‹ La polygamie sacrée au XVIe siècleChapitre 31 sur 57 · ÔOO · texte numérisé non relu

ÔOO

io3.goo

i8.4oo

Chevaux 10.600

Chiens 3.5oo

Oiseaux 980

Narbonne.

Archevêque, Evoques, Abbés, Prieurs, Chanoines, Prêtres, etc., de la Primauté de Narbonne 68.900

Femmes putains sacerdotales .... 71.200

Filles putains 9 '1.600

Bâtards et bâtards des bâtards .... 63.5oo

Maquereaux et maquerelles i5.6oo

Sodomites 1.600

Nombre total 3o5./joo

Chevaux 9.000

Chiens 2.600

Oiseaux 800

Aix ou Arles.

Archevêque, Evoques, Abbés, Prieurs, Chanoines, Prêtres, etc., [de la Primauté d'Aix 56.3oo

Femmes putains sacerdotales .... 67.200

Filles putains 95.400

Bâtards et bâtards des bâtards .... 68.900

Maquereaux et maquerelles i4-8oo

Sodomites i.5oo

Nombre total 3o4-ioo

Chevaux 7 .900

Chiens 2.5oo

Oiseaux 5oo

Vienne.

Archevêque, Evêques, l'réiats, Abbés, Prieurs, Chanoines, Prêtres, Moines, Religieux, tant mâles que femelles de

lOO LA POLYGAMIE SACREE AU XVIe SIECLE

la Primauté et Archevêché de Vienne,

y compris aussi tous leurs officiers et

serviteurs, semhlahlement les nourrice^

vivant, comme il est dit, aux dépens

du Crucifix 5.1.000

Femmes putains sacerdotales .... G2.200

Filles putains 08. 900

Bâtards et bâtards des bâtards .... 37.^00

Maquereaux et maquerell.es 12.000

Sodomites i.ûoo

Nombre total 267.100

Chevaux 9.000

Chiens 3. 100

Oiseaux 4oo

Autres Archevêchés de l'Eglise gallicane.

D'autant que les autres Archevêchés de l'Eglise Gallicane sont tous distingués par diocèses, même ceux qui sont es Pays- Bas de Flandre, nous avons avisé de n'en faire qu'un article, pour éviter la prolixité : d'ailleurs qui en voudra avoir plus ample preuve n'aura qu'à recourir au traité de la Polygamie. Il suffit de savoir le nombre de ces diocèses, qui est de 69, car l'Eglise gallicane est composée de 77 évêchés, comme il a été dit. Par quoi l'état des personnes vivant rière (l) et dans leur Polygamie est telle que s'ensuit.

Archevêques, Evoques, Abbés, Prieurs, Chanoines, Prêtres, Moines, Quatre- Mendiants et autres Religieux et Religieuses de ces Archevêchés . . . 287.000

Femmes putains 3oo.ooo

Filles putains 36o.ooo

Bâtards et bâtards des bâtards . . . 4oo.ooo

Maquereaux et maquereîles .... 100.000

Sodomites 18.000

Nombre total 1 4(35. 000

(*) A cité.

Chevaux ou juments 65.000

Pour le regard des chiens et oiseaux, nous n'en avons pas l"état.

Nombre universel des personnes vivant aux dépens du Crucifix en l'Eglise Gallicane '. 5.062.107.

Au traité de la Polygamie, on s'arrête grandement sur le nombre des Sodomites et Bardacbes ('), non seulement de l'Eglise Gallicane, mais de tous les diocèses de la Chrétienté ; et bien que le nombre n'en soit pas petit, et que l'auteur avance plusieurs et diverses raisons, à ce que tels nombres précisément soient tirés hors ligne, afin de représenter à chacun l'horreur et détestable dépravation de leur Polygamie, nous avons été contraints de les coucher en notre état, alors que nous en touchions assez amplement par les preuves produites sur le train et état de leur Polygamie. Et qui en voudra plus savoir, c'est à lire le cinquième livre du traité de cette Polygamie.

Ici quelqu'un, peut-être, pourra révoquer en doute un si grand nombre de personnes vivant du revenu de la polygamie et dira qu'il est impossible de représenter au vrai ce nombre : car, dira-t-il, quel est celui qui peut avoir compté et découvert qu'en telle ou telle primauté ou archevêché il y ait tant et tant d'ecclésiastiques, tant de putains, tant de maquerelles, et tant et tant d'autres personnes qualifiées au sommaire de l'état et dénombrement ci-dessus désigné? On lui répond que, comme il a été très facile de faire un inventaire de la monarchie diabolique, avec les noms et surnoms des 72 princes et de 7.405.936 diables, à compter par légions les petits : car on en met 6.670 en chaque légion et encore ajoute-t-on leurs qualités et propriétés et à quoi ils peuvent servir pour les invoquer, nombre qui, à la vérité, a plus d'imposture que de certitude ; et toutefois les magiciens et enchanteurs s'en servent, et avec impudence et curiosité détestable, se promettent si ferme persuasion des mystiques propriétés qui sont dans les nombres, qu'ils recherchent l'amitié, le commandement et l'obéissance qu'ont les nombres entre eux, jusques

(!) On nommait ainsi un jeune homme ou garçon qui servait de succube à un autre, et qui souffrait qu'on commit la sodomie sur lui (Dictionnaire comique, de Ph. J. Le Roux).

