KÛ8GIU8KÛ EN AMÉRIQUE; — DICTATEUR EN POLOGNE
Kosciusko, à trente ans, se trouvait avoir tout perdu, sa maîtresse et sa patrie; la première, mariée, malgré elle, à un homme qu'elle n'aimait pas; la seconde, humiliée, violée chaque jour au caprice des agents russes. Spectacle ignoble. Les vrais Polonais ne le pouvaient supporter. L'illustre Pulawski, le chef des dernières résistances, alla se faire tuer en Amérique. Kosciusko partit, et bien d'autres moins connus.
Voilà le commencement des glorieuses émigrations polonaises. La Providence, dès lors, sembla vouloir chaque jour déraciner la Pologne, et la tirer d'ellemême pour l'agrandir et la glorifier. Elle l'enleva à
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£es querelles intérieures , à l'étroite atmosphère où die ètoufTaît, la répandit dans Tunivers. Partout où U y eut de la guerre et de la gloire, partout où la liberté livra ses combats, il y eut du sang polonais. On le retrouve, ce sang, comme un ferment d'héroïsme, dans les fondements vénérés des républiques des deux mondes.
Un Polonais a dit là-dessus une chose ingénieuse et sublime : « Le peuple de Copernic, le peuple qui dans l'astronomie eut Vintrépidité scientifique de lan« eer pour la première fois la terre dans Tespace, devait mobiliser la patrie, la lancer par toute la terre.»
C'était une belle occasion pour un Polonais que eelte guerre d'Amérique. Un grand souffle de jeunesse, un poétique élan de révolution, animaient ces vdontàires de toute nation, qui étaient accourus là. I Tous étaient très-purs encore, beaux de désintéresse- ; nient et d'innocence. Les Lafayette, les Lameth , les Uranda, les Barras, étaient bien loin de deviner le ^ qu'ils joueraient un jour. Libres encore d*am- Intion, ils ne voulaient rien pour eux-mêmes , tout pour la Uberté du monde I
Kosciusko fut accueilli par les Français comme un ^patriote et un camarade d'école. La Fayette, admiï^leur de son bouillant courage, ne perdit pas une oc- ^on de le faire remarquer de Washington. Ingénieur^ colonel , enfin général de brigade, Kosciusko "ïoulra, avec Tintrépidité polonaise, une fermeté plus
nécessaire encore pour retenir et diriger les milices américaines. Ces soldais agriculteurs voulaient retourner à leurs champs ; Kosciusko dit seulement : « Partes si vous voulez ; je reste. x> Pas un n'osa partir,
11 eut plus d'une belle aventure : des blessures d'abord; puis le bonheur de sauver des prisonniers que les Américains voulaient massacrer. Il se constitua aussi le patron et le protecteur d*un orphelin de neuf ans, dont le père, brave soldat, venait de périr, et il parvint à faire adopter l'enfant par la République elle-même.
L'Amérique était fondée. La Pologne périssait. Au retour de Kosciusko, elle touchait à sa crise suprême. Elle faisait un dernier effort pour se transformer sous les yeux, sous la pression terrible des tyrans qui voulaient sa mort. Dans une opération si difficile, qui aurait demandé une complète unité d'action, elle n'agissait pas avec des forces entières; liée par ses ennemis, elle Tétait par elle-même, par le préjugé national, favorable aux anciennes institutions sous lesquelles la Pologne acquit jadis tant de gloire. Les philosophes eux-mêmes ( Rousseau , par exemple , dont ils demandèrent les conseils ) leur disait de peu changer.
Cette prudence excessive était imprudence même. Dans des temps tellement changés, il fallait un changement d'institution profond , radical. Par des réformes de détail, extérieures, superficielles, on avertis-
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sait l'ennemi, on amenait, on provoquait Torage, et Ton ne créait aucune force qui pût résister. Une insurrection de la Pologne devant et malgré la Russie, une émancipation du nain sous le pied du géant prêt h l'écraser, c'étaient des choses impossibles, si Ton n-évoquait en cette Pologne une puissance toute nouvdle,la nation elle-même.
Dn million de nobles gouvernaient quinze ou dixhuit millions de serfs. La bourgeoisie, peu nombreuse, était renfermée dans les villes, lesquelles comptaient pour très-peu dans ce grand pays agricole.
Les Polonais, naturellement généreux , et la plupart ioibus des idées de la philosophie du siècle, auraient wnlu changer cet état de choses. La difficulté de Taf- Iranchissement était celle-ci : c'est que, dans un pays sans industrie, on ne pouvait se contenter de dire au ^: fcTu^s libre I » On ne pouvait l'émanciper sans lui créer des moyens de vivre. En lui donnant la Ubertë, il fallait lui donner la terre.
Plusieurs disciples de Rousseau, grands seigneurs, ridies abbés, avaient fait dans leurs domaines de vastes essais d'affranchissement. Non contents de libérer lo paysan, ils lui distribuaient de la terre, lui bâtissant même des habitations. Ces exemples auraient pu être imités aisément par les grands propriétaires, ^^8 plus difficilement par la grande masse des no- Wcs, qui, ayant peu de paysans, peu de terres, au- '^ientlait un tel sacrifice, non pas sur leur superflu,
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mais sur ce qu'ils appelaient leur nécessaire, s qui constituait la vie même du noble ; ils n'aui aRVanchi le paysan qu'en se rapprochant eux-n de la condition du paysan. ^
Donc la réforme sociale impliquait dans la e une réforme morale plus difficile encore, le sac non du luxe seulement, mais de certaines habi d'élégance chevaleresque, qui, dans les idées du étaient la noblesse même.
Là était la difficulté. Et c'est pourcelaque, ai mont où la Pologne ne pouvait être sauvée qu une révolution sociale, elle se contenta d'une rél politique.
Il faut avouer aussi que le souverain qui se o luoit alors le protecteur de la Pologne, le roi de Pi n*uurait pas permis une réforme plus radicale, torliail la révolution, à condition qu elle serait ot impuissante.
La nouvelle Constitution (3 mai 91) abolissait cion droit anarchique où la résistance d'un homme arrêlait une assemblée. Elle admettai bourgeois aux droits politiques. Elle mettait les pa; NOUS la proleclion de la loi. Elle rendait la ro; héréditaire.
(]elte faule en entraîna d'autres. On donna Ta au neveu du roi, unjeune homme sans expèrieni on lui subordonna Kosciusko. Celui-ci, avec qi mille hommes, vainquit vingt mille Russes. Ms
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perfidie de r Autriche, qui recueillit les Russes* battus;
la perfidie de la Prusse, qui abandonna la Pologne, eneonragée et compromise par elle, portèrent le coup moriel à ce malheureux pays. Le roi se déshonora, pour éviter le partage, en accédant à la ligue formée msTinfluence russe, pour les anciennes libertés. Et alors l'ambassadeur russe, terrifiant TAssemblée, enleraDtses membres les plus courageux pour la Sibérie, enfermant et affamant pendant trois jours le roi et la dièle, prit la main du roi demi-mort, et lui fît signer le second partage ( 1 795) .
