‹ La pomone françaiseChapitre 76 sur 76 · DU FRAISIER · texte numérisé non relu

DU FRAISIER

Quelques personnes pourraient peut-être s'étonner de trouver dans la Pomone française, consacrée spécialement i Ja culture des arbres fruitiers^ un article sur le fraisiei*, que l'on considère ordinairement comme étant une plante herbacée; mais plusieurs auteurs très distingués, et dont les écrits ont toujours été pour nous d'utiles leçons, oi^ compris le fraisier dans leur traité des arbres fruitie^rs , tels que MM» Duhamel , Poiteau et Turpin. Nous suivrons d'autant plus volontiers l'exemple qui nous est donné , que la culture du fraisier est très peu connue par la myltitudei quoique pratiquée dans tous les jardins, et que les propriétaires nous sauront gré sans doute de leur apprendre que la beauté et les bonnes qualités de ce fruit dépendent essf^ntiettement d'une culture très facile et plus ou moins bien appropriée à cette plante. Ils sauront aussi que c'est la faute de leur jardinier. si leur table n'est pas toujours abondam* ipent pourvue de ce fruit , aussi agréable que bienfaisant* D'un autre côté, les jardiniers comprendront qu'il ne suCKt pas, pour satisfaire le désir de leurs maîtres , de planter chaque année , suivant la routine ordinaire , un certain nombre de pieds de fraisiers, si au préalable ils ne prennent toutes les précautions nécessaires pour assurer non seulement des récoltes abondantes et continues, mais encore des firuits parfaits. Ils doivent savoir que le fraisier des Alpes , planté s^<ui leur méthode^ donne des fryits petits, ronds,

m LA POMONB FRANÇAIS!?.

secs, acides, ne terminant jamais complètement leur ma* tnrité; tandis que ces mêmes fraisiers, cultivés par ceux qui s'en occupent spécialement , produisent de gros fruits , al-* longés, doux et succulents. Cette grande difTérence dépend, comme nous venons de le dire , d'une culture plus appropriée à la plante. Nous espérons, par cet article, donner aux propriétaires les moyens d'indiquer à leur jardinier nos procédés à cet égard.

Les caractères distinctifs du fraisier sont le calice persistanty à dix découpures lancéolées, dont cinq sont extérieures et plus étroites ; cinq pétales arrondis , en forme de coin, rétrécis en onglet à la base y attachés au bord du calice et alternes avec les divisions intérieures ; vingt étamines au moins sont attachées au milieu ; les filets sont courts, élargis à la base, terminés par des anthères cordiformes, fixés à un réceptacle commun , de forme conique ; ovaires nombreux ; chacun a un style latéral , simple , épaissi en un stigmate obtus ; un fruit succulent, ovale, formé du réceptacle cornmun devenu charnu , à la superficie duquel sont nichées , dans de légers enfoncements, un grand nombre de graines nues, jaunâtres au sommet ; et d'un embryon à deux lobes ovales, à radicule courte et supérieure.

N'ayant pas fait une étude assez suivie des diverses rar riétës de fraisiers qui composent les collections de notre époque, nous ne nous hasarderons pas à en donner ici un catalogue avec des descriptions qui seraient copiées, et que nous ne pourrions garantir ; nous y suppléerons en indiquant celles que M. Poiteau a fait insérer dans le Journal d'agriculture pratique, mois de novembre 1839, sous le titre d'Histoire , multiplication , culture et usage des /rotsiers. On pourra consulter cet article. Nous donnerons simplement les noms des cinquante-quatre variétés portées au catalogue descriptif de M. Poiteau. Parmi ces nombreuses variétés, quatre seulement sont qjltivées par les Jardiniers

Là POHORB FBAIIGAISB. W

qui approvisionDent les marchés de Paris; ce sont les seules que nous ayons spécialement étudiées , savoir : la fraise des Alpes, la Keen's seediing; l'Eltone de M. Knight, et la fraisé de Montreuil. Ces variétés sont reconnues aujourd'hui pour réussir le mieux et être les plus profitables au cultivateur. Comme toutes ces variétés ne suivent pas la même marche dans leur végétation, leur culture doit nécessairement subir quelques modifications ; c'est ce qui nous détermine, pour ne rien confondre, à traiter séparément la culture de chacune ces plantes.

DD VRAISUa DIS ALPES»

Le fraisier des Alpes, fragaria semperflorens , fleurit continuellement jusqu'à ce qu'une trop grande sécheresse ou les frimas viennent en suspendre la végétation. Les tiges de ce fraisier ont 15 ou 20 centimètres de longueur; les montants se teignent en violet , ils se divisent supérieurement en plusieurs rameaux qui se subdivisent eux-mêmes : la première division est accompagnée d'une feuille parfaite opposée au plus jeune rameau : celte feuille a son pétiole garni à sa base de deux grandes stipules, comme les radicules; les autres divisions sont accompagnées d'une simple foliole ou seulement de deux stipules.

Les fleurs sont blanches et les plus petites de tous les fraisiers cultivés. Les cinq divisions extérieures du calice sont presque toujours fendues au sommet. Les pétales arrondis, avec un onglet, s'élèvent rarement au dessus de cinq; les étamines sont petites, nombreuses, alternativement courtes et longues.

Les fruits ont la forme d'un pain de sucre, un peu renflé vers la base ; chaque montant en produit de quatre à dix , qui mûrissent successivement, et dont les premiers mûrs sont toujours plus gros que les derniers. La chair est blan-

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che au centre , rongeAtre à la ctrconrérencey et d'iM rouge vif à Textériettr du côté du soleil. C'est la fraise qui est réputée pour avoir le plus de parfum; mais la Keen's seednug en abeaucoup phis. Il se trouve daAs les semis de la fraise des Alpes des individus à fruit blanc qui sont plus précoces et ont un goût plus délicat et moins acide que les rouges; mais ceux-ci sont préférés pour la vente. Le fraisier des Alpes doit être cultivé de préférence aux variétés qui ne fleurissent naturellement qu'une fois chaque année; la beauté de celles-ci, et même leurs qualités, ne peuvent compenser les avantages d'une fructification continue, qui se prolonge jusqu'aux gelées, et qui offre d'ailleurs , lorsqu'elle est bien soignée, de beaux fruits très parfumés et très savoureux. On peut considérer les autres variétés comme accessoires et concourant passagèrement au luxe des tables.

Le fraisier n'est point délicat; il crott naturellement dans les terres légères , mais il ne produit de très beaux fruits que dans une terre franche et très substantielle , rendue légère par beaucoup d'engrais très consommés. Le terrain et la culture bien combinés exercent une puissance renuirquable sur la végétation du fraisier et sur ses produetfons. Les tiges et les feuilles du fraisier doivent être exposées à l'air libre et au soleil , tandis que ses racines en seront garanties par les feuilles de la plante et par la paiBe courte dont on couvrira la terre pour garantir aussi les fruits. Les arrosements seront assez fréquents pour toujours maintenir la terre fraîche. Telles sont les conditions principales pour obtenir du fraisier les plus beaux fruits et les plus abondantes récoltes ; toutefois il faut ajouter à ces premières conditions que le plant en rapport sera jeune et qu'il aura été élevé en pépinière par deux repiquages avant d'être mis en place, et autres soins que nous recommandons.

Le fraisier est doué d'une grande faculté de reproduction, soit par ses fruits, qui sont couverts extérieurement d'une

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grande quantité de graines, soit par ses filets on coulants; mais cette dernière faculté , lorsqu'elle n'est point contrariée par le cultivateur, est un obstacle à une belle et abondante fructification. Les filets sont des liges rampantes, très allongées, se dirigeant dans tous les sens, et prenant racine à chaque nœud qui repose sur la terre , ils affaiblissent d'autant te pied-mère ; la multitude de ces filets enracinés a bientôt couvert le sol par de petites touffes qui, en se multipliant de même, s'affament mutuellement sans qu'aucune puisse acquérir la force nécessaire pour produire de belles et fortes tiges , garnies de fleurs et de beaux fruits. On supprimera donc tous les filets avant qu'ils se soient enracinés, dans le but de centraliser sur le maitre-pied toute la force de production dont cette plante est douée.

Après avoir tourné au profit du maître-pied un luxe de reproduction qui était nuisible à son parfait développement, on doit encore vouloir centraliser ses racines, qui oiit nécessairement , comme les filets , une tendance à vagabonder et à s'écarter du mallre-pied; cetle seconde opération essentielle s'effectuera dans la pépinière par deux repiquages, qui précéderont toujours la plantation définitive, soit en pot , soit en pleine terre.

