VROITS BLANCS A GRAINS RONDS
* Sanyignon , /«m.
* Raisin de crapaud, Lot.
* Sauvignon , Charente-Inférieure.
* Auyemat, Mame^ei-Loire.
Folle verte , Charente.
Nebiolo commun , Pô.
Blanquette , Haute^iaronne.
Mauzac blanc, Loc.
Doucet , Lot-^t-Garonne.
Gamet blanc , Maine-et-Loire.
Guilandoux , Lot-et-Garonne.
Ghaopine , Aisne.
Tbàferié y Bas-Rhin.
FRUITS GRIS ou YIOIWS A aRAMS OTAUflL
Gentil brun , Bas^Rhin.
FRUITS GRIS ou YIOUWS A ORAIE» RONDS.
Cromier violet» CantaL
LA MWONB PRAMÇAI8B. M
DU PKCHER.
Il est assez g^énéralement reconnu que la 'culture des ar* bres y sous les rapports de la qualité de terre y des eiiposi* lions , ou des traitements à leur donner, doit être difTérente pou r chaque espèce ; il en est de même de la taille, qui doit aussif^èfre appropriée à leur manière de Tégéter.Onsera donc fort loin d'avoir (raité de la taille de tons les arbres parce qu'on nura indiqué plus particulièrement celle du pécher. Cette opération doit être tellement modiGée suivant les espèces , que les personnes qui veulent cultiver d'après les livres incomplets de certains auteurs sont exposées à des incertitudes que J'ai moi-même ^éprouvées , et que je voudrais éviter à celles qui s'occupent d'élever des arbres fruitiers.
La meilleure manière de se servir des livres d'agriculture n^est pas de suivre leurs préceptes comme des oracles, mais de les mettre d'abord en pratique avec l'intention de les soumettre à une vérification. C'est par cette marche que Je me suis convaincu de la vérité ou de l'inexactitude des faits énoncés , et que Je suis parvenu à me former une doctrine. Je désire, par amour pour l'art , être traité à cet égard ainsi que J'ai traité les autres.
Des personnes très recommandables ont hasardé d'écrire que la taille des arbres fruitiers est inutile; nous ne nous arrêterons pas à les réfuter : les praticiens ont trop bien reconnu, ainsi que nous, que cette opération doit être faite
ieO LA POttOHB FRAVfGAISE.
aux arbres dès leur jeunesse » dans la rue de répartir noD seulement la sève avec égalHé dans tous leurs membres, mais encore les fruits sur toutes leurs brancbes.
Les arbres taillés perdent^ il est vrai , leur port naturel , et leur aspect est moins pittoresque ; mais ils fournissent des pousses plus belles et plus appropriées aux produits, et rapportent de plus beaux et de meilleurs fruits. La ytgne, le groseillier, le coignassier, le néflier, les pêchers et les abricotiers , sont de tous les arbres ceux dont les fruits ofirent la difTérence la plus sensible lorsqu'ils ont ou n'ont pas été taillés. D'ailleurs la taille donne les moyens de diriger contre les murs des arbres dont les productions seraient souvent avortées si dans notre climat on les laissait croître en plein air.
Les arbres à plein vent qui composent nos vergers , ceux même destinés à rapporter des fruits à cidre, devraient être taillés pendant leurs premières années et dirigés sur des mères-branctaes d'égale force, également espacées. La charpente de ces arbres étant ainsi disposée , ils offriraient , par la suite, lorsqu'i!s seraient abandonnés à eux-mêmes, de plus ' belles têtes et de plus belles productions; les fermiers ne seraient pas si souvent dans la nécessité de faire de fortes plaies pour retrancher les branches qui , ne trouvant plus de place , finissent par nuire aux autres. Enfin une taille bien raisonnée pour chaque espèce , et même pour chaque variété d^arbres, conduit à des résultats si avantageux, qu'on a lieu de s'étonner que , malgré le grand nombre d'ouvrages sur la taille des arbres, nous n'en possédions pas encore d'assez détaillés sur cet article important de l'agriculture. La science et rinstniction n'ont pas manqué à nos auteurs ; mais leurs écrits supposent presque toujours des connaissances préliminaires , et j'ai eu l'intention de remédier à cet inconyétiient en cherchant à être intelligible, même pour ceux qui n'ont pas les plus légères notions de l'art. En cela, ]'ai prin-
hk POHOIVB FRAIVGAtSB. iOl
cipalemeul en vue les propriétaires de maisons de eampagoe, auxquels je voudrais donner les moyens d'agir par eux-mêmes, ou du moins de bien choisir et de guider leur jardinier. Si j'ai le bonheur de remplir le but que je me suis proposé, je me croirai bien récompensé de mon travail en pensant que j'aurai contribué à leur rendre le séjour de la campagne plus intéressant. En cfTet , comment ne s'altacherateat-ils pas à leurs habitations lorsqu'ils pourront , dans leurs loisirs, suivre la marche et les progrès de la végétation, la diriger, s'en rendre maîtres sans la forcer ; enfin ne reconnaître plus, dans tout ce qui croit et prospère sous leurs yeux, que Teffet de leur prévoyance et pour ainsi dire de leur volonté.
