‹ La Pologne martyr: Russie -- DanubeChapitre 2 sur 21 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

La Russie, d'autant, se défait et se cadavérise. C'est son progrès ; je Tai marqué, et pour les temps dont elle est le plus fière. Plus elle a conquis dans l'espace, plus elle est entrée dans la mort. Le brutal Pierre le Grand crée Tempire, tue la nation. La fangeuse Catherine, Nicolas le féroce, autant de meurtriers de la Russie. Sous Alexandre II, à quel état est-elle de décomposition I

Mort certaine 1 et les vers y sont. Croyez-vous que, sans cela, on parlerait de l'ogre avec cette liberté? Croyez-vous que, s'il n'était pas mort, le vieux lord Palmerston eût nettement flétri le dernier guet-apens, appliqué au fer chaud le mot qui restera: «Conscription? non, proscription. » .

Avec les morts ou les mourants, on parle sans façon. On prend cette franchise. Et cela les achève.

PRiFACI. II

Quand j'ai dit€t prédit ce qu'on Toit, il y a déjà longtemps, qui avaia-je avec moi? personne.

On sait quel était le profond respect du dernier gouvemement pour l'empire russe. 11 prenait à la lettre tous les mensonges du duc de Raguse et autres sur les forces de la Russie.

Mes amis les plus éclairés n'étaient pas loin eux-mêmes d'adopter, comme prédiction se* rieuse, la sinistre chanson de Réranger sur le Cosaque^: sur la fatalité qui le conduit vers l'Occident.

Chose curieuse! les Polonais, plus que personne, croyaient i la Russie. Tel, et des plus vaillants que je pourrais nommer, par une modestie de héros, s'exagérait fort l'armée russe. Tel {le ehri$t, le meurtyr de h réconciliation), par un énoraie sacrifice, réhabilitait les bourreaux. Abel pardonnait à €aîn.

Faut-il le dire aussi? Ce Nicolas, par sa foi superstitieuse à son rôle de Fléau de Dieu, par son exécrable ostentation à étaler tout ce qui fait horreur, avait fait impression. Il se crutiwan le Ter-

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