‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 157 sur 180 · WLADISLAS IV · texte numérisé non relu

WLADISLAS IV

Le nouveau roi, ayant pris les rênes du gouvernement (43 novembre 1632), indiqua la journée du 29 janvier suivant pour accomplir la cérémonie de son couronnement; mais sa santé le força à ajourner cette cérémonie, qui fut remise au mois de février; et pour ne pas interrompre les discussions de la diète du couronnement, on procéda cette fois à l’enterrement de Sigismond Il et de la reine Constance (4 février 1633), et le:6 du même mois on couronna Wladislas dans la basilique de Saint-Stanislas à Krakovie.

Nicolas Ostrorog, grand-panetier de la couronne, qui fut élu maréchal de la Chambre des nonces, complimenta le roi; et le chancelier Jacques Zadzik exposa aux états, de la part du roi, la nécessité de déclarer la guerre à la Moskovie, qui venait de rompre les traités. Cette proposition fut agréée par acclamation, et apaisa tant soit peu les dissensions religieuses. Pour prouver ensuite que les promesses du roi n'étaient point illusoires, il fit établir une école militaire à Léopol, et promit qu'un hôpital militaire serait fondé aux frais de Christophe Wiesiolowski, maréchal de Litvanie. Enfin, le roi augmenta le trésor national par des bijoux de grande valeur, et envoya er ambassade à Rome Georges Ossolinski.

Afin de presser les préparatifs de guerre contre le tzar, le roi, accompagné de son frère Jean Kasimir, quitta Krakovie (9 mai), et il arriva à Wilna, où il reçut hommage de fidélité de la part du duc de Kourlande (20 juillet).

L'armée avide de gloire se pressa autour du roi. Et tandis qu'après la récente invasion des Tatars (juin), le grand-général de la couronne, Stanislas Koniecpolski, remportait sur eux de grands avantages à Sasowy-Rog (24 juillet), le roi envoyait, en avant-garde, Christophe Radziwill, grand-général de Litvanie, distingué par

son courage et ses talents militaires. Ce héros marcha directement sur Smolensk, attaqua les Moskovites avec tant d’impétuosité, qu'il les enfonça et prépara au roi de nouveaux triomphes,

En effet, Wladislas arriva à Smolensk, le 2 septembre 1633; il confia le commandement de cette ville au palatin Gosiewski, et se mit à la poursuite de l'ennemi. Séhin ou Schein commandait en chef les Moskovites, les Kosaks du Don et les Allemands. Son armée était forte de quarante-six mille hommes ; les Polonais et les Litvaniens n’en avaient que vingt mille; néanmoins, Séhin se retrancha dans son camp, certain que la disette et l'intensité du froid empêcheraient Wladislas de soutenir cette guerre. Mais le Moskovite se trompa fort : les Polonais, malgré les neiges et le froid le plus rigoureux, se battirent pendant cinq mois (octobre 1633 — février 1634) avec un courage admirable. Sur ces entrefaites, le roi apprit que Koniecpolski avait remporté à Paniowce, sur le Dniéster, une nouvelle victoire sur les Turks et les Tatars (22 octobre 1633). Ainsi, de tous côtés, le sabre polonais veugeait les outrages portés par les envahisseurs.

Cependant l’armée de Wladislas diminuait ; lui-même n'avait d'autre abri qu'une chaumière de paysan, et, se mêlant à ses braves soldats, il les encourageait à la persévérance. En vain Séhin faisait il des excursions; toujours battu, il fut obligé de reculer et finit par se rendre à discrétion, Séhin s’agenouilla devant le roi et demeura dans cette attitude jusqu’ à ce que Radziwill lui donnât l’ordre de monter à cheval et de se mettre en route. Une quantité de munitions, de canons, d'armes furent les trophées de cette journée (1eT mars 14634). Après cette capitulation, le roi prit Dorogobouje, Viazma, Kalouga, Mojaïisk et menaça même Moskou. Consterné par la rapidité des succès de Wladislas, le tzar Michel Féodorowitsch demanda la paix et le roi la lui accorda. Elle fut conclue à Polanowka, près de Viazma (27 mai). Le roi des Polonais renonça au droit et au titre de tzar que les Moskovites lui avait décerné le 27 août 1610; mais Michel à son tour renonça à ses droits sur la Livonie, l’Esthonie, la Kourlande, Smolensk, Severie et Czerniechow; les tzars ne pouvaient donc plus se dire maîtres de toutes les Russies, car ils n'avaient aucun pouvoir légitime sur les terres russiennes, propriété intégrale des Etats de la république. Les prisonniers furent échangés, et les frais de la guerre furent supportés par le tzar.

