RÉVOLUTION DU DANUBE. S
)t Moldaves? la nation sacrifiée. La Hongrie, la Polorne, ont eu du moins la gloire de leurs souffrances, eur nom a retenti par toute la terre. Les peuples du t>as Danube ont à peine obtenu l'intérêt de FEuropc. Huit millions d'hommes de même langue, de même race, une des grandes nations du monde, passaient inaperçus !. Pourquoi? C'est le fond même de leur misère ; battus d'une mer orageuse de cent peuples divers, changeant toujours de maîtres, ils lassaient Tattention, ils troublaient le regard de leur apparente mobilité. Le vertige venait à considérer leur histoire, comme le voyageur qui^ assis au bord du Danube, contemplant son cours orageux, voudrait fixer des yeux, saisir, compter la vague qui toujours va montant sur la vague, mais qui, découragé, détournerait les jeux, plaignant son travail inutile.
Le flot varie sans cesse, le fond ne varie pas. La Roamanie, de Trajan jusqu'à nous, se reste fidèle à eUe-mème, fixe en son génie primitif. Peuple né pour souffrir^ la nature Ta doué de deux choses qui font duî*W: la patience, l'élasticité. Toujours courbée, toujours elle se relève. Ne la comparez pas aux monuments romains, aux voies éternelles qui sillonnent son territoire. C'est j^utôt la résistance, la forte et soQple résistance des digues de fascines où TOcéan se brise ; il aurait emporté des digues de granit.
Le fond de cette résistance n'est point la sombre acceptation. du mal, le triste fanatisme de l'autre rivo
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dnllBiiriK celtoviort teipcwr^tj i <^yi>li é Jù nimk namOaam ; 110% i^ert im prbdptfNpH^ KwNM ofattinè du ptsié, h tend»fttirhHP»iità œlttJrfM Uiaéi pttriei 9>'^ «me plu» fjpdte^inillig leuie. Lt Boonam ne le quitte j|pMqe.4M:|iew|pr ^mir. B garde» invariiUe, teefcii qoi liâi^epl do «» pères^rhabit, lesaiMuns, la liJBqg^ itWgw i ttia wi : surtout : JSmmwu/ IbUeaMiiMen'pnrafte. Iwr 1» gue eM toute latine^ ^JAeriensgémdeofalieirf» légions qui ont ixmvnt Jenoud» delmn* ImivaKi»^ tit.dsBs.ôeUe grande^Mtofiie de VJbnpmt^Iie^iiàih italiea.a*' épousé la 4lle:et ksomp dii-finu^ c'est le premîsréiéBiept qm4oB>BBie daias re intfiSBti SII9 TatefueuTe pasrilan, laJ>iriata»groiBft|4l»la liâK^TopiiiiAtreté deslégioas aiiti4«6a*42'^ w^<^ varbe roumain (^gne de Bom^ 1 1 QçapoHMs joffjk la mortl r-^.|M,p^ai08rle. ».
Les souffirances inouïes de ce peuple,, les durs •et brusquais ctiaDgeiaents surtout qui ont tiKHibté sade»^ tinée, n'ont guère permis à sa^poésie de prendre tor sor. Pour art>.il a eu ses sou(»rs, des mélodies t^ chaules et d'un change mélancDUque. Comme isat pepple d'origine italienne, il est smsible à la coulaitf «^
• Ce sont i^^îMenent -les frères de ritalie et delà Rnaioi. Une oionforiailé qui étonne, c'est que plusieurs d^s mois vn^ques ont des nottis anajegijès à ceux de notre calendrier répubficain. Mai s'appelle, àm eux, fiorial: octobre, hrumarchi oà Te petit bruoiairè; m^eœkn, brmrumt oii le grand brumaîre.
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Les ^lises, surtout chex les Valaques transylvains, sont toutes peintes de la main des peintres paysans. Leurs lits sont peints , leurs selles.et le joug de leurs buffles le sont également. Le coffre que la femme apporte au mariage, Fèlégante tunique qu'elle brode dle-mèHie, offrent dans leurs ornemients peints la plus frappante ressemblanee avec les plus anciennes mosaïques romaines.