Dans Tacte qui le déclara, on annonçait que, en mémoire de cette belle victoire des anciennes lois de la Pologne, on leur érigerait un temple bâti de roc, 90U8 l'aide delà sage Catherine, un temple à la liberté!
Tout rhiver, les Russes mangeaient la Pologne. Les logements militaires écrasaient le paysan. Ce n'était partout que pillage, pauvres gens battus, des larmes et deseris. L'ambassadeur russe Igelstrom, en quartier 1 Varsovie, apprenait aux Polonais ce qu'avaient été I^ Huns du temps d'Attila. Il faisait piller les uns, Mêlait les autres, se moquait dé tous. Les ambassa- ^i^tirs russes qui se succédaient en Pologne avaient, la plupart, une chose intolérable : ils étaient facétieux, '^lui qui enleva quatre membres de la diète trouva P'aisant d'ajouter : Qu'il n'entendait point gêner la li- *^rté des opinions.
Les Russes sentaient bien d'instinct qu'une insur-
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reclion couvait. Ils ne pouvaient rien saisir, accu* saient au hasard, criaient au jacobinisme, lis supposaient une influence active de la France, et ils se trompaient. Quelques jacobins vinrent à Varsovie, mais n'eurent que peu d'action. Un Français apporta tout imprimé un pamphlet vif et hardi : NU desperandum (rien à désespérer encore). Plus tard, la révolution ayant éclaté, on envoya en Turquie et aussi en France. Mais la France elle-même était au bord de Tabime. Le comité de salut public ne promit rien et dit seulement qu'il ferait ce qu'il pourrait.
La révolution polonaise de 1 794 fut tout originale. . Elle eut deux éléments populaires : les ouvriers de Varsovie, soulevés, guidés au combat parle cordonnier Kilinski, et les paysans appelés sur les champs de bataille par Kosciusko.
Nous ne pouvons refuser un mot à cet ouvrier héroïque, qui fut, en réalité, le chef de la vaillante bourgeoisie de Varsovie. Il exerçait dans la ville une in^ fluence extraordinaire. Il avait coutume de dire : a J*ai six mille cordonniers à moi, six mille tailleurs et autant de selliers. » Un des ambassadeurs russes, le violent prince Repnin, devant qui tout tremblait de terreur, fait venir un jour Kilinski, et s'indigne de voir un homme calme, qui a l'air de ne rien craindre. Mais, bourgeois, tu ne sais donc pas devant qui tu parles?» Alors, ouvrant son manteau et montrant ses décorations, ses cordons et ses crachats : « Re-
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garde, malheureux, et tremble! — Des étoiles? dit le cordonnier; j'en vois bien d'autres au ciel, monseigneur, et ne tremble pas. »
C'était un homme simple et pieux autant qu'intr^ide. On ne pouvait lui reprocher qu'une chose : marié et père de famille, il gardait un cœur trop faeile;8es mœurs n'étaient pas exemplaires. En récompense, le fond de son caractère était d'une extrême Inmté. Dans les Mémoires qu'il a écrits, il ne blâme, n'accuse personne; c*est le seul auteur polonais qui ait cette modération. Il semble qu'il ait regret au sang qu'il lui faut répandre. Il évite le mot tuer. Il dira, pir exemple, qu'il lui a fallu apaiser un officier russe, pais tranquilliser un Cosaque, et mettre un autre en r€po$.
Kilinski et les autres patriotes de Varsovie étaient L dans la plus vive impatience d*éclater. Un événement F-^^irédpita la crise. On licenciait l'armée. Le 42 mars, m vieil officier, brave et respectable, Madalinski, déclara qu'il n'obéirait point. 11 n'avait que 700 cavaliers ; avec ce petit corps, il traversa hardiment toute la Pologne, culbuta les Prussiens qui s'opposaient à son passage, se jeta dans Cracovie.
L'heure était sonnée. Kosciusko, alors sorti de Pologne, revint à l'instant ; il parvint à Cracovie dans la nuit du 24 mars 1794. Toute la ville était levée, toute la population l'attendait avec des torches, et le conduisit en triomphe. Fête sublime d'enthousiasme.
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et loutefois d*un effet lugubre I Les vives lumières, fortement contrastées par les ombres, semblaient dire Téclalante gloire de cette révolution si courte, silAt replongée dans la nuit... Le peuple pleurait d'enthousiasme, de tendresse pour cet homme, entre tous, héroïque et bon. On criait : « Vive le sauveur ! » Ce cri revenait troublé par les profonds échos des vieilles églises, où sont enterrés les rois de Pologne ; les Sobieski et les Jagellons répondaient de leurs tombeaux.
Kosciusko fut nommé dictateur. Ses premiers actes furent simples et grands, l*" La levée générale de toule la jeunesse polonaise, sans distinction de classe, de dix-huit à vingt-sept ans. T Une proclamation touchante, qui devait aller au fond des cœurs, même des plus égoïstes.
Dix jours s'écoulent à peine. Les Russes viennent livrer bataille aux Polonais (4 avril 1794). Ils avaient 6,000 hommes, Kosciusko 3,000 et 1,200 chevaux. Sur ce petit nombre il n'y avait guère de soldats proprement dits. Les cavaliers étaient les nobles du voisinage. Les fantassins (sauf quelques troupes régulières) étaient de simples paysans armés de leurs faux ; la plupart n'avaient jamais entendu des armes à feu. Ces pauvres gens furent bien surpris devoir le dictateur de la Pologne prendre sa place au milieu d'eux, et non dans la cavalerie. Il avait leur costume même, une redingote de toile grise qui ne se distinguait que par quelques brandebourgs noirs.
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Ces paysans, mêlés avec quelques troupes réglées, fermaient la colonne du centre, conduite par Kosdusko. Étonnés du bruit d'abord, ils ne le suivirent jNis moins, et, d'un irrésistible élan, sans savoir ce qu'ils disaient, dans leur ignorance héroïque, renversèrent les Russes. La bataille fut gagnée, si bien qu'il mt resta dans les mains douze pièces de canon. L'afbirefut décidée si vite, qu'ils n'eurent pas le temps de perdre du monde; ils n'eurent que 150 morts et m blessés.
Les vainqueurs, si peu habitués à vaincre, surent à peine qu'ils avaient vaincu. Nombre de brillants cavaliers coururent bride abattue jusqu'à Cracovie, annonçantla perte de la bataille et la mort deKosciusko.