La conclusion de cette paix permit à Wladislas de tourner ses yeux la Turquie. Sans égard au traité conclu à Chocim (9 octobre 1621), les Turks, sous l'influence moskovite, rompirent ce traité. Mais comme Konieçpolski avait repoussé l'invasion, ainsi que nous l'avons dit plus haut, on convint de regarder la violation du traité comme un fait isolé et non ordonné par le sultan. En conséquence, Alexandre Trzebinski, chambellan de Léopol, fut envoyé de la part de Wiladislas vers Amourad IV.

Après bien des obstacles, l'envoyé polonais fut présenté au sultan (29 mars 1654). Le grand-turk lui demanda d’un ton impérieux dans quel dessein il était venu à Stamboul.

L’ambassadeur répondit : « Je suis venu assurrer Votre Hautesse, suivant l’ancienne cou- »tume, de l’amitié de mon auguste maître le roi » Wladislas IV, et cimenter l'alliance conclue »avec Soliman. » Le sultan lui répondit avec colère : « Il n'est plus question ni de paix ni » d'alliance, mais d’une guerre sanglante. Il n’y »aura pas de vraie amitié ni de voisinage entre » moi et le roi du Lehistan, s’il n’embrasse, de » concert avec toute la nation, la foi du grand » Mahomet, s’il ne paie un tribut annuel, s’il ne » fait démolir les forteresses sur les frontières, set s'ilne supprime pas entièrement les Kosaks. » Trzebinski répondit avec calme et dignité: « Ap- » prenez, seigneur, que pour des Polonais, pour »une nation libre, l'idée seule de changer de »religion, de payer le tribut, et de démolir les » forteresses, est outrageante, surtout quand » leurs bras peuvent encore porter les armes. Et, » quoique seul devant vous, souffrez, seigneur, »que je vous dise que mon cœur répugne à ces » conditions, et que je regarde la guerre comme le » meilleur argument pour trancher la question. » Transporté de colère, le sultan mit la main sur son cimeterre, et s’écrie : « Vous oubliez que je » suis un monarque qui fais trembler toutes les » nations du monde. — Je n'oublie pas que vous » êtes un grand potentat; mais je sais aussi que »je vous parle, seigneur, de la part d’un roi qui »est l’égal de tous les souverains du monde. — » En ce cas j’inonderai la Pologne de mestroupes, » je tirerai mon cimeterre, et détruirai votre pays » par le fer et le feu. — Vous êtes maitre, sei- » gneur, de déclarer la guerre; mais c'est à Dieu » à disposer de la victoire. Le roi Wladislas aussi »tirera son cimeterre; le monarque agira contre » le monarque, la force se mesurera avec la force,

»et la Pologne est sûre de la victoire: les champs » de Chocim, de Sasowy-Rog, de Paniowce, les » défilés de la Moldavie, sont des preuves vivantes »qui parlent en notre faveur. » Le sultan et ses ministres tressaillirent de colère à ces sanglants souvenirs. Le sultan, étonné des reparties de l'ambassadeur, se tourna vers les siens, et dit: «Je voudrais que vous suivissiez l'exemple d’un » tel ministre. » Il salua l'ambassadeur, et ordonna de le faire escorter avec honneur.

Depuis, les Turks firent de grands préparatifs de guerre ; mais cet orage se dissipa devant l'étoile de Wladislas. Le sultan ayant appris que les Moskorites étaient contraints de conclure’la paix de Polanowka, envoya une ambassade pour traiter avecle roi. La diète de Warsovie (19 juillet) s’occupa de cette affaire. Les Turks, traînant en longueur les négociations, forcèrent Wladislas à faire les préparatifs de la guerre; à cet effet il se mit en route pour Léopol, lorsque le sultan, effrayé, finit par signer la paix avec des conditions avantageuses à la Pologne (septembre 1654).

