‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 91 sur 180 · LES ADIEUX DU COSAQUE · texte numérisé non relu

LES ADIEUX DU COSAQUE

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» saurai m'en défendre. »Il dit, et soudain il ap- » pelle son jeune homme. Allons vite, selle-moi > mon cheval, mon doux ami, selle mon cheval » noir. »

La dumka de Hrycio, moins ancienne, est remarquable par. sa fraicheur et sa simplicité. C'est une création tout amoureuse, et dont la candeur ingénue fait rêver-le cœur. Les quatre premières mesures répétées deux fois, suivies de la reprise en majeur relatif, disposent l'âme à l'attendrissement ; il est impossible d'écouter longtemps cette musique délicieuse sans être vivement ému,

THRYCIO.

« Connaissez-vous la chaumière qui est à l’enotrée du bois près d'un puits profond ? c’est là » que les filles passent les veillées du soir.

» Ne va jamais, Hrycio, à la veillée, car à la » veillée, les filles sont sorcières, et celle qui a » des sourcils noirs est une vraie sorcière.

> Un dimanche matin elle cueillit des herbes, » elle les lava le lundi, le mardi elle les fit bouil-

» lir, et le mercredi elle empoisonna le pauvre

» Hrycio; il expira le jeudi, et le vendredi d’après » on l’enterra.

» Et lorsque le samedi vint, la mère battit la » fille. « Pourquoi, lui dit- elle, as-tu empoi- » sonné Hrycio? — O ma mère, ma douleur est

» extrême, mais pourquoi Hrycio en aimait-il

» une autre ? »

» Le dimanche d'après, les cloches de l’église : » sonnèrent ; la mère de Hrycio tordit ses mains

» blanches, car la dépouille mortelle de son fils » passa au cimetière. Là on l'a couvert d'un peu

» de terre,.et le prêtre dit amen. Une voix se fit :

> entendre du fond du cercueil, et l’on entendit » ces draoles :

» Je vais paraître : devant Dieu, il saura la vé- » rité sur ma mort ; il me dira du haut des cieux » s'il faut mourir parce qu'on a aimé. »

(Voyez le n° [.)

Une autre dumka du même caractère, qui à fait le tour de l'Europe, est celle des Adieux du

Kosak. Elle paraît appartenir à une époque plus |

ancienne que la précédente; son chant suave et tendre exprime avec une douce résignation les regrets du départ et les angoisses de l'absence, Les plaintes de la jeune fille, que le Kosak laisse

toute seule, respirent la douleur etla résignation. {Voyez le n° IT. ).

La dumka intitulée Susida (le Voisin) renferme une suite de lamentations sur les chagrins domestiques. Aux yeux des gens malheureux, tout paraît mieux chez le voisin que chez soi.

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