je sortirai de l'hôtel, mais le roi sortira du » royaume. » Pendant que se réunissait la diète à Warsovie (7 mars 4606), Zebrzydowski et ses adhérents se réunirent à Proszowice. D'autres réunions eurent lieu à Korczyn, Stenzyça, Lublin. Les négociations se prolongeaient entre le roi et les confédérés ; alors le roi engagea Zolkiewski à se mettre à la tête de troupes bien exercées, pour ouvrir la campagne près de Tanowiec (octobre 1606). Zebrzydowski s’humilia devant le roi, promit de congédier les confédérés et de soumettre cette affaire à l'examen de la diète.

D'autres confédérés, indignés de la conduite de Zebrzydowski, et convaincus que les relations de Sigismond avec la cour de Vienne étaient préjudiciables aux intérêts nationaux, se réuni- ‘rent d’abord à Kolo sur la Warta, ensuite à iend- “rzeiow (20 mars 1607). A la diète de Warsovie (mai-juin), Sigismond se défendit comme il put de tout ce dont on l’accusait ; mais les confédérés n'en persistèrent pas moins dans leurs résolutions et proclamèrent la déchéance du roi, à Lezierno, le 24 juin. Le roi appela alors à son secours Chodkiewicz; une bataille fut livrée à Guzow, non loin de Radom (6 juillet), et les confédérés furent battus et dispersés. Les deux chefs, Zebrzydowski et Jaus Radziwill, se soumirent au roi, et cette affaire se termina (maijuin 4608).

La fin de la guerre civile était d'autant plus nécessaire que les Suédois envahissaient de nouveau la Livonie. Ils s'emparèrent de Dunamunde, Kokenhausen, Fellin (juillet-août 1608); mais Chodkiewicz arrivant avee de nouvelles

troupes et apportant quelques sommes que la diète de Warsovie (janvier-février 4609) avait votées, reprit sur les Suédois les châteaux de Livonie (février-juin) et s’unit étroitement avec les Esthoniens. Depuis, la Livonie commença à se calmer, et le théâtre de la guerre se transporta en Moskovie, livrée aux usurpations des tzars qui s'entre-tuaient pour régner sur les peuples de ces contrées. Remontons à l’année 1584 et résumons-nous.

Yvan-Vassiliévitsch îe Cruel mourut le 18 mars 1584 ; il laissa deux fils, Fédor et Démétrius. Fédor, valétudinaire et cévot, était gouverné par Borys Godounoff, grand écuyer et gouverneur de Vladimir. Borys lit périr en 1594, à Ouglitsch, le tzarévitsch Démétrius, et en 1598 il fit emprisonner le tzar Fédor et s’empara de Moskou. Léon Sapieha, grand chancelier de Litvanie, conclut avec le tzar, en 4601, au nom du roi, une paix pour vingtans; mais comme Borys favorisait Charles de Sudermanie, Sigismond attendait avidement l'occasion de s’en venger, et cette occasion arriva : dès l’année 1605, il se présenta un homme qui se disait le tzarévitsch Démétrius, échappé par substitution à l’assassinat d'Ouglitsch. Arrivé chez le prince Adam Wisniowiecki en Wolhynie, il produisit quelques preuves d'identité. Wisniowieçki mène le tzarévitsch chez Georges Mniszech ; les Jésuites cherchent à le convertir à la foi catholique et obtiennent de lui la promesse que lorsqu'il sérait monté sur le trône, il convertirait les Moskovites au catholicisme. Démétrius reçut un accueil favorable de Sigismond. Au commencement de l’année 1604, Borys Godounoff s’en effraya, et déclara que Démétrius était un imposteur. Jean Zamoyski, qui partageait cette opinion, conseilla à Sigismond Lil de ne point se mêler de cette affaire ; mais les intrigues de la cour eurent le dessus. Sigismond favorisa sous main Démétrius, et comme Mniszech était principal protecteur de Démétrius, ils conclurent à Sambor, le 25 mai 1604, une convention, en vertu de laquelle Démétrius épouserait Marina Mniszech, aussitôt qu'il monterait sur le trône tzarien.