Au mois de novembre le roi alla en Prusse,'êt à son retour il assista à la diète de Warsovie (5 février 4635). Quand elle fut close, les amz bassadeurs moskovites arrivèrent à Warsovie; dans une audience publique (3 mai}, ils demandèrent la restitution du diplôme original qui nommait, en 1610, Wladislas tzar de Moskovie ; malgré toutes les recherches possibles, il ne se trouva point; mais le roi consentit à leur livrer les corps du tzar Schouïskoï et de ses frères, morts à Gostynin en 1612, et enterrés depuis

à Warsovie dans l'église des Dominicains, appelée à cette occasion NUE moskovite.

Rassuré du côté de la Moskovie et de la Turquie, Wladislas voulut en finir avec les Suédois, qui occupaient encore plusieurs places fortes dans la Prusse. Christine, fille de Gustave-Adolphe, régnait alors en Suède, etle ministre Oxenstiern dirigeait les affaires publiques. La trève conclue avec Gustave pour six ans étant près d'expirer, les deux puissances commencèrent à faire des préparatifs de guerre; mais l'Angleterre et la France offrirent leur médiation, et les pourparlers commencèrent dès le 23 janvier 4635.

Cette intervention r’amenant aucun résultat Satisfaisant, Wladislas quitta Warsovie (15 juin), prit la route de Thorn, et arriva à Kwidzyn (Marienwerder), où il trouva le grand-général Konieçpolski, qui était tout prêt à agir en cas de besoin, Ensuite le roi alla à Pilau, à Koœnigs-

berg et à Memel, et partout il reçut les hommages et de nouveaux serments de fidélité pour la république (juillet). Alors les négociations devinrent plus efficaces, et on finit par conclure une trève de vingt-six ans. Elle fut signée à Sztumdorf, près Sztum, dans le palatinat de Malborg, le 12 septembre 1635, aux conditions suivantes : « La Suède restitue au roi et à la république polonaise la partie de la Prusse dont elle a fait la conquête, sauf Pilau, qui sera rendu à l'électeur de Brandebourg, duc de Prusse, suzerain de la Pologne; ensuite la Suède rendra tous les objets d'arts et les trésors scientifiques enlevés et transportés à Upsal. On possédera de part et d’autre dans la Livonie, sur le même pied qu'on y possédait en vertu de la dernière trève. Wladislas porterait le titre de roi de Suède jusqu'à un nouvel arrangement. »

La diète de Warsovie, ouverte le 21 novembre, confirma ce traité. Après le retour du roi en Prusse (décembre ), il fit son entrée à Dantzig (42 janvier 4636), confirma les priviléges et immunités des Danzikois (5 février), s’occupa trèsactivement des arsenaux et de la marine ; passa par Kœnigsberg et arriva à Wilna, où il ordonna la révision des lois, afin d'améliorer le système législatif de la république. Le roi envoya Georges Ossolinski en ambassade à la diète de Ratisbonne, et plus tard, d'autres ambassadeurs furent envoyés à Cologne; c'étaient Doenhoff, Sobieski et Fredro, l'Allemagne cherchant la médiation de la-Pologne dans les affaires de la guerre de trente ans.

La diète de Warsovie s’ouvritle 20 janvier 1637, mais elle ne prit aucune détermination. Le 10 mars de la même année, Boguslas XIV, dernier duc de Poméranie, étant mort, les starosties de Lauenbourg et de Butow revinrent à la Pologne. La diète de janvier étant nulle, le roi en convoqua une autre (5 juin), et elle répara l'inaction de la première. .

