LES FIANÇAILLES DES KOSAKS-ZAPOROGUES
TRADITION POPULAIRE POLONO-UKRANIENNE DU XVIe SIÈCLE
( Imité du polonais de Micxez CZAYKOWSKI sÿ
Qu'il est beau ce lac limpide; tantôt le vivace poisson fend ses ondes, tantôt il s'enfonce, puis il reparaît à la surface, et son écaille argentée vient se briser devant les rayons d’un soleil doré. Au-dessus du lac l’agile hirondelle trace des zigzags, s'élève dans les nues, puis d’un seul trait vient effleurer l’eau; son œil semble vouloir percer l'abime ou se perdre au delà du firmament azuré.
Une jeune fille vient en courant sur le bord du lac; la légèreté de ses pas ne laisse point de traces sur le sable; ses yeux se portent au loin. Arrête-toi, jeune fille, arrête-toi un instant, vois ce lac dont les eaux te cherchent, elles s’approchent de toi; regarde ce soleil si joyeux de ta présence ! Les petits poissons arrivèrent sur le bord: la jeune fille leur avait paru plus belle que les plus belles fleurs aquatiques, et l’hirondelle restait suspendue dans l’espace, le cou tendu vers la jeune fille, en jetant un cri de joie et d’admiration, car la jeune fille lui avait paru plus belle que la surface du lac, plus fraîche que la clarté du jour. Mais la jeune fille dédaigne tout ce qui l'entoure : que lui importe à elle et l'eau et le soleil? Toute la nature l’admire dans une extase amoureuse, et elle reste indifférente; une seule voix arrive à son cœur, un seul souvenir est la vie de son âme. Elle arrive toujours en courant, agitée par une émotion dévorante; elle arrive à un tertre tumulaire, et quand elle est là, elle frappe du pied et regarde dans l'immensité des steppes. Ah! qu’elle est belle ainsi, avec sa chemise de lin serrée par un corset rouge! Les battements de son cœur sou-