‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 23 sur 180 · LOUIS DE HONGRIE · texte numérisé non relu

LOUIS DE HONGRIE

Les Piasts régnèrent pendant cinq siècles, et

Kasimir-le-Grand fut le dernier de cette race

qui donna de grands bommes et de grands rois à la Pologne. Ce prince, n'ayant eu que deux filles de son troisième mariage, laissa le trône sans héritiers ; mais conformément aux conventions qui avaient été faites du vivant de Kasimir, Louis de Hongrie devait lui succéder.

Louis descendait des Capets par les ducs d’Anjou, issu de Charles, frère de saint Louis. Charles Robert, roi de Naples, ayant épousé Marie, fille d'Étienne V, roi de Hongrie, acquit le droit de succession à ce pays. Louis était fils de Charles et d'Élisabeth, princesse polonaise, fille de Wiadislas-le-Bref et sœur de Kasimir. On voit par cette filiation que Louis, comme neveu de Kasimir, avait des droits au trône de Pologne, droits doublement sanctionnés par les conventions des années 1339 et 1555. Aussi, ce prince se présentait-il comme candidat en 1570. Cependant il pouyait redouter les justes prétentions des ducs de Mazowie et de Kuïawie, celles de Ziemowit, de Wladislas, et surtout de Kasimir, duc de Stettin, petit-fils de Kasimir-le-Grand, car ces princes étaient de la race des Piasts. Mais comme ce conflit d’ambition pouvait devenir funeste au pays, une assemblée, réunie à Krakovie, se décida en faveur de Louis de Hôngrie; la décision fut prompte, car la Pologne était en danger : d’une part elle avait à redouter l'invasion étrangère, et de l’autre, comme nous l'avons dit, les prétentions des candidats au trône. |

Les députés furent envoyés à Wissegrad pour inviter le roi de Hongrie à se rendre en Pologne; ils lui exposèrent l'état du pays, ils lui firent le tableau des désastres causés par l'invasion des Brandebourgeois dans la Grande-Pologne, et dans une partie dela Wolhynie parles Litvaniens. Lublin et Sandomir venaient aussi d’être envahis par les

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