Le mariage du roi ne se faisant qu’au su des Etats, et les Polonais étant persuadés que les liaisons avec la cour de Vienne étaient toujours fatales à la république, s’opposaient à ces intrigues; mais l'Autriche ne se rebuta pas : elle envoya, sous un froc de capucin, un comte nommé Magni. Celui-ci fit tant, que Wladislas, qui était sur le point d’épouser la fille du palatin du Rhin, recommandée par l'Angleterre, finit par épouser Cécile-Renata, sœur de l’empereur Ferdinand II. Les noces se firent à Warsovie le 12 sep-

tembre 1637, et le lendemain on couronna la reine. C'est à cette occasion que Wladislas voulut établir la décoration de l’Immaculée Conception de Notre-Dame. Il avait conçu ce projet dès l’année 1635, et il crut que les Polonais le seconderaient enfin; mais il enfuttoutautrement. Ils soutenaient que cette décoration dérogerait à l'égalité de la noblesse ; qu’elle était contraire aux lois polonaises. Le prince Christophe Radziwill fut le plus chaud adversaire de ce projet, et le hochet royal fut aboli. Après la conclusion de ce mariage, André Rey fut envoyé en ambassade à Londres; mais le roi Charles IT fut très-mécontent de ce que Wladislas n’avait pas épousé la fille du palatin du Rhin.

Libre des guerres avec les puissances limitrophes, la Pologne aurait refleuri, si la cupidité des aristocrates n’eût allumé la guerre chez les Kosaks. Les grands seigneurs recevaient du roi d’immenses domaines dans l'Ukraine, à titre héréditaire ou à vie. La noblesse polonaise, si jalouse de sa liberté, voulait anéanuir celle des Kosaks, et leur faisait souffrir toute espèce de vexations. Les Jésuites de leur côté voulaient les convertir à la foi romaine. Les Kosaks, exaspérés, prirent les armes et démolirent la forteresse de Kudak sur le Dniéper, bâtie par Koniecpolski, pour les maintenir dans l'obéissance (décembre 1637). Le grand-général de la couronne, Nicolas Potocki, battit les Kosaks à Borowiça. Leur chef, Pawluk, ayant reçu, tant de la part de Potocki que de celle d'Adam Kisiel, chambellan de Czerniechow, la promesse que sa personne serait inviolable, se rendit à la discrétion des vainqueurs. Envoyé à Warsovie, il fut, au mépris de la confiance publique, condamné à avoir la tête tranchée, et pour comble d'opprobre, l'orgueilleuse et avide aristocratie abolit à la diète de Warsovie (mai-février 1638) les priviléges des Kosaks, leur hiérarchie, leurs revenus, etc. Depuis lors, d’alliés de la Pologne, ils devinrent ses ennemis déclarés, grâce à l'aristocratie et aux Jésuites.

Au milieu de ces conjonctures, un événement étrange arriva à Jean-Kasimir, frère du roi. Le prince Jean-Kasimir quitta Warsovie (27 janvier 1658), alla à Gênes, d’où il se décida au voyage d'Espagne pour rendre visite à Philippe IV et revendiquer les sommes napolitaines dévolues par succession à Catherine Jagellonne, aïeule de Kasimir. En examinant, par un motif de curiosité, le port de Marseille, il fut saisi et emprisonné (9 mai), conduit au château de Sisteron et'en-

suite à Vincennes; sa captivité dura deux ans. Le roi de France, Louis XIIL, voulut se venger sur ce prince de l'alliance intime de Wladislas avec l'Autriche, et de plus il croyait que Kasimiir espionnait pour le compte de l'Espagne qui était alors enguerreavec la France. Enfin, après de longues négociations, il futrendu à la liberté en1640,

Les diètes de Warsovie de 1639 (octobre-novembre), de 1640 (avril) et celle de 1641 (août), se passèrent tranquillement ; le 7 octobre 1641, l'électeur Frédéric-Guillaume prêta serment et hommage au roi. En 1642, après la clôture de la diète, le roi donna en mariage sa sœur Anne- Catherine à Philippe-Guillaume, prince deiNeubourg (8 juin 1642).

Quitte des prisons de la France, Jean-Kasimir tomba dans les griffes de l'Italie. Livré aux Jésuites, il entreprit en 1645 le voyage de Loretie, pour entrer dans la Congrégation. Après la diète (novembre - décembre) de la même année, Wladislas écrivit (janvier 14644) à son frére de renoncer à cette idée, mais il Le refusa. Dans le même temps, la guerre des Kosaks causait de grands ravages, malgré les victoires que Koniecpolski, Wisniowiecki, Firley, Lubomirski, Etienne Czarnieçki et Laszcz, remportaient à Ochmatow et près de Sinewody (janvier-février).