Dès le soir de la bataille, et pendant toute la guerre,
Ko8ciusko mangea au milieu des paysans, et, comme
euX) avec une frugalité extraordinaire, se refusant
toute chose que la foule n'aurait pu avoir. C'était pour
Itt grands seigneurs, dans ce pays d'aristocratie, un
èionnement continuel de voir en Kosciusko l'humble
6ti%8pectable image du véritable chef du peuple, s'as-
^lant à ce peuple, le plus infortuné du monde, et
^ représentant dans la pauvreté. Oginski, l'auteur
^€8 Mémoires, mangeant un jour près de lui, lui
voyait boire un petit vin à vil prix, et lui conseillait
l'^celient bourgogne qu'Oginski buvait lui-même :
^ Je n'ai pas le moyen de boire du vin à ce prix, »
i^pondit le dictateur.
Cette simplicité de vie était une chose tell nouvelle et inouïe, qu'elle semblait généraleme bizarre que touchante. Plusieurs la trouvaien cnle. Beaucoup ne voulaient y voir qu'une c< politique, une manière de flatter le peuple ; i peuple, les paysans même, ne sentaient p:
d*abord ce qu'il y avait en cela de véritable gra
Kosciuskp, étranger à toute adresse politiqi vait suivi en ceci que le mouvement de sa .
ûme. Il lui semblait odieux, au milieu d'une i pauvi^, de se présenter en roi de théâtre, def pompeux banquets quand ils avaient à peine d Tout son cœur était dans le peuple ; commen eût-elle été étrangère à la sienne? Plus la crise çhait et le jour de mourir ensemble, plus il si naturel de vivre ensemble aus^ du même pa même table ; chaque repas était comme une c nion entre le chef et le peuple, une prépar bien mourir.
liSUTAHGB HiBOÏQUB DE KOSGIUSKO. — IL SUCCOMBE {179-i'.
Les villes, Varsovie, Wilna, s'affranchissaient par ^escombats héroïques ; mais les villes comptent pour peu en Pologne. Le sort de la révolution tenait à la part qu'y prendraient les propriétaires nobles établis dans les campagnes.
lis semblaient comme enchaînés par une double terreur.
D'une part, larmée russe entrait, armée barbare Vi venait défaire la guerre de Turquie, et d'y mériter ^ne réputation exécrable par le massacre immense ^ Ismaîlow, la plus grande destruction d'hommes qui ®tit été faite depuis des siècles dans une ville prise ^'assauti Les Russes, très-nombreux^ tenaient la
campagne, brûlaient les villages, pillaient et ravageaient tout.
L'autre terreur qui semblait paralyser la Pologne' lui venait de la France même, des récits épouvantables, horriblement exagérés, que les émigrés .faisaient partout de notre révolution. La noblesse polonaise, effrayée par ces récits, ne savait ce qu'elle devait craindre le plus de ses paysans ou des Russes. Elle eut le tort grave de méconnaître Textrême douceur qui distinguait, entre toutes les populations, le paysan de Pologne. Elle n'eut pas foi au peuple. C'est pourquoi elle a péri.
Il faut dire qu'autour des nobles il y avait tout un monde de gens intéressés à entraver la révolution, un monde d'économes, d'intendants, de gens d'affaires, qui sentaient bien qu'elle entraînait l'émancipation de la classe agricole, et changeait de fond en comble Tordre de choses qui favorisait leurs rapines. Sous le prétexte des travaux agricoles, ils déclarèrent que la levée en masse était impossible, et retinrent les paysans. Kosciusko, s' étant borné à demander seulement un homme sur cinq familles, n'en fut pas mieux obéi. On persécuta les familles des paysans qui parfaicni. Plusieurs, craignant également la révolution et les Russes, avaient pris ce moyen terme de présenter leurs paysans à la revue du matin, mais de les faire sauver le soir.
Dans sa déclaration du 7 mai 1794, Kosciusko so
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jette dans les bras du peuple. Dans cet acte remarquable, le paysan est déclaré libre de quitter la tene qu'il cultive pour aller où bon lui semble, et le piofriiUdre non libre de lui ôter cette terre^ s'il remplit les conditions fixées par la loi. Aux termes de ces eonditicms nouvelles, le travail dû par le paysan au propriétaire est diminué d'un tiers, et, en certains cas, de moitié. Les propriétaires qui demanderaient davantage sont menacés des tribunaux.
Cetacte, qui défend au propriétaire d'ôter au paysan la terre qu'il cultive, paraissait sanctionner, pari autorité de la loi , l'opinion qu'ont généralement les serfs slaves (Polonais et Russes), qui se regardent comme les antiques et légitimes propriétaires du sol. Les serfs russes disent souvent : « Nos corps sont aux maîtres, mais la terre est à nous. x>
L'acte de Kosciusko était en cela bien plus populaire que la loi française ne l'a été plus tard dans le gnmd-duché de Varsovie. Elle n'a eu aucun égard pour ce lien antique entre le paysan et la terre. Elle loi permet d'aller où il veut» mais en abandonnant le soi où depuis des siècles il a mis sa sueur et trouvé a m : cette loi d'émancipation n'est, dans la réalité, qu'une autorisation d'errer, de mendier, de mourir de faim.
A cotte noble et humaine propagande de Kosciusko les Russes opposèrent un machiavélisme diabolique. Us firent écrire par l'indigne roi de Pologne un mani-
7V xOSCIÏÏSHL
on II icstsEafsiuaescoB dBpioiraBi m omtcb plos ^œ ter
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E ne Siat pas oubiffîr que cette imesmi di logée étaity pour les CQurtisuiâ de» trob ce portigeaBtes, ce ^\n appe&e «mr e/jUrr, ce fat, pesr les courtÎBaBs de Lmis XIT^ h m delëdilde^iutes.
Les fravis de CalbenK, de ïemÊferear d de Plrosse denaodaient dTermace te&es tene nanes, et se les faisaient assigner. Ce dernier qui eal la plos petite part au partage y doon rxiurfisans pour 80 millions de biens dans le di Posen. Qu'on jngc du brocantage qui se fit i réiersboorg, entre les amants de Catherine < qui, par eux^ sous leur nom, fmsaient des affa
pdaîs, TaloO^e, le lil de la vieille, étaient un mardië, une bourse.
Les Russes ne se présentèrent jamais devant l'armée polonaise sans être au moins quatre contre un ; ajonlez que c'étaient des soldats formés, aguerris, eo&tre de simples paysans. Jamais Kosciusko, dans lootes ses divisions, n'eut, au total, plus de 53,000 hommes. Eût-il vaincu les Russes avec ce faible nombre', la Prusse et rAutriche étaient là derrière pour les soutenir et les relever.
En 93, l'Autriche avait arrêté la victoire de Kosdnsko; en 94, ce fut la Prusse qui vint la lui arracher. Le 6 juin. Kosciusko, poursuivant les Russes, les atteint sur les confins du palatinat de Cracovie, il rompt leur cavalerie, il entame leur infanterie, il prend plusieurs de leurs canons... Au milieu de la victoire, on aperçoit à Thorizon une armée de 24,000 Prussiens, conduits par le roi en pernone. On ordonne la retraite, qui allait être une déroute, si Kosciusko ne Teût couverte par plusieurs charges vigoureuses qui arrêtèrent Tennemi ; il6at deux chevaux tués sous lui, et faillit dix fois périr.