Le Péchek est originaire de la Perse , et il a été apporté dans les Gaules par les Romains. Il est cultivé en pleine terre depuis long-temps dans les cantons vignobles de la France. Columelle parle avec éloge de la pèche gauloise. Parmi les pèches de nos provinces, celles de Troyes et celles du Dauphîné jouissaient d'une grande réputation ; les pèches de vigne venues de Corbcil étaient les plus estimées à Paris : La Framboisière , médecin de flenri IV, puis de Louis Xllf, écrivait, en 1614, que la meilleure pèche est celle de Cor^ beil , qui a la chair sèche et solide , tenant aucunement au noyau.
L'introduction des bonnes espèces n*a eu lieu que lorsqu'on a commencé à connaître l'art de cultiver le pécher en espalier. Cette époque ne remonte guère qu'au commencement dn siècle de Louis XIY. Du temps de La Quintinie , on regardait le pécher comme un arbre trop indomptable pour être soumis à l'espalier, et les murs les mieux exposés n'étaient encore garnis que de poiriers. On crut d'abord que le pêcher devait nécessairement se dégarnir du bas ; c'est pour-
102 LA POMONB FRAr^GAISB.
quoi il fut long-temps d'usage de faire régner au dessous des arbres le cordon de yigne que nous voyons aujourd'hui au* dessus. Quoique le motif de cet usage tint à L'enfance de l'art, il faut observer, en passant, que ce cordon de vigne était moins mal placé, puisque le raisin y mûrissait plus tôt, et que les larges feuilles de la vigne ne dérobaient pas, comme à présent , Tair et la rosée aux espaliers.
Les progrés les plus marqués dans la culture du pécher datent de l'époque où Girardot s'y est consacré. Après avoir dissipé sa fortune au service , ce chevalier de Saint-Louis quitta les mousquetaires de Louis XIY et se retira dans un petit fief de dix arpents qu'il possédait encore tant à Bagnolet qu'à Malasie , près de MontreuiL II divisa cet emplacement par des murs parallèles éloignés de 8 mètres , et qui ont été depuis imités dans la province, où on les appelait murs à la Girardot (1). Cet établissement, d'un genre tout i fait nouveau , prospéra si bien, que le seul jardin deBagnolet , de trois arpents et demi, lui rapporta 12,000 fr. année commune , et celui de Malasie deux fois autant.
« Ces murs (dit Le Grand-d'Àussy) avaient tous à leur ex- » trémité supérieure un chaperon. Girardot avait fait scel- )» 1er de distance en distance, et à une certaine hauteur, des » rais de vieilles roues de carrosse j il posait dessus des planât ches qui formaient un toit volant, et auquel , lorsqu'il y » avait à craindre, il suspendait des paillassons.
» Girardot déployait tant d'industrie et d'activité, non sea-
V lement à se procurer des fruits lorsqu'il n'y en avait point
V ailleurs, mais encore à les obtenir meilleurs, plus beaux, » et surtout plus hâtifs, qu'il a vendu des cerises jusqu'à un » franc chaque. La ville donnant une fête dans la saison des
(1} La Quintinie cd avait cependant fait construire avant lui de semblables, an potager de Versailles , mais sans saillie au chaperon.
LA POHOlfB FRAHGAJSB. V&
» pè^MS, UM certaine, aimée où elles aTaient manfoi pf r- » tout , excepté chez Girardot , on lui en acheta trois mille , » ^i furent payées an écu pièce.
