L'ACTION DU FROID SUR LES POMMIERS—-LES DIFFERENTES SORTES DE LESIONS
Au cours des vingt-sept dernières années, nous avons eu, à Ottawa, de nombreuses occasions d'étudier les ravages causés aux arbres fruitiers par l'hiver, Nous soumeltons ici les observations faites pendant cette ériode, les conclusions qui en découlent, et les recommandations auxquelles elles donnent lieu, afin d'encourager l’adoption de méthodes tendant à prévenir ces pertes. On connaît au moins onse formes différentes de lésions causées par l'hiver. Si l’on er faire une évaluation exacte du nombre des arbres fruitiers
tués par le froid dans les parties les plus froides des provinces canadiennes, on arriverait à un total stupéfiant. Il y a des arbres qui périssent la deuxième année de leur plantation; d’autres, au moment même où ils commencent à rapporter; d’autres encore, dans la force de l’âge, lorsqu'ils donnent d’abondantes récoltes. Ces pertes formidables causées l'hiver ont profondément dédécouragé les planteurs; c’est à elles que l’on doit attribuer la lenteur du développement de l’arboriculture fruitière dans les régions froides du Canada.
s doute on aurait pu éviter la plupart de ces pertes en ne plantant que des arbres tout à fait rustiques, mais combien peu de gens sont bien rensegnés sur l'établissement ou la conduite du verger, combien peu savent qu'il y a presque autant de différence au point de vue de la rusticité, entre les différentes variétés de fruits qu’entre les espèces délicates et rustiques de légumes. Tous les cultivateurs savent par expérience qu’il suffit d’une très légère gelée pour détruire les tiges des pommes de terre, et qu’il faut une gelée beaucoup plus forte pour détruire un chou; mais, pour la plupart, la cause de la mort des arbres fruitiers est toujours un ge mystère. ils ne peuvent comprendre, par exemple, pourquoi un arbre dont les racines ont été tuées, verdoye et fleurit comme d’habitude, puis se dessèche ensuite pendant l’été sans cause apparente. Malheureusement, des hommes peu scrupuleux ont profité de cette ignorance des cultivateurs pour les engager à acheter les variétés de fruits qui paraissent les plus belles sur les gravu-
res ou dans le” des-riptions i de l’agent. Il y a progrès cependant depuis que: ;..: ‘‘ nos meilleurs pépiniéristes recommandent spécialement à leu > n’offrir que des variétés qui conviennent au district où elles dei x: cultivées. Nous avons même eu le plaisir de recevoir à la ferme €: le centrale la visite de ces agents, qui nous ont demandé des indic. ur les variétés convenant le mieux aux districts dans les-
quels ils opèrent. Pendant longtemps nous manquions de données sur ce sujet; depuis, l’expérience nous a renseignés. Aujourd'hui, grâce aux publications et aux indications ue l'on peut obtenir en s'adressant aux autorités compétentes, tout cultivateur peut s'assurer la réussite en plantant des variétés appropriées à son district, pourvu qu’il ait un sol convenable, qu'il se procure de bons arbres, et qu'il leur donne le soin voulu.
A\ous passe”ons ici en revue certaines formes de lésions causées par l’hiver: destruction de la racine, fente de l'écorce, fente du tronc, insolation, lésion du tronc, lésion de la fourche, coeur noir, destruction des bourgeons dormants, destruction des bourgeons gonflés.
Destruction des racines.—Cette lésion est causée par l’exposition des’ r&::
cines aux grandes gelées et par le dégel et le regel successif de ces racines. Elle se produit surtout en hiver, quand le sol est sec, et qu’il y a peu ou point de neige. Les racines sont très souvent plus délicates que la partie aérienne, et elles sont parfois détruites tandis que cette dernière n’est pas atteinte. Dans le but de déterminer les conditions dans lesquelles cette lésion se produit, la station expérimentale agricole de l’état de Nebraska a fait des expériences très intéressantes. On planta des arbres dans des caisses de 2 pieds carrés et de {8 pouces de profondeur. Chaque caisse renfermait 25 jeunes pommiers. On
exposa six de ces caisses à l'air vers le milieu de décembre, en laissant, dans le sol de chaque caisse, une proportion différente d'humidité, On recouvrit une caisse avec une couche de paille de 4 ;‘uces d'épaisseur. Une autre, à chaque chute de neige, fut recouverte de 4 pouces de neige. Les autres restèren, sans aucun abri, el on eut soin d'enlever loute la neige qui y tombait, Au mois de février, on fit l'examen des arbres. Des 25 arbres laissés dans la caisse non protégée, dont le sol renfermaii 10,4 pour cent d'humidité, lex racines de 20 étaient mortes et celles des 5 autres non endommagées. Dans la caisse non protégée, qui contenait 15.2 pour cent d’humidité, 19 arbres étaient morts et 6 endommagés. Dans la caisse qui renfermait 19.8 pour cent d'humidité, 3 étaient morts, 10 endommagés et 12 intacts. Dans la caisse qui renfermait 25.6 pour cent d'humidité, on trouva 8 arbres morts, 4 endomma-
Pommier fortement endommagé par l’insolation.