Ce revers était dû à la trahison des éclaireurs de Kosdusko, qui lui laissèrent ignorer l'approche des Pmsdens. La trahison livra aux Russes la ville de Craco^ie.Le dictateur de Pologne, dans un tel péril, avait <^&inement droit d'organiser une justice rapide et
sévère qui fit trembler sous le glaive les amis de l'ennemi.
Le temps lui manqua, la fermeté peut-être^ Le peuple fit) dans sa fureur, ce que Tautorité n'avait pas fait dans sa justice. Le 9 mai , ceux de Varsovie dresseront trois potences et pendirent trois traîtres, entre autres le principal agent de Catherine, le tyran delà Pologne, l'évêque Kossassowski.
Le 25 juin, à la nouvelle de la prise de Cracovie, un millier d'hommes environ se portent de nouveau aux prisons; on en tire sept prisonniers, dont plusieurs, malheureusement, moins coupables de trahison que de faiblesse, étaient loin de mériter la mort. L'aveu- ^le fureur du peuple les confondit, et ils périrent tous.
Le coup fut terrible pour Kosciusko. « J'aimerais mieux, disait-il, avoir perdu deux batailles. » Cette révolution jusque-là si pure, elle était souillée! Ce drapeau, près de périr, il allait tomber dans lesangl... L'effet politique d'un tel acte était d'ailleurs déplorable. C'était le moment où Ton accusait kosciusko, Kollontay et Potocki de vouloir organiser un gran^ massacre des nobles. Pouvait-on espérer que ceux-d, ainsi alarmés, enverraient leurs paysans?
Kosciusko, pour périr, voulut périr juste. Son pouvoir de dictateur, que, du reste, il laissait trop aisément contester, il le fit voir ici. Il ordonna de punii les meurtriers, et fut obéi. Le peuple de Varsovie eul hâte de se laver lui-même; mais, comme dans une si-
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(nation malheureuse tout devient malheur, cette punilion eut l'effet d'enhardir les amis de Tétranger.
Poussé par les forces énormes des Russes et des Prussiens, trés-peu secouru des siens, il reculait sur TarsoTÎe. Ses ennemis ont avoué Tadmirable génie militaire qu'il montra dans cette retraite, spécialement son habileté à couvrir la capitale. Le roi de Prusse la menaçait, et devait donner l'assaut le l** septembre, lorsqu'une nouvelle vint rassurer Varsovie, tfone part, la' Pologne prussienne s'était soulevée ; d'autre part, la Lithuanie armait contre les Russes. Buases et Prussiens s'éloignèrent.
Court répit, fatal. Varsovie était réservée à tomber sous un ennemi plus barbare que l'Allemand. La fanatique armée de Suwarow arrivait avec des ordres de mort. Suwarow a toujours déclaré que c'était sur Tordre exprès de sa gracieuse souveraine qu'il avait exécuté le massacre de Varsovie, comme auparavant celui d'Ismailow.
Cette armée marchait en deux divisions : celle de fersen, celle de Suwarow. Kosciusko, affaibli par des détachements qu'on l'avait forcé de faire, n'avait en tout que 7,000 hommes. Il fit observer Suwarow avec 3,000 hommes, et lui-même, avec 4,000, es- Mya de battre Fersen.
Tout le monde voyait très-bien qu'il s'agissait de périr, d'honorer le dernier jour par un glorieux <^up d'épée, Kosciusko fit une revue, et dit : « Parte
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qui nnidra! b 11 n'y rat pas un homme q rabsndonner.
lustrait dans la naît dn 4 an 5 octobre qv ml nisse Fersen aurait passé la Tistale à la fa grand brouillard, et n'était plus qu'à Tingl résolut de l'atteindre a^ant sa jonction a^ec 1 Il ne communiqua le secret de son départ qu chancelier Kollontay et au jeune Niemcewic raient l'accompagner. Niemcewici savait si allait à la mort, qu'il Ata de son doigt sa h remit à Potocki : « Gardei4a-moi jusqu'au lui dit-il en souriant.
Dans ses intéressants Mémoires , il &it peinture du pays qu iltrarersa dans cette co joindre Fennemi. Les haltes étaient dans des toutes choses, papiers, tableaux, meubles, j< le sol, hachés par le sabre des Cosaques, vieux portraits d*ancêtres pendaient aux i mais découpés, mutilés, comme la Polc même; les pillards s'étaient amusés à crevé de ces vénérables palatins. Le hasard voul premier de ces palais dévastés où s'arrêta 1 fiit précisément celui de la princesse L. . . C'é
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Uré6ft canons rosses da plus fort calibre. Fersen, ù irai dire, eût pu se dispenser de combattre. De la {laine où il avait établi ses batteries, il rasait tout à M aise la position de Kosciusko. Ajoutez que les Polonais, ayant peu de munitions, ne purent même confiiroer le feu. La disproportion des moyens de toute MRle était telle entre les deux années, que Fersen ne dngnapas même monter à cheval ; il resta sans épée. eus son habit de peluche rouge, Thabit le plus bourgeois du monde.
La plus grande difficulté pour les Russes, ce fut d'avancer et faire avancer le canon dans les terrains marécageux où il enfonçait. Mais enGn leur cercle immense resserra, enveloppa de trois côtés la petite année. L'infanterie polonaise, jeune milice, levée d'hier, eut là une fin sublime. Édaircie par les boulets, emportée par la mitraille, ce qui en restait soutint, inunobile, Tatlaque de l'arme blanche, le choc ^TatTreuse approche des 14,000 baïonnettes. Un témoin oculaire qui, le lendemain, les vit, déjà dépouil- /^i couvrir de leurs grands corps blancs la place où '^^ combattirent, le sol de leur pauvre patrie si bra- ^^tuent diéfendue par eux, en eut le cœur déchiré, et S^xàà la plus poignante, la plus ineffaçable impres- ^^On de douleur.
Kosciusko, essayant de sauver au moins la cavale-
I, avait eu plusieurs chevaux tués sous lui ; il fi^iit
monter un mauvais cheval, qui glissa et le fit
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tomber au bord d'un marais. II se relevait quam nuée de Cosaques s'abattit sur lui. Ils neurent ) de reconnaître le dictateur de Pologne dan homme mal vêtu. Us lui portaient des coups de 1 en lui criant : a Rendez-vous 1 » Mais il ne rëpo pas. L'un deux alors, approchant et le prenan derrière, lui déchargea un furieux coup de sabn lui fendit la tôte et le cou jusqu'aux épaules, celte épouvantable blessure, il tomba, et ils le cr mort.
CAPTITITé, EXIL, YIEILLESSE ET MORT DE K08CIU810 (1794-4817).
lâ Russie de ce temps-là, comme celle d'aujourd'hui, avait une fabrique d'histoires et de nouvelles fausses, de faits controuvés. Nos émigrés, qui affluaient alors chez elle, aidaient à Tœuvre de mensonge et mentaient avec esprit. On répandit dans les gazettes, bien plus, on mit en chansons, en complaintes, une fiction que la crédulité publique adopta docilement. Elle fut d'autant mieux reçue, qu'elle était pathétique, touchante ; elle arrachait les larmes.