9 Quoiqu'il ne négligeât la culture d'aucun des fruits es- « timés^ cependant il s'était attaché de préférence à celle » des pèches. Tous les ans il allait à Versailles en présenter » au roi. Son Jardin de Bagnolet était devenu , même pour t les Parisiens opulents, un but de promenade et une partie » de plaisir; on y allait en foule, dans la saison dea fruits, se » régaler de pèches et admirer la beauté de ses espaliers, et t. il n'était pas rare d'y compter, dans certains Jours delà X semaine , Jusqu'à cinquante ou soixante carrosses à la » fois. »
Tant d'éclat dorait à coup sûr éreiller l'émulation des cantons voisins. Animé par l'exemple, celui de Montreuil se livra tout entier à la culture des fruits; et les personnes qui savent avec quel succès, depuis cette époque, s'y sont appliqués les hdl>itants de ce village, avoueront que c'est li la véritable gloire de Girardot.
L'un des écrivains qui ont le plus loué l'industrie des Mon* treuillois est l'abbé Roger, dans sa Pratique du jardinage , amée 1770. Mais il a porté trop loin son zèle pour ces estimables cultivateurs. Si on l'en croit , ce sont eux qui ont inventé les murs de refend , les paillassons , brise-vents , le palissage à la loque , l'emploi des os de mouton pour treillage, etc. Suivant lui, leur vocation au jardinage est due à l'un de ces événements singuliers qu'enfante quelquefois le hasard , etc. Il n'était pas besoin d'anecdote invraisemblable et romanesque pour imaginer que des cultivateurs voisins de la capitale ont pu se consacrer i la seule culture des arbres fruitiers. L'assurance du débit , l'appât du gain , et surtout l'exemple de Girardot , dont ils avaient la fortune sous les yeux , ont dû suffire pour leur inspirer cette idée. Mais ils n'ont rien inventé de tout ce que leur attribue i'ab-
104 LA mXOm FKAfVÇAIffi.
hé Rbger ; tout snbâdstftit a¥âfnt 01». RarvmeBt i daris tes arts qui tiennent à rinteiligenoe , le simple caltlTateur ima-> gine quelque chose de nouveau. Il' n'a ni le ttsaips Déoe6ëci<i re , ni Tavance , ni les lumières quMl lui faudrait pour entreprendre et pour suivre certaines découvertes. S^il euUîf e des fruits, il mettra ses soins à les avoir ou plus abondante, ou plus gros , ou plus bàtif^ , parce que ces moyens sont ceux qui lui rapportent davantage ; mais tout ce qoi ne tendra uniquement qu'à perfecttonnep les espèces , à les rendre meilleures , tout ce qui ne s^annoncera pas i lui avec la perspective d'un débit plus prompt ou plus avantageux , il le négligera.
Ce n'est point que par là je prétende diminuer en rien la gloire des M ontreuillois ; mais il fkut ne leur attribuer au moins que celle qui leur est due : or la leur c'est de s'être rendus également babiles dans la culture de tous tes fruits dans un temps où on s'en oceopait peu ; c'est d'avoir su pratiquer avec une inconcevable économie tout ce qu'on a inventé avant eux de plus favorable aux espaliers ; c'est surtout d'avoir perfectionné la taille et la conduite des arbres.
L'abbé Roger a été imité par presque tous les auteurs qui ont écrit après lui sur la taille et la culture du pécher; tons ont loué exclusivement la méthode de Mbntreuil , en annonçant que les principes qu'ils professaient et qu'ils donnaient au public étaient exactement ceux suivis par les industrieux habitants de ce pays ; ce qui d'ailleurs n'était pas toujours vrai. Si je ne partage pas toutes les opinions de ces auteurs, ce ne sera pas par esprit d'innovation , mais bten parce que je proQterai de l'avantage d'être venu après ceux dont les lumières et même les erreurs doivent servir à notre Instruction. La méthode que j'indiquerai sera donc ceRe de tous ceux qui m'ont précédé , sans appartenir à anenn d'eux en particulier, et je n'ai fait , à proprement parier,
lia «niOW HMfVÇàlSB. 105
qu'an ehoU écl«iré par de longs travaux : les prineipes ét/MiB et qae j'ai reconnus bons seront conservés , et quelques erreorMerent remplacées par des vérités qui paraîtront peut^lre nouvelles à beaucoup de personnes, mais qui sans doute sont déjà pratiquées par un grand nombre de eottivatenrs exnrcés. Je n'ai rien négligé dea connaissances du siècle pour m'instruire dans l'art que je traite ; je me suis mène souvent aidé des lomièrea et de Texpérience de jardiniers distingnés, dont, par ma place, j'ai pu m' environ^ ner, tels que les fMresSouohet, Gabriel » Ecoffay, Poitean, Brasëin, Dumouiier, etc. Je suis fondé à croire que la science agrieole gagnerai t.beaucoup à mettre en action les talents do ces kommes faabilea, surtout ceux du dernier, parce qu'il est plus jeune , et semble particulièrement né pour l'état qu'il a embrassé.
