L.V POLOGNE
Mon éminenl ami, M. Georges Levgues, président de la . commission .les Aflaires extérieures de la Chambre, va vousdirTavec son éloquence coutumière, ce que cette nation Meurtrie nous doit et ce que nous lui devons ce qu elle fait Sfur nous et ce que nous sommes tenus de faire nour elle. Cl v^eil ami Denys Cochin, dont j'ai ( ht un , pur a la tribune du Palais-Bourbon qu'il est l'honneur du libéralisme iraneai> ?ce n'était pas pour flatter le pouvoir car j étais ministre et bocto me crîtiquail au nom de l'opposition), ajoutera rautorité de la parole gouvernementale à celle du Conteren- •fer Qui le ferait mi?ux que lui, avec plus de dignité avec plus de force, avec plus de titres, ayant paye plus cher e Sroit d unir au nom sacré de la France celui d'une famille dont les traditions de noblesse et de patriotisme se sont affirmées par des sacrifices devant lesquels tous les brancais doivent s'incliner? . , . » i
Attestant I harmonie des cœurs dans un sujet ou toutes Ie& divisions disparaissent et toutes les nuances s effacent M. Bracke, dépul('> socialiste de la Seme, associera son parti à notre manifestation.
Ainsi les Polonais sauront que, pour eux comme pour nos. côncitoVens d'Alsace-Lorraine, avec lesquels ils partagent la fraternité du malheur, il n'y a pas de dissentiments entre nous ciuand il s'agit de fonder l'Europe de demain sur la liberté, assurée aux peuples, de choisir et consliLuer leur natrie et sur la réparation d'une iniquité qui, en provoquant des revendications imprescriptibles, a créé de perpétuelles menaces de guerre dans un monde ou les appétits de conquêtes, encouragés par le succès, subsistent,^ et où la paix sera précaire tant que la Justice ne sera qu un
""nous célébrions hier une des grandes dates de l'histoire moderne. Nous fêtions l'anniversaire de la naissance des Ftiits-Unis d'Amérique, qui ont eu l'honneur de proclamer, enmêmXmp^^^ l égalité de. hommes
et les droits des citoyens. Souvenons-nous, a cette occasion, que la pSmièr^ parole du Président Wilson, en intervenant à nos côtés dans la guerre criminelle qui nous a été deckrée, fui pour la résurrection de la Pologne et le retour de l Alsace- Lorraine à sa patrie d'élection. Et. associons, dans nos hommages aux Polonais et aux Alsaciens-Lorrains, le nom Su successeur glorieux de Washington, qui accourt à nous pour prendre rang parmi les libérateurs de 1 Ancien Monde, corarAe La Fayette et Kosciusko accouraient sur les champs de bataille d'Amérique pour prendre rang parmi les créateurs du Monde Nouveau.
Discours de M. Denys Cochin, député, sous-secrétaire ffEtat aux Affaires étrangères
Si la Fiance, dans la lutte terrible qu'elle soutient pour lanl (le bonnes et nobles causes, était capable d'oublier la cause (le la Polog-ne, elle aurait oublii- Tune de ses plus profondes et de ses plus vivantes traditions. Vous savez qu elle «nest incapable.
La cause ée la Pologne est de celles qui. de noire lemps et de celui de nos pères, nous ont fait iaire un lieureux essai
d'union sacrée.
Cette union sacrée qui s'est produite parmi nous des le premi«r jour des attentats de rAikmaghe contre notre patrie, ce n'est pas luae nouveauté chez les Fraaaçais : ils soni
ca|Kd)les de s'entendre tous lorsqu*^il s'agit non pas seufoment de leur propre liberté mais aussi lorsqu'il s'agit d'attentats commis loin d eux, à travers le monde.
On a vu en de pareilles circonstances tous les Fran(:ais protester d'une nit:une voix. J'en ai eu la preuve lorsque, tout nouveau député, j entrais à la Chambre. C'était au moment où éclatait en Europe la nouvelle des massacres ordonnés par k sultan Abdul-Hamid parmi ses sujets d'Arménie.