On supposa que Tinfortuné Kosciusko, se sentant blessé à mort, n'essayant plus de résister et laissant tomber son arme inutile, aurait désespéré de tout, et laissé échapper ce mot : Finis Poloniss.
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bien que les gens habiles, ne sachant trop la ] réelle de leur maîtresse, n'osèrent guérir Kosd
Au bout de plus de deux ans de captivité, Kosc toujours saignant, la tète entourée de bandage entrer tout à coup une espèce de Tartare, peti laid et sans nez.
C'était le nouvel empereur, Paul P'. Sa mère guste Catherine, avait rendu son âme au c « Vous êtes libre, lui dit Paul ; 5i vous ne Vè{ longtemps, c'est que je ne l-étais pas moi-mé Kosciu^ko ne disait rien ; il restait muet de sa ment; il semblait rêver et cherdïait à ramenei blement ses idées. Enfin, revenant à lui-même mes amis seront ils libres? » demanda-t-il à 1reur.
Celui-ci n'était guère moins saisi à regarde ciusko. Pauvre paralytique, malade, et singulièi affaibli d'esprit, très-nerveux, facile aux larmes de défiance, de croyances enfantines, se croya touré d'espions, il aurait brisé les cœurs les plus En l'examinant attentivement, on voyait qu'i blessé, mais plus loin que le corps, auplusproi
k cœur honnête. Il avait été fort contraire au partage de la Pologne. « Maintenant, comment la rendre, disait-il, cette Pologne ? La Prusse et TAutriche vou- «lïODt-elles aussi rendre leur part?... Là est la difficalféî »
Ces bonnes dispositions de Paul furent singulièrement atténuées dès le lendemain par les traîtres polonais qui, ayant livré leur pays aux Russes, étaient wdignès de voir Paul honorer Kosciusko. On ne lui rendit la liberté qu'à la condition de recevoir de Temperenr un don considérable de terres. A ce prix, il lui folpermis de passer en Amérique. L'impératrice, femme de Paul, belle et politique personne, fut très- ^^^tf^ante pour lui au départ ; elle voulut lui dire 8dieu; on amena le paralytique à travers les appartements, dans la même chaise roulante qui avait servi i Catherine ; la jeune inipératrice le pria de lui en- ^oyer des graines de l'Amérique, et lui donna une superbe machine à tourner : c'était le seul amuse- ''^ent de Kosciusko dans son immobilité.
Son premier soin , en mettant le pied sur le sol amé- ^<î3in, fut de remercier l'empereur et de lui rendre les terres qu'il tenait de lui. Les États-Unis, reconnaissants pour leur ancien défenseur, lui payèrent P^ur solde et indemnité de ses services une somme de ^50,000 francs. Il en consacra la moitié à affranchir '^ paysans des corvées dans une petite terre de Polo- P^ qu'avait sa famille, l'autre à une fondation pour
m KoscirsEO.
le ndat des nègres etrédacation des jeunes fii oooleiir.
Bien ne prome mieiix roriginalité réelle du tère de Kosdnsko que b ihe impression qu'il surle peuple, les simples, les bariNires, tandis ^ beaux eqirils, les littérateurs de méti^, ne pou rien trouver en lui. Xodi^, qui le Tit à Pftiîs, lel cnnujenx ; il rappelle c un Tartare maussade contraire, en Amérique, les sauYages Ta^au cueilli a^ec la plus ¥ive admiration ; cesraces s heureuses, mais TéritaUenientliérMques,ne se fcol point sur les héros. Le chef des Creeks Touéàlui, à laviert àkmort; au seul nom therine, au récit de ses machinaticms, il brandis hache dans la plus terrible fureur. U s'écriait : ne sait pas, cette femme, ce que mon ami peut Élire! »
Kosciusko, si bien traité en Amérique, était tr de la Pologne. Il \int s*établir en France, à Foi bleau, dans une solitude profonde, chez un !
son intime ami. D y reçut les plus grandes ce lions qu'il pût avoir en ce monde ; de là il sui yeux un merveilleux phénomène, la renaissanc taire delà Pologne, le sublime démenti que nos ] polonaises donnèrent au mensonge des Russes Polonix. Ces légions, mêlées aux nôtres, firent tir toute l'Europe de leur chant national : « ] logne n'est pas morte ; en nous, elle vit encore
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Lajeune république de Rome, qui devait en grande partie sa délivrance aux légions polonaises, leur offrit CQ reconnaissance le sabre de Sobieski, qu'elle gardait dans ses sanctuaires ; le général des légions, Fil. lustre Dombrowski, Toffrit en leur nom à Kosciusko.
Celte arme, appendue aux murs de l'humble maison du grand homme, devait y rester inactive. KosôdsIlo ne voulait servir ni Alexandre ni Napoléon. Il savait trop que les deux maîtres du monde ne feraient rien pour la Pologne.
Kosdusko, dans sa simplicité apparente, jugeait
pufiiitement Napoléon. Il disait aux officiers polonais,
çii venaient le visiter, qu'ils devaient espérer dans la
f^once^mais non dans V Empereur. Quel pouvait être,
^ effet, le libérateur de la Pologne dans sa situation
terrible? un puissant émancipateur, un hardi révolu-
'ioûnaire. L'indépendance nationale n'y sera fondée
^^m que sur une révolution radicale et profonde.
^'^ttendre de celui qui venait de détruire la révolution
^Uçaise, c'eût été chose insensée.
ï-orsqueNapoléon, vainqueur de laPrusse, se trouva ^^ant la Pologne, aux portes de cet immense et re- ™Utable monde du Nord, il lui aurait été utile de tirer ^psciusko de sa retraite. En réalité, il ne savait pas "^^n lui-même ce qu'il voulait. Eosciusko était le dra- P^u national de la Pologne ; on ne pouvait les sé- P^Ter, car c'était la même chose. Napoléon voulait
88 KOSGIUSKO.
montrer ce drapeau, mais nullement gara nationalité.