La floraison et la fructification épuisent aussi les jeunes plantes ; on ne les laissera donc point fleurir avant qu'elles soient sorties de la pépinière , et qu'elles soient assez fortement constituées pour donner pendant toute une saison de belles et abondantes récoltes : autrement on aurait des plantes avortées qui n'offriraient que de petits fruits, secs et noueux , ne terminant jamais complètement leur maturité ; la plante cesserait même de fructifier avant la fin de la saisan , ainsi que cela arrive trop souvent lorsque ces soins ont été négligés.

Le fraisier des Alpes émet ses moyens de reproduction spontanément ; les feuilles , les fleurs et les filets, poussent

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en même temps, et leur développement continue également jusqu'à ce que l'intempérie des saisons vienne les arrêter. On a remarqué que les premières fleurs qui paraissent après l'hiver sont presque toujours mal élaborées, les fruits qui en proviennent sont le plus souvent petits et mal faits; mais ensuite ces plantes produisent très abondamment de beaux fruits pendant l'espace de trois semaines environ. Ce luxe extraordinaire de fructification est suivi d'un intervalle de repos , mais non tout à fait absolu : il est d'une durée de quinze jours, que le temps soit sec ou pluvieux, pendant lesquels le fraisier des Alpes reprend sans doute de nouveaux moyens de vigueur, qui ne l'abandonnent plus jusqu'aux gelées.

Le fraisier des Alpes , étant une espèce distincte , se reproduit constamment le même par la graine , que l'on recueille sur les plus beaux fruits provenant des plantes. les plus franches de l'espèce. On sèmera cette graine dans les premiers jours de mai au pied d'un mur exposé au nord ou au couchant. Après avoir semé la graine sur un terrain riche» frais et très meuble, nouvellement labouré et ratissé; on couvrira la graine légèrement avec de la terre tombant sur le semis au travers d'un tamis, puis on appuiera cette terre avec la main ou un petit rouleau. On fera en sorte que le terrain, sans être trop humide, soit toujours maintenu frais à la surface jusqu'à la levée de la graine, qui a lieu ordinairement au bout de quinze ou vingt jours après avoir été semée. On ne doit point semer dans des terrines, et encore moins repiquer dans des pots. Quoique la graine de fraisier fraîchement récoltée lève mieux que celle qui a été conservée, on ne cédera pointa cette considération en semant à contre-saison, c'est-àdire avant ou après le mois de mai; autrement le plant serait trop vieux ou trop jeune. Il importe avant tout de se régler sur l'éducation du semis en pépinière, de telle sorte qu'à la fin d'octobre les plantes pais-

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seBt être mises en pots ou en pleine terre arec le degré de force qu'elles doivent avoir pour donner l'année suivante des récoltes successives et abondantes.

Vers le 15 juillet^ lorsque -le jeune plant provenant des semis du fraisier des Alpes aura quatre ou cinq feuilles, on le lèvera pour le repiquer deux à deux, à 8 centime* très de distance en tous sens , puis on le couvrira avec des paillassons soutenu» par des gaulettes. Le terrain sur lequel on fera ce repiquage sera en parti composé de terreau neuf. L'exposition sera aérée , afin que, le jeune plant étant bien repris, et les paillassons enlevés, il profite des bienbits de l'air et de ceux du soleil. Autant ses rayons sont funestes au jeune plant de fraisier nouvellement repiqué , autant ils lui sont profitables après la reprise. Il faut environ dix à douze jours d'un temps propice pour que la reprise du plant de fraisier nouvellement repiqué soit assurée.

Par ce premier repiquage» on se ménage la facilité de relever en motte ce même plant sans qu'il éprouve la plus légère altération. Si nous nous rendons compte de TefTet de ce repiquage sur les racines , nous verrons , en arrachant quelques pieds plantés depuis deux jours seulement , qu'à l'extrémité de chaque racine raccourcie on aperçoit déjà poindre trois ou quatre petites aiguilles blanches ; ce sont ces aiguilles ou spongioles qui , en se fortifiant et se multi* pliant , retiennent la terre autour d'elles, et facilitent la levée en motte de la plante. On conçoit qu'un second repiquage en ;motte] augmentera , dans une progression très considérable , l'émission de nouvelles petites racines nour« ricières autour de la motte, et en facilitera encore la transplantation.

Ainsi, dans les premiers jours d'août, lorsque les racines auront acquis assez de force , on lèvera le plant en motte pour le planter encore en pépinière sur une plate-bande, composée de terreau neuf ou de^terre très riche, ayant

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1 mètre 32 centimètres de largeur , rayonnèe de cinq lignes distantes l'une de l'autre de IS centimètres; od plantera en échiquier à 20 centimètres de distance sur les lignes. Avant de planter , on' examinera avec soin chaque touffe, afin de détruire les herbes qui pouraient avoir germé au centre de la touffe. On détruira les fleurs et les filets qui se seraient déjà formés , ainsi que les feuilles ava-* riées ; on continuera de même jusqu'au moment où on mettra ce plant en place. On aura soin, en plantant, de faire autour de chaque pied un petit bassin. Quinze ou vingt jours après ce second repiquage , on donnera une fhçon à la main , pour remuer la terre dans le but de détruire le germe des mauvaises herbes qui commenceraient à pousser. On épluchera en même temps chaque touffe ; on retirera les fleurs, les filets et les feuilles avariées; on aura soin d'enlever avec la feuille le pétiole jusque près de la terre. Ces débris ne resteront pas sur le terrain, on les déposera à mesure dans le sentier pour ensuite être enlevés. Cette façon donnera beaucoup d'activité à la plantation en pépinière.

Pendant le cours de cette éducation, on reconnaîtra facilement les fraisiers des Alpes dégénérés; on doit être soi* gneux de les détruire : ces plantes se font remarquer par iine végétation plus vigoureuse, parce qu'elles ont des feuilles plus larges, plus étoffées et plus nombreuses, et enfin parce qu'elles n'offrent pas successivement des fleurs à détruire : car un des caractères distinctifs du fraisier des Alpes est de fleurir continuellement^ et il arrive souvent que les filets mêmes fieurissent avant d'être enracinés.

A la fin d'octobre ou vers le .milieu de novenibre, selon que la saison sera plus ou moins fauorable , on lèvera en motte dans la pépinière les touffes de fraisiers provenant de semence ou de filets. Nous disons ou de filets, parce que ceux-ci auront pu être élevés aussi en pépinière exactement

IiA MlOm FIUIIÇAHL m

ée lanièim manière que le plant de temli. Une partie de ce plant levé en motte sera empoté dans des pots de 16 centim. , soit ponr être chauffé, sent ponr garantir les plantes des Tera blancs. Après rempotage, les pois seront rangée sor it terrain, proche à proche, dans un cofTre que l'on pourra recoo- Trir de Titranx ou de paillons pour les garantir des trop grandes pluies qui lessireraiettt la terre contenue dans les pots , el aussi des trop grands fîroids.

Les autres plantes serunl plantées en |defaie terreav des plates-bandes profondément labourées et Uen sanendées. Ces plates* bandes , de ••«Miw>M eentiirttres de large ^ seront rayonnées de quaftre lignes, espacées l^une de l'autre de 31 centimètres. -On plantera les fivisiers des Alpes à SO centimètres de distance sur lés Hgnes et en échiquier. Arant déplanter, on fcra très soigneusement la recherche des herbes qM pourraient se trouf*er dans les touflës. La plantation terminée, on répsindm du terreau neuf «ntre ton* tes les touffes , puis on donnera un labour au sentier » sur lequel on pourra repiquer un rang de salade d'hiver. La distance qaenous eonsenrons entre chaque touffe est calculée pour que le feuHIage, lorsqu'il sera développé, couvre la terre et Pàbrite des ardeurs du soleil , sans nuire enx tiges en leur poKant de l'ombre. Au priiMemps suivant on donsera une fki$on à la terre , ot Ton Armera de petits bassins autour de chaque touffb. On attendra pour parler laterre que les ieurs commencent ft paraître. Les arrosements auront Heu le matin ou le soir, suivant laaaison. On aura le plus grand sdn de supprimer les Élets avant qu^se soient enradués.

On plantera encore deui rangs seulement de fralsierB Ile semence sur une plate^bande de 1 mètre 38 centimètres de large, destinés uniquement à donner l'année suivante fles fiels, poursupplèer au semis dansle cas eu K viendrait à tttfeikquidr. Lés flMs qtd proviendront de cette plantàtiM

M» LA. FOKOfVS FftANÇA«(.

fftite sur deux lignes seuteraeDl «eroat trapu» » ni8tii|im^ et non étiolés, comme ceux qui sont venus sous des toufTe» trop rapprochées. Ces filets seront repiqués au mois de juitlet, deux à deux, dans la pépinière, où ils seront éleyéa comme le pl^nt de semis.

