SUR LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET POPULAIRE , ET SUR LES DANSES
EN POLOGNE
(Suite : voyez pages 329 et 425 du tome Ier.)
Les airs des Krakoviaks sont restés purs et i intacts au milieu des invasions étrangères. i
Les paroles de ces airs, quoique d'une extrême i simplicité, renferment de riches trésors pour i la poésie nationale; car elles offrent l'esquisse Gdèle des idées et des mœurs du peuple.
Aussi tous nos jeunes poëies ont-ils exploité cette mine féconde, et trop longtemps abandonnée par les anciens. Pourquoi les compositeurs polonais ne s'inspireraient-ils pas à la même source? Là, ils trouveraient ce cachet national, ce parfum du pays que la science ne donne point, et que les hommes de génie savent si bien répandre dans leurs œuvres.
Mais ce n'est pas une entreprise facile que cellede réunir toutes ces richesses populaires dans an livre; quelque volumineux qu'il soit.i! ne peut jamais êtrê complet. L'immense étendue du pays, la diversité des langages, l'impossibilité de noter les airs d'un caractère si différent, ne sont pas les seuls obstacles que l'on rencontrerait. Hombles fleurs des vallées, modestes monuments des villages, ces airs n'ambitionnent point les honneurs de l'impression ; ils aiment mieux vivre dans la mémoire du peuple dont ils causent les premières émotions.
Cependant plusieurs recueils considérables existent déjà en Pologne; nous les devons au zèle infatigable de nos savants et artistes qui n'ont rien épargné pour rendre leurs recherches fructueuses, et les écrivains les plus recommaudables ont écrit sur ce vaste sujet (i). Ainsi on voit
U) K . Brodzinski, dans sa lettre au rédacteur du Mémorial de JVarsovic, Î826. Woronicx : Annales de la Société roy. des amis des sciences de tV arsovie,