SCÈNE IV
MERCU RE.
Je vais t'étonner plus encore!
Tu m’as trompé, tu m’as exilé; je t’adore Et te bénis! Cypris, croiras-tu désormais A Ig sincérité de mes paroles?
VÉNUS
Mais
L’inflexible courroux de Jupiter?
MERCURE
Qu’importe
Si le palais sacré ferme sur moi sa porte Et si je ne vois plus les demeures des dieux!
Je le subirai seul, ce courroux odieux,
Et pour moi, pauvre fou qui t’adore et qui t’aime. Si tu ne me hais plus, l’exil c’est le ciel même !
VÉNUS, touchée.
On ne te connaît pas!
MERCURE, en torture.
Non. Mais toi, maintenant,
Tu me connais!
VÉNUS
Les dieux loin du ciel rayonnant Vont t’exiler! Tu pars chargé de leur disgrâce! Mais moi, je ne suis pas de celles qu'on surpasse En générosité. Que ton front abattu Se relève! Tu dois fuir l’Olympe! Veux-tu .Ma Cvpre bien-aimée, et ses villes d’où monte
Vers moi l’encens? Paphos, Idalie, Amalhonte? Dis, veux-lu Salamine, enchantement des cioux?
MERCURE
Je voudrais, je l’avoue, un bien plus précieux Que Paphos, Amalhonte, et même Salamine!
Ces joyaux, que le feu des rubis illumine,
Plus brillants que jamais aux cieux n’étincela Le matin, les veux-tu?
MERCURE, avec intention.
Non. Ce n’est pas cela
Que je voudrais.
VENUS
Veux-tu ces agrafes? ces boucles De saphirs? ces colliers où de mille escarboucles Frémit l’éclair, qui met l’univers sous ma loi ?
MERCURE
Non. Je veux plus encor !
VÉNUS
Veux-lu... que sais-je, moi!
.Ma ceinture !
M L R G l K E , laissant échapper un cri de joie et de triomphe.
Ah!
VÉNUS
C’est donc cela?