Leurs danses sont romaines aussi, et leurs jeux ceux de IsAtiquité: C'est un pei^le élégant, d'élocution &oile,- et qui parte à merveille. Nulle différence d'idiome^ paysan au lettré; à vrai dîrey c'est comme en Italie, il n'y a pas de peuple, ou>, si l'on veut qu'il y en ait^ i'élégance et la distinction se trouvent surtout dans ies campagnes* iUn de mes amis, né Français^ Hongvgis de cœur, nullement suspect de partialité pour les Valaques, trouvait éhet dix (dans la Transylvanie); je ne sais quoi des bergers de Yirgile. '
Leui^ mœurs sont très-faciles et troppeut^tre.Cela est vrai, du moins, des villes, spécialement des capitales, mélange d'étrangers corrompus. Il n'y a pas de meilleur peuple, à cela près, ni plus aimable, né se plaignant jamais, remerciant toujours, quoi qu'on fasse pour eux. La douceur, la tendresse du oetir valaque, serévëlent en leur langue, pleine de diminutifs gracieux, caressants. Elles sont plus sensiUes encore dans-leurs actes et leur vie habituelle. Il se commet infiniment peu de orimes en Roumanie, et la peine de
ltTOL0Timi
mort a pu y Abe tbdie dqpait loii||[teii^ Jha^ tut qtt*dle bd api^iquèe, on ne poKvaît tMmr.4». lioarma dans le peuple ;*oa-appcÂait dit ëtcMogn^
Leur •■■'fcyMA luMpitalitè ^ji^ffurfl^ diafshe^ fii» nentnneonna.-àuisplinîeiirsdes ctmtrém'nkiifÊn^ ils ont la toocbanle coutiuoe de déposer au iisyddaif rentes des mics remplis d'euponr Je mp^sorfi' pourrait pssser. Entrei dans cette cabanoi Une Uii femme qui filait nent au-devant de wus» eHeiroai* lue gmôensment dans son chalmiant langage sifr' que. EHe quitte tout, «'empresse^ Tous^nçoit iDoauH^ sursit fiût une fiUe, une stEur, au. firte iNMaMiaié^' nJour. EUe court à la fimlmnei et, jsd<m les anoM' UBages, tous-offre ope n'tasqMtfa, Tean pùré^' à h*' quelle nulle main n*a touché. VosnuûnaiaYéei,dis jette dessuscettetoile brillante de paiUettesd'orqu'^ fit pour son mariage, pour en parer le cou de celitt qu'elle aimait* Elle offre tout ce qu elle a, sameitteore crème» ses firuits réservés pour un fils absent : TétnEii' ger est bien, plus : c*est l'envoyé de Dî^i. . '
« Ah I si mon mari était 1&, il vous mettrait dans votre route; il serait votre guide. Il est bien loin dans la montagne. — Pourquoi si loin? — Hëlasl je ne l'aurais pas dit... Le propriétaire est bien dur; nous ne pouvons payer, si nous ne menons nos bestiaux paître au loin, parmi les rochers, dans les terrains sans maîtres.;. Et, par*dessus, le Cosaque est venu, il a volé nos foins: la pauvre vache, l'hiver, vivait d'é-
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ocnroed'^rinrë... Bs ontfiiè nosbœufe; pour labourer, il a AAn bous atteler nous-inèiiies. »
Trop donlonreuse histoire, tant de fois renouvelée I fatalité pesante!... Le maître a pu changer, mais la misère jamais. Jadis d'innombrables troupeaux, des millions de moutons, de bœufs, passaient en tribut le Danube. Ils restent aujourd'hui dans le pays, mais pour le maître seul. Qu'y a gagné le paysan 7 L'ordre estentrèdansradministration,léfiscamieuxcompté... nâeux pre^ilrè le laboureur. Un affireux proverbe valaque était celui-ci : pour le cultivateur qui n a pu Fayer, le fisc mettait au registres Nouê V avons passé ^fu piment. Le malheureux, mis dans la cheminée Au-dessus d'un réchaud allumé et couvert de piment, 7 i*estait vingt minutes. Devenu violet, hérissé, presque mort, on le tirait de là, on le prononçait insolva- ^1^, ou, pour dire comme le percepteur : Secoué , ^^9mdu ras et tordu à sec,
Telle est Teffiroyable barbarie avec laquelle on a si ^^^CKgtemps traité le peuple le plus patient et le plus "^^*x du monde.