Ce jour-là, poar rencontrer Jean Jaurès, pour iaire partie du même groupe que Francis de Pressensé, }e n'ai eu qu'une chose à faire, suivre Albert de Mun.
La Pologne!... Mon ami Bracke racontâul hier — il ne se fâchera pas de mon indiscrétion — que la j^sion pour la l*(doii:ne était si enracinée chez Blaiiqui, u en parlait si -ouvent, que ses plus fidèles disciples en plaisantaient et. disaient : >< !1 nous ni('nera à la Révolution sociale en Fn^otce au cri de : \'ive la Pologne. »
Dans l ancienne France. Colberl. dont on peut être étomié de me voir citer le nom à côté de celui de Blanqui, Colbert disait : « Quauid il s'agit de trouver des millions pour la Pologne, je serais capable de vendre mes biens, d'engager ensuite ceux de ma femme et de mes enfants, d'aJAer à pied UMjie» ma vie pour lui en fournir. »
Au siècle dernier, Choiseul envoyait des secours aux oonfédé rations; des troupes françaises détendaifâot Graeovie contre Souvarolï et plus tard, qui donc, amis^et alliés de Pologne, s (X cupait d'écrire pour vous une constitution et de fixer les termes un peu vai.;ues et ilottants de votre contrat social?
r;élailJean-Jac([ues Rousseau.
Et depuis lors, que d'ex|)loits accomplis en commun! M. Pichon le disait. Nous avons salué une mesure heureuse
«ni vient d'être prise; l'armée polonaise a été ressuscitée sur L erre de France poiu- Ée battVe à côté de l'armée française.
Ce ne sera pas la première fois; celle armée se souviendra des noms de Dombrowski, de Ponialowski, émules des héros e l'épopée impériale. Elle pourra écrire sur ses drapeaux, en souvenii- du passé, les noms de Hondschoote, d^EyW, de là Eowa, de Somo Sierra et - un Parisien ne saurait 1 oublier ^lè nom de la barrière de Clichy, car jusqu'au dernier moment les troupes polonaises furent fidèles.
oT verra revivre Sans l'armée polonaise ce bel enthousiasme chevaleresque dont les vôtres, à côte des nôtres, ont donné si souvent des preuves. , On retrouve, én efifel, les marques de cette vaillance et de • cet enthousiasme dans vos annales les plus lointaine.. M Leygues le disait tout à l'heure, vos Jagellons ont soutenu d V n des siècles, la lutte, la belle lutte que nous soutenons àuiurd'hui! alors qu'ils combattaient à Tannenberg, alors au en 1460 le roi Casimir s'emparait de Manenbourg. %an ces temps-là la Prusse appartenait à des oi-ares puissants et rapaces,les chevaliers du glaive, les chevaliers euto- Sques Ces confréries militaires et religieuses on ete depuis "ôï laïcisées, mais sans grand avantage pour h;^m«nite Quelle a été la cause de vos malheurs, aussi célèbres que
''''îd^'fe 'voudrais laisser une voix plus puissante que la mienne la voix des poètes, chanter, célébrer vos exi)loits, T ne leur abandonne pas ce soin parce que je suis heureux moi auss , d'y applau(fir, mais je ne puis, étant un homme ri ti^ue renoncer à l'esprit cÂlique et je voudrais, comme Fa fait M. Levgues, rechercher quelles ont pu êlre les causes
%Tborfct"nauvaises chances, il faut en convem^^ voici une : un iour vous avez, eu. Polonais, une idée assuré- Tnl excellente, celle de demander à la Maison de France
"*Qu'arnva-t-il? Nous vous avons envoyé le duc d Anjou qui
fut depuis Henri 111. , ,,,, ,i .i^.