gés, e' 13 intacts. La caisse recouverte d’
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dans los sols humides, même soumis au gel et au dégel rent intactes. Comme le sol, dans certaines
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ment humide en automne, et que la couche de neige qui le recouvre ordinairement l'empêche de sécher, la destruction des racines se produit assez rarement; il n'y a eu de sérieux dommages provenant de cette cause trois fois au cours des douze dernières années. Toutefois, le peu de fréquence de ce genre de lésion rend les producteurs de fruits insouciants, et il arrive parfois qu'une gelée se ee au moment où un verger entre en plein r'apport et lue les racines et les arbres au grand désappointement et au grand découragement des propriétaires. uel: moyens peut-on done employer pour prévenir ce désastre ?
A la ferme expérimentale centrale d'Ollawa, beaucoup d'arbres ont eu leurs racines détruites pendant l'hiver 1895-96, pendant lequel il y eut très peu de neige. A cette époque, on se servait peu de cultures protectrices, et le sol du verger à la ferme était nu. Nous nous sommes loujours arrangés depuis ve temps pour avoir une culture protectrice dans le verger avant le commencement de l'hiver. Cette culture empêche les racines des arbres de se dessécher, et relient la neige qui sert encore de rrolection. Dans un verger en gazon, les racines des arbres sont aussi protégées de ls même manière, L'épandage d'une couche de paille ou de fumier sur le terrain, autour des arbres, protège aussi les racines, Une autre raison qui explique pourquoi nous n'avous pas eu de racines détruites au cours des vingt dernières années à Otta- Wa, € est que, depuis ce temps, nous avons greffé la plupart de nos arbres sur des racines de pommiers à petits fruits (pommetiers) non pas sur les Pyrus Baccata, sauf quelques-uns, mais sur les semis de Martha, Transcendant et sur d’autres variétés cultivées, Les égrains (pommiers de semis), dont les pépiniéristes se servent pour leurs plantations, offrent de grandes différences au point de vue de la rusticité. Chaque arbre diffère probablement plus ou moins, et quelques-uns sont même très délicats. C'est ce qui explique pourquoi des variétés naturellement rusliques ne survivent pas quand on les greffe sur ces racines, Les égrains du pommetier (crab apple) ont beaucoup plus de chance d’être rustique, et nous croyons que si les pépinéristes greffaient exclusivement les arbres destinés aux parties les plus froides d’Ontario et de Québec sur des pommetiers, leur commerce augmenterait dans de grandes proportions. L'avantage de ces racines de pommiers à petits fruits a été démontré d'une manière ppante dans les états du Nord-Ouest, où les arbres greffés sur sujets de ! aiers ordinaires ont été tués tandis que ceux greffés sur racines de pommeuers sont restés intacts.
Fente de l’écorce.—Cette avarie se voit généralement sur les jeunes arbres. Elle est due à l'expansion causée par la gelée, quand les arbres regorgent de sève. Elie se produit surtout lorsque la végétation des arbres s'est continuée très tard en automne et qu’il survient une baisse subite de température. Elle survient aussi quant les arbres ont continué de po"sser jusqu'à une époque tardive et qu'il tombe une grande quantité de neige avant que la terre gèle. La neige molle paraît avoir pour effet de ramollir l'écorce des arbres, et quand la température baisse subitement, l'écorce se détache. C'est généralement près du sol que la lésion est la plus prononcée. Dans la Nouvelle-Ecosse, la Gravenstein et d’autres pommes sont affectées par une maladie que l’on appelle la pour ture du collet (crown rot) qui paraît détruire l’écorce de l’arbre près du »1. Cette affection semble provenir du prolongemeni exagéré de la végétation, car elle se rencontre surtout dans les vergers bien cultivés ou à sols humides où les arbres, regorgeant de sève, continuent à pousser très tard. On a trouvé des traces de maladie dans les parties endommagées, mais nous croyons que cette maladie est une cause seondaire plutôt qu’une cause principale. On peut, dans une large mesure empècher :a fente de l'écorce en faisant bien môûrir le bois des srbres, avan! l& commencement de l'hiver et , Pour ceci, il faut arrêter la culture du so) eu moment voulu. Les jeunes arbres endommagés par la fente de l'écorce peu-
vent encore être sauvés, si toutefois ils ne sont trop avariés: il feut, pour
» recouvrir les parties endommagées avr la cire à greffier.
