SM LES MARTYRS D€ U RUSSIE
bien l'^nodle fanatique gagne Tite dansées massa aireugles. E^es auraient adoré, suivie c^i qui, parh massacre,' leur eût à la firfs dennè la propriété et li liberté. '
Done, rempereur recularji se rapprodiadeanoblesi qu'il avait naguère menabès.
Et maintenant les deux partis, esar et noblesse, sont en fS^ce, n -agissant pas, n'osant agir, tie terrifiaat l'un l'autre; comme deux araignées. en obsèrvatîoB '^- qui ne savent Jbien si elles sont amies ou ennemies, et si, l'une et Tautre/en se legardant, ne songent p9 àsedévoren
sance. Rome Ta constaibment enseignée. Non-seulement un 1851 ) quand la Pologne mourante lui tendait la main)' elle ]!a renvoyée au czar; mais, en 1832, die a 'flétri la révolution polonaise, enjoint aux Poloans d-obéir à leur bourreau.
Rome, en échange de cette lettre, croyait obtenir do czar qu'il recevrait un nonce à Saint-Péter^urg. Loin de là, il commença brusquement la guerre au pape (t853), ordonna la conversion subite des Grecs ornâtes^ sujets de TÉglise latine. Le procédé était rinople. On entourait le village, on knoutait le prêtre et on l'enlevsât. Le pope, le fouet à la main, passant 611 revue sur la place- son troupeau tremblant, menaçait^ battait. On enfermait les obstinés dans des étuves pleines de la fumée du bois vert. La Grâce opérait surle-champ au moyen deTasphyxie. Tous alors se trouvant d'accord , on les consignait dans Téglise, et, le bâton haut , on leur foun'ait l'eucharistie dans la bouche.
La plus terrible de ces dragonnades se passa hors de la Pologne, dans les colonies -militaires^ dans les solitudes de la Russie où elles sont établies. Les récalcitrants y furent mis, et, sous le prétexte de discipline militaire, écrasés de coups, n'ayant pas même la consolation du martyre religieux, tués, non comme catholiques, mais comme soldats rebelles.
Cependant, en grand triomphe on proclama la 3onvei^ion. Miracle visible. Le clergé, pleurant de
joie, demande sa réumoai l'Église de Moscou. Uempereur daigne raccorder. Son journal officiel, dans ! un artide édifiant, chante un hosannah pieux : «Heureuse réunion! s'écrie-t-il, et qui n'a point coûté de larmes! On n'y a employé que la douceur, la persuasion! »
A cela que disait le pape? Si fier contre la Prusse dans les affaires de Cologne, il restait humble et tremblant devant la Russie. gémissait à huis dos, dans un consistoire secret. Mais» en public, il accueillait le jeune fils de Tempereur. A peine, en 1842, quand lé czar prend les églises et les biens eodésiastiques, à peine le pape hasarde-t*il, toujours en consistcnre secret, une plainte respectueuse, et encore, dans cette plainte, il flétrit de nouveau la révolution polonaise, et l'appelle rébellion.
Aux timides paroles du pape, qui circulaient dans TEurope, spécialement par les journaux semi-offici^^^ du gouvernement français, Tempereur avait répo^^^ d'avance par des actes, à la façon barbare, d'une ^^ nière aussi crudle qu'habile. Pour prouver son ch.-^ tianisme, établir quil était un ferme et rude chréti il lançait son ukase exterminateur contre les juifs^
Telle est la logique féroce qui pourtant frappa esprits dans ces sauvages contrées. « Comment dout^ que l'empereur ne soit croyant et pieux, quand on voit crucifier ceux qui crucifièrent le Christ? »
n établit ainsi la gloire de sa piété, à bon marché
m miîma vilij dans la personne de ceux que personne ne défendait, que personne ne plaignait. Les Allemands, qui, dans maintes villes poursuivaient les juifs à coups de pierre, conçurent dès lors beaucoup f estime pour l'empereur de Russie.
L'ukase parait un matin. L'empereur vient de découvrir (ce qu*on savait de tout temps) que les juifs de Pologne, exclus de toute industrie, vivent de brocanlage et de contrebande. Ordre de les transporter sur-le-champ au fond de la Russie. Il n y eut jamais m telle désolation depuis la ruine de Jérusalem. Nul léifii. Les Cosaques arrivent Voilà leurs effets dans a rue... « Allons , en avant 1 détalez. .. Il faut partir, ordre est tel.. .Pas un jour, pas une heure... »Yieilirds, femmes , petits; enfants, ils partent, ils se traient. Le soldat presse derrière et pique au besoin. Ils imbent-épuisés, affamés. On les laisse sans secours ^er là, comme des chiens. La femme défaille et se eurt^le mari doit continuer.
