‹ La Pologne, historique, littéraire, monumentale et pittoresqueChapitre 75 sur 105 · LA IH · texte numérisé non relu

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actions que devant Dieu et ta justice du pays. Il y est citoyen. Tel serait le sort de lous les paysans de la Pologne, si la Pologne d.sposait d'ellemême. — Le petit bourgeois ne il iïerc guère, dans les bourgades, du paysan, excepté qu'il a de la liberté dans ses actions; mais il fournit des recrues comme le paysan ; son éducation peut le rendre apte à remplir les fonctions publiques, mais dans le service militaire il n'a aucun privilège. — Le colon allemand vit ordinairement retiré au sein de sa famille, et ne s'occupe que de son industrie. On le respecte, parce que ordinairement ses métiers avantagent les produits du paysan et donnent de l'occupation au bourgeois; son caractère paisible et probe satisfait à toutes les exigences. — Le Juif vend IVau-dc-vie et la bière à la campagne et à la ville; trompe les villageois et les bourgeois; crédite, double et triple la dette avec une impudence et une adresse remarquable; il vend et achète tout ce qu'on veut, tout ce qu'on peut vendre et acheter, les graines, les vieilles bardes, le bois, les quincailleries, la vertu d'une fille malheureuse, l'héritage d'un enfant prodigue; il espionne pour l'un et l'autre parti en temps de guerre. Au jour de la résurrection de la Pologne, on aura beaucoup à faire pour reformer ce peuple malheureux , 'digne d'intérêt par sa vive intelligence , et qui forme lu dixième parlie de la population. On s'occupa à leur donner une éducation nationale dans le royaume de Pologne; un comité établi près du ministère dos cultes et de l'instruction publique examina ses livres religieux, veilla sur les rabbins. Depuis 1853 cette institution est faussée. L'avenir profilera du passé. Le Juif n'ést soldat qu'en Galicie et dans le pays de Bialystok ; il se libère du service dans les autres Etats par un impôt spécial. — Le noble, depuis 1791, est devenu peu à peu citadin à tradition nobiliaire, ou bien il est resté propriétaire rural, jouissant des distinctions honorifiques, et ce n'est que dans l'arrondissement de Bialystok, et actuellement dans le royaume, qu'il n'est pas forcé au service militaire : il est libre de capitation dans l'empire de Russie. Dans les autres parties il est égal, quant aux impôts, a tous les habitants du pays. La noblesse se partage en deux divisions : petite noblesse, égale presque des bourgeois, et noblesse titrée et riches propriétaires; ce sont ordinairement des comtes ou des barons de création allemande ou russe. La première habite la campagne, cultive la terre et

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aime sa patrie, la Pologne; la seconde cherche du vernis dans les cours, dans la diplomatie, dans les armées des oppresseurs de sa nation; c'est la vraie aristocratie, délestée de la masse du peuple, méprisée par ceux qu'elle sert,étnuv gère à la nation qui la voit singer les manières courtisanesques, suspecte à la cour, par la défiance qu'on a pour une nation opprimée. Elle cherche à se donner une teinte de patriotisme, pdur avoir de l'importance aux yeux des gouvernements; elle brigue les titres et les honneurs pour imposer à la nation par ses dignités à la cour. La cour la trompe et se sert de ses prétentions; la nation, trompée par la cour et par la haute noblesse, abhorre l'une et se défie de l'autre. Pendant la dernière guerre, le peuple disait : « C'est bien, allons nous battre pour la patrie, mais faites en sorte que nos seigneurs ne nous trahissent pas. > — Quant au caractère national, en général, le Polonais est-il de la Grande ou de la Petite Pologne, citadin ou noble, il aime le brillant : l'ambition qui approche de la vanité le porte à des actions d'éclat; la guerre lui convient le mieux, car c'est là que la gloire s'acquiert le plus vite. L'intelligence d'un Polonais est susceptible d'un grand développement, mais l'amour de la patrie l'occupe exclusivement, il ne rêve qu'indépendance ; son cœur bal vivement au récit de tant de désastres et de tant de gloire; il se précipite en aveugle sur le pas de ses prédécesseurs ; vole au combat, lutte avec témérité et se désespère au premier revers ; mais bientôt il revient à la charge avec des forces et des espétanecs nouvelles. Cette iuépuisable disposition à combattre promet à sa patrie encore un bel avenir. Une fois l'indépendance conquise, on saura facilement tourner son activité vers la régénération de ce pays qu'il aime si vivement et pour lequel aucun sacrifice ne lui coûte.

Le paysan polonais, bon catholique et brave soldat, aime son sol natal, et ne hait que ses oppresseurs. Le cure du village est son prophète; et comme en général les prêtres en Pologne sont des gens honnêtes et de bons patriotes, le paysan, malgré sa misère, est aussi ardent ami de l'indépendance nationale que le plus grand propriétaire de l'ancienne famille. Le paysan polonais sait bien que son état serait plus supportable si l'étranger ne dominait pas dan s le pays. La religion catholique et la Pologne, voilà deux mots qui ferment son oreille à toutes les insinuations des cabinets de Berlin, de Vienne et de Saiot-Pé-

tersboarg. il est honnête et prévenant dans ses manières, docile aux bons conseils, enclin à boire outre mesure : l'eau-dc-vie c'est sa consolation pour les misères de ce monde.

Les femmes du peuple ordinairement ont une Me carnation ; leur ?isage est vermeil ; elles ont le regard vif, le sourire aimable ; les dames polonaises sont célèbres pur leur beauté et leurs manières distinguées. Elles exercent une influence salutaire sur l'esprit des hommes, poussent à des actions grandes et nobles. Les Polosont des patriotes à toute épreuve.

S V.— Coup d'œil historique sur la petite et la Grande Pologue.

Quelle est l'origine du nom de la Pologne? — Du chjmp (pôle) ou de la plaine (plaszczyzna), comme on veut nous le faire croire?... ou bien des Polanié, peuple slave habitant les bords de la Wartaet du Dnieper. . . ou bien de l'héritage de Lech, Leszek. . . (po Lechu, po Lcszku, d'où viendrait Polechia, Poleszka, Polszka, enfin Polska). Nousne pouvons résoudre cette question avec certitude. La dérivation de la plaine ne convient pas à un pays montagneux, comme celui de Krakovie ; le nom de Polanié ne pouvait être imposé aux Krobates qui ne cessaient de vivre en bonne harmonie avec les Slaves de la Warta; la dernière hypothèse parait la plus probable, pourtant nous ne l'aflir-

Le nom de Pologne se montre constamment dans les pages de l'histoire depuis le xic siècle, quand Boleslas le Grand, après avoir chussé les Tszeks (Bohèmes) de la Krobalie, vint, dans Tan 1000, à Gnèzne, où l'empereur Othon 111 lui ajouta le titre de roi des Slaves au delà de l'Oder et sur l'Elbe. Depuis celle époque, les deux provinces principales, la Léchie et la Krobalie-Blanche, prennent les dénominations de la Grande-Pologne et de la Pc lile- Pologne. Il parait flue les épilhèles de grande et petite ne marquaient alors que l'étendue du territoire. Voilà le point de départ de la Pologne chrétienne.

Boleslas, une fois maître de lu Petite-Pologne, établit sa résidence à Krakovie, pour persuader aux Moraves et aux Tszèks qu'il est prêt à s'y maintenir par la force. A sa mort en 1025, les Czechs envahirent la Pelile - Pologne et ravagèrent Krakovie. La Silésie, possession polonaise, subit le même sort. La Grande* Pologne ne fat pas plus ménagée; la Poméranie se révolta

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