‹ La Pologne, historique, littéraire, monumentale et pittoresqueChapitre 74 sur 105 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

ans

victoire près de Kalisz, en 1706, sur les Suédois. « Les Russes, dit Voltaire dans 1 Histoire de Charles XII, vainquirent ce jour-là les Suédois en bataille rangée pour la première fois. Meyerfeld commanda les Suédois, qui étaient au nombre de quatre mille, tandis que le général russe Menzikoff avait une triple force. » Le tzar Pierre donna son portrait enrichi de diamants aux officiers généraux et aux colonels qui avaient combattu à la bataille de Kalisz; les officiers subalternes eurent des médailles d'or, les simples soldats en eurent d'argent. La bataille de Kalisz fut un avant-coureur de la défaite de Poltava.

Le 23 février 1815, le général Régnier, après un combat avec les Moskovites, dans les environs de Kalisz, se retira par Freisladt en Lusace. En 1850, dans la grande semaine do la Pologne, les citoyens désarmèrent et firent prisonniers un régiment des Kosaks qui gardaient la frontière. En 1831 il y eut une affaire entre les Polonais et les Moskovites, qui triomphaient déjà sur d'autres points du royaume.

§ III. — La Petite-Pologne: son ancienne division ; son étal actuel ; la nature du sol ; ses eaux ; agriculture; mines; industrie ; villes.

La Petite ou la Haute Pologne se compose des pays qui s'étendent à l'est et au raidi de la Grande- Pologne, des borda de la Piliça aux cimes des Karpates et aux terres désertes qui aboutissent à la mer Noire entre le Dniester et le Dniéper, ayant pour limite orientale le même Dniéper, et à l'ouest la Piliça, la Liszwarta, la Bi iniça et la Biala.

La Petite-Pologne, avec les terres russiennes, comprend les palatinatsde Krakovie, de Sandomir, de Lublin, de Podlaquie, de Culm, de Belz, de Russie-Rouge ou Léopol, de Wolhynie, de Podolie, de Braçlaw, et de l'Ukraine ou de Kiiow : total 5,469 milles carrés, et neuf millions huit cent soixante dix-huit mille hommes, ce qui donne mille huit cent six âmes par mille carré.

La région dont nous allons parler ne se compose que des anciens palatinats de Krakovie, de Sandomir, d'une faible partie de celui de Lublin (faisant ensemble l'ancienne Krobatie), et de la Podlaquie, pays conquis dans le xme siècle. Son étendue est, somme totale, de 1316 milles carrés, avec trois millions cinq cent soixantetrois mille âmes; deux mille trois cent-cinquante par mille carré.

LA POLOGNK.

Le Palatinat de Krakovie comprenait les districts :

a de Krakovie, e de Ksionz,

b de Saadecz, f de Clicow,

c do Biecz, g de Lélow,

d de Proszowicé, A deSzczerzec;

Les duchés: » de Zator; k de Oswiecim (Auschwilz), / de Siewierz (Severn),

et la slarostie de Spiz (Zips).

Le palatinat de Sandomir élait divisé en districts a de Saudomir, d de Radom, b de Wisliça, e de Opoczno,

c de Pilzno, et la terre deStenzyça.

Le palatinat de Lublin comprenait :

a la terre de Lukovv, b — de Lublin, c district d'Urzendow.

Le palatinat de Podlaquie se composait:

a de la terre de Drohiczvn,

b — de Bielsk, *

c — de Mielnik.

