A L1BY (LIBERTATE
nés LE 18 JUIN 184|8, us MOR OU idkJk LA R^TOLUTIOK VALAQVK
Tqr innocence, chère enfant^ garda ta mère dans les plus grands dangers^ quand elle-même sauva tes forts et les ▼aillants, les sauveurs de ton peuple. Ta vue désarma les barbares. Sans toi, les libérateurs de la BoaiMnie étaient perdus, ensevelis aux déserts de la mort, aui glaces russes, d'où Ton ne revient pias.
S76 RÉYOiUTrOH
Puisse ta jeune patrie, née d'hier oomme toi, inoecente comme toi, la dernière née des nations, Varpkâ- Une et F enfant trouvée (ainsi l'appelle un de ses ils): puisse la Roumanie, à travers tant d'orages aborder aii^ctoijAubonportide^al^rqfndaftbë^ l^ i .« ] i^
LB DÀHCBE
il y a déjà longtemps que ce vieux roi des fleaf^ de TEurope^ roi captif, roi barbare, aux tragpiqu^^ aventures, s'est posé devant moi comme un somb^""^ problème, qui peut-être est celui du monde.
La première fois que nous nous rencontrAmes, j'ei^ ^ une triste intuition de lui et de sa destinée.
Je descendais les hauteurs de la forêt Noire et j'< trais dans la Souabe. « Voulez- vous voir, me la source du Danube? » On me mène au petit jardii^ d'un ex-prince allemand. On me montre un petit bas-*^
BU DAHUBE. 977
sin, misènble baqaet de jrâre. « R^fu^ki ta foB^ le voilà. »
J'avais bean regarder. A peine un ftiUe moavement indiquait le point d'où efmnaeace à soorAre cette grande puissance, œ géant des fleures quii par se^ cents lieues de cours, va porter une mer d*eau doBioa au sein de la mer Noire.
« Triste originel me dis^e. Pauvre fleuve t sujet à
ta source d'une principauté sans sujets, tu t'en vas de
captivité en captivité; d'obstacle en obstacle, de tyran
en tyran. Durement barré sur ta route et forcé de
monter au nord^ tordu vers le midi à Budé, tordu vers
^^ouest à Belgrade, tu mords ta rive de Servie, et tu
^ en es pas moins brisé, rebrisé aux Portes de Fer.
franchi du pont de Trajan, que te sert qu'il soit dé-
^niit? tu vas finir honteusement aux douanes du Co-
^que^. Là, tuexpires, et tes maîtres ont stipulé, chose
'^pie! qu'à tes fertiles embouchures, plus fécondes
nie le Nil, le pays sermt à jamais désert !
m. Tes trois peuples sont trois prisonniers. On leur a ^tné les deux portes par où ce grand monde intérieur H>uvait respirer, l'Adriatique et la mer Noire.
« Ils te disent barbare, sauvage. Ce sont eux qui t'ont ^t tel. Rien d'inhumain dans ton génie. Un caracf^>^ de mansuétude résignée, virile, frappe dans les ^^ages des captifs danubiens qu'on voit au musée du ^uvre. Et les bustes gigantesques des hommes de ^cie que conserve te Vatican, ^najestueusement che-
978 RiTOLUTION '
Yeh» wmxD^ les monte 4e$ Gaifati^ i0iit eenr du noble cerf qui erre aux grandes forftlii Tii génie eat bim plus^enonre dans les gRSVM JoéMifii qui se mélmt au bniit de tes flots eti«iifa«i|tt cours. L'Ikpre douceur des chants du pasteur ' le jrhytbme monotone du batrtiér,4e refrain du Bsa^l main et du rala bulgare^ tout, se fi;>nd4an6 une vittto plainte, qui estepmflae ton soupir,, 6 fleuve 4e la «f ttvité! ' - .^ «Quiasôuffnrt,sieen'esttoi?.quiapoptélegniiA
combat du monde^ le^d^oc aUematif du Nord et dot Midi, guarreftde races, guerres de natioitt etguems de religion»:; que de carnages et de supplices !.» •
Bbîs l'éternel siippUoe^ p'est la âuetuatiop et iW certitude du sort, c-est la misère et Fa?anie. Quand le patient raïa a desséché, fertilisé^on vient lui preodne sa terre ; il recommence à côté* On a vu en une \fk& trente mille familles bulgares émigrer de la rive turque et passer en Valachie, de la misère à la misère. Ils fuyaient Tavanie fantasque ; mais qu'est la Valachie? l'avanie permanente.
Par une dérision singulière des lois que nous croyoi^ imposer à rhistoire, le temps, qui améliore, dit-oti* partout, ici a toujours empiré. Avant-garde jadis d^ grand empire romain et bien-aimée colonie de Iv^" jan, puis petit royaume barbare, belliqueux, héroi' que, et Tune des barrières de TEurope, la Roumanie désarme et perd son institution militaire quand TEU'
rope a formé la sienne. Elle en est au seizième siècle
lii disputer la liberté civile ; le servage y commence
quand TOcddaat ne connaît plus de serfs. Une consti-
totion libérale, lui vient, pour comble de misère, la
fiberté pour payer double impôt. Dernier bienfait qui
atermine, l'amitié de la Russie.