Est-ce assez? non. Les survivants, dans leurs nou- Ues demeures, voient commencer pour eux une hor- )le persécution, la conscription des tnfants! On les lève, à six ans, faibles et tendres encore, pour le rvice militaire ou pour la marine. Mais la race juive, longue date, étrangère au service militaire, y est solument impropre. Tous ces enfants meurent. Le f ne vit pas soldat.
L'empereur a bien calculé. Cette cruelle exécution
d'être iiaditMt iLeUm erf o^ «ni mI ùtmfmrnki vùbmU im maUre. Le mal est ùô fait mAêtmi eettewkimevêlonU.
L*èdifioe porte sur le^vide. La mûnd^ &*fBiagtt danales iondementSY ta législation s'épie ws tien, oemme daas l'air. Nulle à ta baso^tette.eBt et impoasiMe jusqu'au sommet. Qui le portOiOii impoesiblél L'arbitraire^ Et ^'est lui erâl qpd i^. cuteau nom du code. -..^ii
Mais oe n'est pas l'arbitrtiire du nmttre sqdwNpL qui joM sous ce jeu des loîp, c'est l'arbitraire éàitlii^ tas maîtres inférieurs (les agjents du sovnmndi^, îolvé mèdiaires inidèlês qui trompejat à ifur profit kit raame supérieurQ, ezploilent et rmdiWt dèpéadJuISt cette fière puissance* Elte menace, elle ordonne, et b plus souvent, sans le savoir ou le sachùt, elle ciMi ses agents, les derniers des hommes. De sorte, qu'es regardant bien le singulier édiiice de \iolences et de ruses décoré du nom de lois « au sommet même de cette pyramide de servage, nous apercevons un serf.
Serf de ses agents, de ses ministres, de ses jugesi serf de leur infidélité, ta sentant à chaque instant. >
Là est le martyre de l'empereur.
Il ne faut pas s'étonner si, dans sa défiance et dans son inquiétude, il trouble à chaque instant l'ordre qu'il a fait, enlevant les affaires à leurs juges naturels, les faisant arriver d'abord aux tribunaux supérieurs. Mais ces juges, si haut placés , ne sont pas plus ssûrs
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cieles autres. L'empereur sent sous ses pieds tout un emuement d'intrigues. Il s'indigne. Il appelle la ause à lui-même. Il jugera seul. A-t-il le temps, la riênce, les éludes nécessaires? II faut pourtant qu'il )6cîde, il faut qu'il croie à sa sagesse, ou plutôt à son QStinct, à l'inspiration d'en haut , qu'il* sente en lui s Saint-Esprit.
Ainisi, cette vaste comédie de lois et de tribunaux, mit cet effort pour organiser un monde de justice, resent diose vaine. Tout est parti de l'arbitraire de l'emiCTcur, tout revient à l'inspiration de l'empereur, îa'il le veuille ou non, il faut qu'il soit pape.
Terrible punition d'un orgueil si grand. Tandis iwdans un monde de nature et de justice, tout va lescendantpar sa pente,et la justice,découlant comme m fleuve salutaire, vivifie le corps social, — ici, tout ^ remontant, tout revient contre nature frapper au Mmimet, à une fiiible (ète humaine, où, dit-on, résiient la sagesse et Tesprit de Dieu.
les agents du pouvoir central se trouvent trop bien le cette situation monstrueuse pour ne pas désirer ans ce^se que l'empereur laisse tout revenir à lui, lu'il suspende la justice , et tranche tout par sa apatité.
La tendance d'un tel état est visiblement de devoir de moins en moins un éla!, de plus en plus une îligion. Tout est religieux en Russie. Rien n'est légal, en n'est juste. Tout est ou veut être saint.
SM U» HARTTRK.
L'adaiinittration mlérioua f«t sont des employés, dçsoommisn^igisuiij amtfilsde popes.
L'iction eitMcure esl sainte }<^le 4 dans la propa^pnde ecclém-fique.qm | -sio cbei tous les peuples barbartt8...(r«^ i d'invaûcn religieuse.
Tmit cda se &il presque à l'insa A parle intiniiiieiit peu. La Busne n'fiiœ-feu qt'm rien-d'e^lc^. même en bien. Ses ageBtB,,lr«n principaux organes de la presse .^urop^fliW^i 4 dent sa discrétion.
, Laines cette sainte Hussie marçb«r fov^l^ Mph' Kdu «aoTs, dans son jour, la mmifeaty poar KMIt cation du monde. ■■, '..r-Ji
Ce qui est d^à pom* les ftmes piatses d'une fpwdi consolation , c'est de voir qu'aujourd'hui tow 1* honnêtes gens, de Moscouà Rome , jésuites et-GiHI-. ques, se sont rapprochés.