Ces quatre palalinals font de nos jours partie de cinq Etals différents : le royaume de Pologne, l'empire de Russie, la ville libre de Krakovie, le royaume de Galicie et le royaume de Hongrie. Voici leur nomenclature avec l'étendue et la population respectives :

Dans le royaume de Pologne :

Le palatinat de Krakovie. . 195,16 421,808

— de Sandomir. . 2-19,74 588,901

L'arrondissement de Lublin. 86.14 140,811

Le district de Czensiocliowa. 28,15 46,5-14 Le palatinat de Podlaquie, moins les districts de Gar-

wolin et de Wengrow. . 205,00 284,052 Dans ['empire de Munie :

La province de Bialystok. . 162,00 261,014

Dans la ville libre de Krakovie :

La ville avec son arrondissement 20,00 128,000

Dans le royaume de Galicie :

Le cercle de Wadowicc. . 65,40 515,186

» de Bochnia. . . 49,46 2)1,578

» de Sandecz. . . 57,65 217,278

» do Tainow. . . 95,05 255,556

» deJasIo 60,42 227,126

» de Rxeszow. . . 80,10 257,189

» de Sanok. . . , 101,40 245,585

Dans le royaume de Hongrie :

Le comitat de Zips 66,05 191,765

Il reste encore à préciser les changements successifs qui se suivirent dans ce pays depuis 1770 jusqu'à nos jours, pour bien poser les événements de l'histoire contemporaine.

En 1770, l'Autriche s'empara du comitat de

Zips.

En 1772, lors du premier partage de la Pologne, il lui échut, outre la Russie-Rouge et une partie de la Podolie, celte partie de la Petite- Pologne qu'on nommait dans la langue du pays Podgorze, et qui constitue aujourd'hui sept cercles de la Galicie, dont les trois premiers appartenaient au palatinat de Krakovie, et les quatre autres à celui de Sandomir. La Wistule formait la ligne frontière.

En 1795, l'Autriche s'avança vers la Piliça, et partant de Mniszow, situé au confluent de cette rivière avec la Wistule jusqu'au Niemirow.sur le Bug, elle cul une frontière sèche avec la Prusse. Le reste des palalinals de Krakovie et de Sandomir, tout le palatinat de Lublin et une partie de celui de la Masovie et de la Podlaquie, prirent une part du butin. La Prusse envahit le reste du palatinat de Podlaquie, ainsi que toute la Grande Pologne et une partie de la Litvanic.

En 1807, Napoléon retrancha une partie de la Podlaquie prussienne en faveur de la Russie, qui créa de ce don la province de Biaiystok.

En 1809, l'Autriche céda au grand-duché de Warsovie son butin de 1795, ei la moitié des salines de Wieliczka, avec le rayon d'un mille de la ville de Krakovie, sur la rive droite de la Wistule.

En 1815, l'Autriche reprit Wieliczka en entier avec un rayon d'un mille; et de plus, ello gagna un lambeau de terre sur la rive droite du San, qui lui permit de protéger la contrebande. Krnkovic fut détachée du duché de Warsovie avec un arrondissement, comme nous le voyons encore aujourd'hui; le reste forma le royaume de Pologne.

En franchissant la Piliça nous trouvons un. pays fertile, riche en productions de toutes sortes : c'est uae contrée rehaussée et accidentée jusqu'à la Wislule, où les Karpates se développent majestueusement. Ces hauteurs, enfermées entre les deux rivières, sont mentionnées au commencement de uotre article. Les villes

de Radom, Ssydlow, Kielcé, Zarnowieç et le village Raçlawicé, marquent nne crête prolongée d'où s'échappent des ruisseaux et des rivières qui portent leurs eaux à laWistulc et à la PHica. La contrée de l'est et du nord, les pays de Lublin et de la Podlaquie ont peu d'élévation; la Podlaquie est moins riche en productions que la partie de Lublin ; et cette dernière ne peut se compareren fertilité avec la région deSandomir et de Krakovie. « La Petite-Pologne, dit notre naturaliste Ladowski, possède la forêt de Niepolomiçé et des bots de Kozieniçé. Nous trouvons également de grands bois où l'on reucontre des chênes et des pins sauvages (pinastres), dans des environs de Sainte-Croix, d'Ilza, d'Odrowonz et de Przysucha. Dans le district de Proszowicé le sol est plus gras et plus fertile ; celui du bassin de laNida est de la même qualité ; il donne dix, douze et quinze grains pour un. Dans le pays de Sandomir, outre le Seigle, l'orge ei le froment blanc, inconnu aux autres pays, l'avoine est si haute, qu'elle dépasse quelquefois la tête d'un homme. L'anis croît en abondance entre Pinczow, Busk et Wislica. Le terroir du pays de Lublin produit des blés d'une qualité supérieure : ils sont estimés à Dantzig et préférés à ceux des autres pays, car le blé de Lublin a une écorcefine, beaucoup de farine, et on en extrait plus d'eaude-vie que du blé ordinaire : en outre, le grain est plein, pesant, et se conserve longtemps ; un négociant de Dantzig l'a conservé pendant quarante ans dans son grenier sans qu'il s'altère. L'historien Kromer dit que la Petite -Pologne avait jadis des vignobles dont les raisins étaient bons à manger; mais le vin qui en provenait était doux dans quelques endroits et aigre dans d'autres. » Notre terre pourrait bien servir à la culture de la vigne si on voulait s'en occuper, surtout les coteaux qui donnent vers le midi; nais nous ne nous en soucions pas, car la Hongrie est a notre porte, et le savant Ossolinski l'appelle la cave de la Pologne.