Gélivure ou fente du tronc.—Sans êvre très répandue, cette lésion n'est cependant pas très rare, On n longtemps cru qu'elle provenait de l'expansion
arbres qui avaient été “trop serrés” dans leur écorce. On croit maintenant que. la fente provient du fait que les rayons médullaires se contractent plus fortement que ceux des autres parties du bois, lorsque la température tombe subite. ment au-dessous du point de congélation. Les rayons médullaires sont des plaques de tissu cellulaire, qui rayonnent du centre du tronc à l'écorce. Ce sont les arbres dont la végétation s'est continuée jusqu'à une époque tardive, el qui regorgent de sève, qui sont généralement affcctés. Par conséquent, pour cette lésion comme pour la fente de l'écorce, le remède préventif consiste dans la maturation parfaite du bois.
Insolation ou coup de soleil. —La lésion des pommiers connue sous le nom d’‘“insolation,” est une des causes qui contribuent le Ed à l’insuccès dans la cullure des pummes, et surtout dans les parties nord et est des provinces d'Ontario et de Québec et dans les autres es du Canada où une température chaude et ensoleillée au printemps est suivie de rudes gelées. néralement, les arbres jeunes, ou nouvellement plantés, en souffrent beaucoup plus : ue ceux qui sont plus vieux. L'aspect malsain de l'écorce sur les côlés s .' si sud-ouest du tronc de l'arbre, et sur les branches les plus fortes, est le premier de cette lésion. Plus tard, l'écorce et le bois se dessèchunt et lumbent. Svuvent les dommages sont si graves que les arbres meurent. L'insolation se produit pendant la dernière partie de l'hiver ou de très bonne lieure au printemps, quand les journées sont chaudes et les nuits froides. Chez le pommier, une partie seule de l'écorce est affectée, c’est la partie la plus exposée au soleil. Les variétés les plus rustiques en souffrent moins que les autres. On peut, dans une larg en ne plantunt que des arbres étêtés fortemen très court aux rayons du soleil. © eunes arbres au sud-ouest, empêc e
udés, on peu un protecteur de bois, qui empêche l' leil. Le papier blanc à corstruction, lié auto bon: résultats, et il protège également c meilleurs remèdes préventifs.
et de bien d’autres matériaux.
rait servir de refuge aux souris.
ées, la lésion de la fourche a
province de Québec et dans certaines par-
d'Ontario. On constate, en examinant l'arbre affecté, que
l'écorce est morte sur le centre de la fourche et sur les branches qui en naissent. Comme résultat de cette *” à, l'arbre s’affaiblit, la pourriture s’y introduit; l’une après l’autre, ‘es bruuches pourrissent à la fourche, et l'arbre meurt. D’aucuns croient que cette maladie de la fourche est causée par la glace qui s’y dépose. Comment cette glace fait-elle pourrir l'écorce? Il y a là-dessus, diverses théories: l’une prétend que la glace agit comme une loupe et concentre les rayons du soleil ge brûlent l'écorce. La position des branches endummagées suffit pour in iquer que cette théorie n’est pas la bonne. Il paraît plus probable que la lésion est Causée par le ramollissement de l'écorce par l’eau ou par la neige fondue, et cette écorce, déjà naturelleme:t plus faible à cet endroit qu'à toute autre partie de l'arbre parce qu'elle est plus ombragée pendant l’été, ne peut, dans cet état, résister à une-forte gelée et meurt avec le cambium qu'elle ee Un des meilleurs moyens de préveuir la lésion de la fourche est de cultiver des arbres avec aussi peu de
fourche que possible. Pour cela, il faut les tailler avec une flèche central.