Dans la même année, le roi perdit sa femme Cécile Renata (24 mars) à Wilna, et le gouvernement français, qui ne demandait qu'une occasion pour étendre son influence sur la Pologne, envoya un ambassadeur,le sieur de Flécelles, vicomte de Brégy, pour offrir au roi Marie-Louise, fille de Charles de Gonzague, duc de Mantoue. Les intrigues se croisaient alors en tous sens; la diète de Warsovie (février-mars 1645) se rompit. Une autre princesse, la reine Christine de Suède, fut aussi offerté au roi de Pologne, et ce mariage lui présentait l'avantage de ressaisir le trône de Stockholm; mais la disproportion de l’âge de Christine, qui avait vingt ans, et Wladislas cinquante et un, fitavorter ces propositions. Ainsi ce fut Marie-Louise qui l’'emporta sur ses rivales, et le contrat de mariage de Wladislas fut signé à Fontainebleau (26 septembre 1645). Une magnifique ambassade polonaise vint chercher la nouvelle reine à Paris ; le 5 novembre, les fiançailles par procuration eurent lieu en présence de Louis XIV, âgé alors de huit ans, et le 10 mars 1646 Wladislas épousa la reine à Warsovie, et le 45 juillet suivant elle fut couronnée à Krakovie; le er août Wladislas alla à Léopol surveil-

ler les intrigües turques et revintà Warsovie pour la diète (25 octobre).

En attendant, l’inconstant Jean-Kasimir, qui avait quitté l’habit de Jésuite pour se faire cardinal, revint en Pologne, espérant devenir un jour roi.

Dès que la diète de Warsovie fut terminée (mai 1647), le roi fit une perte douloureuse dans la personne de Sigismond-Kasimir son fils, âgé de huit ans ; il mourut le 9 août. Le roi, pour se distraire de son chagrin, voyagéa dans le Palatinat de Troki et alla à Thorn. Révenu à Warsovie, Marie-Louise voulut voir Wilna, la belle capitalé de la Litvanie ; le roi l’'accompagna, et ils y firent une entrée solennelle (19 mars 1648).

À cette époque les affaires des Kosaks se compliquaient chaque jour davantage. Les déprédations et les vexations des seigneurs polonais en Ukraine mirent le comble à l’éxaspération de ce peuple. Bogdan - Chmielniçki, fils dan gentilhomme polonais, s’attira l'amitié dés Kosaks. Chmielniçki était gravement outragé par Daniel Czaplicki, qui avait enlevé sà femme, et né pouvant obtenir justice à la diète, il s’adressà à Wladislas. Celui-ci, mécontent de linsolente de l'aristocratie, dit à Chmielnicki que son sabre était tout aussi bon que celui de ses agresseurs, et qu'il ne dépendait que de lui de se faire justice contre l'injustice des autres. Chmielnicki, proclamé chef des Kosaks, lève l’étendard de l’indépendance; une guerre s'engage. Le jeune Etienne Potocki livre bataille près de Zolte-Wody (45 avril 1648), perd la vie, et un seul homme est sauvé pour informer les autres généraux de ce désastre. Les Tatars, qui faisaient cause commune avec les Kosaks, suivirent les Polonais à Korsun (26 mai), les battirent complétement, et les chefs furent conduits captifs en Krimée. Les Tatars enlevèrent 70,000 habitants de l'Ukraine.

Au milieu de ces malheurs, la mort vint surprendre le roi. Pour apaiser les fureurs de cette . guerre et pour rendre à la raison les oppresseurs des Kosaks, Wladislas quitta Wilna et prit la route de Warsovie ; mais avant d’y arriver, il Succomba à Merecz sur le Niémen, le 20 mai 1648, à l’âge de 55 ans ét dans la 16° année de son

règne.

Il avait pris le nom de Wladislas IV, en comptant ce chiffre depuis Wladislas le Bréf, et il serait le Vile des Wladislas, s’il avait compté à partir de Wladislas-Herman, mort en 1102,

Page 1