La Podlaquie est en dehors de la région décrite par notre naturaliste; nous devons donc ajouter que son terrain, jadis couvert de bois, est plat avec quelques légères ondulations.Un sable Gn le recouvre; pourtant la végétation est bonne : le seigle, l'orge, l'avoine et le froment y viennent en abondance. Le lin, le houblon et les légumes secs appartiennent à son économie agricole. La culture des jardins, qui est fort goûtée dans toute la Pologne, jouit d'une faveur spéciale dans le pays

OGNE. 3S5'

de Krakovie; deux jardins botaniques, l'un delà république krakovieune, avec plus de dix mille plantes, dans l'un des faubourgs de la ville, l'autre possédant les plantes les plus rares, propriété privée de M. Stanislas Wodziçki, à Niedzwieds, village à trois lieues et demie de Krakovie, impriment une influence favorable à l'art que Delille a chanté. L'artichaut de Krakovie, inconnu dans le nord de notre pays, jouit d'une réputation qui grandit à distance. Tous les autres légumes du midi y poussent avec facilité et abondance; on les donne à bon marché.

L'éducation des abeilles est une des indostries des habitants. Les bois recèlent une multitude de ruches, et on peut dire qu'elles sont pour ce pays l'équivalent des bergeries de la Grande-Pologne. La Podlaquie élève des troupeaux démontons, mais leur toison est d'une qualité inférieure. Les montagnards des Karpates font paître leurs brebis sur le sol ingrat des Karpates, et fournissent aux marchés de la Silésie une laine qui n'est pas mauvaise.

Il nous reste encore à ajouter quelques mots sur la starostie qui, placée sur la crête des Karpates, est presque partout occupée par des bois et des montagnes : il y a, surtout an centre, quelques plaines agréables, de bonnes terres labourables, des prairies et des rivières poissonneuses.

L'air de celte contrée est froid, mais salobre : il n'y croit point de vignes, mais du grain, et particulièrement de l'orge; les pois y viennent bièn, la culture du lin y est fort commune, et l'on y élève du bétail avec succès. On y trouve des ours, dC3 loups cerviers, des sangliers, des daims, des loups, des renards, des marmottes {Muret alpmi), des lièvres, et surtout des chamois. Les cerfs, les martres et les castors ne s'y trouvent pas.

Le bétail est d'une espèce abâtardie ; la Podolie et la Galicic fournissent les marchés. Il en est de même avec les chevaux.

L'agriculture, malgré la prodigalité de la nature, n'est pas, en général, dans un état prospère : les dons du ciel rendent ici l'homme négligent.

Le fer, d'une 6i grande utilité, abonde en Pologne. Trois grandes mines soutiennent l'activité industrielle de nos contrées ; les mines de sel à Wieliczka et Bochnia, de cuivre et de fer à Kielcé, et de plomb à Olkusz. Passons-les en revue.