102 LA POLYGAMIE SACREE AU XVf SU3CIJE

à trouver les nombres planétaires si laborieusement et artificiellement agencés qu'ils tiennent qu'on ne leur doit nier l'efficace qu'on leur attribue en la magie, chose que j'accorderais volontiers, pourvu que l'efficace d'une telle magie n'altérât et ne fit préjudice à l'honneur et à la gloire de Dieu, tellement que la recherche de telles légions de diables prise en sa simple simplicité, comme pareillement l'inquisition industrieuse du nombre des étoiles, exempte toutefois de l'astrologie judiciaire, cela pourrait être aucunement tolérable. En quoi je veux conclure que si les Mathématiciens et Astrologues osent assurer le nombre des étoiles si hautes et si lointaines d'eux, et dont la plupart semblent invisibles à l'œil humain, d'autre part, si la licence des autres est venue jusque-là, que d'avoir produit inventaire ou catalogue de 7.405.926 diables, faut-il trouver étrange si en 18 ou 19 Archevêchés, qu'il y a en l'Eglise Gallicane, on représente le nombre des Evêques, Archevêques, Prélats, Abbés, Prieurs, Moines, Quatrc-Mendianls et autres Religieux et Religieuses, avec tous les paillards, incestueux, maquereaux, maquerelles, rufisques et autres couchés en l'état de la Polygamie, vu que nous fréquentons, buvons, mangeons ordinairement avec eux '} J'amènerais une infinité d'autres raisons pour prouver ce nombre ; mais puisque au traité de la Polygamie rien n'a été oublié pour vérifier la certitude d'icelui, je ne m'arrêterai davantage sur ce propos, sinon que, si vous avez désir de connaître combien la Polygamie a non seulement de putains et ribaudes, mais combien de cornards et coupauds (') elle fait tous les ans en l'Eglise Gallicane, il ne faut qu'en vérifier le calcul qu'en fait l'auteur de la Polygamie, clos et arrêté à la fin du troisième chapitre dudit livre. Je n'ose dire les Princes et Grands Seigneurs qu'il met pour la préface d'une telle cornardise, qu'il intitule le calcul des cornards, crainte que j'ai que sans figure de procès, ou formalité de justice, les Princes et Seigneurs ne leur fassent courir sus, pour les avoir ainsi pipés et abusés de leur Polygamie, voie qu'on doit fuir tant qu'il sera possible, pour prévenir sédition, crainte qu'ils ne leur fassent courir sus, encore qu'à la vérité les Prélats

(!) Cocus.

et Prêtres méritent bien, non pas une réprimande, mais un châtiment digne de l'énormité de leur Polygamie.

De 100.000 familles de gentilshommes qu'il y a en l'Eglise Gallicane, plus des deux tiers sont polygamies, c'est-à-dire que leurs femmes, filles ou servantes sont polluées de ces poulets sacrés ou couronnés ; et pour l'égard de l'autre tierce partie, si elle est préservée de la pollution de telle vermine, soyez sûrs que c'est grand miracle ; tant y a que si elle n'est chauchée (l) de ces poulets, pour le moins l'entend-clle bien chanter. Il n'y a femme, tant chaste et pudique puissc-t-elle être, qui ne se fasse accroire que son curé est le premier coq de sa paroisse, que sa dignité, sa grâce, sa beauté, sa vertu et courtoisie gît en ce qu'il n'est point marié. S'il y a des Abbés, Prieurs ou Protonotaires, qui soient puceaux, c'est-à-dire non mariés, comme il n'y en a pas beaucoup en l'Eglise Gallicane, ceux-là sont au-dessus du curé, et ne polygamient guère que sur la soie et le velours.

Pour le regard des Présidents, conseillers et avocats et autres gens de la justice, des finances et de toutes autres qualités, je les renvoie aux philosophes et aux histoires tant sacrées que profanes, pour y observer les paillardises que les prêtres ont commises avec de grandes dames, sous prétexte de les faire coucher avec leurs dieux : les prêtres de ce temps-là étaient mariés.

Ceux d'aujourd'hui, au milieu desquels sont leurs femmes, ne le sont pas. Il n'v a ville capitale en l'Eglise Gallicane où la polygamie ne soit tellement ouverte, que la plupart de leurs femmes n'y soient corrompues ou polluées. S'ils ne m'en veulent croire, qu'ils lisent les trois derniers chapitres du sixième livre de la Polygamie, ils verront comme souverainement et nonobstant oppositions ni appellations quelconques, ils polygamient leurs dames et damoiselles souveraines.

(!) Chaucher signifiait fouler, presser ou représentait l'acte copulatif du coq et de la poule : « Le coq qui chauchait les poules » (Béroalde de Verville, p. 221).

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