DU POIRIEK ET DU POMMIER
Le poirier est un des plus grands et des plus beaui arbres fruitiers de notre climat^ les branches en sontdroites, nombreuses , disposées sans confbsion , le bois en est dur, très compacte et agréablement veiné ^ il doit sa pesanteur et sa solidité à la quantité de sclérogène déposée contre les pa* rois intérieurs de ses tubes et de ses cellules. Cette substance est la même que le rocher qui entoure les capsules renfermant les pépins de la poire ; elle se fait aussi remarquer sous l'épiderme de ce fruit ; elle est moins abondante dans certaine variétés que dans d'autres , mais toujours assez pour qu^une poire mise dans Teau tombe au fond. C'est aussi la même concrétion qui enveloppe la semence des fruits à noyaux. Elle est étrangère à l'organisme des plantes, elle est amenée dans les végétaux par l'eau de la sève, puis concrètèe et déposée aux parois intérieures des organes creux et élémentaires dont est formé le tissu végétal.
Les fleurs du poirier sont composées d'un calice charnu à cinq échancrures qui restent attachées à l'extrémité du fruit , de cinq pétales blancs , de vingt à trente étamines divergentes , et d'un pistil , dont les cinq styles déliés, surmontés de leurs stigmates, reposent sur un ovaire qui fait partie du calice; les fleurs sont portées sur des pédicules attachés à un pédoncule commun.
La tige du pommier est moins élevée que celle du poirier ; les branches en sont moins élancées, quelquefois près-
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que horizontales, plus nombreoses, et forment une tète arrondie ; le bois en est moins compacte, et moins bien colori que celui du poirier, parce que ses cellules ne contiennent pas autant de sclérogëne ; le tissu de la pomme, étant plus lâche , contenant plus d'air et de sclérog^ène , surnage sur l'eau. Les fleurs sont rassemblées en bouquet, dont toutes les queues sont attachées au pédoncule commun. Les ètamines, réunies à la base , restent rapprochées ou convergentes. Telles sont les difTèrences les plus remarquables entre ces deux arbres. Tout ce que nous aurons à dire de la culture de l'un sera commun à l'autre, si ce n'est que le pommier doit être taillé plus court que le poirier, à cause que les yeux du bas des rameaux ouvrent en moins grande quantité ; le tissu en étant aussi moins serré , il ne supporte pas de fortes amputations sans de graves inconvénients.
Les feuilles du poirier et du pommier sont stipulées, entières , attachées sur le rameau dans un ordre alterne , par des queues plus ou moins longues 3 les bords en sont unis ou dentelés plus ou moins profondément; le dehors est d'un vert blanchâtre , relevé de nervures fines et plus saillantes , le dedans est lisse et un peu luisant.
L'ovaire devient un fruit charnu succulent, terminé par un œil ou ombilic bordé de cinq échancrures desséchées du calice; il est attaché par une queue plus ou moins longue et .grosse suivant les espèces. On trouve dans l'intérieur cinq capsules > ou loges séminales, rangées autour de l'axe, et formées de membranes minces et faciles à rompre; quelquefois on n'en trouve que quatre. Chaque loge contient un ou deux pépins de la forme d'une larme , composé de deux lobes, et enveloppés d'une pellicule assex dure ; de certaines espèces sont sans pépins. Nul autre arbre n'offre autant de variétés distinguées par la forme de ses fruits, leur couleur, leur saveur, et Tépoque de leur maturité.
LA POHOIfS FRAUÇAISB. Kl
DESCBIPTJON DES POMMIEBS DE PABADIS ET DE DOCCAIN, ET DU COGNASSIER.
Pommier de Paradis. C'est une espèce qui se reproduit toujours la même par la semence. Le fruit en est petit, contenant peu d'acide. La tige s'élève à 55 millimètres en- -viron et se garnit de ramilles ; les racines en sont charnues , très cassantes, minces et très nombreuses y restant à la sor- &ce du sol. Ce sujet, étant greffé, donne lieu à de nomlnreases pousses que le vent agite, et l'arbre mal attaché au sol est exposé à être renversé sur le cAté. On est dans l'usage de multiplier ce sujet par marcottes. Il serait plus solidement attaché au sol si on le multipliait par semence, parce qu'il aurait sans doute unt>ivot.