C'était joiier de malheur; vous pouviez mieux allen< e de
nous et di la maison de France. Sachons en c^^^^^^^ des erreurs politiques, vous en avez 9«°*""^ le reconnaiss'ent. Un livre sincère que jecomm^de a >otre attention, celui de M. Starczenski relève, avec une gra^^^ sincérité, ces fautes et ces erreurs. Il P«'l« causa souvent à votre sérénissime Repubhque la plèbe
"^'U plèbe nobiliaire!... Singulier rapprochement de mots
qu'on ne tFOUve guère que dans Thistoire polonaise. On n'avait pas voulu supprimer Tavantage de la noblesse, mais il seiBÎbie que, par un sentiment d'équité, on l'avait accordée à tout le monde. Et alors, vos nomlbreuses diètes appliqiraifint,
toujours dans un sentiment noble et généreux, ce prmcipe qui a été désigné sous le nom de « liberum wlo ». Pomt être assuré que pas une volonté ne serait brimée, on âvail 4écâdé qu'un seul opposant sul'finii! i)our arrêter tout un vote.
IVnsée uoble et généreuse assurément, mais dépourvue desprit prali(|ue.
(Quoique avant dans ma vie api»artenu le plus souvent aux niiuorités, j admets qu'on ne les respeele pas chez nous jusqu'à ce point extrême : la proportionuelle suflit.
Vos erreurs, Polonais, vous avez toujours pontré qu elles n'étaient inspirées que par de généreux senliroenls, et d'ailleurs votre vive intelligence, incapable d'entêtement, a toujours été prête à y porter remède.
Au moment même où s'accomplissait l'abominable partage, au moment où les oiseaux de proie avaient leurs grifles^r elle, la Pologne se donnait une constitution libérale. 11 est vrai — et voilà ia mauvaise chance — que dans la même année l'auteur de celle conslilulion partait pour la Sibérie; mais pour charmer des loisirs hélas: trop longs, il emportait des livres l'raucais, ceux de ( .ondorccl cl de Pvousseau.
Après que le crime a été accompli, nous avons vu arriver en France beaucoup des vôtres et laissez-moi rappeler quelle belle opinion ils nous ont donnée de ia Pologne.
Nos pênes ont connu votre admirable .poète, Miokiewicz, ils ont connu ce grand musicien, Chopin; yms nous avez envoyé des écrivains, des diplomates, un ©ri^atalisle , Chodzko, une foule d'hommes distingués nous soairt venus de Pologne. . .
Dans les sciences aussi, les Polonais ont marqué, et je croirais commettre une faute impardonnable, pendant que je parie des gloires de la Pologne, si sous les voûtes de la Sorbonne. je ne rappelais i)as une tle nos gloires françaises et, on même temps une gloire polonaise, M""' Curie.
En tout temps la Pologne a trouvé de vives amitiés en France. Oui s'en souviendrait mieux que moi? .le puis, en rappelant les souvenirs de ma jeunesse, évoquer encore devant mes j'eux l'image du meilleur et en même temps du plus illustre ami de mon père, Charles de Montalemberl. J'ai été élevé dans le culte, dans le respect de Montalembwi et de Lacordaire ; dans le respect également et soBvenl Avec les leçons de l'éminent philosophe, le P. Gratry.
Celui-là a prononcé, étant prêtre, une parole qui était
digne qu'e« s'en souvînt. Il a dit :2.^1>epuis le partage Je la Pologne, l'EuPopé est m état de pèche mortel >■ .
Te dierche phis haut encore; parmi mes inip e^Mon. de nift eS i aileso«venir d'uiides dermers^delenseurs de L PolTi^^ e dans les dernières insurrections, Je vois e.ico e daiî^ k cour de la maison que nous habitions, rue baintn,nil inme errer librement un cheval gris.
e savait' là que le vieux général Zamoyski venait faire
' ^«iiv r.âvalier. Mes parents m avaient dit • < ■ est un neros. To„rS r^Bir momenl présent, admirez-vous assez l'élan aui amènev pour contribuer à notre etlorl pour . associer avec^rus à riutte, les uns après les autres, tous le.
P^tont'du^^ZÎL'Iîsli^ trcm^t eii eiiet livrés depui. tro s mis à la guerre la plus redoutable, non pas cerle. . iXou âgés non" pas manqiknt de confiance, -jf f ^ t- i t le i)oids et h douleu? d'une lutte nécessaire f^i ^ . apercevons la fia heureuse, mais dont nous supputons en ce
"îS^:nt mïs ain^^les autres après les A^i^ Italiens puis les Portugais, puis les P.oumains, puis cette nSe a^iTed'Aménque^iui nous arrive mamtenant; demam
les BTésHieïits; ils viennent tous fls nous trouvent comment? Les jeune=>, la ==ueui au ironi,
les vieux, les larmes aux yeux.