' La plupart des jardiniers qui se proposent de^ hâter sans feu ni fumier les fraisiers sous châssis se dispensent de les empoter ; ils se contentent de les planter en pleine terre de manière à les couvrir de verre au printemps. Da pré» tendent que le fraiser ainsi traité végète plus vigoureusement et a une meilleure apparence. Mais celui cpii cultive le fraisier en pot ol>tient, il est vrai , des plantes moins vigoureuses, mais beaucoup plus fertiles, et surtout plus hà* tives ; ce qui double , sur les marchés, te prix de sa récolte, qui est terminée lorsque celle des fraisieps plantés en pleine terre sous châssis ne fait seulement que commencer.

Beaucoup de jardiniers, qui n'ont pas l'habitude d'élever te plant de semis de la fraise des Alpes en le repiquant deux fois.dans la pépinière, ne se servent de ce plant que pour en obtenir des filets avec lesquels ils font leurs diverses plantations. Us prétendent que le plant de semis est trop vigoureux, qu'il pousse trop en feuilles et en filets, et que les fruits, trop couverts par le feuillage, ne prennent point de couleur et mûrissent mal. Quoique Topinion des jardiniers qjai cultivent pour leur propre compte ait toujours excité toute notre attention , nous avons voulu connaître jusqu'à ^ael point cette opinion était fondée. En conséquence nous avons laissé croître sur le terrain même du semis un certain nombre de pieds de fraisiers isolés , afin de suivre leur développement naturel ; tous ont poussé avec une vigueur extraordinaire. Après avoir arraché successivement un certain nombre de ces fraisiers à diverses époques de leur développementy nous avons remarqué qu'ils étaient pourvus de quelques racines seulement, très allongées^ sansche-

±k pomm piuNÇAiSB. «h

. Au priatomps sniTant, ces fhiisiers formaient des tôuf- 'téè condidéraUes en haatear, qui ont tardivement prodait "des fruits dont la pk» grande partie n'a point pris de con* iêBr ; les antres fraisiers de ce même semis, élevés dans la pépinière^ et qui ont subi deux repiquages avant d'être déflnitivement plantés en pleine terre, ont formé des touffes, !| est vrai , beaucoup moins volumineuses , mais qui ont été d'une grande fécondité pendant toute ht durée de la saison. Il résulte de ee fatt que, si les Jardiniers se donnaient la peine de centraliser les racines du fraisier de semis par plusieurs repiquages, ils n'auraient plus à redouter une vigueur qu'ils laissent devenir stérile dans ces sortes de plants. (Test par déférence pour les cultivateurs dont nous combattons ici Topinion que nous sommes entré dans autant de détails.

Nous continuerons donc à noQs servir du plant de semis repiqué deux fois dans la pépinière, soit pour le mettre en pot afin de te cbauffer, ou seulement de le hâter, soit pour le planter en pleine terre sur des plates-bandes destinées au rapport, soit enfin pour être planté sur deux lignes, afin d'obtenir des filets dans le cas où le semis de Tannée suivante viendrait à manquer. Ces filets participent de la vigueur du semis sans en avoir les inconvénients ; si , au contraire, on prenait des filets sur derieilles touffes, les fruits qu'ils produiraient feraient connaître d'une manière plus ou moins remarquable la dégénèration de la plante qui les aurait produits.

Des framers des Alpes forcés sous bâches ou iktns les serres chaudes.

Les fraisiers des Alpes destinés à fructifier dans les serres chaudes ou setts des bâches, qui ont été mis en pots à cet efTet, seront, dès les premiers jours de février, nettoyés et débarrassés de toutes leurs feuilles mortes ou avariées; puis on lavera les pots et on les introduira dans la serre ^

mf éf» tifdijt^s 4«i «vront tito nnifMsM^ 4w ^r«»ifry ou dans lea bàdies sur dc^ flpradina piraUèles as i^m* L«i Md^es coDUennent cinq rangéfs d« bawiiiattw 3 om plaeara ciQq poU de fraisiers des Alpes sur chaque banquelte , par cMissis de 1 «lètr^ 60 centimAitres de toaguenr sur 1 nèlra 3$ ^eoitîinètres de lar{[eur. H régnera sous le gradin , dam le jfçnd de la bâche, un tuyau de <d[ialeor» et au pourtow extérieur un réchaud de fumieir.

On visitera de temps è^ autre les fraisiei» en yégétatien » peur enlever les anciennes feuilles qui se trouvent suficesr sivement remplacées par les nouvelles } il ne faudrait pas attepdre qu'elles fussent desséchées , il suffira qu'ellea dé* périssent pour qu'on s'empresse de lea supprimer avec leur pétiole, autrement elles absorberaient inutilement 09^ grande quantité de sève qu'il vaut mieui ménager pour la fructification. Lorsque le temps est froid ou humide, et que Tonne peut renouveler l'air, parce qp^ le soleil est quelques jours sans paraître, les fraisiers des Alpes sont sniets à s'étioler, leurs feuilles tendres et nombreuses jaunissent et prennent de la moisissure; on doit avoir soin de les retirer. Nous n'entrerons point dans.les détails du (poover* nement de la serre, ni de celui des bâches à ananas, d'a«* tant plus que la culture des fraisiers qu'on y introduit est entitoement subordonnée & celle des ananas.

On peut espérer que les fraisiers des Alpes mis em végè-* tation sous b&che ou dans les serres chaudes au commencernent de février donneront des fruits vers le IS avril. Les personnes qui ont écrit sur la culture du fraisier des Alpes ont commis une erreur en annonçant que Ton pouvût faire trois et même quatre saisons les uns après les autres.

Du firairier des Alpes sau$ châssis.

Les fraisiers des Alpes destinés à fleurir sous diàssis seront nettoyés et épluchés vers le 15 de février^ puis in-

Là MMom nAMÇAiaB» m

trodaM» 9W& ehAsiis. On {onfoncera Im p«to d«D8;;iii terre aa dans le terreau. Un cbàasig de 1 mètre 60 eentimètrel fiur an mètre 3S centimètres contient vingt-cinq fraisieni des Alpes. Ces plantes seront placées sur un plan incliné parallèle au verre, eUes ne seront activées dus leur yég^ tation que par les vitraux. Les sentiers autour des chassie seront couverts d'un lit flûnce de litière, seulement pour empêcher que la terre ne s'attache aux pieds et qtie l'air extérieur ne s'introduise par les fentes des coffres. Les arrosements pouvant se faire avec le bec de l'arrosoir^ il devient inutile de pailler la terre sous led châssis.

Les fraisiers mis en végétation sous chAssis, le 15 de février produisent ordinairement vers les premiers jours de mai. On pourra, après les premières récoltés, enlever tes châssis et s'en servir pour la dernière saison des melons , ee qui n'empêchera pas les fraisiers des Alpes de continuer i fructifier jusqu'aux gelées , si on a eu la précaution de j^onger les pots dans du terreau ou dans une terre très riche, dans laquelle les racines aient pu pénétrer et s'étendre par le fond des pots ; autrement ces fraisiers , après avoir épuisé la terre contenue dans les pots, jauniraient et cesseraient de produire.

Moyens de préserver les fraisiers des vers blancs.

Beaucoup de personnes se voient forcées de renoncer à la cnltare do fraisier parla multitude des vers blancs dont leurs terrains sont infestés. Nous n'avons trouvé d'autre moyen certain de remédier à cet inconvénient que de faire fabriquer des pots construits de manière |i laisser sortir une partie des racines sans que les vers blancs puissents'y introduire(l} .

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(1) Les pots les plus convenables pour cuUiter la fraise des Alpes, soit à l'air libre ou soas châssis, sont des pots de 15 centimètres , rabriqnés chez M. Follet , rue des Charbonniers, à Paris. Ils ont quatre ou ver*

804 LA VOIOra VRARSAISB.

Les fraisiers empotés dans ce but, et destinés à fractifier & l'air libre, seront mis en place à la An de mars, soit sar irms . lignes an pied d'un mur exposé an midi, soit dansTintérienr des carrés, sar une plate-bande de 1 métré 33 centimètres de large, rayonnée de quatre lignes; les pots seront distribués sur les lignes à 33 centimètres de distance, et en échiquier. Le terreau ou la terre dans laquelle on les enfoncera sera très riche et bien préparée, afin que les racines soient excitées à sortir par les quatre longues fentes que Ton a fait pratiquer à ce dessein au fond des pots ; autrement, si les racines y étaient confinées , les plantes ne fleuriraient que pendant cinq ou six semaines, puis elle dépériraient ; mais lorsque les nombreuses petites racines qui sont autour de la plante se trouvent secondées par d'autres qui ont la liberté de s'étendre au dehors, on voit la plante continuer à se couvrir de fleurs et de beaux fruits jusqu'à ce que les gelées viennent en arrêter la végétation. Les fentes de ces pots sont ménagées de manière à laisser sortir les racines sans que les vers blancs puissent s'y introduire. Il est à propos d'ajouter que les pots ne doivent être enfoncés dans la terre que jusqu'à la moitié de la moulure, pour que les racines ne puissent sortir dessus les pots et faciliter l'entrée aux vers blancs.