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Destruction du bois tendre.—Cette avarie indique une faiblesse inhérente à la variété ou à l’immaturité du bois. Les plantes, qui exigent une longue saison pour aoûter leur bois, continuent À pousser si tard, quand on les cultive dans un climat où la saison est courte, que le bois n'r pas le temps de mûr et æ le jeune bois, ou même l'arbre entier, peut être tué. Même chez un arbre délicat, le bois qui est bien aoûté peut survivre, mais il y a des fruits et des varielés qui ne résistent qu'à certaines températures minima, au-dessous desquelles leur protoplasme, c’est-à-dire leur principe vital, est détruit. Il arrive parfois aue des espèces d'arbres fruitiers, vigoureuses en apparence, meurent, re sévit un hiver rigoureux, après une abondante récolte ui a déjà affaibli leur vitalité. La pomme Ben Davis nous en offre un exemple, Coming nous l'avons dejà dit, cette lésion peut être causée par la maturité. imperfaite du bois ou pur la mort du protoplasme. Quand elle est due à l'immaturité du bois, on peut, dans une large mesure, la prévenir par des méthodes rutionnelles de culture. Des expériences faites à Ottawa par le chimiste de la ferme centrale, M. Frank T. Shutt, ont démontré que les variétés de pommes, que l’on sait être délicates, contiennent généralement plus d'eau dans leur rameaux cn hiver, que ce!'*s qui sont plus rustiques, sans doute parce que le bois de ces variétés 1 e:, pas aussi mûr que celui des espèces lus rustiques. Quand on redoute, après une récolte abondante, que les ar- 4 de certaines variétés ne puissent supporter l'hiver, il faudrait faire un éclaircissage des fruits afin de prévenir l'amoindrissement de la vitalité,
noir.—Le cœur noir est une lésion des arbres, particuière aux climats froids. Elle est causée par la mort de l'aubier, ou du jeune bois en hiver. L'écorce et le cambium restent intacts et la végétation reprend au printemps comme d'habitude, mais le lésion demeure. Qu'un hiver, ou que plusieurs hivers rigoureux se succèdent, et l’aubier peut être détruit se sieurs fois de suite chez un jeune arbre; cependant l'arbre continue à se développer, car le cambium n'est pas tué, Mais qu'une branche morte se casse sur un arbre attaqué depuis plusieurs années, la pourriture s'v introduit, l’inté-
j rieur de l'arbre pourrit; un jour ou l’autre, l'arbre est abat/u par le vent, et
l'on remarque alors qu'il ne se composait plus guère que d’une cr ‘uille et qu'il ne s'élait maintenu que par le tronc et quelques couches extér ; : es de bois. Lorsque cette lésion se reproduit plusieurs fois de suite, on : ut en conclure que l'arbre n'est pas assez rustique pour le climat. 1 = JCOup d'arbres ont le “coeur noir” à la ferme expérimentale cenirule, ruais la pluparl de ces arbres | gérapadet et rapportent bien, et aucun sine extérieur ne révèle la lésion dont ils sont atteints. En abattant beaucoun “arbres en ra
put que nous voulions enlever pour d'autres ::."ons, nou: 4vons constaté qu’ils avaient le cœur noir, mais la pourriture ne <'v était pas u'18e. On peut, en donnant une attention soigneuse aux arbres cicvés dans les pépinières du Nord, prévenir le cœur noir dans la première phase de cette maladie. Pendant l'hiver, après la première pousse des jeunes arbres greffés, la plupait des variétes sont exposées à voir leur bois neuf tué, et quand l'arbre se remet à pousser au printemps, on remarque que l’aubier est noirci, au-dessous du point où la végétation commence. C’est le cœur noir. Les pépiniéristes soigneux coupent maintenant les jeunes arbres presque ou tou, à fait rez-terre la première année, pour leur permettre de recommencer à pousser sur bois sain. Si la lésion se reproduit la saison suivante, on coupe les arbres À nouveau, mais généralement il n’est pas nécessaire de raser aussi bas. Même après trois ou quatre ans, alors que les arbres ont été transports au verger, ils peuvent contracter le coeur noir à la suite de l’action du froid, mais ceci se produit beaucoup plus rarement que lorsqu'ils sont négligés en pépinière. En novembre 191!, une lée de .2 degrés a causé beaucoup de cœur noir dans le stock de pépinière. Lorsque l’on redoute des gelées aussi froides en automne, il est très important de faire bien fvûter le bois. Les arbres qui ont baucoup souffert du coeur noir les années précédentes ne font pas une pousse aussi vigoureuse que les arbres non en-
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dommagés. La croissance est aussi quelque peu affaiblie. Les variétés dé. licates sont plus susceptibles au coeur noir que les variétés rustiques.
