TROISIÈME ÉPOQUE
Cette époque, qui embrasse 254 ans, représente la Pologne florissante ; c'est à cette époque que se développe la vie intelligente des races slaves. La Pologne va prendre son rang d<tus les grandes nations ; clic se posera et étendra sa suprématie, et les peuples voisins voudront s'allier a elle ; sa nationalité ne sera plus contestée : la langue polonaise marquera au loin les frontières de la république. Mais petit à petit la politique intérieure «.'lèvera I ordre équestre au oiv«au des grands, de I aristocratie- II se formera une démocratie nobiliaire qui abai&sera le pouvoir royal plus cmnpléterocut que vers la fin de la deuuème époque. Cette démocratie opprimera le tier*élat, c'est-à -dire les habitants d«s villes; c'est elle qui vouera à re*cla*a«;e. et a la servitude les agriculteurs et les paysans.
La deuxième époque de notre histoire se termine à la mort de Wladislus-le-Bref. Ce roi préserva deux fois le pays de sa décadence, et laissa après lui tous les germes d'un bel avenir, en lui donnant un successeur qui héritait de toutes ses vertus. Mais, avant d'arriver à la Pologne /loristonte, nous allons décrire rapidement l'état de la Pologne en partage.
Un travail incessant» confus, pénible, élaborait cette deuxième époque. Dans l'espace de deux siècles, le titre de roi de Pologne élait pour ainsi dire illusoire, car plusieurs chefs se partageaient le pouvoir, et ces chefs étaient toujours en guerre ou en querelle. La royauté ne pouvait donc ni assurer le repos à l'intérieur, ni se maintenir avec force et dignité à l'extérieur. La puissance et l'homogénéité polonaises s'étaient éclipsées à la mort de Boleslas Bouche-de-Travers (1139).
Les voisins de la Pologne, toujours prêts à tirer parti de ses malheurs, attisaient les causes de désordres, aidaient les faibles contre les forts, puis s'emparaient des biens de ceux à qui ils avaient donné une menteuse protection.
Cependant, au milieu de tous ces malheurs, les Polonais versaient un sang généreux et faisaient respecter leur nom, quand leur puissance était prèle a s'écrouler. Leurs ennemis mêmes étaient forcés à l'admiration, car ils apportaient dans toutes leurs actions loyauié, franchise, magna- ■unité; ils mettaient en pratique les éternels principes de l'Evangile.