Ils nous disent : De votre rude travail, <le Notie aidt etioii, Ju voulons «olre part; no«s voulons ^«^f ^vec vo^^^ Pourquoi le font-ils^ Parce qu'ds savent^ que la •^ause ciue
nous servons est celle de tous les P^^Pl^^»^ ^'"««'.^Jj^J^ J . ■ savent que nous nous l>attons pour une idée qui est la leui
Zr:^'::^rl^ellrrM. épreuve, la «aUon pok>na^ê^devait plus retrouver son indépendance, neté; m ses trois tronçons n ctaunit pas '■^^Sii ms^ensSrl donné au ri^e de la mer; si cet état P^^^?"!^^ en Europe avec assez de force pour devenir un élément essea ^ d'&- et de paix durable, alors les pr— au mo2de civiMsé par la France et ses Al u;. i «i^ ^^ J;^^ temies. Alors l'espérance .pua rang^ a c.^e n - aimccs celles de tous les peuples lil^es serait déçue 1 Mais 1 œuv i e ae justice s'accomplira tout entière. lorsuu il
^ Frédéric II de Prusse se moquait de la J^^^^^^^^;;^^!^^^^^ disait : « Je prends ^d'abord et je s«is ^^en ^^F ^e U«mer ensuite un pédant juriste pour expliquer que j ai raison.
C'est, au fond, la même pensée que M. le chancelier de Bethmann HoUweg a exprimée plus lourdement dans la phrase célèbre qui fera passer son nom à la postérité 1 Heu* reusement, Messieurs, il arrive quelquefois que le» conquérants et les chanceliers, les cyniques et les sophistes se trompent!
Allocution de M. BrackCi député de Paris
C'est riiabilude des organisateurs des conférences sur reiïort de la France el de ses Alliés, de réunir dans une manifestation commune des hommes appartenant à tous les partis.
S'il y a une question où le pelit effort à faire pour montrer que Tunion sacrée subsiste toujours, est nécessaire, c'est la question polonaise. '
Ce qui fait le caractère spécial de l'histoire de la Pologne depuis qu'elle a été démembrée, c'est que non seulement cette vaillante nation a vécu, mais qu'elle a trouvé en elle-même . les éléments d'une vie plus forte; c'est sa résurrection comme nation indéi>endante, comme nation maîtresse d'elle-même que nous saluons aujourd'hui.
Quand la Pologne martyre luttait pour son indépendance et son intégrité, c'est en France, dans tous les partis, qu'elle a trouvé les sympathies les plus actives, prêtes à se mettre en action ou au moins à Taidfer de la force de leur opinion et de leur pensée.
L'existence même de la Pologne s'affirmant comme nation, puisant dans ses efforts de reconstitution de quoi affirmer plus nettement sa nationalité, de quoi fondre les classes qui jusque-là avaient été profondément divisées et quelquefois étrangères les unes aux autres, cette existence a indiqué ce que doit être l'elfort international pour les indépendances nationales.
La reconstitution de la Pologne a toujours été l'un des objectifs principaux de toute la démocratie internationale et particulièrement de la démocratie socialiste : c'est pourquoi nous avons le droit d'en parler ici et nous remercions les organisateurs de cette conférence d'avoir pérmis à notre parti de prendre la parole aujourd'hui.
