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DESCRIPTION DU PÊCHER

Le pêcher qui croît naturellement ne s'élève pas à une grande hauteur, même dans les pays où le climat lui est le plus favorable. L'amandier est l'arbre avec lequel il a le plus d'analogie et de ressemblance; mais il est moins touffu et moins gros (1).

L'écorce des bourgeons est rouge du côté du soleil et verte du côté opposé; les feuilles, ahernes, lancéolées, pointues, plus ou moins profondément dentelées et surdentelées, répandent uue odeur d'amande très prononcée lorsqu'on les touche. La fleur s'épanouit avant les feuilles -, elle est située sur le rameau d'un an , à la place qu'occupait la feuille de l'année précédente. Cette fleur^ de grandeur va-

(l)Le contraire a lieu cependant dans certaines contrées, telles qne TÂméri- «paestfCcatrionaleyOti les amandlen réOBstealent li mal torique jnUMtâlsxe pai«,^ej'ai dû, pmr en former d«i aièroa ^ en' oUmut ' As finMi iltir^r* fer sur pécher de noyaa.

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riable et d'on roage mat plus ou moins foncé, est composée d'un calice à cinq dents et d'une corolle a cinq pétales. Les étamines , au nombre de trente environ , sont très courtes, implantées sur le calice ; au pistil , qui est velu , presque rond , succède un fruit à peau cotonneuse ou lisse , suivant la variété. La chair, ferme ou fondante , recouvre un noyau dur, ovoïde^ sillonné et rustique à la surface, renfermant une et souvent deux amandes à deux lobes. Le pédoncule du fruit est très court et reste adhérent à la branche ; il est enfoncé dans une dépression du fruit plus ou moins profonde. Le bois est dur, veiné , coloré de rouge , et Ton pourrait, si le tronc était de dimension plus forte , s'en servir pour l'ébénisterie. Les fleurs sont purgatives , ainsi que l'écorce du jeune bois, qui conserve cette vertu même pendant l'hiver.

VÉGÉTATION DU PÊCHEB.

La végétation du pécher oflTre des particularités remarquables, qu'il est essentiel de connaître , afin de se rendre maître de ses mouvements, et de pouvoir plus facilement les diriger. La sève, dans le pécher, a plus que dans tout autre arbre une tendance à se porter vers les extrémités des bourgeons, au préjudice de leur base, qu'elle abandonne. La végétation de cet arbre est très active et presque incessante depuis le commencement de la belle saison jusqu'à la fin d'octobre.

Le jeune bois du pécher, c'est-à-dire celui de la dernière pousse, est le seul qui produise du fruit et de nouveaux bourgeons : aussi un rameau de pécher qui a produit fruits ou bourgeons n'en produira plus, et les bourgeons sortis de cette branche auront à leur tour le même sort l'année suivante; d'où il suit que les branches d'un pécher abandonné à hii*mème doivent successivement se dégarnir par le bas ,

LA VOmmB FRANÇAI8B. ill

«t B'aTOir bieatôt plas de yerdare qu'à leur extrémité. Tous les runeaux du pêcher sont terminés par un cetl à boiSy et garnis d'yeux à feuilles, qui se façonnent, durant le cours de la saison, en yeux à bois simples y doubles et même triples , et aussi en boutons à fleurs , pour ouvrir et épanouir tous , sans exception , au printemps suivant.