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Les mines de Wieliczka, situées à deux lieues sud-est de Krakovie, fournissent quatre sortes de sel : i° le sel cristallisé ; 2° le sel gemme (schybick); 3° le sel spisa; 4° le sel vert. Elles occupent le premier rang parmi les salines de l'Europe, tant par la qualité que par la quantité de leur produit. Ces mines, exploitées déjà au xue siècle, furent négligées pendant l'invasion des Tatars, dans le commencement du xme ; m;iis depuis 4360, Boleslas le Chaste, et son épouse Cunégonde, à laquelle lu tradition populaire attribue la découverte de ces trésors, firent reprendre les travaux et les organiser d'une manière profitable. Depuis celte époque jusqu'à 1810, dans un espace de550ans, on a lire oîiO millions do quintaux, ou bien 1 million de quintaux par an. Le gouvernement autrichien s'en étant emparé en 1772, poussa l'exploitation à l'extrême, encouragea les ouvriers à tirer 1, 300,000 quintaux de sel par an, et leur adjugea d'avance 20,000 florins, monnaie de convention, 80,000 florins de Pologne (48,000 fr.), comme récompense de ce surcroit de production. Les ouvriers dépassèrent même les désirs du gouvernement, et fournirent 4,700,000 quintaux. Les proGts que le gouvernement retire de cette exploitation et du monopole de la vente dépassent plusieurs millions de florins ; mais on ne peut pas préciser le chiffre, qui diffère à raison de la quantité de sel tiré ; et puis le cabinet de Vienne n'est point prodigue en confidences statistiques. L'excavation souterraine se prolonge sur une étendue de 7,200 pieds de longueur et 3,600 p. de largeur; la profondeur est de 945 pieds. Plus on creuse, plus le minerai est cristallisé et de bonne qualité. Une autre mine, celle de Bochnia, à 9 lieues à l'est de Wieliczka, n'est pas si riche en minerai, mais le sel est un peu plus fin que relui de la mine précédente, surtout quand on creuse à une plus grande profondeur. Busching nous assure qu'on y trouve de l'albâtre. La mine consiste, d'après le même auteur, en un long boyau, qui a 750 pieds de largeur du nord au sud, et dont la longueur de l'est à l'ouest est de 40,000 pieds; la plus grande profondeur est de 4000 à 4,200 pieds. On en tire annuellement 230,000 quintaux de sel.

Ces mines constituaient jadis les principaux revenus des rois de Pologne j elles se prolongent dans la chaîne des Karpates, dans toute la Galicie et en Hongrie; des lacs nombreux donnent du sel en grande quantité. La Grande-Pologne

possède en outre une saline en Kuïavie, près de la ville de Racionzek, où il y a une source qui donne annuellement 200 mille quintaux de sel.

Les mines d'OIkusz fournissaient jadis une quantité considérable d'argent et de plomb. Un moine nommé Grégoire est cité par Ladowski comme le Cristophe Colomb de ces trésors, sons le règne de Kasimir le Grand, au xiv° siècle. La marne, la brèche, l'ardoise précèdent les couches de plomb argentifère avec un peu de fer et de calamine ; ensuite vient la pierre calcaire. Dan» le xvn« siècle on en tirait annuellement plus de 6,000 marcs d'argent et 50,000 quintaux de plomb. Les rois polonais en reliraient un revenu d'à peu près 2 millions de florins de Pologne, jusqu'à l'époque de l'invasion des Suédois, qui ruinèrent les travaux, et comblèrent les excavations avec du sable et de l'eau, en coupant les digues qui en détournaient l'écoulement. La ville d'OIkusz occupe le milieu de la région où s'élendaienl les mines, qui avaient 6,000 toises de largeur sur autant de longueur. Pour la connaissance de celle mine, dans son état de prospérité, il est important de lire le Mémoire sur la nature du terrain de la Pologne et des minéraux qu'il renferme, par M. Gueliard, inséré dans \Hitfoire de l'Académie royale des sciences, 1762. Aujourd'hui celle mine va être exploitée de nouveau. On retire du plomb dans les environs de Boleslaw, où il y a des usines de calamine. Les mines de Chcnciny possèdent des filons de plomb, surtout dans le calcaire transitaire. A Jaworzoo, dans une propriété particulière, il y a une usine qui donne lOOO à 2000 quintaux de plomb par an. Le cuivre se trouvait jadis abandonné dans les environs de Kielcé, à Micd/.ianagora et à Miedzianka, où on rencontrait même de l'argent- En 1511, les Hollandais ont chargé soixante-dix bateaux avec le cuivre qui provenait de ces mines ; dans le xvnr* siècle et de nos jours on y établit des mines qui produisaient, en 4817, mille quintaux de cuivre et plusieurs ccniaines de marcs d'argent. Mais le minerai s'épuisa, et on fut forcé, en 4827, de changer la destination des usines de Bialogon en fabriques.