Dès le début de cette guerre qui va de plus en plus affirmant son caractère, se dépouillant de tous les éléments étran-
fers, de tout ce qui pouvait rester du vieil esprit de conquête, u vieil esprit de conflit, qui devient déplus en plus la lutte des démocraties pour la libération des peuples, dès le pre-
mier jour, M. Leygues vous l'a dit, la question de la Pologne
* VoSs^vous rappelez les inquiétudes et les soucis nés de l'inlenlion prêtée aux ennemis d'essayer de substituer à l'œuvre de reconstitution polonaise, une fausse autonomie,
une fausse unité. in. „
Vous avez pu constater également combien de fluctuations se sont produites à ce sujet, à quels mouvements d opinion elles ont donné lieu. , ,
Qu'est-il arrivé ? U est arrivé que dans celte guerre ou le 4roit des peuples à se gouverner eux-mêmes s est attirme <l'une façon éclatante, la nation russe, dès qu elle est devenue maîtresse de ses destinée^, a considéré que son premier devoir était de refaire une Pologne une, indépendante et entière, et, pour cela de remettre à celte Pologne les immenses territoires que le gouvernement despotique russe s était adjugés en prenant ce qui ne lui appartenait pas.
Elle a dit à la Pologne et au monde entier que les empires ée proie eux aussi devront rendre leur part. , . ,
De même que la Russie a rendu à 1 unité polonaise les narties de la Pologne qui lui avaient été adjomtes, il iaudra que les empires du centre lâchent les lambeaux de patrie qu'ils ont arrachés par la violence. . ,
C'est ainsi que la démarche de la Russie révolutionnaire au jour même de sa naissance, en faveur de la Pologne, est «ne garantie de ce qui sera fait par les nations alliées, par la société des nations sortant de la victoire pour la reconstitution de l'unité française, en rendant à la i-raoce 1 Alsace et la Lorraine qu elle réclame. • «* t
La Pologne nouvelle, la Pologne de demain, M. Lejy-guea vous a indliué à l'aide de chilTres, ce qu'elle sera. Elle est ;arrivée à la forme la plus moderne des Etats actuels; elle a non seulement une classe paysanne vaillante, mais U s y forme une bourgeoisie et un prolétariat, comme auprès des énormes villes comme Lodz ou des ateliers immenses comme
«eux de Gzenstochowa. , „ , . ,
Sans doute la Pologne, quand elle revivra, n échappera pas aux difficultés et aux luttes entre ces divers éléments ; il ne faut pas nous leurrer sur ce point, mais il laut considérer que «'est là précisément l'un des éléments du progrès et que cette action, en forgeant une société nouvelle, prépaure de meiUeurs moments, de meilleurs siècles pour l'humanité.
C'est cette nouvelle Pologne que nous venons ^luer ici. Qui se souvient de l'ancienne Pologne ? La France peut dire que d'un bout à l'autre de son histoire, elle n a cessé de lui être unie.
Depuis r/^poque loinLaine où le poète Koctiaiiowski, lami et Témuledo Ronsard, faisait lleurir la poosie en Pologne, jusqu'au jour où Mickiewicz faisait retentir sa voix, dans les deFiHers moments de la Monarchie de Juillet, à coté de celles de Quineb et (k Michelet, nous avons pu constater que les poètes sont les hommes qui voient le plus claéî. . Je Felisais il y » cpelques jours le K§rie eleison de Mîckie-
wica? im il diss^ au nom de la Pologne : « AemràêHajym.
nous t'en prions, Seigneur ».
Toutes les nations q[tti comme la Pologne ohI soufierL dans leur indépendance et dans leur liberté, sont assiirées, après h guerre, a laquelle nous prenons fmr\ pour que fe paix qui en sortira soit une paix tkirable, de recouvrer leur indépendance et leur entière liherlé, parce que cette paix aura la garantie réciproque de toutes les nations.
Seconde aUoctaioA de M. Stéfxbea Pichon
Vous estimerez, comme moi, j'en suis cettain, qu'il n'y a rien à ajouter aux paroles que vous venez d'entendre ; elles se résument, j'ai îe droit de le dire, dans la déclaration ^i vient d etre faite par M. Denys Cochin, au nom du Gouvernement.
Cette déclaration ira au cœur de tous les Polonais en l'honneur desquels cette manifestation est organisée. Elle signifie ({ue la reconstitution <le la Pologne, unie, indépendante et intégrale fait partie du tribut de^guerre qui sera imposé par les Pays alliés; elle signifie, comme Ta dit M. Georges Leygues, que ïa cauâe polonaise n'est pas celle d'un peuple, quelle n'est pas remise entre les mains de l'une des puissances alliées, (ju'^lle ést internationale, que le droit, la liberté et la justice sont de tous les pays et de tous les temps.