Lorsque les pots seront enfoncés dans le sol, on gouvernera les plantes comme si elles étaient mises en pleine terre; seulement les arrosements seront plus fréquents

tares longiindinales, dont deux , prolongement l'anc de l'antre , partagent le fond du pot en deux, en remontant à 10 cenlî mètres sur les côtés ; les deux autres fentes sont également pratiquées sur la carre, s*approchant du centre, mais sans partager le fond comme le font les deux premières. Ces ouTertures sont faites avec une scie, dont la voie a les dimensions voulues ; les pots sont ainsi sciés lorsque la terre est aasci flèche pour être mise au four.

Ira 1N»0IfB FRAlfÇAISB. ' 9»

et toujours bien règles. Nous avons remarqué que le fraisier des Alpes mis en pot produisait moins de filets , moins de feuilles, mais beaucoup plus de fruits que ceux mis en pleine terre*; c'est pourquoi nous n'«spaçons les pots sur la plate-bande que de 3S centimètres en tous sens.

Au mois d'octobre, on dépotera ces fraisiers pour les remplacer par d'autres pris dans la pépinière. Les flraisiers dépotés seront plantés en pleine terre , tels qu'ils sont , sans rafraîchir les racines. Ils seront plantés à SO centimètres BUT la ligne, les lignes écartées de 35 centimètres. Ces fraisiers ainsi plantés produisent très abondamment de très beaux fruits pendant six semaines environ, après quoi ils déclinent ; mais ils ont donné le temps d'attendre que le jeune plant soit en plein rapport.

D'après beaucoup d'observations et d'expériences com* parées, nous avons acquis la certitude que la fructification des fraisiers en pots est plus hâtive et plus abondante que celle qui s'opère communément en pleine terre ; nous n'hésitons pas, d'après les bons résultats que nous avons obtenus, de conseiller aux amateurs qui cultivent le fraisier des Alpes en pleine terre de faire mettre en pots chaque année un certain nombre de touffes élevées en pépinière , même lorsqu'une serait pas nécessaire de prendre des précautions contre les vers blancs.

Observations générales.

Quelques personnes plantent le fraisier en bordure; nous ne conseilloDs point cet usage, parce que les résultats d'une telle plantation sont toujours très peu fiavorables. Le meilleur parti que Ton puisse tirer du fraisier planté isolément est de s'en servir pour garantir les dahlia des vers blancs ; dans ce cas on prépare dès le mois de mars le terrain destiné aux dahlia, on marque les {places qu'ils doivent oc*

«ea. LA POIOHB nARÇAKB.

cuper, et I'ob plante entre ces places des fraisiers levés ea motte que l'on a laissés à cet effet dans la pépinière. Les fraisiers que les vers blancs laissent intacts produisent abon^ danunent, parce qu'ils profitent de la culture et des arrosements donnés aux dahlia. Cette faculté de lever le fraisier en motte a encore l'avantage, lorsque les terres sont fortes et sujettes à se sceller, de permettre de faire au prin« temps la plantation sur un terrain fraîchement labouré, et non battu par les pluies de l'hiver.Nous avons été à même de voir combien le fraisier profite lorsqu'il est planté ainsi au printemps, dans une terre fraîchement remuée.

Nous pensons que cette notice rendra plus vulgaire la culture perfectionnée du fraisier, en ce qu'elle convaincra les jardiniers de la nécessité d'élever cette plante en pépinière par deux repiquages , aussi bien pour être mise en pleine terre que pour être forcée dans les serres. Nous ré* péterons que ce n'est point le grand nombre de fraisiers plantés selon la routine ordinaire qui garantit au propriétaire une jouissance assurée ; trois cents touffes élevées chaque année en pépinière suffiront amplement , avec les trois cents qui ont déjà produit l'année précédente , à la consommation journalière d'une famille peu nombreuse. Cette quantité de plants occupera peu de terrain, peu de temps pour l'entretien et aussi pour la cueillette , d'autant plus que chaque jeune touffe est toujours garnie de beaux fruits.

De la récolte.

La cueillette se fera de grand matin , même pendant la rosée. On évitera de manier les plantes lorsqu'elles sont exposées aux ardeurs du soleil; la cueillette sera toujours terminée entre huit et neuf heures du matin au plus tard. On détachera le fruit avec la queue ; non seulement il se con-

U KWOlfB WhàJfqàimL 90T.

serre mieux, s'afiniese moiss daos le trannport ; mail encore, lonqae les queues et les calices restent sur les tiges, celles-ci se dessèdMnt moiM promptement, et absorbent, an préjndice de la plante , une i|uantité de sève qui pourrait être mieux em^oyée.

Qaelqnes auteurs étrangers recommandent de supprimer les derwères fleurs des grappes^ afin, disentrils, de faire (prosaif davumtage les premiers fruits. Quoique la théorie semble approuver celte pratique, nous la consldérous comme tout à fliit iautHe et même nuisible. Nous peu-sons que les fruits qui, par leur portion sur la plante^ doi** T^it nécessairement mûrir les premiers , n'ont rien à ga* gner de la suppression de ceux qui mûrissent après. Ce serait donc sans dédommagement que l'ou se priverait de la récolte des derniers fruits.

Une dms principales conditions de la culture perfec^ lionnée du fraisier consiste à concentrer ses racines : car plus une touffe peut en être environnée, plus elle devient productive. Cette assertion a pour appui les observations que nous avons faites, notamment sur un grand nombre de touffes de fraisiers des Alpes qui avaient fleuri sous chàssiS' depuis le mois d'avril, et ensuite à Tair libre Jusqu'aux ge« lées, qui n'eurent lieu , cette année 1838, qu'à la fin de dé^ cembre. Trois cents touffes de ces fraisiers ayant été dépo-r tées au mois d'octobre pour être mises en pleine terre , comme expérience , toutes ont présenté une masse d'in-» uombraUes racines , très déliées et très serrées les unes sur les autres; ces racines tapissaient plus particulièrement le pourtour des pots , et s'étaient emparées de la place que la terre y occupait. Si l'on nous demande combien ces racines auraient pu encore se multiplier sans que la fructification de la plante en eût été altérée , nous répondrons qu'il doit suffire à uos Jouissances que la durée d'une fructification aies! conduite n'ait pour terme qne les rigueurs ordinaires

BOB 1.1 PMCfm FRAHCAlSft/

dH climat ; cependoit il est plus qoe probable tpi'liBe iwterruptton de végétation dais ces platttes oecasionBée par une cause qaelcenque entraînerait la destraclkm d'ane grande partie de leurs petites racines; c'est -ce qui nous fait recommander la plus grande exactitude dans les arrosements.

En résumé, mi sèmera, diaqne année an mois de mai , le firaisler des Alpes , puis dans les prenriers jours de juillet on repiquera le plant de semis, et à son défont des filets pris sur des plantes prévenues du semis de Tannée précédente. Au commencement du mois d'août, -on lèvera en motte les plantes repiquées, peur leur donner plus d'espace. Enfin , à la fin d'octobre, on metUra en pots ou en place les fraisiers élevés dans la pépinière. Si la terre du jardin était forte, elle pourrait se trouver battue et trop scellée après l'biver; dans ce cas on attendra au priatemps pour melire le plant en place sur une plaie-bande fraîchement labourée.

Ce dernier paragraphe eût suffi aux jardiniers habitués k suivre nos indications ; c'est pour les antres que nous nous sommes cm obligé d'étendre autant, l'artide dm fraisier, croyant nécessaire d'appnyer chacune de nos assertions par des foits posUifr^ nous avons même cru indispensable à leur conviction de les faire entrer avec nous dans les voies de perfectionnement que nous avons suivies à cet égard. En outre, après avoir souvent recommandé d'étudier avant tout la nature de la plante que l'on déure cultiver, nous avons voulu, par cet article^ laisser aux jeunes cultivateurs un canevas dont ils puissent s'aider pour étudier la végétation des plantes dont ils auront i s'occuper.

