‹ La pomme au Canada [microforme]Chapitre 47 sur 87 · POMMIERS NAINS · texte numérisé non relu

POMMIERS NAINS

On cultive le ponee sur sujet nain depuis bien longtemps en Grande- Bretagne, mais celte méthode, qui donne de Les résultats dans les Iles Britanniques, ne saurait convenir dans notre ays. En effet, les conditions ‘limatériques de la plupart des régions cessions où l'on cultive le pommier sont bien différentes de celles de l'Angleterre, En Grande-Bretagne, les conditions de température ne sont pas de nature à favoriser la production hâtive; il y a un grand nombre de jours couverts pendant la saison de végélation et la chaleur fait relativement défaut; on est donc obligé d'avoir re“ours à des méthodes spéciales pour enrayer la pousse du bois afin de häter la production des fruits, Ces méthodes spéciales sont moins nécessaires au Canada. Notre soleil brillant, nos été chauds, favorisent la production hâtive des fruits et il n'est pas rare de voir certaines variétés commencer à rapporter deux ou trois ans après que les arbres sont plantés, lorsqu'elles ont été greffées sur des sauvageons ordinaires, à pousse vigoureuse. L'arboriculteur anglais greffe sur sujets nains ou semi-nains, pour la même raison qu'il pratique la taille en été ou qu'il taille les racines des arbres, c’est-à-dire pour enrayer le développement de la tête des arbres,

Les pommiers greffés sur sujets nains sont limités dans leur développement et ils entrent en Ma À ag plus tôt que ceux qui ont été greffés sur égrains ordinaires. On emploie généralement deux sortes de sujets: le sujet Paradis de France qui, en raison de sa croissance très lente, réduit beaucoup le développement des arbres, et le sujet Doucin, que l'on peut appeler semi-nain et qui est loin d'enrayer la pousse au même degré.

Nous n'avons pas encore fait d'expériences prolongées sur les sujets nains à la ferme expérimentale centrale. Nous nous sommes servis cependant du Paradis de France et du Doucin. Nous avons constaté que le l'aradis a une tendance à rabougrir certains arbres et à les rendre moins résistants au kermès coquille d'huître. D'autres arbres ayant bien débuté, n'ont pas été retardés de cette façon, imais c'est peut-être parce que le greffon avait émis quelques racines, Le sujet Doucin wenraye pas benucoup la pousse. Les arbres multipliés sur sujet Paradis de France rapportent généralement plus tôt que ceux qui sont greffés sur sujets ordinaires; quant au sujet Doucin, il y a peu de différence,

Au Canada, il n'y a pas d'avantage à greffer ües pommiers sur des sujets nains, sauf pour l'amateur qui n'a qu'une cour pour tout verger de fruits et qui, en se servant de sujets-nains, peut cultiver plus d'arbres et un plus grand nombre de variétés qu'il ne pourrait autrement. Il trouvera cependant que pour conserver ces arbres nains en bon état, il sera cbligé de tailler soigneusement et de veiller à ce que les racines émises par les greffons ne prennent pas un jour la place de celles du sujet, car si ceci se produisait, l'arbre se trouverait sur ses propres racines et $un développement ne serait plus enravé. On ne doit pas se servir de sujets Paradis dans les parties du Canada où la destruction des racines est à craindre, car ce sujet n'est pas {rès rustique. Nos expériences sur ce point n'ont porté que sur quelques arbres mais elles ont été confirmées par d’autres expériences conduites sur une assez grande échelle à la station expérimentale de New-

PHASE 24 5 A EURE voa,

Ÿ is

York. Nous ne conseillons donc ee de greffer des pommiers sur sujets nains pour la culture commerciale au Canada.

P''ILVERISATIONS,

L'arboriculteur qui qe ge pas de pulvérisations néglige l'un des facteurs les plus importants du succès dans la conduite du verger. il a pu suivre fidèlement nos instructions sur la plantation et le traitement des pomnmiers jusqu'à leur entrée en rapport, mais il défait tout l'objet de ses peines s'il ne pulvérise pas. La pomme est attaquée = tant d'insectes nuisible: et tant de maladi: ; fongueuses qu'il est impossible de se Passer de pulvérisalions, C'est le seul moyen d'obtenir régulièrement, d'une année à l'au tre, une bonne proportion de fruits No. 1.