Elle signifie que nous semmeg attachés à cette cause au même ti tre qu'à celle de tous les pays libres, de tous les pays qui veulent être libres, à celle de 1 Alsace-Lorraiine, de la Belgique, de la Serbie, de la Roumanie, des rereadicalions des terres italiennes.
Elle signifie que nous ne désarmerons pas avant d'avoir obtenu cette safistactiori sans laquelle il n'y aurait pas de sécurité en Euro|)!\ sans laquelle il n y auiait pas d'Europe.
Elle signifie enfin, et ce sera renseignement et la leçon de la raanifëatalion (raujourd'bui, que tous ici tant qi^ nous 9omraes, nous Toulon» qu'il en soit ainsi.
Éjûmuge de. Télégrammes
De New-York :
La section nationale du Comité central de Chicago, comprenant toutes les plus importantes associations et organisations polonaises et représentant quatre millions de Polonais
établis aux Etats-Unis, nous confie le grand honneur d'envoyer en ce jour mémorable un chaleureux et fraternel salut aux français amis de la Pologne et en particulier à Messieurs Steghen Pichon, Denys Cochin, Georges Leygues et Bracke .
Aux défenseurs illustres de la cause juste et sacrée de leur lointaiiiie patrie, les Polonais d'Amérique envoient des remercienients émus et leur crient par delà l'Océan : « Honneur aux braves et gloire à France ».
(Signé) Padsrkwski, président d'honneur.
Smulssb, pràttdeni Comité exéciUil.
De Newhaven :
FêiaM solennellement ^antiq^e et si patriote Université Yale, nous avons été fiers de recevoir en même temps que docteur honoraire l'éminent diplomate, écrivain, soldat André Tardîeu, hawt commissaire de notre noble alliée, la France, le physicien anglais Sir Butherford, l'ambassadeur Herrick, cher 'à tous les Français et le célèbre artiste et glorieux })atriote polon;iis Ignace Paderewski. Sommes heureux d'honorer dans leurs personnes les efforts de la France, de la Pologne et des Alliés auxquels, dans le cadre historique de l'illustre Sorbonne, les grands hommes d ElaL français rendront hommage aujourd'hui.
{Signé) Taft, ancien président des États-Unis, Ua-pley, président de T Université Yale.
Paderewski et Smulski :
' Français réunis en Sorbonne envoient leurs affectueux 'saluts et cemeteiements à tous les Polonais d'Amérique.
Nous avons célébré hier jour de rindépeiidance américaine ; demain nous célébrerons ensemble l'Indépendance de tous les peuples opprimés. Les Alsaciens et les Lorrains rentreront dans la maison maternelle et sur toutes vos villes, sur tous vos villages flotteront vos couleurs nationales, dans la noble Pologne dont la France est la vieille amie et qui, démembrée, mutilée, est restée en dépit du temps et des méchants, une, par la fidélité du cœur, par l'esprit de sacrifice et par la foi dans l'avenir.
Stsphen Pichom, Président du Comitéy Paul Labbi£, secrétaire général.
Président Taft et Hadley^ présiident Université Yale :
Français, Polonais et représentants des autres pays alliés, réunis en Sorbonne en Thonneur de la Pologne, remercient l'illustre Président Taft- l'Université Yale et son éminent
Président, de leur amicale attention. Notre Comité a organisé ier, jour de 1 Indépencance des Etats-Unis, des conférences dans toutes les grandes villes de France pour expliquer à notre peuple, qui le comprend avec une fière émotion, •fcombien les cœurs français et améi' ■ ' ^ ' par le souvenir, dans l'avenir pt par le mépris de la mort et par républiques sœurs marchent fièrement droit devant elles, la main dans la main, n'ayant dans cette lutte contre le mal comme inspiratrice que la vérité, comme moyen que le droit soutenu par les armes, comme but que la liberté du monde let l'afiranchissement des peuples,
Stephen Pichon, Président du Comité, Paul Labb^, secrétaire Géné^^al.