Les mines de houille les plus riches sont sur le territoire de la ville libre de Krakovie : de Krzcszowice à Slubze ( Leol schûtz) en Silcsie, s'étendent les couches considérables de ce minerai, qui vivifie les usines et les fabriques environnantes. Les usines deSlawkow, Modrzejow,

cipalemenl des mines de Reden et de Xavier, près de Bendzin, où ies couches de minerai ont de 25 à 36 pieds d épaisseur. C'est une mine des plus abondantes : on y pratiqua des galeries voûtées de 930 et de iOO toises de longueur, pour éconduire l'eau qui s'inûlire dans les excavations. Trois machines à vapeur montent l'eau et le minerai sur la surface ; un chemin de Ter, première construction de ce genre en Pologne, sert à conduire les charbons de terre à des usines. Ces mines fournissent 600,000 korzee de combustible ; chaque korzee (128 hectolitres) a 128 livres de pesanteur. Les autres mines procurent jusqu'à 200,000 korzee. On trouve en outre, dans la formation plus récente du calcaire jurassique, des couches du lignite (Moorkohle), qui n'est pas encore exploité. Le lignite se trouve aussi dans la Grande- Pologne, aux environs de Dobrzyu, sur la Wîstule.

La galène se trouve dans les mêmes environs que la houille, dans la partie de l'ouest de la Petite-Pologne. Siewierz, Bèndzin, Olkusz forment le triangle principal de cette exploitation, qui produit annuellement de 30 à 70 mille korzee (1,28 hectolitres) de galène. Dans les environs, un grand nombre d'usines, avec des foyers et des feux d'afûneric de fourneaux, travaillent à la confection du zinc, qui, depuis quelque temps, occupe une place importante dans le commerce avec l'étranger.

Le palatinat de Sandomir est le plus riche en minerai de fer : on s'occupe activement à augmenter le nombre des hauts fourneaux et des fourneaux de grillage ; on espère obtenir dans cette panie du royaume, de 2 à 300,0000 quintaux de fer fondu par an. Partout où il y a des marais on peut trouver du minerai de fer en Pologne, mais on se refuse à s'occuper «le cette exploitation, vu la richesse et l'excellence des mines dans le pays de Sandomir. L'hydrogène de péricode contient 25 à 33 pour 100; le carbonate de fer donne 20 à 30; le minerai ordinaire, mêlé d'argile et de pierre, 15 à 25. En deçà de la Wistule, dans les arrondissements de Sandecz et de Sanok, en Galicie, il y a des usines de fer, nommément à Raba, Czarna, Zakopany, Obydza, Soczawa. Leurs produits nous sont inconnus.

Outre ces principales productions minéralogiqoes, on tronve du soufre dans la marne crayeuse deCzarkow sur la Nida;il en sort 2,000 quintaux par an. A Rozmichowo (cercle de Sa-

Czeladz et Siewierz tirent ce combustible prin- nok) et à Swoszowiçe (près de Krnkovie) en Gn-

de Reden et de Xavier, licie, on exploite aussi les mines de soufre. L'alun

se fait à Siclcc, près de Bendzin ; le vitriol à Rozmichowo, dans l'arrondissement de Sanok; le pétrole à Tyrawa Solna, dans le même arrondissement.