Après ce mouvement général , qui a fait tout ouvrir et épanouir, il ne naîtra plus rien sur les rameaux, ni œil ni boutons ; ils resteront seulement garnis des bourgeons qui viennent de s'ouvrir; quant aux fleurs ou aux fruits , rien après eux ne les remplacera. Les boutons à fleurs du pécher n'ont pas , comme ceux des fruits à pépins , la facatté de laisser après eux des moyens de reproduction; le rameau dénudé n'a donc plus d'autre fonction à remplir que celle de conduire la sève dans les bourgeons qui ont pris naissance sur lui. II en sera de même de ces nouveaux bourgeons» qui à leur tour deviendront des rameaux en se subdivisant en autant de bourgeons qu'ils contiennent d'yeux; et, si Von considère que les bourgeons qui ouvrent à la base du rameau sont infiniment plus faibles que ceux qui naissent vers son extrémité supérieure , on comprendra que la subdivision des bourgeons du bas, pour peu qu'elle soit répétée, rendra ces bourgeons si faibles et la sève si rare chez eux , qu'ils disparaîtront, et que les rameaux se dégarniront successivement par le bas , et n'auront plus de verdure qu'à leur extrémité. Telle est la marche de la v^étation d'un pécher qui n'est pas soumis k la taille.

C'est à l'art à convertir des dispositions aussi fâcheuses en d'autres plus favorables à la santé , à la fructification et à la durée du pécher, en distribuant la sève plus également dans toutes ses parties , et en forçant cet arbre , dont la nature nous a paru long-temps si indomptable , à couvrir nos murs de son feuillage et de ses fruits avec un luxe et une régularité si admirables, que l'on croirait que c'est la natip-

re elle-même qui a dooé le pécher de4a]tt de souplesse , et Ta doté d'un principe de vie si ëg'aleraeilt actif dans tons ses membres.

Les moyens qiie l'art met à notre dispoeMion pour atteindre ce but sont la taille, le pincement, le palissage, T^ bourgeonnement et la greffe. Par la taiHe , nous nous opposons à ce que les yeux du bas donnent naissance k de trop faibles bourgeons , en raison de la grande distance qui les sépare de l'œil terminal ; ainsi , en raccourcissant le ra- ^meau , nous diminuons à volonté cette distance et augmentons la force des bourgeons du bas. Il est Trai que la taille, en favorisant ces derniers bourgeons , donne trop de vigueur & ceux qui sont proches d'elle ; mais nous nous opposons à cette vigueur en pinçant ces bourgeons aussitdt qif ils paraissent. Alors ia sève, trouvant tin obstacle 1& où elle devait affiner, reflue dans les bourgeons non pinces , Icfur donne une force qu'ils n'auraient pas eue , et le bourgeon terminal , que nous avons intérêt à rendre dominant , n'é^ tant pas pincé , en devient plus vigoureux. Le pincement ■sert à réduire les bourgeons pinces, qui sont'près de la taille, à des proportions égales à celles des bourgeons qui en sont les plus éloignés , c'est-à-dire près du talon du rameau taillé 'y le pincement sert donc à répartir la séve^gaiement dans toutes les parties de rai1>re. Kous en proltons peur garnir constamment de branches fruitières les grosses %rmiéhes du pêcher dans toute leur étendue.

Le palissage partiel concourt ausiri à modérer le covrs de la sève dans les bourgeons oft elle semble affluer trofp vivement, tandis qu'elle continue de circuler sMis intenruptioiri dans les bourgeons laissés en liberté.

L'ébourgeonnement arrête momentanëment ïa sève dans la branche sur laquelle on le pratique. Cette branche «st privée de l'accroissement qu'elle eût pris en raison dti nt>m^ bre de bourgeons qu'on lui a eidevés ; d'un autre iMè /la

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branche non ébourgeonnëe est d'autant plus favorisée , que celles qui l'environnent ont été plus rigoureusement ébourgeonnées.

Nous nous servons de la greffe pour placer des yeux là où il nous importe qu'il naisse un bourgeon que la nature n'avait pas admis dans ses dispositions , mais que l'art peut faire naître avec facilité , surtout sur le jeune bois de Textrémitë de toutes les branches.

On pourrait encore remarquer que les diverses branches d'un pécher qui croit librement ont presque toutes des dimensions de forces différentes, tandis que les branches d'un pécher bien cultivé n'ont que deux dimensions, grosses ou petites.

