‹ La Pologne martyr: Russie -- DanubeChapitre 20 sur 21 · PREMIÈRE SÉANCE. — .10 AOUT · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉANCE. — .10 AOUT

La séance du 10 août 1848 s'est ouverte à neut heures Sious la présidence de M. Jonesco (agronome

distingué). Sur trente-quatre députés qui devaient composer la commission, vingt-deux étaient venus, dont quatorze paysans et huit propriétaire^. L'ordre du jour les appelait à discuter comment devaient se faire les semailles d'automne.

Le paysan Néagou (qui est en même temps prêtre) demande la parole ; trois députés propriétaires la ré* clament aussi.

Néagou développe les plaintes des paysans. Il rappelle qu'en temps de calamités les propriétaires quittent le pays, tandis que les paysans restent pour tout soufinr et garder les propriétés ; cela seul suffirait pour leur constituer un droit. Sans les paysans, la terre aurait-elle aucune valeur ? Par eux, elle s*esl améliorée et enrichie; par eux, elle a pu payer au propriétaire dimmenses revenus ; à ce titre, les propriétaires restent les débiteurs des paysans. — Il propose, non-seulement pour les semailles d'automne, mais comme base d'un arrangement définitif dans la question de la propriété, que le paysan laboure et sème, comme il l'entendra, en payant la dtme ou dixième au propriétaire.

M. Jonesco prétend que cette dime serait un servage et pour le propriétaire et pour le paysan.

M. Linche se croit incompétent ; la commission n'a rien à faire qu'à préparer à l'assemblée un projet sur la propriété. Jusque-là, il faut suivre l'ancienne loi, quoique mauvaise^

M. Céouchesco (propriétaire) appuie Tavis du paysan Néagou, en le limitant à la question des sems^les d'automne.

M. Robesco (propriétaire) propose que le paysan laboure pour le propriétaire un pogon et demi (me* sure roumaine), et tout le reste pour lui. Plus tafd) on fixera la valeur comparative de la terre du propriétaire et du travail du paysan.

Presque tous les députés paysans adoptent celte proposition.

Adoption fort prudente, selon nous. L'arpentage d'une mesure de terre est chose simple et sans conteste. Mais Tappréciation du dixième du produit est chose fort délicate, susceptible de chicane, et qui eût fait encore intervenir Tautorité entre le propriétaire et le paysan.

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