LatniUe du pécber a été considérée jusqu'ici par tous les anteuiB comme très difficile , et nous verrons qu'elle est la plus simple de toutes , après celle de la vigne. Suivant eux, le pécber serait le plus indomptable de tous les arbres fruitiers , on ne pournait le msUtriser qu'en supprimant le canml direci de la séve^ et en rétablissant sur deux branches égales formant le Y; quelque» uns même veulent que l'ouveitorode ce Y soit rigoureusement de4â degrés , attribuant à cette précision des vertus. extraordinaires; et cependant j'offre ici (fig. Set 3) quatre pêchers dessinés le 12 novembre 1815 à Beiissy-Saint^Léger, à 16 kilomètres de Paris (maison Corse; Corbie , jardinier) , comme preuve matérielle du défaut de fondement de cette doctrine.
Les pèch^^ (fig. 2) ont été plantés à Boissy-Saint-Léger le 2 mars IftlO, au pied des pilastres d'une grande porte charretière. Je les ai dessinés le 12 novembre 1816. Ils avaient trois ans de greffe lorsqu'ils ont été mis dans cet emplacement, et ont été rabattus à 16 centimètres au dessus de la greffe. La première année , on les a amplement fumés
106 LA POHOIIB FRAlfÇAIffi.
et arrosés ; aussi la tige a-t-elle poussé un jet de 2 mètres 16 Gentimètres de hauteur; quelques entre-feuilles ou bourgeons anticipés avaient jusqu'à 1 mètre 16 centimètres de longueur. L'arbre de droite est une chevreuse garnie de trente bras horizontaux. Cet arbre est très fortement attaqué du blanc ; celui de gauche est une grosse mignonne ayant trente-deux bras.
r^ ' Les pilastres ont 3 mètres 33 centimètres d'écartemest et 4 mètres 33 centimiètres d'élévation ; chaque pilastre a trois faces , sur lesquelles les bras sont palissés horizontalement et à angle droit avec la tige (la face du devant a 1 mè« tre , chacune des deux autres a 1 mètre 33 centimètres ; développement total pour chaque arbre , 3 mètres 66 cen* timétres).
Le palissage contre ces pilastres, étant fait à la loque, a donné la facilité de mettre une attache à Textrémité de chaque bras, à mesure qu'ils arrivaient aux angles des pilastres» et de les faire tourner au moment le plus favorable , c'està-dire lorsque le jet cessait d'être herbacé pour commencer à devenir ligneux ; le bourgeon pouvait alors avoir 20 à 22 centimètres : par ce moyen , les bras , sans quitter le mur, font parfaitement le tour d'équerre. On est fondé à conclure de cet exemple que l'inflexion , quoique très brusque lorsqu'elle est donnée avant que les fibres ligneuses ne soient consolidées, ne devient point un obstacle à la circulation de la sève , car les branches coudées n'ont rien perdu de leur vigueur (1).
Le jardinier a employé très fréquemment le pincement , afin de maintenir dominante la pousse terminale de chaque bras, et de favoriser le remplacement des branches fruitiè-
(i) Le Jardinier françaiê, imprimé en 1651, dit qae les branches contraintes ne rapportent qae de petits froiu, à moins qu'elles ne l'aient été dans leur Jea- Desse.
LA PœiOlfB FRANÇAISE. i07
res. J'ai pa remarqaer qo'il a piocé cette année Jasqn'à trois et quatre fois les mêmes bourgeons on entre-feoilles yenns eu dessus des bras, et qui annonçaient trop de vigueur. Le sieur Corbie, à l'aide de cette opération » a tellement réussi à maintenir un équilibre parfait dans ses deux arbres, que pas un bras ne remporte sur son correspondant , et que la partie inférieure des bras est aussi bien garnie que la partie supérieure. On remarque aussi sous le chaperon delà porte deux bras qui sont prés de se joindre.