Les grosses , que nous appelons branches à bois , sont per* sistantes, et forment la charpente de l'arbre; leur destina* tion est de continuer le prolongement et l'étendue de l'arbre en donnant naissance à des ramifications que l'on maintient toujours d'une force inférieure aux branches principales , afin que la sève soit également et proportionnelle* ment répariie dans toutes.

Les petites branches , que nous appelons fruitières , sont, au contraire, annuellement renouvelées, et doivent, autant que possible, être d'égale force entre elles. Ces petites branches proviennent de bourgeons qui seraient devenus plus ou moins forts, et même branches à bois , suivant leur position , si le cultivateur ne s'y était opposé en réduisant , par le pincement , les bourgeon^ destinés à prendre de la force aux dimensions des plus faibles bourgeons. Il est à propos de bien se pénétrer, à cet égard, que c'est au début du développement de ces bourgeons qu'il importe de leur imposer, par le pincement , le degré de force que les petites branches doivent acquérir. En effet , c'est à l'insertion même de chaque petite branche qu'il importe le plus que les canaux séveux soient réduits aux dimensions qu'ils doivent

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avoir ou plutôt conserver pour que la sèye circulé daM toutes les petites branches également; autrement ^ on serait sans cesse exposé à exercer des répressions continuelles. La destination de ces petites branches est de garnir régulièrement de fruits les deux côtés des grosses branches , d'attirer et de faire circuler la sève dans toutes les parties de i'arbre, et de faire aussi grossir toutes ses branches. Le renouvelle-^ ment périodique de ces petites branches s'opère en faisant développer, à leur insertion, l'œil qui s'y trouve , pour les remplacer au temps de la taille d'été ou après ceUe d'hiver. C'est dans ce sens que nous avons dit que les branches frui^ tières du pêcher se taillaient, comme celles de la vigne, toujours sur du nouveau bois , et dans le but d'obtenir au talon du rameau taillé un nouveau rameau de remplace^ ment pour asseoir la taille de l'année suivante^

Tels sont très sommairement les dispositions naturelles du pécher et les moyens de les modifier selon notre volonté ; c'est au jardinier intelligent à faire usage de ces moyens. Il nous reste à les développer pour les lui rendre plus fami-* Hers.

Il existe une grande différence entre le pécher greffe et les autres arbres fruitiers : c'est qu'il ne conserve pas corn* me eux des yeux qui , après être restés plusieurs années sans s'ouvrir, deviennent , suivant les circonstances , branches à bois, branches à fruits , et même rosettes ou boutons à fleurs. Dans le pêcher, le retour de la sève au printemps fait éclore tous les yeux ou boutons dont cet arbre est couvert; et, si dans ce mouvement général quelques uns restent dans rinaction , ils perdent leurs facultés végétatives. Les exceptions à cette loi sont toujours partielles et très rares. On aura lieu d'être surpris qu'un cultivateur de Montreuii aussi exercé que M. Lepère annonce , dans sa taille du pêcher carré , que, pour rajeunir un pécher usé qui n^a plus de verdure qu'à ses extrémités , il faut rabattre cba-

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que ailejuique sur le tronc qu'a formé la greffe/ ce refou^ Ument de la sève* dit-il, fait sortir quelques yeux sur ta partie conservée. Le plus grand inconvénient d'un tel con* seil sera de fiûre perdre nne année à ceux qui le suivront , au lien dWacher l'arbre usé et d'en replanter de suite un autre.

La plupart des arbres 4|ue l'on rabat de très près sur la tige même percent des bourgeons au travers de l'écorce , tandis que le pècber greffé , qui n'a point cette faculté » mourrait si on le traitait de cette manière (1) : on ne peut donc le tailler que sur des yeux déjà formés.