Nous avons remarqué dans les divers établissements que nous avons souvent visités, et dans lesquels on s'occupe, spécialement de la culture du fraisier , que presque dans tous on ne sème la fraise des Alpes que pour en obtenir des filets. On n'y fût en général qu'un seul repiquage.

tiâ towin iiâiiçâim m

qa'on tèy9 en^ motte povr le mettre en pois ott tn pMno terre $ aussi toiis ces cultivateurs sont d'avis que le plant do semis est trop vigoureux pour fructifier alundamment. AucuD n'emploie te plant de semis pour la pleine terre , sr<- BOB pour en obtenir des filels. Ces cultivateurs ne conseil vent jamais une seconde, année une plantation qui a déjà prodoit. Beaucoup réunissent» lors du repiquage, deux 9 trois et même quatre brins, pour en dire une seule touffe*. Nous pensons à cet égard que le désir de beaucoup récolter pourrait les abuser* La plupart disposent leurs piantatiens en pleifto terre de manière à les couvrir avec des châssis ; Iqs ptas édairés mettent les plantes en pots , e'est le petit nombre. Dans ces établissements on ne cultive guère que la fraise djes Alpes; la Keen's seedling commence è s*y inlro^ attire ; i'Elton n^a pas eu de succès chez ceux qui n'ont pas étutié la manière particulière de v^ter de cette plante et qni ont voulu lai traiter comme ils traitent la Keen's. Ces cuU livateurs profitent de leurs serres et de leurs biches à ananas pour fonrcer les ft*aisiers; ils introduisent dans les serres deux rangées dépôts, Tune sur le devant, Taotre sur une tsidette également très rapprochée du verre ; ceux qui ont voulu planer une troisième talilette contre le mur ont été liMicés d'y renoncer, les fraisiers s'y trouvatent trop éloignés des vitraux. Ils ont aussi des biches qui ne servent que pour toTMT le fraisier. Noms avons remarqué que ces cul** tivateurs placent des soucoupes sous les pots qu'ils intro* dnisent dans les. serres «haudes, pour recevoir Teau des arrostments qui s'écoule par le fond des pots; ils ont soin mime d'entretenir toujours un peu d'eau dans ces vases « qui ont deux olyets, celui de la proprete. et celui de maioe tenir frais le fe»d de ces pots. On se tromperait beaucoup ai l'on pensait pouvoir se dispenser d'arroser par dessus les

JMrfS.

. Quant i j'époqiie où i'on commence à mettre en végétur

«10 LA KMiOllB fAlKSAIffi.

ium les fraWen que l'on veut forcer, elle eM variaMe et dépend de la yolonté de ehaqae cnltiTatenr. Celle que nom aTOtts indiqaëe est adoptée par les ]»rdfailefs qui ne manquent presque jamais leur saison , parce qulb se patentent d'aToir terminé leurs réeoltes lorsque celles de la pleine terre commencent. Les Jardlnfen qui mettent ph» tAt leurs plantes en TégfétÉtion peurent gagner beaucoup» mais Ib ont moins de ciiaBees de succès , et il leur arrive trop souvent de manquer leur saison; alors ib reconunencent avec Vautres plantes qui frocISfient plus tardivement que celles de leurs confirères qui ont eu moins d*amlMKion.

Nous avons cru utile de fiiire connaître le degré d'avancernent où est arrivée à l'époque oè nous écrivons la culture du fraisier, telle qu'elle est pratiquée par les cultivateurs qui en tirent un grand produit; nous allons signaler par opposition la culture du frabier pratiquée par la plupart des jardiniers qui ne travaillent pas à leurs frab. Geuft«là ne sèment jamab et ne font point d'élèves de fraisiers en pépinière, ils se contentent de planter à demeure des fileta pris souvent sur de vieux pieds épuisés; ib plantent au mob de septembre , lorsque les chaleurs sont passées , afin que la reprise soii plus assurée. Ces filets donnai quelques fruits dans le courant de juillet ; mab, couone ces jardiniert ifpiorent l'utilité de sacrifier les premières fleurs qui paraissent sur les jeènes plantes avant qu'elles aient acqub la force nécessaire pour continuer d'en produire utileomit^ ib s'en^essent de récolter le peu de fruit qui se présente, ce|qui énerve las jeunes frataiers ; aussi cesseal-lb de fleurir avant b fin de la sidson. Il résulte de cetle masdère d'agir •qu'au lieu de récolter en mai pour toujours conteuer,«ea jardiniers ne commencent i récoNer qu'en juiHet pour cesser presque auesit^, laissant, pour la rétolle de l'année suivante, des plantes trop Agées, avoriées, qui ne mùriasent -jamais parfidtemem tours fruits. Ce qui étMne te plus

11 MV01IB FEA19GAIS& Sil

la conduite de ces jardiniers , c^est qu'ils travaillent cbaqne année de la même manière , sans être corrigés par l'expé-* rience, ni même par la honte de voir leurs voisins, de simples maraîchers , venir régulièrement offrir leurs récoltes de fraises depuis le commencement du printemps jusqu'à la fln de Tautomne.

M LA KBBR's 8n0UH6*

La Keen'fl seedHng fleurit naturellement une seule foitf dans l'année. Les tiges sont grosses , longues de S cent!'mètres; les montants ont à peu près 12 centimètres; ils se subdivisent en plusieurs rameaux, qui se subdivisent eux-mêmes. Quelquefois la tige a moins de S centimètres 4e long; alors les montants, étant plus près de la souche, présentent un groupe de fleurs plus concentrées.

Lesfleuft paraissent avant que les nouvelles fenilles soient entièrement développées; elles sont d'un blanc pur, gran* des, à pétales larges et arrondis; elles exhalent, sous les bâches , une légère odeur d'aubépine.

Les feuilles, peu nombreuses, sont luisantes, plissées,plaa longues qu'ovales , bordées de larges dents aiguës ; elles sont assez inclinées pour laisser le cœur de la plante exposé à l'air et au soleil. Les pétioles sont inclinés, longs, gros et très lisses. Lorsque tes feuilles ont atteint leur développement, eRes sont sujettes , selon les localités , à prendre des taches de rouille; oe qui se fait remarquer dans les cultures de Tersaifles , mais bien moins dans celles de Paris. Ces taches ne paraissent avoir aucune influence flàcheuse sur la ^oalité des fruits.

Les fruits sont très gros , d'une forme conique ; mais il arrive souvent qu'ils sont monstrueux , aplatis par ,1e bout. Chaque lige «n produit de dix à vingt, mais les dernières

«If LA FOMONB WUSCAWL

fleur» avortent souvent. Le pédoncule est Icmg, il- fkcUift l'opération des confiseurs qui glacent ces fraises. Lorsque le fruit est mftr^ le centre est marqué par un point très rouge, environné d'une chair blanche qui rougit de plus en plus en approchant de la circonférence y le fruit extérieurement , lorsqu'il est mûr , est d'^un rouge très foncé dans tout son pourtour, luisant comme s'il était verni ; la chair est ferme , compacte , douce , succulente et très parfamiOr Cette variété est aussi hfttive que ta fraise des Alpes, soit sous verre, soit en plein air. La durée de son rapport est de huit jours sous verre et de quinze en pleine terre. La construction de cette plante et la manière dont elle végète la rendent éminemment propice à être forcée, les boutons à fleurs n'étant jamais privés par les feuilles de l'action de Tair et du soleil. Elle est d'autant plus productive que l'on peut empoter de très fortes toufles Agées de deux à trois ans.

Les variétés qui fleurissent naturellement une seule foi» chaque année émettent leurs moyens de production l'on après Tautre, d'une manière très tranchée : d'abord la fme^ tification, puis les filets. La végétation du printemps ne produit ordinairement sur la Eeen's seedling que les feniUea absolument nécessaires dua développement des tiges et dee fleurs ; ce n'est qu'après que les fruits ont déjà acquis une certaine grosseur que la plante commence à pousser des fileta et de nouvelles feuilles , c'est alors qu'elle forme de nouveaux cœurs et qu'elle prend une plus grande étendue.

L'observation nous a fait connaître que Tan ne pouvait trop tèt mettre en pépinière les filets de la Keen, autr^ ment cette plante ne produit qu'un seul montant qui ne donne que très peu de fruit, deux ou trois^ ce n*est que l'année suivante qu'elle rapporte abondamment et qu'on la met en pot à l'automne pour être chauffée. Noos avMis pensé que pour obtenir des filets plus hAtivement il snf-

LA POnom FRINCAIM. Mft

flrait de suppilnier sur les pieds-mères les tiges à mesure qu'elles parattraieot ; en efTet, toutes les plantes que l'on m ainsi empêcliées de fleurir ont immédiatement produit des filets que Pan s'est empressé de mettre en pépinière. Ces plantes n'ont cependant pas été jugées, au mois d'oe* tobre, encore assez fortes pour être empotées ; mais , étant mises en pleine terre pour attendre , elles y ont fructifié beaucoup plus abondamment que celles prévenues de filets pins tardifs.