Sommes de toute nation, de toute opinion, lisez la te et noble proclamation de la révolution de Yala- ^t^ie en 1848; voyez la modération incroyable, la dé- "*^nce dont elle fit preuve, les ménagements qu'elle S^^:irda pour tous; vos yeux, nous en sommes sûrs, ^ i TOQt pas jusqu'au bout sans s'obscurcir de larmes, ït cette révolution si douce fut fortement fondée.
Rf YOLDTIOII DU DÂ19UBK,
Elle est au eoanr du peuple maÎp^aant4|}w»Nrtiii plus. Elle, a sa racine eu ceeî que, nQu-Sjiqleimitk liberté lui lut âoBBée, imis la |»;^prié(é^ ktt0mm piyMii, une i^Aee ée terre siiiSwqte:poof aiilMlttrt Dans une coii^^y inoilte^eiH^ifem crm^ej^^ peut 4efiMn4,toH8 $amiftt€r:èptfaeB^ > V fies ioufeitsee prairies déaertest qui si|^^ ^rejfigieiir deieur inorojableridres^dej» iii^rM^ prodtgîeui tâpk^de'fleucsv emt le .seul pap eilh repe^tti nq>pelle la i^rm^ur des $itfi^.eiDjM«|w» DeS'ioig^eiiainMAfeuees pounatteot efy ipiw^pw passMli'Ooéaa; des peuples viraAraîeiitalyn8Mai|,4( U.y,attnut place «cwe. Ir hemme «buIî I9 IwInhIo des, guerres, le -€rad4»toil destirans^Mt puf oiir le désert, y rendre inutile, sans* la décourugor pW^ tant, 4a Mtteroelle bonté de la nature^ ..
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LA REVOLUTION VALAQCE DK 1848
C'était le 18 juin 1848. Madame Rosetti était dans 'es douleurs d'un premier enfantement. Son mari, au Pied de son lit, attendait, plein d'anxiété, d'impa- Uence; il regardait sa montre. Sa femme savait pourvoi : à six heures devait se faire le premier pas de ^51 révolution.
Rosetti devait accompagner deux amis qui partaient pour soulever le pays. La patrie l'appelait. Il était retenu par les cris de sa femme. Non moins inquiète du iretard, elle voulait puissamment qu*il fât libre. Il le fut. L'enfant était nél a Dieu merci I... Embrasse-le, et pars t » telles furent ses premières paroles ; elle
sourit de bonheur^ quoique le premier baiser qu'elle reçut comme mère fût un baiser d'adieu.
Fixée au lit, dans ce moment de trouble, immobile et ne pouvant rien, elle souffrait beaucoup et se taisait. Elle n'était pas seule, et ne pouvait pas même suivre son mari en esprit. Sa chambre était ouverte, les visites arrivaient ; de compatissantes amies venaient curieusement, regardaient, observaient. Cette chambre, cet appartement, c'était, on ne Tignorait pas, le vrai foyer du mouvement, c'était la France à Bucharest, et la France de Février. Les actes de Paris, ses brûlantes paroles avaient eu leur écho dans le salon de Roselti. Celte naissance même et eje berceau effrayaient comme augure : l'enfant, cette Liby qui semblait innocente, fallait-il s'y fier ? N'était-ce pas la révolution ?
La tyrannie avait un œil ouvert sur madame Rosetti, un espion dans sa chambre, qui ne la quittait pas. Dans ces moments d'un premier accouchement, où la jeune femme aurait besoin des soins et des bras maternels, une étrangère la soignait, mais pour la dénoncer. Pas un mouvement, pas un soupir, qui ne fût noté : une femme s'échappait par moments et courait dire à la princesse ce qu'elle avait ou vu ou soupçonné.
La révolution éclata à Bucharest le 23 juin, la veille même du jour où celle de Paris périt étouffée dans le sang, — périt, et non pas seule I Les libertés re-
naissantes de toutes les nations de TEurope en reculant laffreux contrecoup!
