partie, Toeuvre des memes forces etrangferes et
destructives, ainsi que leur instrument. II a ete
une preparation k la conquSte. Les Polonais y
ont sans doute contribu6, mais uniquement k
raison de circonstances adverses, qui, en les
emp6chant de conserver des ressources et des
forces en proportion avec un 6tablissement
devenu trop somptueux, ne leur ont pas permis
nonplus de se donner des institutions en rapport
avec un goAt trfes vif pour la liberte, contracts au
sein d'autres conditions d'existence, plus propices.
II n'y a eu ainsi, en cette aventure tragique,
qu'un jeu de contingences, modifiables, ayant
iejk subi des transformations multiples et sus-
ceptibles assur^ment d'en recevoir encore. Dans
I'Europe du xviii® et du xix" sifecle, telle qu'elle
etait faite, la Pologne telle qu'elle existait n'avait
pas de place. II y a paru. Mais que reste-t-il d&jk
de cette Europe? Et qui parle de faire renaitre
la Pologne des « confederations » et du liberum veto?L'ideed*unereconstitutionde I'Etat polonais n'a et6 mise h Tordre du jour de Iji politique internationale que comme partie int^grante d'un plan general de reconstruction politique, dont la necessity a dii Atre envisag6e i Tissue de la crise actuellement en cours. L'Europe sans la Pologne ayant si mal rfiussi, les auteurs de Tattentat consomme contre la malheureuse R^publique sont eux-m6mes tombes d'accord pour en faire reparation, et des probabilites tout au moins ont 6te en mSme temps cre6es pour que, gard&t-elle meme ses anciens voisins, la Pologne ne les trouve plus en egale disposition, ou aptitude, i lui nuire.
Le probleme se laisse ramener ainsi k une equation entre le nouvel ordre europeen qui se degagera de la tourmente actuelle et la forme que devra prendre, sur ce point particulier, la reconstruction projetee, pour qu'elle s'adapte i Tensemble dans des conditions de vitalite suffisante. La solution i trouver sera la t&che du futur congrfes de paix; mais, au prix qui y est mis cette fois, on est en droit de souhaiter qu'elle n'aflfecte plus la forme d'unede ces improvisations h4tives et maladroites qui, au sifecle dernier, n'ont fait que dresser des ch&teaux de cartes sur les mines du passe. Ce dont la Pologne de demain a besoin pour vivre ne pent etre determine que
8 LA POLOGNE INCOXNUE
par la connaissance approfondie de ce qui a fait mourir celle d'hier, et, k cet 6gard, une revision s6vere sUmpose des donn6es historiques le plus largement accreditees. Depuis prfes d'un sifecle et demi, la vaincue des ann^es 1772-1795 a port6 devant le monde un visage qui n'6tait qu*un masque. Les vainqueurs le lui ont impose pour deguiser leur oeuvre, et ils ont finalement reussi k faire en sorte qu'elle s y reconnAt elle-m6me. L'heure decisive qui va sonner a paru demander qu'il tomMt. Et c'est la raison des pages qui vont suivre.
La matifere en est, en partie, emprunt6e k un ouvrage en langue polonaise, public en 4890 sous le titre de La Pologne et VEurope, ou Tauteur a developpe la thise du memoire eondamn6 parTAcad^mie des Sciences de Cracovie, aux destinies de laquelle pr6sidait un archiduc.