Pommier de Doucain. C'est une espèce qui se reproduit constamment la même par la semence. Le fruit en est bàtif; il a la peau blanche, la chair douceâtre , sans acide y ses nombreuses racines s'enfoncent dans la terre et acquièrent de la soliditè.On est dans l'usage de multiplier cette essence par marcottes. Lorsque l'on greffe le pommier sur le doucain , on obtient des artres quelquefois assez vigoureux pour faire croire qu'ils ont été greffés sur iranc. On ne conçoit pas quel! . Dalbret (page 173) confonde le Paradis avec le Doucain. Le pommier greffé sur Doucain remplace dans les jardins, avec beaucoup d'avantages, le pommier sur franc, et devient d'une étendue assez considérable, tandis que le pommier greffé sur Paradis reste nain, et ne s'élève guère au dessus d'un mètre à un mètre 33 centimètres.
Cognassier. Le poirier n'ayant pas de sujets nains de son espèce, comme le pommier, on se sert du cognassier de Portugal pour en tenir lieu. Cet arbre s'élève peu ; le bois en est dur, contourné ; les rameaux minces, nombreux , difAis. Il porte ses fruits à l'extrémité des rameaux. Le fruit en est gros,
SSt LA POSIONB FRANGAISB.
pirirorme, la peau couverte d'un duvet blanchâlre; la chair en est sècbe, acerbe, astringente, graveleuse au centre, répandant une odeur trè^ forte et fétide. L,e cognassier prend facilement de bouture, mais on est dans Tnsage de le marcotter. Le cognassier ne végète bien que dans un sol chaud, léger, riche et frais. Peu de terrains lui conviennent.
NOtmiICLATOBB BBS OIVttSBS SOBtlS 0B P0tJ9^«5 DQ POIUW ET |>I7 POMMin.
Ces diverses sortes sont : le tronc ou la tige, les bourgeons ^ bois ou ie^ râmeux , les brindilles , les dards , les rosettes, les boutons à feuilles, les boutons à fleurs, les bourses, les lam)>ourdes , les gourmands , le^ branches adventives , les branches de faux bois, et enfin les branches chiffonnes.
Le tronc o\l tige est la partie qui s^élève depuis la racine j^sq\i'à la tète de l'arbre.
Les bourgeons à bois (n° 1) sont, parmi les pouces de Tannée , celles qui sont les plus fortes; elles prennent naissance sur un rameau. Il arrive quelquefois que les yeux des bourgeons ouvrent en bourgeons anticipés, comme dans le pèc^ier. Lorsque la sève est arrêtée , les bourgeons à bois sont, presque tous terminés par un œil à bcis, alors ils prennent te nom de rameau ; d'autres fois VœU terminal est à fleur, .ce qui arrive plus particulièrement dans les Doyenj^, 1^ Duchesse d'Angoulème, la Madeleine, leGracioUi et autces. jLe bois des rameaux est gros, long, ligneux, flexible; les yeux .dont ils sont pourvus sont allongés , éloignés lo^ uns des autres, mais très rapprochés vers le sommet \ ceux du bas sqnt plais, ils sont d'abord à bois, tous sont accompagnés de deux sous-yeux supplémentaires. L'œil principal B de rextrémilé du rameau ouvre pour en continuer le prolongement; les autres, au dessous , ouvrent latéralement daifs Tordre suivant : en bourj^eons, brindilles, d|i,rdSy rq^ettes^
