‹ La Pomme, comédie en 1 acte, en versChapitre 16 sur 21 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MERCURE

C’est assez clair. T u m'as fait un serment Terrible, par le Stvx, et nécessairement Tu prendras la moitié du châtiment. Embrasse Ton fils, il en est temps.

VENU S

Non, grâce!

M E RC u R E.

Pas de grâce.

Ah ! tu manges ainsi nos pommes. Tu me fais Exiler pour payer le prix de tes forfaits,

Et tu crois que je vais partir avec ma flûte ,

Calme et gai, sans vouloir t’entraîner dans ma chute! La Scythie, où les froids sont fort invétérés,

Est un pays aimable, et vous en tâterez.

VÉNUS

Grâce I

Non pas, Vénus. Ta gloire aussi s’efface!

Je veux être berger! Soit. Mais que l’on te fasse Bergèrb! Ces joyaux, dont le ciel est jaloux,

Tu ne les auras plus! ni ces parfums si doux Que les Grâces versaient sur tes robes hautaines !

MERCURE

Tu laveras tes bras dans les fontaines!

VÉNUS

Dans les fontaines! De l’eau pure!

MERCURE

Et si lu veux Qu’on célébré ton front de reine ou tes cheveux, Des bouviers mal léchés, que le désert façonne,

Te diront res douceurs!

Des bouviers! Je frissonne.

MERCURE, è part.

Je te tiens dans ma main, déesse au front charmant! Et, pour te racheter de ton fatal serment,

Cvpris, tu ne me peux refuser la ceinture.

Mais quoi! fi de si plats moyens I quelle imposture Piteuse! — Qui sera de sa gloire jaloux Si ce n’est moi, le roi superbe des filous,

Qui sus dérober, fier de ma divine essence,

Les troupeaux d’Apollon, le jour de ma naissance! Sois noble, ô mon génie, et laissons en ce lieu Le souvenir d’un vol qui soit digne d’un dieu!

(Regardant Vénus A la dérobée.)

Elle est charmante avec celte petite moue! —

A présent, c’est ton coeur, Cvpris, que je te joue !

(Haut, i Vénus.)

Tu garderas ta place au chœur olympien.

Je te rends ton serment. Je ne veux rien.

VÉNUS, étonnée.

Rien !

MERCURE

VÉNUS

Tu m’étonnes!

Rien.

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