Déjà il avait eu Tidée singulière de me ciusko dans cette collection de fossiles qu'or le sénat. A quoi le héros indigné répondit a: quement : « Au sénat ? Et qu'y ferai-je ? »
En 1806, nouvelle tentative. 11 lui envc Fouché. Le choix seul d'un tel agent était v indigne. Envoyer cet homme de police, de tr de sang) dans celte pure et sainte maison comment laver la place où il aurait mis les ]
Ceux qui ont souvenir de la violente et tej lice de Bonaparte savent l'impression sin rentrée de cette police jetait dans une mais sur cela apparemment que Ton comptait.
terrifier, non Eosciusko, mais la &mille Zel sein de laquelle il vivait, famille étrangère, tant plus exposée aux vexations. On com l'ascendant que cette famille effrayée aurait hôte. Un en fut pas moins ferme.
et Je ne me mêlerai pas de vos entrepris( Pologne, dit-il, si vous ne lui assurez un g ment national, une conslilulion libérale et se
lé
KOSGIDSKO. 89
menteuse du 3 novembre 1806, TEmpereur faisait dire aux Polonais : « Bientôt Kosciusko, appelé par < Napoléon le Grande vous parlera par ses ordres, x» Entouré par la police des Fouché et des Savary, Kosciusko, dans l'isolement où on le tenait, ignora longtemps l'abus que Ton faisait de son nom. L'eût-il % par quel journal, par quelle voie de publicité au > '^it-ii pu faire connaître son démenti dans cette Eu* ^pe muette?
Napoléon, on le sait, ne fit rien pour la Pologne, rien pour ses libertés intérieures ni extérieures. La loi française, prenant le paysan polonais pour un fermier, ki déclarait libre, c'est-à-dire libre de partir en quittant la terre qui le faisait vivre. Elle ne comprit pas le Ken antique qui constitue au paysan une sorte de copossession. S'il est attaché à la terre, la terre aussi lui ^t attachée. Cette loi fut, par ignorance, très-partiale pour le noble, lui reconnaissant des droits sans devoirs, le considérant comme propriétaire sans conditions.
Enfin tombe Napoléon, et la France est punie des fentes de l'empereur. L'invasion barbare inonde nos ^mpagnes. Les Cosaques se répandent partout. Les ^oilà à Fontainebleau. On montre encore dans la fo- ^^t la caverne où se réfugiaient les femmes tremblan- ^^- — Ces désastres brisaient le cœur de Kosciusko, il '^p put les supporter. Il va sans armes au-devant des Ï^^Uards ; il les trouve qui s'amusaient à brûler les mal-
heureuses chaumières d'un village inoffensif. Il sur eux hardiment, et saisissant sur plusieurs Vuniiorme polonais : « Malheureux ! quand je de vrais Polonais, pas un ne pensait au pillage I... Et qui donc es-tu, toi qui paries? disaient-ils, le sabr9 levé. — Le général Eosciusko. i» — Voilà des hom--' mes terrassés... Ils se mettent à éteindre Tincendi^ qu'ils ont allumé. Les Russes viennent de toutes parts en pèlerinage à la maison de Kosciusko, entête Thet^ raan des Cosaques, le vieux Platow, qui ne se rappela jamais cette entrevue sans que ses yeux fussent humectés de larmes.
On sait Fétat tout mystique où se trouvait l'empereur Alexandre après sa miraculeuse délivrance de Moscou et son improbable victoire sur celui qui avait apparu ici-bas comme la victoire elle-même. Il croyait devoir tout à Dieu. La première idée de la Sainte-Alliance fut véritablement sincère. Mais cette alliance ne pouvait être vraiment sainte^ à moins d'expier, de rendre le bien mal acquis. Là était la difficulté. Quelle serait Tannée normale à laquelle on reviendrait? Si c'était 89, on retrouvait là, il est vrai, la vieille monarchie française, mais aussi on retrouvait, on devait recomposer la république de Pologne. Si c'était 94, il n'y avait point de Pologne ; mais alors il fallait refaire une grande France républicaine, qui embrassait les Pays-Bas, la Hollande, la Savoie et Gènes. On finit par y renoncer. On fit une Sainte-Alliance sans aucune
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I»ase morale. L'Europe légilime et monarchique se consiilua en plein vol, chacun gardant ce qu'il avait pris et sa mauvaise conscience.
Alexandre conservait encore une velléité d'être juste. Quand il vit Kosciusko : « Que voulez-vous? » lui dit-il. — Kosciusko, sans parler, trouvant une carte sur la table, mit le doigt sur le Dnieper, Tancienne frontière de Pologne. — « Eh bien ! il en sera ainsi.»
On a douté de cette réponse ; mais Kosciusko luinàne, dans une lettre au prince Adam Czartoriski (13 juin 1815), assure qu'Alexandre lui fit, à lui et aux autres Polonais, la promesse d'étendre la Pologne jusqu'au Dnieper et à la Dz^ina.
l'exaltation religieuse d'Alexandre à cette époque Kudla chose tout à fait croyable. Il voulait restituer. Dn jour, dans une réunion nombreuse de dames iWes, il saisit un crucifix qui pendait à la muraille ^jura que de la Pologne il ne garderait pas seuleinent l'espace qu'il indiquait : c'était le creux de sa main. Les dames, dans leur étrange patriotisme rosse, se mirent à pleurer.
Elles ne savaient pas que c'est justement la Pologne, possédée injustement, qui empêche et empêchera toute amélioration en Russie.
Kosciusko demandait que les paysans fussent graduellement affranchis dans l'espace de dix ans, et qu'on leur garantit leurs terres. Alexandre fermait
l'oreille. Un tel changement en Pologne eût emtraliiBe ^ en Russie une immense révolution.
Kosciusko ne tarda pas à voir que l'empereur n^ ferait rien de ce qu'il avait promis. L'aspect des troupes alliées qui mangeaient la France lui était intolérable. Il passa en Suisse. C'est de là qu'il écrit (dans sa lettre à Czarloriski) ces nobles et tristes paroles : a L'empereur a ressuscité le nom de Pologne « mais le nom n'est pas assez... Je me suis offert e0 sacrifice pour ma patrie, mais non pour la voir re»-^ treintc à ce petit territoire qu'on décore avec emphase du nom de Pologne. »
Ses derniers jours se passèrent dans une grand^^ mélancolie. Il ne pouvait, il ne voulait point revoitT**" sa patrie telle qu'on l'avait faite. Non marié, sans^ famille que celle de son hôte, il arrivait au terme de l'âge, et se voyait bientôt mourir sur la terre étrangère. Quelqu'un lui ayant dit un jour les vers français si connus :
De ta tige détachée,
Pauvre feuille desséchée,
Où vas-tu? — Je n'en sais rien...
il fut atteint profondément et s'empressa de les écrire. Il y retrouvait son image, à lui, pauvre vieux exilé, l'image aussi de sa patrie, ballottée aux vents du Nord parmi tant d'événements...
Il ne voyait plus guère que deux sortes de per-
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^nnes. les pauvres et les en&nts. Ceux-ci avaient sur
lui uoe influence singulière, une petite fille surtout,
^e de son hôte Zeltner, dont il faisait l'éducation.
Sa charité était infatigable. Presque tous les jours,
^ partait à cheval pour porter des secours aux pan-
^^i^ du vin aux malades. Il causait volontiers avec
^ux de leurs affaires, y prenait intérêt, et leur mon-
^l des ^rds dont ils étaient encore plus recon-
^issants que de ses secours. 11 ne parlait jamais au
plus. pauvre mendiant sans l'obliger d'abord de re-
omettre son chapeau.