Les avantages des pulvérisations ont été si abondamment prouvés par l'expérience en ces vingt-cinq drnières années que l'on pourrait croire que personne aujourd'hui ne néglige cette opération, pas plus les simples cultivateurs que les arhoriculteurs spécialistes, Beaucou pulvérisent, il est vrai, mais le ncmbre de ceux qu obtiennent des résultats réellement satisfaisants est encore relativement faible. Ce n'est Eee la faute de la pulvérisation elle-même; c'est généralement parce que le travail n'a pas été fait à parfaitement ou intelligemment, ou que les bouillies dont on se sert n'ont pas été bien préparées. Certains arboriculteurs se découragent parce qu'ils voient leur voisin qui ne pulvérise pas, obtenir peut-être d'aussi beaux fruits qu'eux en certaines saisons, en la tavelure n'est pas très répandue, mais ce ne devrait pas être là un motif de découragement, car dans les années où la maladie est trés répandue, ils seront amplement récompensés de leurs deux ann‘es de travail. La pulvérisation est une opération coûteuse, et il est surprenant de voir combien de gens continuent à perdre de l'argent en l'exécutant mal. Les premières d révisions sont les plus importantes: lorsqu'elles sont négligées, it en résulte resque toujours de grandes pertes. La ferme expérimentale d'Ottawa a publié, de temps à autre, des calendriers de pulvérisations recommandant certaines pulvérisations à certaines phases du développement des feuilles, des fleurs ou des fruits. Tous ceux qui désirent avoir ce calendrier n'ont qu'à nous en faire la demande.

Après une pulvérisation bien faite, toutes les feuilles, les fleurs et les fruits sont recouverts du liquide, non pas à moitié, mais aussi complète. ment que possible. Toutes les feuilles, tous les boutons de fleurs ou les jeunes fruits qui ne sont pas recouverts de la solution présentent des points où ls maladie ou les insectes peuvent s'établir et d'où ils peuvent se propager.

Dans la préparalion des bouillies et des solutions on devra suivre aussi fidèlement que possible tes formules recommandées par la ferme expérimentale, la division de l'entomologie du Ministère de l’agriculture et les autres institutions publiques. L'arboriculteur qui connaît la composition chimique des matériaux qu'il emploie et qui a parfaitement étudié la science de la pulvérisation, peut modifier légèrement ses bouillies en vue de certaines circonstances, maïs si ces connaissances se bornent au nom des substances u'il emploie, alors il fera mieux de suivre exectement les instructions. Qu'il s'efforce également d'appliquer ses pulvérisations aux époques recommandées. Un délai de quelques ,ours peut entrainer la perte du mélange ou de la solution emplavée, et il aura perdu son temps et sa peine, Parfois la tavelure de la pomme se dés elsppe rapidement lorsque le temps est humi- M de et frais, en été, Dans les saisons de ce genre, il est important d'appliquer des pulvérisation: tardives.

ris l'on pulvérise pour détruire les insectes. il faut se souvenir ue ceux-ci se divisent en deux grandes catégories, savoir Ceux qui morent ou broient leur nourriture et angent ainsi une partie des feuilles, des

fleurs et des fruits, et ceux qui sucent la sève en perçant l'épiderme dos À

feuilles, des fleurs ou des branches. Nous avons comme exemple des pré-

miers, le ver des pommes (ou pyrale) et le charançon, et comme exemple des deuxièmes, le kermès San José, le kermès coquille d’huître et les apiii-

ets nains diens où pucerons, Pour détruire les insectes lroyeurs, il faut un poison interne, qui tue ceux qui mangent une partie des feuilles et des fruits re-

couverts par le poison. Pour les insectes suceurs, une pulvérisation de con-

tuet est nécessaire, car pour détruire ces derniers il faut recouvrir le

l'un des corps de l'insecte avec la solution qui bouche les pores de la respirail a pu tion ou fait périr l'inseete en pénétrant dans le corps. La plupart des pul-

les pom- vérisations employées pour les insectes qui broient n'ont très peu ou point peines d'effet sur les insectes suceurs, ,

nuisible Pour détruire la pyrale ou ver des pomines, qui est l'insecte le plus uuie pulvé- sible de tous dans bien des parties du Canada, il est très important d'arroser » à l'au les arbres au cours de la semaine qui suit la chute des fleurs. Beaucoup de

ces vers pénètrent dans la pomume par l'œil, et l'objet principal de la pulvé-

ivés par ris.tion doit être de déposer du poison ‘ans la ‘coupe du calice” à l'œil du oire que fruit. Les lobes du calice restent ouverts pendant quelques jours après la es culti- chute des fleurs et laissent entrer le liquicle, mais ils se referiment ensuile et t, il est il faut appliquer le liquide avant qu'ils <e ferment, sinon la pulvérisation nt satis- serait sans effet.

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Pulvérisation des arbres à la ferme expérimentale centrale, Ottawa,

Pour détruire la tavelure, ou gale de la pomme, la maladie qui cause tant de dégâts dans les vergers canadiens, il est très important de détruire les spores dès ;u’elles germent au printemps et c'est pourquoi il est nécessaire de tenir l'arbre bien recouvert de la solution afin de détruire tous les spores qui germent et d'empêcher la maladie de se développer.