Cette tendance du pécher à ouvrir à la fois tous ses yeux est si forte , que souvent il n'attend pas que le nouveau bourgeon qui doit leur donner naissance soit lui-même développé; ainsi les bourgeons des gros rameaux , ceux qu'en termes de jardinage on nomme branches à bois , tout en se développant, font éclore de leurs yeux à peine formés d'autres bourgeons longs et minces que certains Jardiniers nomment faux bourgeons ou entre - feuilles , et à Mon* treuil redugeons, et que nous appelons bourgeons anticipés. La même chose peut être observée aussi sur les bour* geons vigoureux de quelques autres espèces d'arbres frui^ tiers ; mais aucun ne montre autant de bourgeons anticipés que la vigne et le pécher; leur nombre est si grand sur celuici , que l'on est quelquefois embarrassé , au temps de la taille , de trouver, à la place on il faudrait tailler, un œil qui ne soit pas ouvert en bourgeon anticipé.

(1] Ceci ne peat s^appliqoer an pêcher franc de noyau , qui perce asseï souvent de la tige et des grosses branches lorsqu'il est tenu court.

Le Jardinier français y par Bonnefons» publié en 1651, recommande anv posaeiMiirs idolâtres de leurs fhiits de reeéper Jusque sur le vieux bois leurs pdehers maltraités par la gelée , les mauvais vents » la vieillesse, ou par toute autre cause , afin de leur en faire pousser du nouveau. On pourrait conclure de cette obiertation que, du temps de Bonnefons , on ne greffait pas le pécher.

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Il est aisé de remarcpier que ces bourgeons , dont l'exi-> stence est anticipée d'une année , ne sont pas constitués comme les bourgeons sortis des yeux de Tannée précé-^ dente ; ceux - ci sont pourvus de feuilles [et de boutons dés leur Insertion , tandis que ies bourgeons anticipés n'ont de boutons qu'à 6, 8 et même Jusqu'à 16 centimètres de leur origincr 11 en résulte que , si l'on est obligé de tailler aur eux , on a des rameaux déjà dénudés par le bas. Mais lorsque les yeux qui donnent naissance aux bourgeons anticipés sont doubles, il en reste un au talon qui ne s'ouvre point et se fortifie : on doit ménager avec soin les bourgeons anticipés ainsi pourvus, parce qu'ils peuvent offrir des ressources à la taille.

Nous distinguerons deux sortes de brancbes sur le pécher taiUé , celles à bois et celles à fruit , c'est-à-dire les grosses et les petites. Les premières se divisent en branches-mères^ en membres, et en sous-mères. Les branches-mères B (fig. 6) donnent naissance aux membres G et D, etceux»ci aux aous-mères E, F, etc. On obtient leur prolongement en raccourcissant plus ou moins chaque année le bourgeos terminal. Les rameaux à fruit plus nombreux , placés avec ordre et à égale distance sur les branches à bois , doivent toujours être concentrés , de manière à ombrager celles-ci par leur feuillage.

Ces rameaux doivent leur dimension de branche à fruit à leur position et au pincement : mras les appellerons productions fruitières. On concentre ces rameaux te plus près possible de la branche sur laquelle ils ont pris naissance, en faisant naître à leur insertion un nouveau bourgeon , dont on protège le développeinent ^ puis à la taille d'été ou à celle d'hiver on supprime tous les autres bourgeons qui sont au dessus de ce bourgeon de réserve, que l'on traite et que l'on taille de la même manière , afin d'en obtenir du fruit et un bourgeon de réserve à ison talon ; de cette sorte les grossea

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branches d'on pécher sont toujours alimentées de sève par une multitude de jeunes bourgeons destinés à se renouveler annuellement et à porter des fruits.

Les gourmands sont aussi des rameaux à bois, mais extrêmement vigoureux. Ils s'emparent de toute la sève qui était destinée à alimenter la partie de la branche au delà de leur insertion , et bientôt cette partie languit , dessèche et meurt. On fait plus de tort à un arbre en voulant retrancher un gourmand déjà formé , ou même trop décidé , qu'en le laissant croître et remplacer sans violence la partie de branche que sa seule présence a condamnée à périr tôt ou tard ; mais il est plus sage de ne point laisser développer les bourgeons destinés à devenir gourmands, afin de rester mattre de la forme de Tarbre.