L'arrondissement d'Opatow, dans le pays de Sandomir, fournil des moellons pour les constructions à Warsovie et ailleurs.

Les environs de Krakovie contiennent des marbres de diverses couleurs, le porphyre, le quartz, l'améthyste, la calcédoine. Les rocs qui entourent Oyçow contiennent un grand nombre de coquilles et de limaçons; les ammonites, les bélemnites, lesgryphées, gisent le plus bas. Les débris des mollusques, les échinites, les nstérites, les madrépores, superposent ces curiosités maritimes. On y voit une feule de petits animaux pétriGés en calcédoine ou en pierre à fusil. Dans les fentes de rocs on tronve les stalactites; et le fond de ces cavernes est couvert de stalagmites. Çà et là on voit les os des animaux mammifères, qui appartiennent à l'espèce de l'ours. Toute cette région, jusqu'aux cimes des Karpates, porte les traces du séjour des grandes eaux; l'époque de leur retraite n'est pas connue aux historiens ni aux naturalistes du pays.

Les eaux minérales jouent un rôle important dans ces prodigalités de la nature; mais ce sont les eaux sulfureuses qui prédominent dans ce pays. Celles de Krzeszowicé, Busk et Swoszowicé sont les plus fréquentées dans la belle saison; le grand monde se donne rendez-vous dans les deux premières. Les eaux ferrugineuses de Gozd/.ikow (palatinat de Sandomir), de Nalenczow (palatinat de Lublin), de Warsovie, de Mysliwczow (palatinat de Kalisz), de Kryniça (arrondissement de Sandecz), ont aussi leurs visiteurs.

L'agriculture est la principale occupation des habitants de la Petite-Pologne, tant dans la plaine que dans les Karpates. La terre est ingrate dans cette dernière contrée, mais les paysans s'obstinent à la cultiver avec un soin que la moisson la plus prospère ne récompense jamais convenablement. Le montagnard est aussi bon cultivateur que bon pâtre. L'hiver il descend dans la plaine et se fait meunier; les arrondissements qui avoisinent la Wistule ont beaucoup d'ateliers où on travaille à confectionner des ustensiles en bois, des cuirs, des poteries, des

toiles, el même dos draps el des lissusdc coton. Au delà de la Wistnlc, les mines absorbent l'activité industrielle; 1rs verreries, les papeteries, les faïenceries, les fabriques de voilures et même de draps, de poteries et de quincailleries, occupent beaucoup d'ouvriers.

Les villes, quoiqu'elles ne soient pus plus peuplées que celles de la Grande-Pologne, ont un air d'aisance et de propreté. Plusicuis d'entre elles ont le privilège de ne pas avoir de Juifs, et cela leur proûle pour le commerce et la salubrité. Les cités les plus remarquables de la Petite -Pologne sont: Krokovie, avec trentequatre mille habitants ; Lublin, avec quatorze mille; Tarnow, huit mille; Bialyslofc, six mille; Siedlcé, c\nq mille cinq cents ; Krosno, cinq mille ; Miendzyrzeez, en Potllaquie, quatre mille neuf cents; Rxetzov, quatre mille cinq cents; Sta- §xou>, quatre mille trois cents j Pincxow, quatre mille cent; Wlodawa, quatre mille.

LUBLIN (prononcez Loubline).