Noos venons de voir que l'obstacle apporté au dévelop^ pemenl des fleurs a eu pour résultat immédiat l'émission plus bâtée des filets. Ce fait nous a donné lieu de présumer qu'un empêchement semblable apporté au développement des filets serait immédiatement suivi d'une seconde floral-» •on. L'application de cette pensée a été bite sur plus de devfx centa touffes de Keen , qui, aussitôt après leur frncti<» fleation sous bâches, ont été privées d'eau, afin d'en arrêter la végétation. Lorsque ces touffes ont été presque fainées, on les a dépotées et mises en pleine terre en supprimant une partie des fenilles, mais sans rien retrancher aux racines. Cette opération a été faite i la fin de juin ; les piaules ont promptement recommencé une nouvelle végétation qui a'oit d'abord annoncée par des fleurs ; on a favorisé leur dé* Toloppement, qui a produit des fruits dans les^premiers jours d'aofkt, seconde fructification aussi belle et peut-être plus abondante que la première.

D'après ce fait, exposé avec assez de détail pour que chacun puisse facilement le répéter, il résulte que les variétés de fraisiers qui ne produisent naturellement qu'une aeule fois chaque année produiront désormais deux récoltes, au gré des cultivateurs qui voudront prendre la peine de détourner à leur profit l'ordre naturel de la végétation de ces variétés. Chaque année^ depuis trois ans, nous obtenons ainsi une seconde récolte; cette année encore

114 LA VOamB FRASÇAISB.

M. TrufEaut a bien voula nous envoyer le dépotage de pliis de cinq cents touffes de Keen ^ qui venaient de produire BOUS ses bâclies une récolte admirable H très (acrative pour lui, et qui en ont produit immédiatement une seconde cbez moi en pleine terre.

La reproduction par filets aura nécessairement lieu pour les variétés qui ne se reproduisent pas constamment les mêmes par la graine. On ne prendra de filets que sur de Jeunes plantes; on les plantera deux à deux , en pépinière, où ee plant subira deux transplantations en motte.

Au mois d'octobre on plantera sur des plates-bandes dt 1 mètre 35 centimètres de large, rayonnées de quatre lignes, les toufTes de Keen élevées en pépinière; on les plantera & 60 centimètres de distance snr les lignes; on empêchera de fleurir celles sur lesquelles on voudra prendre des filets; ce n'est qu'au mois d'octobre suivant que l'on lèvera les mêmes plantes en motte ponr les eoH peter et plus tard les chauffer.

Si le plant de Keen était destiné à fhictifler en pleine terre et à y rester deux ou trois ans , on l'espacerait à 60 centimètres en tous sens*

Vers les premiers jours de février on introduira dans Ica serres chaudes et sous les bâches les pots eontèpant la Keen* On nettoiera et on débarrassera la plante des feuilles onortee ou ;avariées ; puis on lavera les pots avant de les ranger snr les tablettes, qui seront très rapprochées des vitraux* On in* troduira aussi les pots sous les bâches , on ne placera qae quatre pots de Keen sur chaque banquette par panneau*

Cette plante, dans les serres ou sous les bâches ()), ne nécessite pas la surveillance et les soins qu'il faut avonr pour

(1) Les bâches sont chauffées à reaa chaude par un appareil da prix de nofir* y qui saflit pour chauffe ooe étendue de SO mètres de longoenr ior im nètre 50 ceatinàlres de largeur , et va mètre réduit de profendair .

le (mA^f 4ea Alpet, émi le féoîUage » ttidie , aonbreux et ilaocè , peut , lorfifu'il est ofléosA , avarier promptemeot toute la plante et la faire avorter. Le feuillage de la Keeu ne s'élève pas , il est d'abord très peu nombreux , laisse à découvert le cœur de la plante» qui fleurit avant rémission de nouvelles feuilles. Cette plante est très favorable au cultivateur qui veut la chauffer, parce qu'il peut empoter, conunenous l'avons déjà dit, de très forts pieds qui donnent jusqu'à six ou sept niontanls > sans que le feuillai;e soit un obstacle à une floraison aussi abondante et toujours précoce.

On peut espérer que les fraisiers Keen mis en végétation sous bâche ou dans les serres au commencement de février offriront leurs fruits vers le 15 avril. La récolle de la Keen sera terminée vers le 10 mai. .

Les touffes qui auront fleuri dans la serre chaude} seront détruites après la récolte. Celles qui auront fructifié sous bâches seront privées d'eau et de chaleur, et lorsque la végétation sera arrêtée on les dépotera pour les mettre en pleine terre, où elles donneront une seconde récolte ; puis, au mois d'octobre, on pourra lever ces plantes en motte , les empoter , pour être encore une fois forcée^ dans les aarres ou sous bâches.

Lorsque la Keen est plantée en pleine terre pour y rester, ce n'est que la seconde année qu'elle produit très abondamment. Nous avons obtenu, après la première récolte en pleine terre, nne seconde récolte, en supprimant les feuilles aussitôt après la première récolte ; mais les fleurs n'ont pas noué en aussi grande quantité que sur les plantes qui avaient produit sous bâches et que l'on avait dépotées ^ cependant ce moyen de faire fleurir une seconde fois des plantes qui ont fructifié une première fois en pleine terre mérite q^'on s'en occupe.

Si on désire obtenir par les semis de nouvelles variétés

516 LA POJMTfB FRAUÇAVÉ.

de la Keen ou de T^^on, on se conformera , pour la rèeolte des graines , pour les semer, et poor l'ëdncatlon da plant en pépinière , à ce qui a dèji été indiqué à cet égard peur le fraisier des Alpes.

l'kLTON DB m. KNIGHT.

L'Elton fleurit naturellement une seule fois dans Vannée ; ses tiges sont grosses , velues, longues de 3 centimètres environ ; {les montants ont à peu près 6 centimètres de long, ils se divisent en plusieurs rameaux*

Les fleurs paraissent après l'émission des feuilles ; elles sont lentes à se développer, sont d'un blanc mat, de moyenne grandeur ; les pétales arrondis ; les divisions du calice sont oblongues et réfléchies; chaque tige produit de huit à quinze fleurs , qui ne sont pas sujettes à couler, toutes mûrissant successivement, ce qui prolonge la durée des récoltes.

Les feuilles sont rondes, glauques, velues, dentelées profondément , nombreuses et verticales ; les pétioles sont raides , droits , couverts de longs poils très nombreux, qui se teignent en rouge, à leur base sont de grandes stipules allongées et aiguës. Le feuillage de ce fraisier contraste avec celui de la Keen ; il est net , d'un vert doux et uni qui le fait distinguer de tous les autres; il dérobe le cœur de la plante aux influences de [l'air , ce qui est un obstacle , lorsque cette plante est devenue un peu forte , à ce qu'on puisse Tintroduire avec avantage dans les serres.

Les fruits sont gros , allongés , ordinairement très bien faits; chaque tige en produit de huit à quinze, qui mûrissent tous successivement; le pédoncule, long, fait rechercher ce beau fruit par les glaciers , qui en tirent un parti admirable. La chair intérieurement est très rouge , le centre est marqué d'un point encore plus rouge, autour duquel règne

/:iV

LA POVOUB PRANCAISB. M7

un filet blanc; tout le poartoar exlérieur da Croit est d^aa rouge brillant et vernissé lorsque la fraise est mûre ; sa chair est ferme, douce, succulente, et n'a nullement Taciditë que quelques personnes qui l'ont décrite lui ont trouvée ; il est probable que ces personnes n'ont pas eu à leur disposition des fruits bien mûrs. L'Elton est plus tardive de trois semaines au moins que la Keen. C'est une des fraises les plus belles et les plus productives que nous possédions, soit cul* tivée en serre , soit cultivée en pleine terre.

L'Elton se propage par les filets, comme tous les fraisiers qui ne se reproduisent pas les mêmes par la semence; on les pique en pépinière deux à deux. Il n'est pas nécessaire, comme pour la Keen , de se bâter de mettre en pépinière les filets de l'Elton destinés à être chauffés. Ces plantes seront toujours assez fortes au sortir de la pépinière pour être empotées ; on choisira même pour cet usage les touffes les moins fortes; il n'en sera pas de même pour celles qui sont destinées à fructifier en pleine terre. On conçoit que le volume du feaillage de l'Elton , déjà peu favorable à la floraison de cette plante, lui devienne tout à fait contraire lorsqu'il se trouve augmenté dans son développement par la chaleur de la serre. Beaucoup de jardiniers, ayant voulu traiter l'Elton comme la Keen, n'ont pas réussi et ont renoncé h la cultiver, la regardant comme venant mal et peu productive. S'ils eussent étudié sa végétation» ils ne se seraient pas privés , par ignorance , d'une plante aussi belle que productive.