Son hôte^ lui ayant un jour emprunté le petit che- ^1 noirqu'il montait ordinairement, fut tout surpris <le iroirque ce compagnon des courses solitaires de Kosciusko s'arrêtait de lui-même toutes les. fois qu'il ^^y ait un homme pauvrement vêtu, trahissant ainsi '^ hm cœur, la charité de son maître.
XJn but ordinaire de ses promenades était l'hermi- **&€ de Saint- Véréna, peu éloigné de Soleure. Il s'as^ ^y ait là, au pied d'unblocdegranitentouréd'arbres, 9^'on y a mis en l'honneur d'un bon Suisse des temps Passés, qui, pour arrêter une guerre fratricide entre 1^^ Suisses, se jeta devant un canon. Kosciusko aimait ^ ^^poser à l'ombre de ce monument de l'humanité. Il y ^estait parfois un demi-jour tout entier, jusqu'au ^^ncherdu soleil, absorbé dans la contemplation de ^^tte vue immense qui embrasse le Jura et les Alpes, ^^ pouvant à peine s'arracher à sa rêverie religieuse.
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CB qu'est deterub la foijoghb après kosgiusko. — OK !i*A ru
DiTHUIRE LA POLOGRB.
Un voyageur falîgué demande Thospitalilé. «Quel est votre pays? » dit-on. II répond : « Je suis Polonais. 1» Au dernier siècle, il aurait dit ou tâché de fSeiirc entendre qu'il était noble polonais. Cela est inutile aujourd'hui; tous les Polonais sont nobles, dans la pensée de FEurope.
Telle a été la gloire de l'émigration polonaise, de ses légions j de ses héros, de ses martyrs, que la Pologne entière en est restée noble. La Russie a, sans le savoir, conféré à toute la nation Tordre de chevalerie.
Trouvez-moi,sivouspouycz,unhommedeLithuanie, un homme de Gallicie, qui s'aviserait de dire : a Je
5ll2^ luiK oi -mii-jTuiHff- » qtooà il p^t dire : €k siur OL jmrK^ lit i*ssL â: ât IiwnteïwAâ ! »
L. rfflî: l'inr^ariuiL ôf sigièriciiiié n'est pas seobnau. Lin< 1 unii n£& n"iRv=ff- éirvèes. Elle passe toBS
j:^ inirç cins i^âli^ bfs Tinsims. Le dermerdesPoliH
xslu^« ^mt^mm -. -zTiihi poi? opvenir soldai de laBifi^ Siî. trfgTTi* à: rnuisw tOiQsê oe ftioL, lorsq[H*il tonte ssr 9. nmi; fï i^ rftif^ Toqsê par la lancae du Cosar çnf . %!ir DL i -es: muzyr m la cause pol<maise : is 2C1B7C?. 5»;.^i:u^ Z -trsiL Àf -^msœaxquisoaf&reiitpotf «Ljc- A I £ra«i-î:, 5^1 T ijTW, il se trome cftte à c6ê Ô3 |è»4n^is fc Àfs pwcs aûlùesde soo pays, qaV iûï senir or^sua» scèiftis et qu'on met au prenûe: nn^. au ie%i ô^ CLrecrs du Caucase. Ainsi se fonnl eLtre P(4ooj'-5, fax k bksifait de ia Russie, un liei très-fort que peui-<c;ne ils n'ÀuraLÎent jamais eu sans ekk, ce qu'on pourrait appeler la fraternité de la dou leur et l'égalité du martyre.
La nationalité polonaise^ languissante à d'autre époques, est devenue, grâce à Dieu, prodigieusemen forte et vivace. On a pu le Toir récemment dans h diidié de Posen. En Gallicie même, le paysan qui corrompu par TAIlemand, a lue son maître polonais ne veut nullement être Allemand, et se fâcherait si oi lui en donnait le nom.
Si la Russie eût eu Tinlention de raviver et fortifie la nationalité polonaise, elle aurait fait précisément c (|u'eile a fuit pour la détruire. Avec de bons traite
KOSGIUSKO. 97
menls, lespro^inces lithuaniennes, plus anciennement réunies, se seraient peut-èlre, à la longue, ralliées à lears nouveaux maîtres. Mais la Russie semble avoir fris soin de leur enfoncer au cœur, pour n'en être armehës jamais, le sentiment et le regret de la Pologne, hr Ténormité de l'impôt, par les logements de soleils, par l'atrocitë du recrutement et du service mililaire, elle a si bien fait, qu'on n'y parle jamais du Ion temps de la République que les larmes aux yeux. Tout village, chaque année, en deuil et dans le désespoir, voit enlever ses enfants qui disparaissent à ja- BODS. Le vice-roi lui-même, Paskiewitz, en faisant partir le contingent annuel qu'il doit pour une de ses terres, disait dernièrement : « Vous voyez bien ces QDt hommes qu'on va mener h l'armée, tous périront diDS le Caucase; ce sera beaucoup s'il en revient un.» L'unité de la Pologne s*est fortifiée de deux manières^ Identiques de situation, de douleur et de regrets, ^ deux moitiés du royaume (Pologne et Lithuanie) k sont encore par ce fond commun de traditions militaireSy de nobles et glorieux souvenirs, de fraternité inique, que leur a donnée F histoire des derniers t^ps. Le nœud s'est resserré entre elles, et elles ^venl d'un même cœur.
La Pologne, au reste, fut toujours, quoi qu'on ait ^U, un État homogène, naturel, très-légitimement instruit, à peu près comme la France. En l'une comme en Vautre (comme en tout corps' bien orga-
nisë), la dualité harmonique est un moyen d'u Entre ces deux moitiés (Pologne et Lithuanie), i moins de difTërence qu'entre, la France du midi France du nord; on n'y voit pas la dissemUano tréme qui sépare le Provençal du Flamand.
Les États qui l'ont partagée sont, au contraire térogènes et tout artificiels; la Prusse est une saique, rAulriche une caricature, la Russie esl monstre.
Construit sur le patron d'une ^buvantable i gnée, elle est monstrueuse en ceci, surtout, qu< pattes ne !iennent*en rien au corps. Sans la comf sion énorme qui retient le tout ensemble, elles iraient de tous c6tés. Le corps, ce sont les 30 mil! do vrais Moscovites ; les pattes (Sibérie, Lithua Finlande, etc.) ont horreur du corps, et voudraiei détacher. Les Cosaques n*y tiennent qu'à cause avantages matériels qu'ils trouvent dans cet imm empire, dont ils sont une sorte de factotum miiiti du reste, ils méprisent les Russes. Les seuls qui 1 nent fortement à la Russie dans ces dépendances centriques, ce sont les Allemands de Livonie e Courlande, qui ont dans l'empire les cinq sixié des emplois, qui en réalité gouvernent, qui sontt la bureaucratie, et peu à peu la noblesse; i!s la crutent en nombre énorme, les commis devenant blcs après quelque temps de service.