L'emplacement des bourgeons destinés à devenir gourmands est généralement le dessus des branches. On les reconnaît , dès leur naissance , à leur force et à leur empâtement plus large que celui des autres qui sont sur la même branche. Si on les laisse pousser, cet empâtement s'étend et embrasse toute la branche. Les gourmands développés ont les yeux petits , plats , très distants les uns des antres , ceux du bas presque éteints ; leurs feuilles larges et épaisses ; l'écorce est plus raboteuse que celle des autres branches ; le bois n'est pas rond d'abord , et reste aplati jusqu'à ce qu'il ait pris tout son accroissement. Si on se décide à conserver un gourmand , il faut à la taille d'été le raccourcir à une certaine hauteur, afin de Taire gonfler les yeux du bas et les disposer à être utiles après Ta taille d'hiver.

Une branche faible dé la pousse précédente peut tout à coup devenir gourmande , soit parce qu'on aura trop raccourci les autres branches , soit par toute autre cause tendante à arrêter la circulation de la sève dans les parties supérieures de l'arbre. Les arbres taillés, palissés, contraints,

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à branches arquées , etc. , sont plus sujets à produire des gourmands que les arbres abandonnés à eux-mêmes.

On laisse croître les gourmands sur les arbres que l'on yeut rajeunir en renouvelant ieor^ branches; dans tout autre cas, leur présence atteste ou négligence de la part du jardinier, ou bien un système de conduite à la MontreuU : celui-ci peut convenir à des cultivateurs qui n'ont que peu de temps à donner à chaque arbre , mais ne doit pas être adopté par des particuliers jaloux d'avoir des espaliers bien soignés et susceptibles d'une longue durée (1).

Il serait à désirer que la grosseur des fk-uitières qui garnissent les côtés des grosses branches n'excédassent pas celle d'un fort tuyau de plume , ce qui indique assez qu'il faut, lors de la taille , conserver un certain nombre d'yeux qui soit en rapport avec la quantité de sève que l'on aura & leur distribuer après la taille et le pincement ; c'est-à-dire que, si on ne laissait pas assez d'yeux pour beaucoup de sève, les fruitières deviendraient trop fortes. On distingue sur les rameaux diverses dispositions dans le placement des yeux et des boutons qui les garnissent ; quelquefois un bouton à fleur est accompagné d'un œil à bois (pi. III, fig. 1)^ ou bien ils sont séparés, ou un oeil à bois est entre deux fleurs (flg. 2\; quelquefois deux yeux à bois sont ensemble , ou même trois (flg. 3). Dans ce cas, le plus fort et le plus bàtif est au milieu.

(4) L'abbé Roger de Scabol av&Dce dam les écrite, akul qae les aotears qui

ToDt successivement copié , que les goarmands sont le signe d'une bearense fécondité, sur laquelle il faut établir toute Téconomie et la disposition des Jeu- Des pécbers. Sans doute on arbre annonce de la vigueur lorsqu'il veut pousser des gourmands; mais n'est-il pas plus avantageux de faire participer Umtct les parties de l'arbre h ces bonnes dispositions que de laisser la sève se fixer sur un seul point, et de l'employer ainsi à renouveler inutilement du bois qui n'est puusé?

