‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 156 sur 180 · EL FE · texte numérisé non relu

EL FE

ne pi Rte

places fortes et de Birze en Litvanie (août). Gustave bat les Polonais à Walhof en Kourlande (7 janvier 1626), et revient ensuite à Stockholm.

A peine la diète de Warsovie (janvier 1626) avait-elle voté des impôts, qu’il fallut envoyer des troupes pour repousser une nouvelle invasion des Suédois. Gustave débarque à Pilawa (Pillau) le 4 juillet ; l'électeur de Brandebourg et duc de Prusse trahit la Pologne et embrasse le parti des envahisseurs. Gustave parcourt le Warmie, enlève les archives et les bibliothèques polonaises qu'il fait transporter à Upsal, s'établit à Tezew (Dirschau) sur la Wistule, et serre Dantzig.

Sigismond, qui apprend une nouvelle invasion des Turks et des Tatars en Ukraine, charge Etienne Chmielecki de repousser cette invasion, et lui-même avec son fils Wladislas part pour Dantzig. Gustave est battu à Gniewo (Mewe) le 17 septembre, et le 5 septembre il quitta Pillau pour revenir à Stockholm.

La Pologne respira un moment. La diète de Thorn (19 novembre 1626) put ouvrir ses séances. En attendant, Konieçpolski, étant appelé en Prusse, reprit aux Suédois Puçk (Putzig), 2 avril 1627, les battit ensuite à Hammersstein. Alors Gustave-Adolphe débarque de nouveau et assiége Dantzig (2 juin). La Hollande et l'Espagne cherchent par leurs ambassadeurs à négocier le rapprochement entre la Pologne et la Suède ; et les négociations n’aboutissent à rien. Gustave revient en Suède ; mais, le 25 avril 1628, il débarque de nouveau et arrive à Kwidzyn (Marienwerder). La diète de Warsovie (juillet) fournit de nouveaux fonds; en attendant, Brodniça (Strasbourg) se rend aux Suédois (4 octobre), et ils poussent leurs incursions en Mazovie. Après ces exploits Gustave retourne à Stockholm, mais la guerre ne cesse point. Les Polonais sont battus à Gorzno (12 février 1629) et s’approchent de Thorn. La diète de Warsovie délibère en attendant (février); on se prépare à de nouveaux événements, et Gustave envahit la Pologne pour la septième fois (mai 4629). Attaqué par Koniecpolski près de Stum (28 juin), Gustave fut battu, blessé, et faillit être fait prisonnier. Il proposa la paix en promettant de céder toute la Livonie et l’'Esthonie, à condition que Sigismond renoncerait à la couronne de Suède. L’Angleterre, la France, la Hollande, conseillèrent d’agréer cette proposition, et les Polonais étaient de cet avis ; mais l'Autriche, quiavait intérêt à attiserlaguerre entre la Pologne et la Suède, détourna Sigismond

AA

en lui promettant des secours en hommes et en

argent. Lessecours arrivèrent, à la vérité, sous les

ordres d'Arnheim; cependant ce général, fidèle aux instructions de la cour de Vienne, trahit les Polonais, et, en feignant de les aider, il les jetait dans de nouveaux embarras en demandant des sommes énormes pour payer ses troupes. Les Autrichiens, que Wallenstein avait accoutumés à vivre dans la plus grande licence, indignèrent les habitants de la Prusse polonaise par les excès qu'ils commirent.

Cependant le baron de Charnacé, que le cardinal de Richelieu avait envoyé à Copenhague pour détourner Christian IV du projet de faire la paix avec l’empereur, ayant échoué dans sa mission, fut envoyé en Prusse pour négocier un accommodement entre les rois de Suède et de Pologne. Les conférences s’ouvrirent à Starygrod (Altmark) dans le palatinat de Malborg, le 9 août. Zadzik, Wessolowski, Jacques Sobieski, Ossolinski et Doenhoff représentaient la Pologne ; Wrangel et Banier étaient pour la Suède. Sigismond III, s'étant décidé à donner à Gustave-Adolphe le titre de roi de Suède, en se réservant néanmoins, par un acte secret, ses droits à cette couronne, parvint à signer, le 26 septembre 1629, une trève de six ans.

Les Tatars, profitant des embarras des Polonais, envahirent la Pologne (octobre 1629) ; ils furent battus à Monasterzysko et à Bursztynow, après quoi la diète se réunit à Warsovie (novembre), et ratifia la trève de Starygrod.

Tout semblait respirer, lorsque la révolte des Kosaks exigea une prompte et énergique répression. Le grand-général Konieçpolski quitta alors la Prusse et arriva sur les bords du Dnieper. Il passe par Kiiow, marche sur Peréaslaw, serre les Kosaks, et ces derniers se soumettent (1630).

Toutes ces expéditions ne pouvant pas être régulièrement payées, une partie de l’armée se confédéra à Gliniany (palatinat de Russie-Rouge) ; la diète tenue à Warsovie (mars 1631) remédia tant qu’elle put à cet inconvénient.

La fin de Sigismond approchait ; mais avant de nous arrêter à cet événement, nous allons jeter un coup d’œil sur la politique et la législation de la Pologne.