La Russie ne compte pour rien en Russie. Il r
KOSG10SKO. 99
P^^ de nation, il y a un bureau et un fouet ; le bu- ^^Bu, c'est r^lemand ; le fouet, c'est le Cosaque.
Cest ce qui rendit le partage si facile : la Russie ^^Bitun gouyernement, avec ou sans nation, et la ^c>logne une nation sans gouvernement.
OeUe^ était restée & peu près au point des États
^O seizième siècle, avant la centralisation. Elle avait
*^c^u€oup de vie, mais dispersée sur son territoire.
^^te vie n*étant pas centralisée, en tuant ce qu'elle
^"^lait de central, on n'a rien tué du tout.
Les puissances le savent bien. Leur œuvre leur
e à elles-mêmes si artificielle, si peu solide,
^^, pour en prévenir la ruine, dans laquelle elles
friraient, elles se sont ménagé un remède épou-
^ntable; elles ont dans chaque partie soigneusement
^^^livé un germe de guerre sociale ; de sorte que le
^)tir où la Pologne essayerait de tirer l'épée, on puisse
vingt endroits lui enfoncer le poignard.
11 est curieux d'observer les moyens qu'a employés
^^ machiavélisme des trois puissances, leui^s arts di-
^>ers et spéciaux pour fomenter la haine ; mécanique
ingénieuse, telle qu'aucun autre spectacle ne dut
jamais plus réjouir l'enfer. Mais non, l'enfer est
id-bas. ■
Ici, on força le seigneur de rester seigneur malgré loi. Là, on le fit fonctionnaire, lui imposant des fonctions détestées du peuple.
La Prusse a graduellement émancipé le paysan, elle
400 KOSGIUSKO.
^'a fait participer à la propriété, maia en obligeant 1^ seigneur de garder la plus dangereuse, la plus odieuflQ de ses prérogatives féodales, la justice patrimamale^ l'hérédité de la justice, le rivant sur ce siège de juge dont il eût voulu descendre.
L'Autriche, en Gallicie, a diminué les corvées, mais en forçant les nobles d'exercer pour elle la tyrannie autrichienne, d'être ses percepteurs et ses recruieurs^ de lever les impôts, de choisir les hommes pour IB service militaire. . . Vives réclamations des noÛes : oO n'y fait nulle attention.
De 1843 à 1846, ils prient et supplient l'Autriche de leur permettre de changer la condition du paysan.^d'abolir toute corvée, de faire part au cultivateur, eofsorte qu'il ait sa terre à lui. Le gouvernement leui^ fait les réponses les plus gracieuses; il ajourne, gagne du temps, et, sous main, organise contre eux le massacre de 1846. Au lieu d'avantages possibles et lointains, il donne de l'argent comptant, tant pour chaque tèle de noble. Ceux qui ont cru voir dans cette Saint- Barthélémy un mouvement populaire se détromperont en apprenant qu'on n'a égorgé de nobles que les patriotes, pas un aristocrate.
Le jeu de la Russie ne pouvait être le même. Ayant tcllementà craindre chez elle les rëvolles de serfs, elle s'est bornée jusqu'ici à deux choses : d'une part, elle a empêché toute amélioration proposée par les propriétaires polonais; de Vautre, elle a saisi toute occa-
KOSGIUSKO. iOi
Bon de faire croire au paysan qu'elle voudrait réman* j dperje protéger, le faire propriétaire.
En cela, comme en tout, il n'y a jamais eu un i homme plus variable, plus faux que Tempereur âlezandre. Quand Napoléon Teffrayait et qu'il jugeait à propos de flatter la Pologne, il avait demandé à quelques philanthropes polonais des projets de Conslitalkui: «Surtout, leur disait-il, adoucissons le sort dupauvre paysan. » Ces plans donnés, il les jetait au iau. — Plus fort, en 1818, il fit voir le vrai Russe. La luèlesse delithuanie, réunie à Wiina, ayant formulé k vœu d'émanciper les paysans, Alexandre, par un ukase, délendit « de songer à cet affranchissement. » Câa qui avaient parlé en ce sens furent persécutés. Peu après, un nouvel ukase défendit la création des ^les mutuelles que les propriétaires fondaient pour les paysans, et ferma même les écoles supérieures aux 1^68 gens qui ne pouvaient faire preuve de noblesse.
Le premier acte des libérateurs de la Pologne, en
1831 (spécialement dans la Podolie), avant de prendre
les armes, fut de les sanctifier par la déclaration que
'^paysans étaient leurs égaux et leurs frères. Rien
^ ^tait plus aisé que de les faire propriétaires, dans un
P^ys qui n'est nullement serré comme rÂngleten*e ou
'yrance, qui a une infinité de terres vagues, un pays
^ Je domaine de la couronne fait, dans certains pala-
^^^h, la moitié de la terre. C'était le plan du ministre
"^ finances,l'illustreBiernatski. Les propriétaires dù-
IN KOSGIUSKO.
laissés d*une partie des cultivateurs à qui Ton eu donné des terres do domaine, auraient retenu les autres à tout prix, en leur faisant les plus avantageuses conditions. Qtt sait avec quelle rapidité marehérenl les événements» et comment ces nobles projets fureni étouffés dans le sang avec la Pologne elle-niême.
Toute amélioration a été repoussée par ees gouvernements. On l'a vu pour rAutriche. En 1844, les représentants de Posen voulaient fonder une caisse d'amortissement pour le rachat des corvées de leurs paysans. La Prusse s'y opposa.
II n'est pas jusqu'aux sociétés de tempérance, instituées pour relever les paysans de leur dégradation morale, qui n'aient été eoJravées de mille manières par rAutriche et la Russie. Un ukase russe a interdit de prêcher contre l'ivrognerie.
C'est dans les cabarets des juifs que rAutriche a brassé la contre-insurrection où les paysans ivres ont égorgé les libérateurs du pays, qui, à ce moment même, proclamaient l'émancipation des serfs et leur donnaient des terres.
En face de cette propagande hideuse que font l'Autriche et la Russie au sein de la Pologne, et qui, grâce à Dieu, n'a réussi que sur un point, par des circonstances tout exceptionnelles, il faudrait en montrer une autre.
Je parle de l'action étrange, mystérieuse, que la Pologne, sans le savoir ni le vouloir, par le fait seul de
KOSGIUSKO. 105
sessouffiances et de son héroïsme, exerce sur la Russie . La vengeance qu elle tire de son ennemie, c'est de la démoraliser, d y développer une force inouïe de dissolution. Sans parler, sans agir, il semble qu'elle ait titmblé son cœur, dévoyé son espril. Tait ailaibli et égaré. La &cilité étonnante avec laquelle la Pologne a ntagnétisé la Russie tient à un bien triste mystère qu'il [ Dous faut expliquer, au vide immense que la Russie ; iTait en elle, à la destruction intérieure qu'elle a subie, surtout depuis un siècle. La douleur polonaise, Inversant V&me russe, n'y a rencontré que néant.
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