Les tiges de ces arbres , qui ont 4 mètres de hauteur, sont lisses, droites, et ne laissent apercevoir qu'à peine, aux connaisseurs même , les nodus des tailles. L'exposition est au midi pour la face.
Les deux pêchers (fig. 3) ont été plantés le 6 mars 1805 contre le mur d'un pavillon isolé , dont la face est circulaire, exposée au nord pour la partie droite, et au levant pour la partie gauche , c6té B. Ces arbres ont été également dessinés le 12 novembre 1816.
Si la pins grande vigueur qui se fait remarquer dans l'arbre de droite n'a pu rien changer à la régularité du dessin que le jardinier avait projeté à l'avance , il faut convenir que cette différence dans la végétation de ces deux arbres a dû nécessiter de la part du jardinier des combinaisons variées pour la taille et le gouvernement de chacun d'eux.
Dès la première pousse il n'a pas tardé à s'apercevoir que l'arbre A végétait avec bien plus de force , aussi a-t-il fait prendre au bras de droite une direction forcée et surbaissée bien différente de celle du bras correspondant de l'arbre B. C'est à cette direction forcée qu'est due régalité de végétation qui se fait remarquer dans ces deux bras ; ils sont appliqués sur les angles du bAtiment , et leurs branches sont palissées sur les deux faces, c'est-à-dire en retour du mur.
L'arbre A , après avoir parcouru comme l'autre la moitié du cintre de la porte , s'élève pour garnir seul le tour de
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deux feiiAlres. La vigueur de cet arbre s'est teHement flomte* nue, que l'artiste a cru pouvoir se servir d'un bourgeoa anticipé pour garnir la partie gauche , qui devait s'âtever an second étage; il est vrai que la tige qui est entre les deux fenêtres m'a paru faible'; mais M. Corbie, à qui j'en ai Mi la remarque , n'a aucune inquiétude sur le sort de celte tige : c'est ce que le temps pourra éclaircir.
On est d'abord frappé de la régularité de ces deux arbres; mais l'étonnement s'accroît lorsqu'on approchant on reeon^ naît que ce sont des pêchers , les plus indomptables , dit-on, de tous les arbres fruitiers , et que l'art de la culture a cependaot soumis à un tel point. Pas une seule branche gourmande ou défectueuse ne trouble l'ordre et la symétrie, qui est aussi exacte sur le mur qu'elle peut l'être sur le papier. Le graveur, M. Poiteau , qui est en même temps jardinier, ne croyait pas d*abord à l'exactitude de mon premier cro^ qnis, et il a été lui-même faire le dessin sur les lieux.
Les deux tiges droites formant pyramides s'élèvent à 4 mètres 60 centimètres; le bras gauche du pécher À parcourt une hauteur verticale de 6 mètres 60 centimètres* Les bras inférieurs qui contournent la porte sont trop près des bords , ce qui neiaisse pas assez de place sur le mur pour palisser et étendre les pousses du dessous ; aussi a-t-onété obligé de les palisser en retour sur l'épaisseur de la partie cintrée. Le jardinier s'est corrigé de cette'imprèvoyance en faisant décrire un plus grand cerde aux membres qui entourent les deux fenêtres; l'intervalle qu'il a ménagé suffit rigoureusement pour le palissage, qui est Aiit à la loque.
Les coupes des dix tailles qui ont déjà eu lieu sur les liages principales ont été assises sur des yeux si heureusement placés , que les membres qui forment tiges sont droits et sans aucun nodus. Il en est de même pour les membres cintrés , à peine peut-on y distinguer la place des tailles; les inflexions pour passer d'une direction à une autre sont
81 nettes , si courtes et si arrondies en même temps , que l'on pourrait croire que c'est un métal qu'on a eu à manier.
Les quatre pècbers qu'on yient de décrire étaient gnmis en 1815 de très beaux fruits, comme ils le sont encore cette année 1816; le pourtour de la fenêtre la plus élevée était garni de dix-huit pèches ^ celui de la fenêtre du premier en avait trente. Ce n'est pas que nous proposions ces pêchers comme des modèles à imiter, mais bien pour encourager les jeunes jardiniers , et leur persuader qu'avec la connaissance du mouvement de la sève, quMIs doivent étudier avant de tailler un arbre , ils pourront faire prendre au pêcher toutes les formes qu'ils voudront.