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boutoM à feuilles; et ceux qui sont près du talon n'ourrent pas y ils s^oblitèrent , en raison de la distance qui lès sépare du bourgeon de prolongement vers lequel la sève afflue ; mais on peut les faire ouvrir en abrégeant cette distance , ce qui a lieu en raccourcissant le rameau & moitié ou au tiers de sa longueur. L^ autres rameaux qui ont ouvert et qui ne sont pas nécessaires à la forme ou à la charpente de l'arbre sont] remplacés, lors de la taille, par de nouvelles productions plus fructifères , ce qui s'opère en supprimant ces rameaux à l'épaisseur d'un écu, c'est-à-dire qu'on laisse assez de bois à la base du rameau supprimé pour conser* ver les sous-yeux qui sont à l'insertion du rameau; c'est ce que Laquintinie appelle tailler à Fépaisêeur d'un éeu. Mais il fallait dire dans quel cas seulement il est bon d'en faire usage , et ajouter que cette épaisseur ne doit exi^ ster qu'à la partie supérieure delà coupe, devant commen* cer à zéro au talon du rameau , de telle sorte que l'aire de la coupe vue de bas en haut offre un onglet court dans la partie supérieure, et enfin qu'on doit approcher la coupe plus ou moins près du sous-œil , suivant qu'on vent en obtenir une pousse plus ou moins faible. Le résultat de la taMIe à Yépamenr d'un éeu est de faire ouvrir les sous-yeux en rosettes , en boutons à fleurs , ou en brindilles, suivant la Tolonté du cultivateur, subordonnée à Tàge et à la vigueur de l'arbre. Au dessous des rameaux naissent les brindilles. Itous en distinguons de deux sortes : les unes natureUea (n^^ 2), qui paraissent sur un rameau qui n'a pas été rac^ courci; les autres accidentelles (n<> 3), qui proviennent d'yeux qui avaient été façonnés pour devenir boutons à fleurs, mais que le raccourcissement du rameau a forcés à s'ouvrir en brindilles. Celles-ci se distinguent par des rides circulaires à leur base A , et par des dispositions plus prononcées à fructifier ; le bois des unes et des «itres est min* ce, allongé) ligneux ^ flexible , teraiiné par un bouteni
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fleur oa à feuille , suivant l'espèce ou Tàgede l'arbre. Les yeux qui garnissent les brindilles sont plus saillants et plus rapprochés les uns des autres que ceux des rameaux ; ils se transforment aussi pins promptement en boutons à fleurs, si on ne les force pas, par la taille ou autrement, à ouvrir à bois. Les yeux de la brindille sont aussi accompagnés de deux sous^-yeux supplémentaires. Vers la mi-juillet on casse les brindilles (n<> 2), au point P, à quatre ou cinq feuilles , ou sinon on les raccourcit lors de la taiHe à 12 ou 15 ceih tlmètres, afin qu'elles puissent soutenir sans rompre et amener à bien les flruits qu'elles doivent porter. Les premières fleurs sont toujours placées à l'extrémité supérieure. Le raccourcissement des brindilles a encore pour objet d'empêcher les yeux du bas de s'oblitérer, et le cassement de disposer plus t6t que ne le ferait la taille les yeux qui en sont proches à se façonner à fruit , la sève étant forcée de se répandre et de séjourner plus long-temps pour réparer une fracture qu'une amputation, surtout faite à une époque où le mouvement de la sève est très ralenti. On ne doit jamais se servir de brindilles pour greffer.