Cette ville est située sur la Bystrzyça, par 20° 50 0" de longitude orientale du méridien de Paris et 51" 14' de latitude septentrionale; à 25 milles (41 lieues) sud-est de Warsovio, cl 39 milles (65 lieues) est-nord de Krakovic. La ville domine la plaine où coule la rivière; mais son élévation n'est pas grande. Les quartiers de Korzeç, de la vieille ville.et le Fa ubourg de h'rakovie constituent la ville haute et sont bâtis en briques et bien entretenus; la ville basse, d'une grande étendue, est habitée par les Juifs. Les maisons, hautes et d'une architecture ancienne, montrent encore un passé prospère; les ruines qui se prolongent bien au delà des barrières de la ville en sont encore une preuve. Jadis un château s'élevait sur un rocher, au bord d'un grand lac ; une haute muraille entourait la ville ; de grands fossés en défendaient l'approche: aujourd'hui il n'en reste que quatre portes qui marquent l'ancienne enceinte. Sous le règne des Jagellons, Lublin passait pour la plus belle ville du royaume, sa population (dans les xvie et xvu» siècles) était de quarante mille âmes; en 1819, elle ne possédait que dix mille habitants ; actuellement on en compte quatorze mille et sept cent (rente maisons; la moitié (le la population est juive. Lub lin servait de résidence à un palatin. Un grand casiellan et ub siaroste; c'est ici que se te-

nait la diétinc du palatinat, que fut le siège de la cour de justice du district, cl le tribunal de la couronne pour la Petite-Pologne, y siégeait annuellement depuis !e dimanche de Qilasimodo jusqu'à la fête de Sainl-Thomas. Plusieurs églises et couvents, un collège tenu par les Jésuites ; trois grandes foires chaque année, d'un mois chacune, auxquelles il venait un grand nombre de marchands allemands, moskovilcs, grecs, arméniens, turcs et autres, attiraient les riches bourgeois, et les nobles les engageaient à établir leurs résidences dans la cité, rt à élever des maisons splendides pour recevoir du monde et traiter des affaires. Aujmird'hui, il ne reste de tout cela qu'une fuible trace. Les autorités du palatinat y résident, mais les riches propriétaires fuient la ville qui ne les intéresse plus; cependant elle possède quelques métiers à tisser, un séminaire, un collège et une école, des sociétés dites savantes, agricoles, musicales et bienfaisantes.

Parmi les édifices remarquables il faut placer: la cathédrale, dite l'église de Saint- Michel, fondée dans le xin^ siècle par Leszck le Noir, en mémoire de la victoire signalée qu'il remporta sur les Jailzwingues;

L'église des Visitandines, fondée par Wiadislas Jagellon en mémoire de la victoire remportée sur les chevaliers Teutons à Tannenberg : les ornements rares et précieux dont ce prince dota l'église sont exposés aux regards des curieux ;

L'église des Dominicains est très - spacieuse: c'est là que les dietioes s'assemblaient, c'est là que se fit en 15G9 l'union de la Lit va nie avec la Pologne;

L'église des Carmes est d'une belle architecture, mais elle fut endommagée par un incendie;

L'hûiel-dc-ville, sur la grande place, est un édifice restauré par le roi Stanislas-Auguste; le palais des Radziwill, donné en dot à Sigismond- Augustc par Barbe, son épouse, de la maison de Radziwill, est remarquable : c'est là que ce prince recevait l'hommage des princes de Brandebourg, ses vassaux de Prusse, et où on a de nos jours établi un hôpital militaire;

Le palais de J. Sobieski; celui de Paris, et le collège des Piiaristes sont de beaux monuments.

On voit encore près de la ville les ruines d'une tour et les pans des murailles du château.

La ville de Lublin possède une imprimerie, une librairie et ub théâtre. Quatre hôtels o«

U POLOGNK.

auberges accueillent les voyageurs. Dans les environs, qui sont très-fertiles en céréales, on remarque les jolies campagnes et les châteaux de Bychuwa, Jakobowiçé, Rury, Osmolicc.

L'époque de la fondation de Lublin n'est pas mieux connue que celle des autres villes anciennes de la Pologne, elle remonte sans doute aux siècles reculés. Son histoire commence par le siège que fit, en 4203, Roman, prince russien, et qui après cinq mois de campement se retira avec honte. En 1240, les Tatais incendièrent la Tille ; à leur suite vint le prince russien Daniel, qui par un sti atagème se rendit maître de la ville. 11 la fortifia ; et ce n'est que cinquante-sept ans plus lard que la Pologne ressaisit son patrimoine. Kasimir le Grand dota Lublin d'un château en briques. En 4447 il fut brûlé. V,n 1509, Sigismond-Augusle accomplit ici un acte trèsrare dans les annales du geure humain : deux nations, la Pologne et la Litvanie, alliées depuis à peu près cent soixante-dix ans, jurèrent ade se soutenir toujours réciproquement, de partager la fortune bonne ou mauvaise, et de ne plus former qu'un seul Etat. El, ce qui est plus édifiant pour l'humanité, elles tinrent et tiennent leur parole, malgré toutes les calamités, partages et transformations qu'on leur a fait subir.