Georges Mniszech réunit une troupe de volontaires près de Léopol, Démétrius se met à leur tête, franchitle Dniéper à Kiiow (novembre 1604) et remporte des avantages. Yvan Godounoff, frère du tzar Borys, et les Schouïskoï marchent au-devant de Démétrius ; mais ce dernier, après plusieurs combats, marche sur Moskou

mars 4605). Sur ces entrefaites, le tzar Borys meurt subitement à Moskou (avril), et au mois de juin, Démétrius fait son entrée triomphale dans la capitale; on le proclame tzar. Il entra alors en pourparlers avec Sigismond. Schouïskoï, qui se soumit avec l'intention de trahir son maître, obtint que Démétrius enverrait Yvan-Athanase Bezobrazoff pour épouser, par procuration, Marina Mniszech, et sous main il avait mission d'offrir la couronne tzarienne à Wladislas, fils de Sigismond. Le roi fut trèsréservé sur cette proposition, et en attendant, la cérémonie du mariage se fit à Krakovie (novembre 1605) ; les Jésuites obtinrent que le pape Paul V écrirait de Rome (3 décembre) une lettre de félicitation à la nouvelle tzarine. Marina, arrivée à Moskou, fut couronnée le 29 avril 4606; les fêtes durèrent pendant dix-huit jours; mais Vassili Schouiskoï, ayant préparé une conjuration, tombe sur Démétrius, l'assassine ; les Moskovites massacrent en même temps un grand nombre de Polonais, envoient Marina et son père au fond de la Moskovie, et Vassili est proclamé tzar de Moskou. Vassili fit exposer sur la place publique les restes inanimés de Démétrius pour prémunir le peuple contre les séductions d'une nouvelle intrigue. Mais vaine précaution : il se présente un nouveau Démétrius qui, ressemblant au premier, soutenait qu'il avait été préservé de la mort par un coup du Ciel (1607).

Le nouveau prétendant réunit autour de Ini une troupe et s'établit à Touschino, près de Moskou, et bat les Moskovites de Schouïskoiï. George Mniszechetsa fille Marina, par l’intervention de la Pologne, obtiennent leur liberté ; mais lorsqu'ils furent à la portée du camp de Touschino, ils parvinrent à y entrer, et l’ambitieuse Marina, qui ne put résister aux attraits de la couronne tzarienne, avoua que le nouveau Démétrius était son époux légitime. Les Polonais, qui voulaient venger la mort de leurs compatriotes, embrassèrent son parti. Leur attitude en imposa tellement aux Moskovites, que d’une part ils appelèrent le roi de Suède à leur secours, et que de l’autre ils offrirent la couronne à Wladislas, fils de Sigismond IIL.

C'est en présence de ces événements que la diète s’assembla à Warsovie (janvier - février 4609). Une amaistie fut accordée aux confédérés de la dernière guerre civile; et on vota l'impôt pour soutenir la guerre contre la Moskovie.

Pendant que les Suédois guerroyaient du côté de Pskow et de Novogorod-la-Grande, pour la cause de Schouïiskoï, Sigismond se mit à la tête de trente mille hommes et assiégea Smolensk (29 septembre) vendu par Glinski, du temps de Sigismond Ier. Le siége se prolongeant, les négociateurs se croisaient entre Smolensk, Moskou et Touschino sans amener aueun résultat. Enfin la conduite déréglée de Démétrius le força à se sauver à Kalouga, et Schouïskoï, aidé par les Suédois, put réunir des forces pour dégager Smolensk et repousser Sigismond. L’irrésolution de ce dernier qui gâtait tout, força Zolkiewski à tenter un coup de main hardi. Les Moskovites et les Suédois étaient au nombre de quarante mille hommes; les Polono-Litvaniens n'étaient que huit mille. Zolkiewski fait une marche rapide, arrive sur le terrain à Klouschino (au-dessus de Gjatsk), attaque l'ennemi et remporte une des victoires les plus mémorables dans les annales de la Pologne (4 juillet 14610). Les Moskovites épouvantés déposent leur tzar Vassili Schouïskoï (27 juillet). Zolkiewski établit son quartier général aux portes de Moskou, et, après des pourparlers, il signe, conjointement avec les plénipotentiaires moskovites, le diplôme de l'élection de Wladislas au tzarat (27 août). Ensuite Zolkiewski repousse au loin Le faux Démétrius, revient à Moskou et établit son quartier général au Kremlin (octobre 1610).