Les catholiques mal appris, qui, si longlemplt malgré le pape, ont défendu la Pologoei, aboyé ^ la BÎissie, sont venus à résipiscence, et ne souffletf' plus.
Il y a eu pourtant un moment où cette muette Rus sie, qui aime tant le silence, la rompu elle-mtow Le cœur lui a échappé; un cri de victoire, étoulT bienUVt, lui est sorti de la bouche.
G'estaprès l'aflaire d^ Jloogriey après le aïége d
Rome, lorsque It Révolution apparut Uessée à mort fe sa propre main,. que Tempereiir lança un manifeste sur le ton de la croisade : « La Russie remplira ^ sainte mission... »
Quelle mission? Cela n'était pas bien spéciGé encore. Celle de faire triompher le pape? Au siège de Rorne, en effet, près des délégués pontificaux, en tète ^^u corps diplomatique, siégeait l'envoyé de Russie. Maid la joie était trop profonde, trop forte la pas- ^n, pour s'en tenir ^ux mots obscurs. L'empereur a laissé éclater son mépris pour Rome, désormais noyée <l^ns le sang. Il a cru, non sans raison, qu'elle ne se lèverait pas d'un tel triomphe. Au moment où il ^^Uàit d'aider si puissamment à son rétablissement ^irnporel. Ha fait proclamer sa déchéance spirituelle. ' Ha formé a été bizarre, indirecte, mais fort claire, ^l'^^^-authentique. Nulle parole en ce pays, sur des 5^^ tières si graves, qui ne soit autorisée. Et la parole, ^^ » a été portée par un agent même de la diplomatie ^'^^te, un homme de l'empereur.
Xl y a toujours autour de lui des hommes jeunes, ^'^ l^atients, inspirés de la violente école de M. de Mais- ^"^^ , qui, malgré les vieux diplomates, brûlent de parï^:** et d'éclater. Us ont visiblement profité d'un accès ^* ^>i^eil du maître pour se faire autoriser à une dé- ^^Tdie inouïe, contraire à la ligne de réserve, de s^l^nce et de ruse, que suit toujours la Russie.
Tne letti-e du Z\ octobre 1849, datée de Saint-Pé-
tersbourQy signée : Un diplomate ryme^ parait dans une revue. L'auteur est l'envoyé de r^mpereurea Bavière. Le titre : La papauté et la question romotM, 1 au point de \me de Saint-Pétenbourg.
La forme, mystique et dévote, n'en rappelle pas moins souvent, par des traits hautains^ demi-irooiques, le rude maître dont l'auteur a suivi Tinspiration. Sans le vouloir, ni sans s'en apercevoir peutêtre, il prend par moments une voix dure, amère et haute, icomme serait celle du puissant seigneur doot il est le secrétaire.
L'article est plein de mépris pour la France et l'Occident, de pitié pour Rome, d'une méprisante pitié* a Rome, qui fut la racine de l'Occident, était encore sa dernière force. Elle succombe. La question romaine est démontrée insoluble, Rome était incon(Â' liable avec Rome, le pape et TËtat romain ne pouvant plus se reconnaître l'un l'autre. Le pape est puni A^ Dieu pour avoir dévié de V unité catholique^ pou^ avoir absorbé le centre chrétien dans Vegoisme papcf^ et romain. »
Mais si c'est là une fin, voici un commencements Nous aurions tort d'être effrayés. Le monde ne mourrs^ pas encore. Elle existe, cette unité catholique qui peut tout sauver; elle est dans l'Église grecque. Cellerci attend que la dépositaire des destinées chrétiennes de rOccident, Rome malade et vieillie, lui restitue ce dépôt sacré.
U n'est pae difficile de tirer la conclusion. Rome, sondannnée pour son égcUsme^ va réunir la papauté latine à celle du pape de Moscou, apparemment moins égoïste. Et, comme ce pape militaire unit les deux glaives, ianp(Nrel et spirituel, comme il peut lancer, pour apôtres, huit cent mille Russes et Cosaques; l'ordre sara bientôt rétabli dans le monde social et dans celui de la conscience.
. Huit cent mille I c est beaucoup sans doute. Mais, quand on n'exagérerait point, cela ne dispense pas d'obéir à la logique.
Contre qui celte croisade? contre Yindwidualisme iémocr^iqu$^ dit-on. Mais qu'est-ce, le czar lui-même et le gouvernement russe? c'est YindividualUme.
Et U y ;a cette différence, c'est que, si le mai repu- Hieain c'est un moi inquiet, remuant, plein d'agitaliiHi, cette inquiétude est féconde, cette agitation proluil. Elle suscite incessamment ia scintillation de la né. La démocratie d'Athènes, la démocratie de Florence^ furent la gloire du genre humain.