Pour tous renseignements au sujet du cycle évolutif des insertes, des maladies, etc, nous renvoyons le lecteur à la division de l’entomologie, se Ministère fédéral de l’agriculture, Ottawa et au service de la botanique, ferme dede “xpérimentale, Ottawa. nes as eye Comme il est à peu près impossible à l'arboriculteur de trouver le temps 8 pré. M de préparer une bouillie spéciale pour chaque insecle ou chaque maladie, Rd on doit chercher à détruire, en un petit nombre d'applications, le plus grand rer: somhre d'espèces possible. Nous indiquons, dans le calendrier de pulvéri- RP sations ci-joint, un certain nombre d'insectes et de maladies qui peuvent être combaltus de cette manière.

uveri:r

Lou ve tt

IER DES PULVERISATIONS

lère application

empoisonnée.

poisonnée . Aussitôt que les fleur- Tavelure ou gale, tombent.

taches de suie, pourri- feuilles s'ouvrent que les fleurs s'é- (Important) ture noire (Black rot), (Important.) panouissent Il peut être nécessaire pvrale des (Important) de donn r «:e une . trois. pulvérisations pcur contrôler la tavelure charançon, pucerons, in- de la pomme, suivant sectes à bouclier. la saison cu la maladie

Appliquer sulfate de nicotine, émulsion de pétrole ou savon d'huile de

, juste au moment où les boutons s'ouvrent et où les œufs des pucerons

t. Nouvelle application à la fin de mai ou en juin lorsque les petits insectes

à bouclier éclosent. Le sulfate de nicotine, mélangé au lavage de chaux sulfurée, tue beaucoup de pucerons.

Pour le kermès coquille d'huître, pulvériser les arbres à la fin de l'automne avec un lait de chaux, deux couches, en applivuant la deuxième dès que la première est sèche. Bouillie soufrée pour le ke:mès coquille d'huître, première application.

FORMULES BOUILLIE SOUFREE OU CHAUX SULFUREE

(Pour le kermès San José et les maladies fongueuses).

Soufre, en poudre .. ., ,, .. .: Ses Kau pour faire ares kese dam Faire éteindre la chaux dans une quantité d'eau juste suffisante pour

bien faire cette opération. Ajouter le soufre en le saupoudrant sur la chaux tandis que celle-ci s'éteint. Bien brasser et faire bouillir pendant au moins une heure en ajoutant tout juste la quantité d’eau chaude nécessaire pour que l'on puisse brasser facilement. Lorsque la cuisson est complète, faire couler par de la toile à sac et appliquer chaud.

BOUILLIE SOUFREE COMMERCIALE

Lorsqu'on se sert d'une solution concentrée commerciale de bouillie soufrée, on doit la diluer lorsqu'il n’y a pas de feuilles sur les arbres À raison de 1! gallon de la bouillie Pour environ 9 gallons d'eau, suivant la force de la bouillie. Lorsque les arbres sont, recouverts de feuilles, diluer à raison de un gallon de la bouillie concentrée pour 35 à 40 gallons d'eau. L'arséniate de plomb est le meilleur poison à employer avec la bouillie soufrée. L'urséniate de chaux abîme le feuillage. L’arséniate de chaux est un insecticide dont l'emploi avec la bouillie soufrée promet de donner de bons résultats.

BOUILLIE SOUFREE cé JNCENTREE,

On peut faire soi-même, à la maison, la bouillie soufrée concentrée 1m lieu de l'acheter dans le commerce. La formule est Ja suivante: 50 livres de chaux fraiche, 100 livres de soufre, 40 gallons d'eau. Faire chauffer l'oau presque jusqu'au point d'ébullition, puis Y mettre la chaux et lorsque la chaux est éteinte, ajouter le soufre après l'avoir bien tamisé et réduit en poudre,

lication

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Faire bouillir à gros bouillons pendant une heure tout en brassant fréquemment. Au bout de ce temps le mélange est prêt s’il a été bien brassé. On remplace alors l’eau évaporée au cours de l'ébullition de façon à avoir une quantité de 40 gallons. Faire couler à travers une toile métallique de 20 mailles au pouce et conserver dans des barils jusqu'à l'époque de l'a plication. Si les barils ne sont pas couverts, mettre une couche d'huile à la surface du liquide pour empêcher l'évaporation. Cette solution est généralement un peu plus faible que la solution commerciale.

EMPLOI DE L'HYDROMETRE POUR DETERMINER LE DEGRE CONVENABLE DE DILUTION DE LA BOUILLIE SOUFREE CONCENTREE

L'hydromètre à échelle de densité spécifique, que l’on peut se procurer chez la plupart des pharmaciens, est un petit instrument qui coûte environ $l. Il est très utile lorsque l’on emploie la bouillie soufrée comme pulvérisation d'été, car la force des différentes solutions concentrées varie quelque peu, et lorsque l’on arrose des feuillages tendres il est très important de connaître exactement la force de la solution à es l’on emploie. Pour déterminer la force d’une solution avec l’hydromètre, on dépose cet instrument dans la solution lorsque celle-ci est refroidie et que le sédiment s’est déposé au fond, puis on lit le chiffre sur l'échelle de l'hydromètre à la surface du liquide. Cette lecture indique le degré de densité du concentré. Pour connaître la dilution totale nécessaire, on divise la décimale de la lecture du concentré par la décimale de la force requise. Pour une pulvérisation d'été, la lecture devrait être 1.000 à 1.01.

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