Décoloration de l’aubier.—Dans les régions du Canada où des baisses au. bites de température se produisent de plusieurs degrés au-dessous du point de congélalion, avant que le bois des jeunes arbres dans les pépinières ou dans les vergers soit encore parfaitement aoûté, l’aubier se décolore ou prend une couleur brune. J'ai trouvé cette décoloration dans plusieurs variétés en examinant des sujets de pépinière après une gelée de 8 degrés F, Rien ne prouve, autant que je sache, que cette légère décoloration abîme sérieysement l'arbre. Rien ne montre même qu’elle ait le plus léger mauvais effet, Dans les districts où ces gelées précoces et fortes se produisent, les arbres déjà plantés dans le verger ne se décolorent point; lorsque la gelée est très forte, il peuvent contracter le cœur noir.
Lésion du tronc.—Lésion du corps de l’arbre.—Il a été prouvé, par maintes expériences soigneuses, que les arbres perdent de l’eau en hiver. Dans un ess effectué au cours de l'hiver 1902-1903, à la ferme expérimentale centrale, en vue de déterminer la teneur en eau des rameaux de pommiers, M. Frank T. Shutt, chimiste, constata une perte graduelle d'eau au milieu de l'hiver. Ces résuilais ont été confirmés à l’université Cornell et ailleurs. Au Nord-Ouest, où la température est très froide en hiver et où il y a rarement des rideaux d'arbres pour briser la force du vent, les arbres fruitiers perdent tant d'eau qu'ils meurent souvent de sécheresse. Or, dans la plupart des cas, ces inêmes arbres n’auraient pas souffert s'ils avaient été suff. samment protégés. On a dit, mais nous ne sommes pas sûrs de l'exactitude de ces chiffres, que la même surface qui, en temps calme, exhale cent parties d’eau, en exhale cent cinquante parties par un fort vent. Ces proportions seraient probablement beaucoup moindres pour les arbres fruitiers qui sont protégés par leur écorce mais elles donnent cependant une idée de l'effet desséchant du vent. L'hiver 1906-1907 ayant été très froid dans l’est d'Ontari et dans la province de Québec, ces cas de lésions au corps de l'arbre ont élé très nombreux. Presque toujours, c'est le tronc qui était détruit, la partie supérieure, non protégée par la neige, paraissait se dessécher. L’'écorce et le cambium, tout autour du tronc étaient tués. A Ottawa, un grand nombre d'arbres moururent de cette manière. Nous croyons que la tête résiste mieux que le tronc parce qu’elle renferme plus d’eau et ne s’assèche pas autant. Nous avons déjà remarqué à Ottawa que la nouvelle pousse des arbres fruitiers sort parfois intacte de l'hiver tandis que les anciennes parties des branches ont péri. Dans les vergers en gazon, les arbres meurent parfois de cette cause, tandis qu’ils restent intacts dans les vergers cultivés parce que ces derniers contiennent plus d’eau. Voici ce que nous dit à ce sujet M. A. P. Stevenson, de Nelson, Manitoba: ‘Outre l’insolation, la lésion dont nos artres souffrent le pius en hiver, est la destruction du nouveau bois. Cette lésiun est grave quand les conditions suivantes se rencontrent: légère chute de neige, vent violent, et température extrêmement basse et de quelque durée. Quelques espèces sont tuées jusqu’au ras de la neige. Nous avons eu deux hivers de ce genre; l’un il y a neuf ans, et l’autre il y a deux ans. Les arbres sont gelés à sec, tout simplement”. Nous avons constaté à Ottawa des cas de iésion au tronc de l'arbre sous le revêtement de bois qu'on avait posé pour les protéger. Ceci provient sans doute de ce que la glace avait séjourné pendant quelque temps sous cette enveloppe.
Il existe deux manières de prévenir la destruction du tronc. La première est d’activer la croissance des arbres pendant l’été, sans oublier toutefois de faire bien aoûter le bois. La deuxième est de planter des abris pour briser la force du vent. Dans le Nord-Ouest, on protège quelquefois les troncs par des sacs ou par des planchettes. Certaines personnes, résidant dans l'Ouest. recommandent même de construire une caisse autour du tronc en laissan! entre le tronc et les parois de cette caisse un espace de six pouces que l'on remplit de terre.
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remièutefois ar brics par Ouest.