Dans la guerre civile, sous le règne de Sigismond 111, la ville fut rançonnée et pillée par un chef des révoltés, Félix Uerburt. Les élèves des Jésuites tombèrent sur les dissidents, ravagèrent leurs propriétés, renversèrent leurs églises. En 1655, les Kosaks, sousZlotarenko, pour prendre leurrevanche,s'approchèrenlde Lublin, livrèrent les faubourgs aux flammes, bouleversèrent les plus beaux monuments, et se retirèrent après avoir pillé et rançonné le reste des habitants. La même année les Suédois occupèrent la cité en ruines; et depuis celte époque elle ne put relever la tête, tant les malheurs et les désastres de la patrie se suivirentsans interruption.

S IV. — Les habitants de la Grande et de la Petite logue : leur origine, religion, l'iustruction pu* blique, les classes, le caractère physique et moral.

Les habitante primitifs de la Grande - Pologne forent les Léchites, dits Polanie, les Kuïavienseï les Mazoures, en allant de l'ouest à l'est ; et dans la Petite-Pologne, ce sont les Krobales qui forment ht souche principale; les Podlaquiens, an-

ciens Jadzwingues, ne sont pas de la souche slave, ils tranchent de la race litvanienne et prussienne.

La Léchic arec la Silcsie se fil chrétienne dans le xe siècle, et entraîna la Kuïavie, la Mazovie et la Krobatie à su suite. Bientôt ces cinq nationalités n'en formèrent qu'une, unie par la foi et par l'idiome slave, et partagée seulement par les dénominations géographiques.

La religion catholique, apostolique, romaine, est celle de la nation ; le protestantisme, le schisme et le judaïsme y jouissent de la liberté la plus complète. Les charges publiques sont distribuées indistinctement dans la religion chrétienne ; les Juifs en sont exclus. Ils ne jouissent d'aucun droit politique.

L'instruction publique diffère selon les gouvernements : dans le duché de Posen, elle est la plus répandue, positive, protestante et allemande à la fois; en Galicie, elle est jésuitique, d'un philosophisme scolastique, parcimonieusement octroyée, môme en sciences mathématiques. La staroslie de Spiz subit la même éducation. Dans le royaume de Pologne elle fut de 4845 à 4818 libéralement répandue ; de 4818 à 4850 rélrécie, entravée, mais toujours façonnée à la française; depuis 4851 elle suit l'impulsion donnée dans tout l'empire de Russie, où la foi grecque et le culte du tzar, c'est-à-dire l'obéissance passive et le sei vilisme le plus abject, forment le principe de l'éducation. La langue moskovite et la langue allemande sont indispensables, dans les pays polonais, pour obtenir les grades uni? versitaires.

Les habitants de ces pays se divisent en cinq classes : les paysans, les bourgeois, les colons allemands, les Juifs et les nobles. Les paysans sont libres et propriétaires dans le grand-duché de Posen; libres et pourtant corvéables, aveo toutes les conséquences de la corvée, dans le royaume de Pologne ; ils subissent la loi du seigneur dans la Galicie, sans être esclaves; de même dans la starostie de Spiz; dans la province de Bialystok, incorporée dans l'empire russe, le paysan est serf, âme qui a son prix fixe et qui se vend avec la terre et le bétail : il n'y a que l'arrondissement de la ville de Krakovie où. l'agriculteur est homme, dans toute l'acception de ce mot. Il y est maître de sa terre et de tes fruits, il dispose de son temps et de ses bras il l'entend, et U n'est responsable de sec

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