Au dessous des brindilles naissent les dards (n^ 4): ce sont des boutons à fleurs que le mouvement de la sève semble avoir portés en avant, par un commencement de pousse. Le dard ne prend naissance que sur un rameau ; il forme un angle presque droit avec le rameau sur lequel il croit, il n'a point de rides circulaires à la base comme les brindilles accidentelles ; sa longueur varie depuis 16 jusqu'à 70 millimètres. Son bois est très roide, ligneux, et très dur sous la serpette ; il est quelquefois, après son éclosion, terminé par un bouton à fleur , mais plus souvent par un œîl pointu d'un aspect épineux. Cet œil acquiert chaque année, pour devenir bouton à fleurs^ un plus grand nombre de feuilles; alors il s'arrondit, épanouit, et laisse après la fleur une bourse. Le dard se distingue encore du bouton à fleur en
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ce que la base de celui-ci casse net au moindre choc, taadis que le dard> qui est roide et ligneux, résiste. Il a aussi à sa base des sous-yeux supplémentaires. Il est rare que l'on soit dans le cas de tailler un rameau sur un dard; lorsque cela arrive , on doit raccourcir le dard sur ses sous-yeux G) afin que le prolongement du rameau ne fasse pas un coude, qui serait très défectueux, si dans ce cas on ne retranchait pas l'œil E> qui termine la pointe du dard. Le raccourcissement du dard a encore lieu lorsqu'un arbre tiré des pépinières est tellement dégarni du bas, que l'on est obligé de ravaler et de supprimer toutes les pousses qui restent sur sa tige. Dans ce ravalement général , on raccourcit les dards, afin qu'il sorte de leur insertion des bourgeons à bois dont on puisse tirer parti pour former la charpente de l'arbre. Enfin , lorsqu'une branche n'est garnie que de boutons à fleurs, on en prévient l'épuisement CR raccourcissant un ou pludeurs dards, d'où il sort des brindilles ou des rosettes, etc., qui, attirant la sève sur cette branche, la font grosrir et l'alimentent.
Nous avons dit que presque tous les yeux qui se trouvent sur un rameau de poirier ou de pommier peuvent devenhr autant de boutons à fleurs (n» S), s'ils ne sont pas détournés de cette destinatioll par la taille, ou par d'autres causes qui attirent sur eux une trop grande afDaence de sève. Ces yeux se façonnent lentement, en acquérant chaque année un plus grand nombre de feuilles qui sont comme implantées au pourtour ; ell^ aident sans doute à la formation du bouton, qui devient complète après deux ou trois années. Lorsque le bouton est accompagné* de cinq ou sept feuilles» alors il épanouit. Ces feuilles concourant non seulement au per* fectionnement du bouton à fleur, mais chacune d'elles nourrit encore l'œil qui est à son insertion. Ces yeux ainsi groupés forment, après l'épanouissement du bouton à fleur^ d'antres boutons qu'on appelle bourse, partie cbaii-
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nue de laquelle il sort successivement des boutons à fleurs ou des lambourdes, suivant que la sève afflue plus ou moins dans la bourse , ce que le cultivateur peut opérer à son gré. Les bourses et les lambourdes ne peuvent donc exister que sur un arbre qui a déjà fleuri.
Les feuilles placées au pourtour des bourses nous parais* sent encore indispensables à la nourriture et au perfectionnement des fruits, puisque leur création précède toujours celle des boutons & fleurs. Ce sont ces feuilles qui élaborent les sucs que les fruits ont la faculté de s'approprier; c^est de leur nombre, et des substances aériennes dont elles s'im* prègttent , sous l'influence des rayons solaires , que dépendent la grosseur et surtout la saveur des fruits; si ces feuilles ne recevaient qu'imparfaitement ces influences, elles n'auraient à transmettre que l'eau pure de la sève , telle que les spongioleis la préparent : dans ce cas les fruits seraient sans saveur; ce sont donc les feuilles encore plulét que les fruits qu'il importe d'exposer à l'air libre.
Le n» 6 représente un amas de bourses qui se sont formées sur l'extrémité d'un dard. La bourse est d'une nature molle, spongieuse, cbamue, cassante. C'est pour cette raison que l'ouvrier qui taille des pyramides ou des vases doit avoir des mancbes étroites en toile, et non en laine, afin d'enfoncer librement le bras entre les branches sans s'exposer à casser les boutons i fleurs , surtout si la taille est faite tardivement. L'aspect de la bourse est écailleux; la quantité de ses boutons placés les uns près des autres, qui formentla bourse, la chute répétée de leurs feuflles, établissent chaque année une espèce de plaie et de bourrelet à leur base , ce qui donne aux bourses l'aspect raboteux qu'auraient de petites écailles superposées ou représentant une vis. Il y a des bourses qui ont jusqu'à 27 millimètres de diaaftètre, et même quelquefois 36 ou 40. Les yeux sur la bourae sont plats, enfbncés et évasés; de ces yeux nalasent des boa-
LA POMOMB FEABIGAlSfi. »
tons à fleurs ou des lambourdes plus ou moins allongés , suivant la vigueur de l'arbre. Au dessous de la bourse sont agglomérés des yeux qui concourent à la formation du bouton à fleur; ces yeux , pointus dans leur origine ^ s'arrondissent et bientôt deviennent boutons à fleurs.