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Destruction des bourgeons dormants.—Il est évident que la destruction des boutons dormants est due à la même cause que la destruction du corps de l'arbre, c'est-à-dire à une perte excessive d'eau pendant les temps froids, mais il esl également évident que les boutons sont plus tendres que le bois et qu’ils sont détruits par certaines températures minima. Les rameaux peuvent no pas êlre endommagés e un froid qui détruira les boutons à irrils aussi bien que les boutons à feuilles. Les bourgeons étant plus exposés à l’air peuvent sécher tandis que le bois ne sèche pas. Au Canada, cependant les bourgeons des pommiers ne souffrent pas autant que ceux des pruniers et des cerisiers. Dans la province de Québec, et dans les parties les plus froides de l’Ontario, les bourgeons de prunes et de cerises européennes et japonaises sont toujours plus ou moins endommagés en hiver. L’asséchement des rameaux paraît être la cause certaine de cet état de choses, car les mêmes fruits cultivés en hiver, près de masses d’eau libre, réussissent très bien. Personne n'ignore les succès remarquables que M. Auguste Dupuis et d’autres personnes ont obtenus en cultivant des prunes européennes le long du bas St-Laurent. Mais là encore, ces fruits ne réussissent qu’à une distance relativement faible du fleuve; dès que nous nous en éloignons nous trouvons les boutuns détruits de même que dans toutes les autres parties de la province. Le succès dans la culture des prunes et des cerises s’explique par le fait qu'il s'élève de l’eau, en hiver, un brouillard qui, poussé par le vent dans ia direction de la terre, tient l'air suffisamment humide pour empêcher les boutons de périr. On se souvient que les racines ne sont tuées que par l’action combinée du froid et de la sécheresse. Les racines humidies, cxpusées aux mimes températures, ne sont LA peu endommagées. On ne connait pas encore de moyen bien pratique d'empêcher ce desséchemeut des boutons à fruits. Le fait que les parties des arbres sous la neige produisent des fruits tandis que les parties exposées n’en produisent pas, suggère l'idée d’incliner les arbres, de façon à ce qu’ils soient entièrement recouverts de neige, et celte idée a été mise en pratique par certains cultivateurs. Il est un autre système qui, d’après nous, mérite d’être soumis à un cssai plus complet; c’est de diriger la croissance des pruniers et des cerisiers sur un plan bas et horizontal, pour que leurs branches soient toujours sous la neige. On recommande aussi la culture de variétés possèdant des boutons à fruits plus rustiques. C’est ce que l'on fait ou, du moins, c'est ce qui devrait ère fait.
Destruction par l’hiver des bourgeons gonflés.—Pendant les hivers à température variable, on peut avoir des journées très chaudes qui provoquent sou,ent un gonfiement prématuré des bourgeons, et surtout des bourgeons de cerisiers, de pruniers et de pêchers. Cette température chaude peut être suivie d’un temps froid, et il peut se produire plusieurs changements de cette nature avant l’arrivée du printemps. Les bourgeons, étant gonflés et pius ou moins actifs, sont plus sujets à être affectés par la gelée et par ces changements que les bourgeons dormants, et ils en meurent. Les bourgeons de pommiers, qui ne gonflent pas facilement, souffrent rarement de cette cause au Canaaa, sauf peut-être dans les provinces des Prairies; cependant, si de fortes gelées se produisent juste avant que les fleurs s'ouvrent, de grands dégâts peuvent en résulter. Il se produit souvent de grands dommages de cetitc cause, dans les districts où l’on cultive la pêche, et il n'est pas douteux que, dans la province de Québec, les bourgeons de pruniers et de cerisiers souffrent beaucoup quand ils sont en cet état. On a longtemps cru que si l’on pouvait tenir le sol gelé autour des arbres, les bourgeons ne gonfleraient pas, les racines restant ainsi dans une condition inactive; mais il a été démontré, à maintes reprises, que le gonflement des bourgeons n’en est nullement retardé. Le développement des bourgeons de saules dans nos marais, avant que la glace soit partie, démontre que les bourgeons peuvent se développer landis que !lés racines sont encore gelées. Il y a assez de sève dar:s l'arbre pour alimenter les bourgeôns et même les feuilles au début
de la végétation, et cette végétation commence dès que la température au. tour de la tête de l’arbre y est favorable. On peut empêcher le gonflement des nrgeons en inclinant les arbres de la manière indiquée pour éviter la des. truction des bourgeons éormants, mais ceci ne pourrait guère se faire sur 11 y a quelques années, des essais furent entrepris à la
pour vérifier si l’application d’une couche de blanc de
oppement des bourgeons. On se ba.
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