Nous répéterons que la végétation de l'Elton commence par le développement de ses feuilles, qui sont nombreuses, affectant une direction verticale; ensuite paraissent lentement les tiges, les fleurs et les fruits, puis les filets. La marche lente que suit cette végétation indique assez au cultivateur qu'il doit préférer, pour forcer ce fraisier, de jeunes plantes à des plantes plus fortes et plus âgées ; le feuii

SIS . LA POHOIVB FRANGAISB.

tage épais de celles-ci deviendrait dans la serre on obstacle au développement des fleurs. Le cultivateur doit encore observer que , la floraison de cette plante élant lente & se former, on ;la ferait avorter si on la forçait trop brusquement par une température d'abord trop élevée; ce qui indique que la serre à ananas ne lui convient point. Ces observations n'ont point échappé à un cultivateur aussi distingué que M. TrufTaut , qui obtient de TEIton y chauffée sous ses bâches, des quantités considérables de très beaux fruits, doux , juteux , succulents et savoureux , dont il tire tous les ans un grand produit. Très peu d'horticulteurs traitent les plantes avec autant de discernement et de bonheur que MM. Truffant père et fils. L'épais feuillage n'empêche dans la serre que la formation de la fleur, il n'est pas un obstacle à la maturité du fruit lorsqu'il est noué, puisque les grappes chargées de fruits pendent le long des pots, et se trouvent exposées au soleil ; mais, nous le répétons, la floraison de celte plante doit s'opérer lentement pour venir à bien.

Au mois d'octobre on lèvera en motte , dans la pépinière, les touffes d'Elton , soit pour les empoter , soit pour les planter définitivement en pleine terre. On choisira pour empoter les touffes les moins grosses; celles destinées à la pleine terre seront plantées sur des plate-bandes rayonnées de Quatre lignes, espacées entre elles de 60 centimètres, et on les placera sur les lignes à 60 centimètres les unes des autres.

Yers les premiers jours de février on introduira sous les b&ches les pots contenant les Elton , on les mettra en végétation par une chaleur très douce , que l'on ne s'empressera point d'augmenter, afin de donner aux fleurs le temps de se former; une forte chaleur d'abord ne serait profitable qu'aux feuilles. Nous bornerons nos conseils à cette çeute observation , dans ce qui concerne la conduite à tenir pour la culture de la plante sous bÂche.

LA HNnRB nUMÇâlSB. Sl«

L'âton , mile en YégéUrtton dns les pranteita jMfrs de lénler, se donnera ses fnilts que dans les premiers Jours de mal ; tontes les llenrs Tenant i noner, la récolte se pro» longe jnsqn'en Juin.

L'Elton ^ mise en pleine terre , offrira des fnrits quelques temps aprte les premières récoltes de la quatrième saison ^ et cenAinnera de produire Jusqu'au temps où le fraisier des Alpes recemmenêe à se couvrir de fruits. Ce fraisier réussit parfaitement en pleine terre, où il peut rester deux ans; il y produit abondamment, même la première année, surtout si les filets ont été mis de bonne heure en pépinière.

Nous possédons depuis cette année la British queen et la Yietbria qneen» que les pépiniéristes angims noua ont signalées cMsme des plantes très siqiérieures à celles que Ton a déjà. Nous attendons leurs produits pour les juger.

VRAISnai M HONtlBniL.

Ce fraisier est cnltiyé à Bagnoiet, Sceaux , Charonne^ Gbàtott et autres communes environnant la capitale , où elle est vulgairement connue sous le nom de dent de cheval. Cette fraise est grosse, difforme, d'un beau rouge; la chair en est sèche, sans saveur ni parfum; mais la plante est peu délicate, et supporte jusqu'à un certain point le manque d'eau. Ce fraisier produit beaucoup pendant le courant de juin et une partie de juillet , après quoi il cesse Josqu'i l'année suivante. Les glaciers et les coofisieurs n'emploent la fraise de Montreuil qu'à défaut d'autres ; cependant cette variété, malgré le peu de qualité de ses fruits, sera toujours préférée au fraisier des Alpes par les cultivateurs qui s'occupent spécialement de la culture du pécher, ou autres cultures analogues ; attendu que le fraisier des Alpes , étant beaucoup plus délicat , produirait moins entre leurs mains 'que celui de Montreuil; en outre, pendant la saison du

ftio LA poimiB fraugaise.

paliMiii;^ et ceUe de là cueillette de» pèdies, il serait impossible à ces cullivateurs de trouver le temps nécessaire k la récolte Joarnaltére des fraises. Ceci explique suffisam* ment comment les jardiniers de Montreuil ne peuvent pro<» fiter des avantages qu'offre ailleurs la culture du fraisier des Alpes. Nous ne nous étendrons pas davantage sur une va* rîéié dont nous ne conseillons pas la culture. Nous pensons que l'Elton pourrait la remplacer avec beaucoup d'avan* lages.

DBS INSBCraS BT DBS MALADIBS DC FBAISIBR*

Les insectes nuisibles au fraisier sont les larves du ban« neton, appelé ver blanc; les locbes, les limafons, les limaces et les cloportes, qui attaquent les fruits dans les bâ* ches ou sous les châssis. C'est la nuit que Von peut faire la chasse i ces insectes et parvenir focilement à les détruire; quant aux vers blancs, nous ne connaissons point de plante qu^ils préfèrent au fraisier et dont on pourrait se servir pour les en détourner. Nous pensons que les cultivateurs ne pourront se garantir des ravages occasionnés par les vers blancs qu'en détruissant les hannetons ou en les éloignant de leurs cultures. Lorsqu'un pied de fraisier est attaqué par le ver blanc, on s'en aperçoit au feuillage qui se flétrit; dans ce cas nous conseillons d'arracher la touffe pour cher^ «her avec facilité les vers et les détruire. Il est inutile de replanter une touffe qui a été fatiguée par les vers biancs bu autrement ; on a dû laisser dans la pépinière des plants destinés h réparer les dégâts occasionnés par les vers blancs.

Nous nous sommes aperçu que les punaises des jardins , lorsqu'elles sont encore très petites, s'attachent sur les fk-uits de TEIton, qui sont mûrs & cette époque. Nous n'avons pas trouvé de fruits entamés , mais le nombre considérable de ces petits insectes qui couvrent les fruits en bût désirer la

LA POflOn VRAIIGâlSB. M

d€stniotfMi. Os petits taseetes pftrUssnt rMds M très ronges ; ils sont conduits par lès gros, qni sont lOBgSi pteti^ rayés de ronge et de noir.

Le fraisier est sujet à une maladie qui s'annonce d'abord sur les feuilles du pourtour des touffes ; ces feuilles se fanent j se dêssèctoit snecesahreinetit jusqu'au centre de la tonflto, ce qni la fait périr. Les riMsines suivent ou devant cent les mêmes progrès de la maladie ; elles perdent d'«« iKMrd lenr chevelu, qui disparaît totalement ; les grosses »>* eiaes prennent une teinta livide de snie, ae deasèckent ei mentent. Now nous sommes assuré de ces dits en arra« cbuit plusieurs touflés de fraisiers à divers degrés d'inten^ sKé de la maladie. Quant aux recherdws que nous avoud faites pour eounaltre les causes du mai , elles nous portent i croire que son principe est dans les racines , qui se troth vent affeelèes par àeê substances qui leur sont pemicieuseaf surtout lorsque les eaux pluviales ou les arrosements leur donnent plus d'activité; ainsi les fumiers encore verts, ou qui ne sont pas entièrement dissous et amalgamés avec la terroi seraiMt la cause la plus commune de cette maladie. Nous avons observé dans un jardin d'une quarantaine de perches, eà l'on ne cultive depuis sept années rien autre chose que des fraisiers des Alpes , que la maladie y était oommune ; des carrés entiers en sont affectés. Il faut remarquer que l'on est ici dans la nécessité de planter presque toujours sur une terre récemment fumée, tandis que les maraicfaers qui cultivent le fraisier dans du teireau coni> sommé ne connaissent point ou presque point celte maladie. Nous ne mentionnons ici que deux observations ; nous pourrions en citer un plus grand nombre que nous avons suivies, toutes nous portent à croire que le fraisier est 4e le nature des plantes de terre de Bruyère, auxquelles l'engrais végétal convient essentiellement, et que, s'il prospère dans des terrestres riches et bien Aimées, c'est quf

m LA POMOm mAUGAISB.

rengmisâoUDal est mèié , disaons et edâfSunén avec la terre, avant qa'oa y ait planté le fraisier.

n a par» en 1S38 et 1841, dans le JoumtA ^agrkututré pmtique et dans les Annales de ta Société royale (Fhonh* ^ibure de Paris, deux articles sur la ciîUitre do fraisier. Les préceptes de cette colture dîflftreDt tellenent de tmx fne noua TeBoas d'i&diqaer que nons allons en sijpialer les dtffbrenees^ afin de dommr tante findiité k nés lectenra de vérifier par «ix-^mèmes qneUe est celle des denx ontares ^fls leur cmMriendra d^adopter; nras smnmes d'antani fdos sollicité à en agir sAnsi qne les àeûx «ticies sont de M. Pottean. Ce serait de notre part trop de présomption qm éè croire qne , sans donner de très flMtes raisons , on avivra nos commis plutét qne cenx d^nn bonne aosai ex* péf iasenté. I^e seul avantage qne nons crojens avdir dSM cette occasion snr M. Poitean lient à |ee qne notre article snr le fraisier est le narré exact de notre cultnre, pratiquée depuis plusieurs années avec nn snceès égal à calot qn'ob* tiennent les Jardiniers les plus habiles qne M. Poitean a été visiter, mais dont il n'a vratsemblablement pas répété chea toi les procédés de culture '; autrement il se senM aperçn des erreurs qu'il professe dans ses deux articles, et qne ne commettent certainement pas les cultivateurs distingoés qu'il cite «t dont nous avons aussi visité les étabHasemonta pmn* notre instruction.