Le nombre de bourses sur un arbre en constitue la ftcondite j on ne doit donc rien faire qui puisse détruire ou seulement altérer celles qui sont immédiatement placées s\ir les membres 9 à moins qu'elles ne soient tellement multipliées, que la branche ou le membre se trouve dépourvu de brindilles ou de lambourdes, dont une certaine quantité, répartie ci et là, est nécessaire à la nourriture des bourses et indispensable à la circulation de la sève dans les membres pour augmenter leur extension. Alors, en supprimant une partie de la bourse en H, on obtient sur celle qui reste une lambourde; si on supprime toute la bourse comme en I, on obtient ordinairement au dessous un bourgeon à bois , ou une brindille , on un dard. Le^ soins les plus ordinaires à donner aux bourses se bornent , après la cueille ou la chute des fruits , à rafraîchir, au temps de la taille , avec la serpette , la petite portion charnue de la bourse à laquelle était attaché le fruit ; autrement cette partie pourrirait , et le recouvrement de la plaie , vu le tissu peu serré de la bourse , serait par sa lenteur préjudiciable i la bourse. Elle peut encore se trouver offensée lorsqu'on cueillant le fruit trop tôt ou maladroitement^ on enlève avec la queue une portion de la bourse.
On sacrifie les bourses qui se formeraient à l'extrémité des rameaux , des brindilles , ou des lambourdes trop allongées; alors on attend que le fruit soit cueilli. Cette suppression a lieu pour ne point laisser se former de bourses trop éloignées du corps de l'arbre ou des branches , où le fruit est toujours plus beau et plus assuré.
N^' 7. ta lambourde ne prend naissance que sur les bourr
SSa LA POHOUB FRANÇAISB.
ses; c'est ane prodaction esseoiieUement fertile, presque toujours lerminëe par un bouton à fleur qui n^épanouit souvent que la seconde année après son émission. La longueur de cette sorte de rameau varie depuis 3 jusqu'à SO cent., et même au delà; sa grosseur semble être plus forte vers sa base i son bois est roide, serré, ligneux, sa fibre courte -, il ne casse pas net 3 ses yeux sont plus saillants vers Textrémité supérieure et plus rapprochés que ceux desautres rameaux; ils fleurissent successivement en commençant par ceux du sommet; souvent ceux de la base s'oblitèrent lorsqu'on ne raccourcit pas la lambourde; chaque œil est accompagné de deux sous-yeux supplémentaires.
On peut, selon le besoin, en taillant sur une lambourde, obtenir une branche pour suppléer au remplacement d'une autre ; dans ce cas, les yeux qui sont au dessous de la taille, sinon le terminal, restent disposés à se façonner prompte-ment à fleurs. Sur les jeunes arbres on laisse épanouir le bouton à fleur qui termine la lambourde , quelque allongée qu'elle soit; mais à la taille suivante on raccourcit la lambourde à 12 à 15 centimètres de longueur. Une lambourde peut naître sur une lambourde ou sur une bourse, mais jamais ailleurs. La lambourde reste toujours dans des proportions modérées ; elle ne peut jamais devenir une branche gourmande. On ne doit point se servir de lambourde pour greffer, parce que les boutons de la lambourde ont plus de dispositions à fructiOer qu'à donner du bois.
