LA POLOGNE. | # À
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Pendant tout l'hiver de 1695 à à 1696, l'Europe et l'Asie retentissaient tous les huit jours du bruit de la mort roi. Le soleil du printemps sembla rallumer en lui quelques étincelles de vie. Il allait dans ses beaux jardins de Wilanow (Villanova), au sud de Warsovie, respirer un air pur. Les médecins lui conseillèrent des eaux thermales d'Allemagne : mais des accidents redoublés s’y opposèrent. Le médecin juif lui donna du mercure en trop grande quantité peut-être. Le malade, sentant le ravage du remède, s’écria : « N'y »aura-t-il personne pour venger ma mort? »
La reine, inquiète sur le présent et l'avenir, crut qu'il n'y avait plus de temps à perdre pour le déterminer à un testament. Elle donna com-mission à l'évêque Zaluski d’avertir le roi de l’approche de son dernier jour. L'évêque en parla et Jean répondit : « Vous vous imaginez que les vi- » vants ne sauront pas s'arranger sans le consen- » tement des morts. Pourquoi ce testament? Pou- » vez-vous attendre quelque bien du temps où nous » sommes ? Voyez le débordement des vices, la » contagion des folies ; et nous croirions à l’exécu- »tion de notre volonté dernière ! Nous ordonnons » vivants, et nous ne sommes pas écoutés; morts, le serions-nous? Qu'on ne m'en parlefplus. »
Le jour de la Fête-Dieu, qui, par une étrange rencontre, avait été le jour de sa naissance et celui de son élection, fut aussi celui de sa mort. Ce jour-là, la foule se pressait pour célébrer le double anniversaire dans le château de Wilanow. Îl demanda ce qu'on disait à Warsovie : on lui répondit que Warsovie était tout entier dans les temples, priant pour la conservationdeses jours. Il fut ému, entendit avec recueillement la messe du père Vota, se plaignit de ne pouvoir communier, parce qu'il n’était plus à jeun, et s’entretint doucement tout le jour. Le soir, une attaque d’apoplexie le surprit. Aux cris de la reine et des personnes accourues, il reprit ses sens. Il appela son confesseur, reçut les sacrements; puis, frappé d'une attaque nouvelle, il expira le 17 juin 1696. Jean Sobieski était né à Olesko, dans le palatinat de Russie-Rouge, lé 2 juin 1624. IL vécut soixante-douze ans, et régna vingt-deux ans. Son corps fut d’abord déposé dans l'église des Capucins à Warsovie, mais en 4754 il fut transporté dans la cathédrale de Krakovie. Son cercueil repose entre ceux de Joseph Poniatowski et de Thadé Kosciuszko.