{je czarisme aussi est un moi individuel; mais que prodqitril? Qui ne voit que la Russie est par lui éteinte, inféconde, comme morte? Son repos n'est pas an. repos : c'est le rêve d'un homme enterré vivant. Khi pour parler du bonheur seul, et sans rien dire de la gloire, combien lui vaudrait mieux toute l'agitaticm de la liberté!
Prodigieuse entreprise I Vous ne pouvez pas seule-
97e LES MAUTTRS
le ncMide mftrieiirl Et Veif§ jprfetaidei M mMé^ pèrienr de 1* itligioii t EaBraii^'dèatt. Uol, Wiïbio^^ la monter plut htfift que h Loiy irW9 pttenitt'M monde dé la ÊrAoet:,. Impdsteiifs^ àlft enn^ rhommei almi ^nms TOtls ditesrdiratr - '; i '^'
Vom veiisdMiMipcrdrÉgfisël^ pas seulement ce que e'est qu'une 'fi^lâél' ^ ^ *' '
Qfrl ntie %lisè de IMWr 4iA ibè ddtf^^ | Yoir! Le' ipei^ âjgfs ev eut y|ikM^'%MBdèi^ istift monde moderae y va lentement* Itodfe àif tiÎQlitflK grande et prodiaine rtvolotioh quitifhé'Mii^^ mettra certrinemmt VémfùBéê l«^pkiémièaè^|SMëi quiesllâ'luattosf;- -' ■» •••■ ?■' *^-,-^^-*^-;'"' ■•:■
Une Ë^ise^ c>^ tm f^prif ^ -^ tte esprit d'atnob^ fraternel. -
Une É^se, e^est une tàmmuman dMs cet espr^ — une communion vftte et profonde, dans une pa^ faite inldUgence.
Une Église, eai une thriUsaêimy qni Ayenned^ cette intelligoice et de cet amour. . - i
Pas un seul de ces trois traits d'une vèritaUe^^l^iSî^ ne peut s'appliquer i vous. Où est Veepntt Vidé e£^ nul. Et la c&mmuni&n d* esprit î Fausse ; vous dtfendei d'instruire le peuple. Et la civilisatiaHf... Oti ne peut trouver sur le globe aucune stérilité pareille i celle de TÊglise grecque, dans cette période de mille anst
Mais oé qui yous interdit plus fortement ce nom Ëgtise, c'est Teffiasion du sang, la dépense terrible, isensée, que yous faites de la Yie humaine. Le fer, îfeu, le bâton, n'y ont pas suffi ; yous y employez les limats, les élëmafits, les puissances meurtrières de a nature.
Comment toucher à Tautel aYCC des mains pleines lesangl * ^
L'empereur a été à Rome en 1846; il a été bien tiçn du pape; il a été à^Saint-Pierre, il a fait sa prière u tombeau des saints.
Qu'eût fait saint Ambroise? n'eût-il pas été debout, la porte pour arrêter Temperem'? N'aurail-il pas il : « Avant d'entrer dans le temple, daigne Votre ajesté nous montrer ses mains. x>
« On se souvient, dit Tauieur russe que je citais ut à l'heure, on se souvient de l'émotion qui accueil- : à Saint-Pierre l'apparition de Vempeieur orthodoxe venu à Rome après plusieurs siècles lïabsence. notion légitime! L empereur prosterné n était pas tf{, )» etc.
Non, certes, il n'était pas seul. Et il y avait autour i lui une bien grande compagnie. II y avait les marrs de Russie à droite, et ceux de Pologne à gauche. 33 âmes de quelque cent mille hommes, ce jour-là, emplissaient l'église ; tant de milliers qui moururent 3 misère en Sibérie, tant de milliers battus à mort, a peuple d'ombres infortunées, d'enfants surtout.
d73 LES ]IAliT¥R& DB LA RUSSIE.
polonais, juifs, si cra^llement enlevés à leurs mèm, qui ont eu la Mort pour m^ et nourrice, et dont 4A trouve les jaunes os sur toutes les routes^. • . Ah 1 oeo^ là étaient. tous aussi, œ joufi à Saint-Pier?e, et leurs ] voix mon taien t devant Dieu I . . .
Le pape n'a pas vu, n'a pas entendu ces âmes». El ién lors il est jugé.
Il s'est tu. La France ne se taira pas. Elle parlerai sa piace. Gardienne de la Nouvelle Ëglise, elle arrêtera i l'entrée cet ipfignmal Messie, .qui arrive au nom de Dieu.
Meurtrier de l'œuvre de Dieu, 46 sa création jfivante, qye venei-vpus faire id? .
Un mwde demain comm^su^ un monde d'hui^anité et de justice.
La France se tient au seuil, et vous n'irez pas pl^^ loin. Elle dit pontificalement : « Vous n'entrerez pas - ^
Je.