La mort de Sigismond-Auguste avait entraîné la ruine de l'Etat, et les quatre premières années du règne d'Etienne Batory avaient démontré combien l’exclusive domination de la noblesse était funeste aux intérêts du peuple. Le juste et

sévère Etienne chercha à réprimer les abus ; mais quand les mains débiles de Sigismond eurent pris Jes rênes du gouvernement, la république fut en butte à des troubles incessants fomentés par l'aristocratie. Pendant que la Pologne attendait sa réforme sociale, la Litvanie croissait en prospérité, et, guidée par un esprit de haute sagesse, elle se prescrivit le troisième séafut, sanctionné par le pouvoir diétal à Krakovie, le 28 janvier 4588. Ce statut, jusqu'alors obligatoire pour la Litvanie, était écrit dans la langue russienne : il fut traduit en langue polonaise. Le texte russien était d'abord seul obligatoire ; mais le texte polonais passa peu à peu en usage (1644); il fut dans la suite converti en loi, et le texte russien tomba en désuétude. Plus tard, différents fragments du texte polonais complétèrent la législation litvanienne.

D'autres provinces avaient aussi leurs statuts. La Mazovie, sous le règne de Batory, adopta quelques livres du Code de la couronne, à quelques exceptions près. Elles parurent en 4577. Les progrès de la législation étaient lents (1589) ; une commission spéciale fut nommée pour en accélérer lamarche. Januszowski, par les soins de Firley, palatin de Krakovie, rédigea les lois dans un meilleur ordre, les fit imprimer et les soumit à l'examen de la diète de Warsovie de 1592. Depuis cette époque, les particuliers seulement s’occupaient du soin de recueillir les lois.

La province prussienne et les villes qui en ressortissaient suivaient, de temps immémorial, les lois allemandes de Lubeck. A la suite de la réunion intime de la Prusse à la couronne, la noblesse se formalisa d’être au niveau des hourgeois, et manifesta des vœux pour le changement des lois. Ces vœux furent comblés sous Sigismond IT, en 1598. La noblesse prussienne convertit, sous la dénomination de Variantes, ces lois bourgeoises en lois nobles, et en obtint la sanction.

Les paysans, les agriculteurs, qui formaient la classe vitale du pays, éprouvèrent, sous le règne de Sigismond, des vexations toujours croissantes de la part des nobles. Les villes, pour la plupart bâties en bois, sans fortifications, étaient en butte à la concussion, à la tyrannie des starostes et des palatins. Les Juifs, qui jouissaient d’une certaine prospérité, furent vexés et opprimés, quoiqu'ils rendissent en usure ce qu'ils perdaient en considération. La noblesse seule était dominante ; elle seule était tout ; elle seule faisait des lois et rem-

plissait les diètes de bruit et de confusion. Les besoins de la république n'étaient que d'un intérêtsecondaire dans ces assemblées; les sommités aristocratiques, pour se distinguer de la petite noblesse et pour soutenir leur orgucilleuse grandeur, établirent des majorats. Les princes du Saint-Empire romain, Nicolas, Albert et Stanislas Radziwill établirent le majorat d'Olyka en 1589; Jean Zamoyski, celui de Zamosç en 1589; les marquis italiens, Pierre et Sigismond Myszkowski, celui de Pinezow en 4601; le prince russien Ja nus Ostrogski, celui d’Ostrog et de Dubnoen 1618. : Entourés d’une foule nombreuse de courtisans, les magnats cherchaient à se surpasser en luxe, et, fiers de leurs priviléges, ils entretenaient des corps de gens armés avec lesquels, et selon les circonstances, ils faisaient la guerre civile ou la guerre étrangère.

Tel est le tableau du règne de Sigismond IE, et la fatalité voulut qu'un homme si nul régnât durant quarante-quatre années!

En 1631, la santé du roi s’affaiblit beaucoup; la même année, il eut le malheur de perdre sa femme, Constance (22 juillet). Cet événement lui causa une profonde douleur. Il assista encore en personne à l’ouverture de la diète de Warsovie, le 40r avril 4632; mais le 23 son agonie commença, et il s'éteignit le 30 avril 1532, âgé de 66 ans, et dans la 44° année de son règne. Il fut enterré à Krakovie. ,

INTERRÉGNE (1632):

Sigismond III était certain que la pluralité des suffrages serait pour son fils Wladislas, mais la noblesse voulut que l'élection se fit dans toutes les formes usitées. Jean Wenzyk, primat du royaume, annonça donc l’interrègne, et indiqua la journée du 22 juin pour la réunion de la diète de convocation. Elle devait avoir lieu à Warsovie.

Dès l’ouverture de la diète, les envoyés de l'électeur de Brandebourg, duc de Prusse, se plaignirent et demandèrent que leur maitre fût invité aux délibérations des’ états, pour qu'il püt concourir à l'élection du roi. La noblesse ne se prêta point à cette demande, parce qu’elle redoutait les intrigues brandebourgeoïises. Les dissidents parlèrent chaudement en faveur de leurs coreligionnaires.

A la diète d'élection (27 septembre), les mésintelligences éclatèrent; heureusement, la guerre civile se changea en controverses

théologiques ; enfin, la nouvelle de l’inyasion des Moskovites et le siége de Smolensk, ainsi que la mort de Gustave-Adolphe à Lutzen (6 novembre), hâtèrent le moment de l'élection. Outre cela, Wladislas donna la promesse solennelle de concilier les partis à leur mutuelle satisfaction. Les états assemblés proclamèrent donc Wladislas roi (15 novembre). On rédigea en langue polonaise les pacta conventa. Le roi prêta serment pour leur observation.

Page 1