Le 22 avait été un jour brûlant, d excessive chaleur. La nuit, ^accouchée, dans son lit, entendait d'étranges bruits, des clameurs et des sifflements, dès déchai^fes lointaines, sans savoir si c'était Torage ou la révolution. Tout à coup tes fenêtres s'ouvrent à grand bruit ; les vitres se brisent, les rideaux volent. La mère, saisie, serre son enfant. Une trombe avait rasé la ville^ le grand souffle de Dieu I les âmes des ancêtres? ou celle de la patrie nouvelle? La Roumanie naissait dans les tempêtes.
Un matin, une dame, une amie véritable, trop instruite de la vérité, entre et dit : « Rosetti devrait bien se cacher. » Un bruit d'armes, d'éperons, se fait bientôt entendre. Un ami entre, pâle : « Rosetti est arrêté I » A ce coup, elle ne fit paraître aucune émotion; elle serra, croisa ses deux mains sous sa couverture. On lui apporte à boire; elle boit lentement. Ceux qui l'observaient n'aperçurent nul trouble, nul signe de crainte.
Elle se contint ainsi tant qu'elle eut des témoins suspects. Le soir, deux serviteurs entrèrent, vieilles gens attachés dès longtemps à la maison des Rosetti : un Albanais, une vieille nourrice. Ils regardèrent, avec des yeux pleins de larmes, le portrait de la mère de Bosetti, morte naguère ; l'accouchée avait mis ce portrait au pied de son lit, pour la voir |)endant
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douleurs et s'encourager de œlte tm. rr- 1 Ahlp Dieu a bien fiût, disaient-ib^depran^iieoy oÉI bonne dame, awDt qu'dle ^ yn d» UUmàasdA'f A eesparolentoudiantes, BiadaimJBttsettkM^t{U résister... son cœur s'oMwit ; des^laiTapaJilipiwM» I lui vinrent, la songèrent, ajHrèseeiiliBHd efiorii - > ^ La ié¥dutiM<ijiit lieu, oale sût^-^arlèiMBOBit du peuple, qui ne pot Idsser dafts ktf ferrim^ s'étaient risqués, pour luL H fiovva leèfrispHMld^ Rosetti libre ; il levebMt ehes kn, 4DBSiuveirf^cahMlii sa femme. Un èomme tout défitftl? ar tè t» atoa ito W> c'est le gendre du prince ; « Sanramliei priaee, diMl le peuple menace sa vie^v-Bosetl^ anJbndrdiifpAv le trouve pâle et tremblant, piét à fâtifle, ftJBrê^à-^ gner tout ce qu'on lui présenté. Il signe^ et de gn^ cœur, l'acte des libertés du peuple. Il prend pour s^' ministres les hommes de la révolution. -
Mais la peur succède à la peur. Le consul de Ross: lui montre les armées du czar qui vont fbndre suflu Il veut fuir, il abdique. « Les por-tes sont onverlei (lit Ilosetti, c'est moi qui vous sauverai, i» Le joo mémo, en effpi, à travers un peuple frémissant, Bc Mîlti remmenait en voiture. Le soir encore, il fit parti In iniiii»lro délesté du prince, plus ha! que son malin Mniji, ciîU«f()is,lc peuple était furieux; on ne pouva lo piiyor de poroles : c( Qui Fa sauvé? qui Ta sauvél C'élail 1(3 «iri général qui courait partout : « Trahisonl Uoselti parait au balcon, et dit froidement : « Qdî f
sauvé?... C'est moi! » Il y eut un moment de silence. ^ Fuis, un tonnerre d'applaudissements s'éleva de la '^ place ; le peuple fut reconnaissant de trouver en son •* diefsa pensée véritable, sa meilleure volonté, obscur- ** tàe un moment par la vengeance et la fureur. ' ^ 11 avait bien gagné cette fois de revoir sa famille, ^* lenfant, la jeune mère, cette femme courageuse, ado- '* rte. Il traversa les rues, pleines d'une population at- '^ 'eodrie, sous une pluie de bénédictions et de fleurs. •f '^ fleurs sont rares à Bucharest. Chacun n'en a que ^ qu'il cultive à sa fenêtre. Une femme, transportée, rtunit son jardin en une seule couronne aux trois ^'i leurs françaises et l'offrit à Roselti : « Tiens, dit-il ^ la déposant sur le lit de sa femme; toi aussi tu Tas «Méritée. »