Une ambassade moskovite se prétente chez Sigismond, près de Smolensk (28 octobre). Le diplème de l'élection de Wladisias portait qu'il partirait à l'instant, qu'il observerait les mœurs el usages de ses nouveaux sujets, et qu'en se couronnant il embrasserait le rit grec. Ce dernier point dérangeait complétement les vues des Jésuites. Sigismond changea aussi d'avis, et il voulut pour lui-même la couronne tzarienne, les courtisans étant jaloux de la gloire de Zolkiewski. Ce dernier, fatigué d'attendre la réponse du roi, et, atterré de voir méprisé ses conseils, laissa à Moskou le commandement d’une partie de ses troupes à Gosiewski et arriva chez Sigismond, menant prisonniers le tzar Schouiskoï et ses deux frères, dont l’un commandait en chef les Moskovites à Klouschino. Sur ces entrefaites, le faux Démétrius fut tué par ses soldats (23 décembre 1610) et Marina fut emprisonnée. Il n’y eut jamais de circonstances plus favorables pour unir deux peuples rivaux. Sigismond tenait entre ses mains le sort de toute la Slavonie ; s'il

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s'én fût servi pour répändre la liberté et la civilisation, la Pologne aurait changé toute la politique du Nord; mais la stupide indolence du

roi ét les intrigues de la camarilla gâtèrent tout. |

Zolkiewski, navré de douleur, quitta la Moskovie et alla éñ Ukraine pour surveille les Walaques ét les Moldavés. Chodkiewiez fut alors appelé à prendre le commandement. Smolensk se rendit (43 juin 1611), et quand Sigismond fut rentré à Warsovie, Zolkiewski lui amenàa ses prisonniers, lé tzar Schouïskoï et ses deux frères (29 octobre 1611).

La diète s’ouvrit le 9 novembre. On donna alors l'investiture de la Prusse ducale à Jean-Sii ÿismond, marquis de Brandebourg; après la mort d'Albert-Frédéric d'Anspach, et l’on prescrivit les conditions de l'hommage qu'il jura à l'issue de la dièté, après quoi il reçut l’investiture ordinaire. Quant aux affaires dé la Moskovie, on en délibéra avec mollesse, ét où n’établit qu’un faible impôt, à peine suffisant pour payer les troupes à Moskou. Les Moskovites, voyant que SigisMord les jouait, se révoltèrent. Un combat Lerrible düra trois jours (28, 29, 50 mars 1614). Cé dernier jour un incendie détruisit les deux tiers de Moskou, et la guerre se prolongea jusqu'au 7 janvier 1612. Alors une grande partie des troupes polonaises, fatiguées d'attendre inutilement des secours, évacuèrent la capitale, firent une confédération sous le maréchalat de Joseph Cieklinski, révinrent en Pologne, et prirent paf force leur solde arriérée sur les domaines du roi et du clergé. Ceux qui restèrent en Moskovie formèrent aussi une confédération, car aux lettres pressantes de Chodkiewicz, Sigismond répondait par des promesses mensongères.

Enfin la dièté de Warsovies’assembla (juin 1619), et quand elle eut terminé ses travaux, Sigismond ét Wladislas quittèrent Warsovie et arrivèrent à Orsza. Mais il était trop tard, les Moskovites avaient élu au trône Michel Romanoff, et lé roi retourna en Pologne, où il trouva une nouvelle confédération militaire sous le maréchalat de Jean Zaliwski. Marina Mniszech et son fils, poursuivis par les ordres du nouveau tzar, furent noyés dans le Volga (décembre 1612).

Au moment où Sigismond quittait la Pologne pour ouvrir la nouvelle campagne de Moskou, un orage s'élevait du côté du Midi. Constantin Mobhilà, hospodar de Moldavie, refusait de payer le tribut ordinaire à Achmeth de Turquie. Le

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