N° IL
Comme une narration pittoresque, nous devons citer ici le dialogue naïf entre une jeune fille restée seule à une fête champêtre, et un galant Kosak qui s'offre pour la reconduire à la maison, au moment où l'orage allait éclater. — L'air, qui est tout en majeur, est moins sombre que Ja dumka du Voisin. La couleur poétique de celui-ci exprime parfaitement, au commence-
ment, le bruit sourd d’un orage lointain.
« Le vent souffle, l'orage gronde, une pluie
» fine commence à tomber; et moi pauvre fillette
» je n'ai personne pour me ramener à la maison.
— Dansez, dansez , ma belle, répondit un » jeune Kosak en buvant de l’hydromel,.je me » charge de vous reconduire chez vous. —Oh!
> je vous prie de ne pas venir avec moi, car ma » mère est très-sévère; elle me gronderait.—- » Dansez, dansez, ma belle, l'orage va cesser, le » soleil reparaîtra brillant, et je connais le che- » min.» Le vent souffle, l’orage gronde, une » pluie fine commence à tomber, et le Kosak, > qui sait tout et ne dit rien, ramènera la jeune » fille à la maison. » (N° IV.)
Un air d’un caractère tout opposé, c'est la Dumka sur Potocki, touchanté élégie du peuple
{ d'Ukraine, où il gémit sur le malheur de la pa-
trie. On ne peut entendre sans tressaillir le récit
grave et religieux de cette épopée. Les événe-
ments qui y sont racontés remontent au deuxième partage de la Pologne. Il y a dans le récit du
mouvement dramatique et de la noblesse. Le
poëte peint avec une vive indignation les suites de l'invasion étrangère, il déplore le départ de
Kosciuszko et la trahison de Stanislas-Félix Po-
tocki,.chef du complot de Targowiça en 4792.
Les yeux des Polonais se remplissent de larmes aux accents de cette musique touchante. (N° V.)
Comme modèle de grâce et de naïveté, nous donnons.ici la musique d’une charmante chansonnette dont le titre : est le Kosak et la Dziuba.