‹ La Pologne inconnue: pages d'histoire et d'actualitéChapitre 24 sur 79 · Richelieu, Mimoires, Paris, 1823, III; p · texte numérisé non relu

Richelieu, Mimoires, Paris, 1823, III; p

2. Aa cardinal de Fleury, 12 sept., 1742;- PolUische Correspon- Unzy Berlin, 1870.

mani^re dont Tun et les autres conduisent leurs affaires.

Au point de vue pratique, la politique intirieure ou exterieure de rancienne Pologne est un module de candeur continue ; au point de vue moral, en depit du d^sordre tant d6cri6 de ses mceurs et de quelques compromis pen glorieux qui en rfisultent, ^lle Ijai donne figure d'uhe colombe egarfie parmi des oiseaux de proie. D'un c6te, assaut d*avidit6, rivalit6 generate d'ejfforts pour augmenter son avoir, sans 6gard pour les moyens employes ou pour le tort fait k autrui; de Tautre, embarras de conscience incessants, emp^chant tel jour Tannexion de la Moscovie, frayant la voie tel autre k la tyrannic des minorit^s. Scrupules dans les guerres cosaques, ou Thomme de la repression « par le fer et par le feu », WiSniowiecki, a plus de difticultes avec ses concitoyens qu'avec ses adversaires. Scrupules dans les derniferes luttes pour Tind^pendance, ou toutemesure violente est combattue par les repugnances invincibles du sentiment public.

L'absence de T^lement absolutiste ne suffit pai? k expliquer cette disposition d'esprit invariable. Une autre raison s'en trouve dans un substratum plus profond qu'ailleursetplus intact de T^lement

ELEMENTS GONSTITUTIFS DU PHENOMfeNE 71

Chretien. Disciple du Christ est ce peuple non pas de nom seulement, mais dans le fonds et le tr^fonds de son Mre, oii la semence de I'^yangile a rencontrd un terrain de culture particuliirement favorable; chr^tien au sens propre du mot et plus chritien que catholique, fils dtl divin matt re beaucoup plus que d'une 6glise quelconque. Et cela fait que, dans le domaine de la politique ext6rieure, il ne peut frayer avec ses voisins qu'k son detriment.

Le but principal qu'ils poursuivent tons et k Tenvi est Tagrandiss^ment, Taccroissement de territoire, de puissance, de richesse. Dans Topinion commune, la grandeur et le bonheur d'un Etat dependent essentiellement de son ^tendue territoriale, qu-'il est done en droit d'augmenter par tous les moyens. Machiavel a pose ce principe k sa fagon empirique : « G'est chose fort naturelle el ordinaire que de d^sirer d'^tendre et amplifier ses limites, et, quand les hommes le peuvent et Tentreprennent, ils en sont grandementlou^s, ou pour le moins non repris^ i> Au xvii* sifecle, les apologistes eux-m6mes de Ticri vain refusent leur approbation au principe : « Les princes n'ayant rien que ce qu'ils ont usurp6, les plus forts font la loi aux plus faibles et prennent ce qui est k leur bienseance, parce qu'ils croient

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