LOUIS DE HONGRIE
Les Piasts régnèrent pendant cinq siècles, et Kasimir-le-Grand fut le dernier de cette race qui donua de grands hommes et de grands rois à la Pologne. Ce prince, n'ayant en que deux filles de son troisième mariage , laissa le trône sans héritiers ; mais conformément aux conventions qui avaient été faites du vivant de Kasimir, Louis de Hongrie devait lui succéder.
Louis descendait des Capots par les ducs d'Anjou, issu de Charles, frère de saint Louis. Charles Robert, roi de Naples, ayant épousé Marie , fille d'Étienne V, roi de Hongrie, acquitte droit de succession à ce pays. Louis était fils de Charles et d'Élisabeth, princesse polonaise, fille de Wladislas- le-Bref et sœur de Kasimir. On voit par cette filiation que Louis, comme neveu de Kasimir, avait des droits au trône de Pologne, droits doublement sanctionnés par les conventions des années 1339 et 1353. Aussi, ce prince se présentait-il comme candidat en 1370. Cependant il pouvait redouter les justes prétentions des ducs de Mazowic et de Kuïawie , celles de Ziemowit, de Wladislas, et surtout de Kasimir, duc de Stetlin, petit-fils de Kasimir-le-Grand, car ces princes étaient de la race des Piasts. Mais comme ce conflit d'ambition pouvait devenir funeste au pays, une assemblée, réunie à Krakovie , se décida en faveur de Louis de Hongrie; la décision fut prompte, car la Pologne était en danger : d'une part elle avait à redouter l'invasion étrangère, et de l'autre, comme nous l'avons dit, les prétentions des candidats au trône.
Les députés furent envoyés à Wissegrad pour inviter le roi de Hongrie à se rendre en Pologne; ils lui exposèrent l'état du pays, ils lui firent le tableau des désastres causés par l'invasion des Brandebourgeoisdans la Grande-Pologne, et dans une partie de la Wolhynie par les Litvaniens. Lublio et Sandomir venaient aussi d'être envahis par les