N» 8. On appelle branche gourmande un rameau qu^on a laissé par mégarde se développer avec beaucoup plus de force et de rapidité que les autres. Le bois d'un gourmand est comprimé , son empâtement est large , son écorce est rude , ses feuilles sont grandes et étoffées , ses yeux sont aplatis et plus distants les uns des autres que ceux des autres rameaux; le tissu en est peu serré et mou. En un mot, toutes les parties qui le composent sont plus fortes qae cel-
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les deâ antres rameaux, et (rias précoces dans leur développement ; d'où il résulte que la séye afflue dans ces rameaux, au préjudice des autres productions , qui dépérissent d'autant plus promptemant , que le gourmand prend plus d'extension.
Les arbres mal dirigés et trop contraints sont plus ex* posés] que d'autres à avoir des branches gourmandes. On remarque que leur explosion a lieu le plus ordinairement sur l€|coude des branches arquées , sur le dessus des branches inclinées , et dans le voisinage deVelles sur lesquelles la circulation de la séye se trouve obstruée*
Les endroits où les gourmands peuvent naître étant toujours indiqués au cultivateur, c'est à lui d'y porter son attention , afin de prévenir les désordres qu'ils pourraient occasionner si on leur laissait le temps de se constituer et de former de larges canaux par lesquels la sève ne manque ja* mais d'affluer rapidement. Il lui suffira de pincer ou plutôt d'écraser l'extrémité du bourgeon naissant , qui pourrait, sans cette opération, devenir gourmand 9 et si la sève réparait trop promptement la plaie faite près de l'empâtement du bourgeon , on le pincerait une seconde et même une troisième fois s'il le fallait , pour forcer la sève à se répartir dans les autres passages qu'on leur a laissés ouverts.
La suppression d'un gourmand qui serait eirtièrement développé ne serviradt qu'à aggraver le désordre'déjà causé par cette production , parce qu'il resterait toujours l'oclioii des fibres descendantes de ce gourmand, entre le bois et l'écorce de la branche sur laquelle il s'est développé , action en dehors de notre portée j d'où il résulte qu'il est moins préjudiciable , dans ce cas, d'utiliser le goumumd en lui sacrifiant peu à peu toutes les parties altérées par sa prés^ice. Nous répéterons qu'un arbre dans lequel la sève est égalemont répartie ne donne jamais lien à l'explosion de bran-
flPK^ LA POirOlVE FRAICÇAISIÎ.
ebes gonrmandes. On ne doit Jamais se serrtr de ces hm^ cbes ponr le ramean de la greffe.
On nomme branehes adventires des bonrgecms qui percent Tîgourensement an travers de Técoree, à Tendroit, bien enlendn, où il y a eu des yeux on des sons-yeux qui sont restés oblitérés ; ce qui arrive frëqtiemment sur la tige on snr le tronc des arbres dont les brancbes sont usées, et à Textrèmité desquelles il n'y a plus de circulation : alors la sève refoutée fait explosion sur les germes où elle trouve moins de résistance à son passage. Ces sortes de rameaux sont, à leur début , mous et spongieux , ce qui les expose à être attaqués par rinsecle qui cause les ebancres. On peut cependant , lorsqu'ils ne sont pas attaqués, tirer parti de ces productions pour renouveler Tarbre où elles apparaissent; mais il serait préférable de prévoir ces explosions en procédant au rajeunissement de l'arbre par la greffe en couronne. Ces productions adventives ont tous les caractères des brancbe» gourmandes.
On a jusqu'ici désigné sous le nom de branches de faux bois des bourgeons venus accidentellement sur le vieux bois ; ces rameaux n'ont rien qui justifie le nom qu'on leur a donné , puisqu'ils peuvent servir à remplir un vide, k re- Bouveler même la branche sur laquelle ils ont pris naissance, et qu'ils sont d'ailleurs de nature à pouvoir être utilisés ; c'est ce que nous nommons branches adventives. "Nous n'admettons sous la dénomination de branches de faux bois qn les bourgeons restés imparfaits ^ parce que leur émission a été provoquée à contre-saison et qu'ils n'ont pas eu le temps de s'aoùter. L'émission de ces bourgeons doit être soigneusement évitée, non seulement parce qu'il devient nécessaire de les supprimer lors de la taille, mais encore par le désordre, qu'ils causent dans toutes les productions qui les avoisinent.