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Il arrive dans les arbres épuisés qa^un rameau ne contient que des boutons à fleurs (fig. 4) qui sont ordinairement sté* riies, à moins que le terminal ne soit à bois ; lorsque ces rameaux ont un œil à bois au talon B , on doit s'empresser de le tailler sur cet œil B pour en obtenir un bourgeon de remplacement. On remarque encore dans les arbres formés une espèce de dard de 8 centimètres environ de longueur (fig. S) , entouré de petits bouquets de fleurs, au milieu du-r quel est un œil à bois qui chaque année s'allonge très peu , et produit pendant plusieurs récoltes les fruits les plus beau x et les plus assurés. Il semblerait que ces dards sont des bourgeons qui ont été arrêtés dans leur développement ; on pourrait les considérer comme les véritables branches fruitières du pécher. On doit les ménager partout où elles se trouvent , et ne les supprimer que lorsque, s'étant allongées, elles sont trop dégarnies à leur base. On les appelle à Montreuil jets de mai , cochonnets , petits bouquets, etc. Ces riches productions ne prennent naissance que sur le jeune bois, et non sur le vieux , comme semble l'indiquer Bf • Lepère , page 33. La flg. 7 représente une branche fruitière et son bourgeon de remplacement A , sur lequel on s'empressera de rabattre aussitôt les fleurs ou les fruits tombés, afin que la sève qui passerait dans la partie supprimée profite au bourgeon A . La fig. 8 représente en A le pédoncule de la pèche qui reste après le rameau lorsqu'elle est mûre.

Les très jeunes pêchers ne portent pas d'aussi gros fruits que les arbres plus âgés. Ceux qui sont sur leur déclin, mais bien poussant, rapportent ordinairement les plus beaux fruits (1). Les branches les plus vigoureuses sur un même

(l)Le8 pfichers, en yieillissant , se garnissent, lorsqnlls sont fatignés, de branches à boatons simples; il y en a même sur ces arbres qoi n'ont pas d'ceil terminal h bois ; alors tous ces boatons sont stériles,

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sujet donnent des fruits inférieurs en grosseur et en qualité.

Il est très remarquable que le fruit du pêcher ne vient à perfection qu'autant qu'il est accompagné d'un bourgeon à bois ; il pourrait cependant arriver qu'un fruit dépourvu de ce bourgeon nourricier fiit alimenté par un bourgeon voisin de ce fruit; mais lorsqu'on taille on ne doit compter que sur les boutons à fleurs accompagnés d'un œil à bois.

Les branches à bois (fig. 3) y appelées ainsi à cause de leur grosseur et de leur emploi pour former la charpente de l'arbre (1), ont , comme celles à fruits, des boutons doubles ou triples ; elles ont en outre des yeux à bois doubles et triples , et ceux-ci demanderont , dés le moment de leur pousse et lors du premier ébourgeonnement , une attention très particulière. Ils sont très communs sur le pécher.

Les boutons à fleurs sont ronds et ceux à bois (fig. 3) sont pointus; lorsque ces derniers sont doubles ou triples, l'un d'eux fournit un bourgeon dominant par sa grosseur.

Quand le pécher a passé la fougue de la première jeunesse , il se couvre à peu près toutes les années d'une égale quantité de fleurs ; mais la plupart coulent ou tombent, soit par l'effet des gelées printanières , soit parce que les circonstances de l'été précédent auraient été peu favorables à la formation des boutons : ainsi un été trop sec ou trop humide y une excessive abondance de fruits , la maigreur du terrain , le manque de nourriture, etc. , sont autant de cau-

(1} Les dénominations de bronches à /hit'If et de hrtmchn à boit sont Ticieases dans le pécher; mais elles sont consacrées par Tosage. Toates les branches d*aa pêcher sont également è fraits et è bois; cependant on a pris Thabitude d'appeler hranchei à bais celles qui sont plos fortes et pins disposées h donner da bois que da fniit, et de désigner par le nom de branches à fruiU celles qui, étant plus faibles, sont anssi plos propres à retenir et k donner des frnita.

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ses d'ayortement pour la floraison du printemps saiTani ; mais si, à l'époqne de la formation des boutons à fleurs, qui est ordinairement pour le pécher yers la fin de juin ou an commencement dé juillet , on prenait quelques soins pour la favoriser, il n'y a pas de doute que les arbres seraient moins sujets à la coulure; il suffirait le plus souvent de quelques engrais et d'arrosements donnés à propos.

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