PLANTES DE GIBRALTAR
Deux stèles de la tige peuvent se fusionner en une seule dans leur course ascendante ; ce qui en diminue le nombre d’autant. Immédiatement au-dessous de la rosette de feuilles, on peut avoir trois stèles soudées affectant la disposition d’une étoile à trois branches : elles sont recouvertes d’un endoderme commun.de chaque pointe part un faisceau foliaire entouré à sa base par le réseau radicifère; c’est même ce réseau qui permet de voir que l’on a bien affaire à trois stèles fusionnées ; en effet, les cellules qui le composent et qui appartiennent au péricvcle forment des traînées dans le parenchyme central que l’on prendrait au premier abord pour une moelle véritable.
La feuille ne reçoit qu’un faisceau libéro-ligneux entouré par son endoderme ; il est facile, à l’endroit d’insertion des feuilles, de reconnaître immédiatement cet endoderme; en effet, ses cellules, outre les plissements caractéristiques, présentent un contenu coloré en violet qui les différencie nettement du tissu environnant. Quant au pédicelle floral, il est monostélique comme les racines latérales.
Le nombre et la disposition des stèles varie quelque peu selon l’àge des plantes que l’on examine; mais le type général est bien celui que nous venons de signaler.
Les recherches que nous avons commencées sur les autres espèces de Pinguicula nous portent à croire que les caractères anatomiques seront d’une réelle utilité pour l’établissement des sections dans ce genre.
PLANTES DE GIBRALTAR (2* note) (1), par II. Michel GAMKX.I ll
Un deuxième envoi de plantes des environs de Gibraltar, reçu ces jours derniers de M. Dasoi, botaniste anglais, me permet de compléter la liste que j’ai donnée à la Société il y a quelques mois. L’énumération suivante comprend les espèces récoltées, soit à Gibraltar même, soit dans les environs. Quelques plantes sont nouvelles pour la localité. Et, en présence des découvertes incessantes faites dans cette très riche région, il est permis d’affirmer que tout n’est pas dit sur la flore de Gibraltar.
Chacun sait, en effet, que l’Espagne est, de toutes les contrées de l’Europe, la plus riche et la plus variée en espèces de plantes. Mais à mesure qu’elle s’avance dans le sud, la végétation prend un caractère endémique qui défie toute comparaison, même avec les pays de l’Europe austro-orientale ou de l’Afrique septentrionale les plus favorisés. C’est un mélange de plantes sui generis , africaines, atlantiques, sahariennes, orientales, voire même de l’Égypte, de la Perse, du Caucase et de laMéso-
(1) Voyaz pim haut, p. 2Î3.