K. Waliszewski, LesPotocki et les Czartoryski, I, p
l'anarchie 129
II ne se vendait apparemment pas pour 20 000 liyres. Individualiste, il faisait sa politique, que, Mt-elle m&me orient^e, comme c'6tait souvent le cas, au gre de ses ambitions personnelles ou de ses caprices, il tenait plus ou moins sincferement pour la plus conforme aux inter^ts de sa patrie. Pour la faire valoir, roitelet beaucoup plus puissant en fait que plus d*un souverain, il traitait avec les rois, contractait des alliances avec eux et acceptait des subsides, dont la modicitS m^me mettait sa conscience en repos, sans offenser sa pudeur. Au contraire! Par Tefifet d'une de ces illusions dont la vie politique de son pays 6tait faite, il y trouvait une satisfaction d'orgueil, le temoignage de son importance, en m^me temps que le gage des hautes influences dont il obtenait Tappui.
A un niveau inf6rieur^ et m6me exceptionnellement sur les sommets, des exemples de reelle et basse vSnalite se rencontraient assurement dans ce milieu ; la contagion ne s'en Stendait pas k Tensemble, comme en Angleterre k la m^me 6poque, et ne permettait pas de fonder sur cette base un regime durable de dictature politique. Si Targent stranger avait pu exercer en Pologne i'influence qu'obtenait en Angleterre Targent distribue par Walpole, Thistoire du premier de ces pays aurait sans doute pris un autre cours. La politique russe, en particulier, y aurait abouti k
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ua Iriomphe plus complet, realisant, sans partage avec le germanisme, Tid^al d*liegeiuonie panslave qui otait dans son programme. Si decriee, la structure morale du peuple polonais ne le permcttait pas ; elle excluait de son organisation politique Texistence de rotten boroughs et de marchandages coUectifs.
« La Pologne seule, s'est aviso d'ecriro encore un historien polonais, a connu cette disgrace exceptionnelle d'avoir un roi venal*. » Ces choses n'arrivent qu'a moi. On trouve la un example instructif de la prise obtenue dans ce pays sur ies esprits Ies plus avertis par Ies influences 6traugeres, qui se sont employees h fausser leur jugement. Get historien n'a surement pas ignore qu'en divers temps des souverains de Sufede et d*Angleterre meme ont emarge au m6me budget que Stanislas-Auguste ou Branicki, en qualite, comme eux, de pensionnaires du roi de France, sans parler de TAllemagne, ou, au temoignage m^me des 6crivains de co pays, Tinfluence fran- Qaise etait fondee sur Ies ponts d'or jetes i travers le Rhin, de Mayence k Cologne, au benefice des princes regnants de la region.
« Dans aucun pays et k aucune epoque il n'y a eu d'exemple d'une magistrature exerQant son pouvoir avec un oubli 6gal de la justice et de la