Les branches chiffonnes sont des rameaux aplatis dès leur
LA raimiB nuN çAin. w
origine) s'aHongeant obUqoemeiit et rapidement : ils donnent naissance à des ramilles très mnitipliées ; ces rameaux de- Tiennent de plus en plus incapables de soutenir le poids des ramiUesqui augmentent chaque année i leur extrémité, et toujours avec d'autant plus d'exagération que fe sommet du rameau perd de saperpendicularité. Le poids des ramilles s'accroît tellement, qu'il entraîne le sommet do rameau àplombyerslesol, c'esl-i-dire que la partie qui deyrait être tournée yers le ciel est tournée vers la terre. La direction de ce rameau étant arrivée à être diamétralement opposée à ce qu'elle deyrait être, la sèye descendante ne peut plus circuler, son poids la retenant au sommet du rameau qui est devenu beaucoup plus bas que son insertion; ainsi, comme il est impossible à la sèye descendante de. gravir, elle reste dans la partie renyersée du rameau , ou elle forme un nodus , et une multitude iuGnie de petites ramilles courtes, chargées de boutons qui sembleraient devoir fleurir, mais qui ne produisent que des feuilles , quoique très nombreuses, et ne donnent aucune nourriture au rameau; celui-ci reste toujours mince et disproportionné par rapport aux productions dont il est diargé. Quant à la sève montante , elle ne peut atteindre le sommet du rameau qu'en descendant, puisque ce sommet est dirigé vers la terre au lieu de Tètre vers le ciel. Les ramilles se multiplient et se prolongent comme les lambourdes sur les bourses , les unes au bout des autres, pendantes yers le sol; on en trouve qui ont plus de six pieds de longueur; dans cet état, elles sont le Jouet des vents, quiles casisent par portion* Lorsque ces ramilles sont feuillées , elles offrent i une certaine distance l'aspect d'une touffe de gui plus ou moins arrondie ou allongée; ces sortes de productions arrivées k ce degré de développement ne se trouvent que sur des arbres auxquels on ne donne aucun soin. Le poirier, le pommier, et surtout le prunier, sont sujets à cette monstruosité. Elle a
SB LA POVOHB Faiwçim.
peur rèânitat tine stérilité cmnplète , et cause tm grand dégât dans les âri)res qui en sont affectés. Nous ignorons qnei« le est la cause <piî détermine dans ces bourgeons , dès leur origine, un vice de conformation et une fausse direetion; quoi quHl en soit , c'est au cultivateur attentif & prérenir le déTcIoppement de ce& branches chiffonnes.
Telle est la classification que nous ayons adoptée pour te» diverses pousses du poirier et du pommier, parce qu'elle nous a paru plus simple et surtout plus naturelle que celle qoi a été suivie jusqu'à ce jour, qui n'est que de convention purement arbitraire, et par conséquent sujette à erreur. En effet , quelle idée nette et positive peut-on «e former d'ane branche fruitière de premier ordre, sur laquelle il s'agit d'opérer diCTéremment que sur celle de deuxième ou de troisième ordre? Une telle désignation doit nécessairement Jeter de l'incertitude dans le choix de ces branches du premier, deuxième ou troisième ordre. Cette classification vicieuse prive de clarté les ouvrages qui l'ont aàoptée.Celte que nous proposons étant basée sur l'origine de chacune des parties qui composent l'arbre, nous espérons qu'il suffira de nommer une de ces parties pour trouver sur-le-champ et san* hésiter l'endroit oii elle se trouve placée, quel traitement lui est applicable, et quel résultat il doit produire. Nous n'insistons sur cet objet qu'afin de démontrer l'utilité d'adopter une innovation que nous croyons nécessaire à l'intelligence de la science ou de l'art au perfectionnement duquel nous avons déjà contribua par de plus grande» innovations encore. Les non» dont nous nous servons dan» notre classification sont connus depuis long-temps, non» leur donnons seulement une application plus directe el plus coordonnéOr
fia MMQRB nAUÇACV. W