L^auteur des articles conseille de semer le fraisier des Alpes en juin etjuillet, et, site plant est dtu, de te repiquer à VAge de six semaines; s'il est claUr, de ne te mettre en place qU'à la mi-septembre; il ajoute que, si on sème ua pfhaemps, on récottera des fi*idis à l'âge de six semâmes. D'dùit résulterait, d'après cette supposHion, qa^l serait inu-

LA POMOTTB FïlAlfÇAîM. •»

tile de semer en juillet. Nous semons au commencement de mai , et en juillet nous repiquons dans la pépinière tout le jeune plant j'puis^ au commencement d'août, nous relevons en motte ce même plant pour le planter à de plus grandes distances; enfin, à la mi-octobre ou dans le commencement de novembre, nous levons ce plant en grosse motte, afin de le planter soit en pot, soit en pleine terre pour y rester. Nous traitons le plant de coulants exactement de la même manière que le plant de semis.

C'est en octobre que M. Poiteau conseille de détacher les coulants des mattres-pieds pour les mettre en place ou en pé^ pinière. H rafralcbit les racines et coupe les plus grandes feuilles. On vient de voir que nous traitons le plant de cou« lants comme le plant de semis , mais nous ne coupons aucune feuille , et nous le mettons en pépinière an commencement de juillet.

Dans son second article, H. Poiteau a cru remarquer que les jardiniers les plus habiles semaient dans le courant de juin en pépinière^ qu'ils continuent de soigner ce plant sur place pendant le reste de la campagne , parce quHl est plus aisé , ajoute-t-il , de le garantir là des accidents de l'hiver que s'il était repiqué. En mars ib plantent chacun des plus beaux pieds de ce plant à ta distance de 38 centi^ mètres sur 46 centimètres. Vis le mois (Favril ce plant produit des coulants et des fleurs^ que l'on démonte soigneuse-^ ment; on ne permet qu^ aux feuilles de croître jusqu'en juin; alors on laisse les fraisiers pousser des fleurs et des cou-lants. Ce sont ces coulants que Pon plante au mots (taoût, 4oit en pleine terre , soit en pots y afin de donner l'année sui" vante des récoltes abondantes. M. Poiteau appelle ces coulants du troisième âge; il pense que les coulants qui se déve-' loppent en juin sont les plus fertiles. Nous croyons que cet article est totalement erroné. Ifous ne plantons de coulants qu'à défaut de plant de semis , et nous ne prenons

de coulants que sur des fraisiers de semis élevés en pépinière et mis en place à la fin d'octobre après deux repiquages.

Un peu plus loin H. Poiteau conseille de prendre les coulanU sur de vieux pieds que l'on veut détruire; ce qui suppose que ces pieds sont usés* Nous ne pouvons donc que protester contre ce procédé , aussi bien que contre celui d*éclaier les vieux pieds pour les multiplier.

H. Poiteau semble croire, d'après l'assertion d'un très célèbre physiologiste anglais , M. Knigbt , que les coulanU n'épuisent pas les tnaitres-pieds et ne musent pas à la grosseur et au nombre des fruits. Il pense aussi qu'il n'est pas indispensable que les coulants soient enracinés pour faire de bons plants. M. Poiteau fait dire à Duhamel que tous les nœuds d'un coulant sont disposés alternativement de maniire à produire l'un une nouvelle plante et l'autre un nouv,eau coulant^ de sorte qu'un coulant ne donne qu'à peu prés la moitié de jeunes plantes qu'il y a de nœuds sur sa ion* gueur. Duhamel n'a pu commettre une erreur aussi palpable.

M. Poiteau , contradictoirement à Duhamel , conseille deux choses : 1» de retrancher les fleurs de l'extrémité supérieure des grappes , dans le but de faire grossir les fruits du bas; ce qui est une erreur , puisque les fruits du haut ne peuvent nuire en rien à ceux du bas, attendu qu'Us n'existent déjà plus lorsque les autres commencent } 29 de supprimer une certaine quantité de hampe j afin que les fruits qui restent sur les hampes conservées soient plus beaux. Ceci est encore une pratique erronée qui ne laisse aucun dédommagement sensible de la perte qu'elle occasionnerait. Ici M. Poiteau professe d'après une théorie qu'il s'est formée en l'absence de la pratique ; tandis qu'une ihéorie ne devrait être que l'expression abrégée de la plus saine pratique : autrement les théoriciens croiraient pouvoir prescrire

LA vonme française. mê

des lois aux cultivateurs , taadis que les nus et lai autrci» doÎTent s'éclairer mutuellement.

Après avoir reconnu qifen banne euUure an ne dcH emtserver le fraisier que deux ans^ H. Poiteau ajoute que^ la physiologie venant en aide au jardmier^ U est peuMe ée conserver les fraisiers en état de ferdUté pendant six à hmt années en les rechaussant, et que ^expérience a con^ firme la vérité de ceêie théorie. Nous protestoi» eontra une telle pratique.

M. Poiteau conseille d^éviter de mmdUer les fieurs, im fruits j et même les feuilles dufiraisiery parée que lés AmgknÊ^ qui sont encore nos mattres, aJoute^^H, dans plmieurs points de culture y prenneiH toutes les préeautimts poseiMee pour ne mouiller que les racines. Ils conseillent de ptaov chaque pot dans une petite terrine^ et de verser de teau dans ta terrine seulement , afin que les fraisiers puisseni ne s'imr tnber que par les radnes , sans être obligé d'arroser par dessus les pots. M. Poiteau a pu voir, en effet , dans les bâches et dans les serres chaudes de nos cnltivi^eurs, des aoii*coupes sous les pots; mais elles sont plutdt em^oyéea poiir la propreté, afin de recevoir Tenu des arroseaaeats qui se font par dessus les pots , et non pour éviter ces arrosenmnta. Mous pensons au contraire qu'il serait nuisible de s'abstenir de mouiller les feuilles, les fleurs , et même les fruits.

H. Poiteau conseille de planter dès le mois d*aoûi , dam les pots y de forts ceUietons destinés à être forcés; il recookaande de les soigner de manière à ce qu'Us grossissent le plus possible pendant tout l'automne. Ceei est une grave erreur; l'éducation des pifintes doit se fULre on pleine teirre par plusieurs repiquages en motte ; on ne doit mettre dans les pots ou en pleine terre que des plantes toutes formées, ce que nous faisons à la fln d'octobre ou dans les premiers Jours de novembre.

M. Poiteau conseille un procédé indiqué par Undkyy'M

pmtiqméf âjovIM-il, avec un flein succès au poiagtr dç Versailles , pour avoir en aoàjL et septembre une récolie de fraises des Alpes au nunns amsi abondante que celle de juin. Ce procédé consiste à supprimer jusqu'au mois de juin toutes les hampes et tes coulants^ et en juin de couper touies les feuilles re% terre; on bine profondément^ etc. Ce conseil , s'il était iiHvi , donnerait une récolte moins belle au oiob d'aoAt que la récdle nat«relle de Juin , et priverait évidemment de la récolte du printemps. Nous pouvons affirmer ce imiy parce que nous avons oialbeurausement suivi le oonjeil dottoé par Lindley*

On ne plaate point non plus m pleine terre les plantes que l'on veut ebauSer sous des bàcbes ou sous |des cbàssis, on les plante en pots.

On bftie le fraisier planté en pleine terre en posant dessus des châssis. C'est le verre seul , sans le secours du famier, qsi met les plantes en véfétation et les conduit Jusqu'à la maturité, qui serait encore beaucoup plus b&tée, si les fraisiers ainsi traités avaient été plantés dans de^ pots, as lieu de Fètre en pleine terre.

Un labour d'un fer d0 bèclie n'est pas non plus suffisant pour planter iles fraisiers; il faut donner un profond labour, ^ ef plaeer le fiimier dans le fond de la jauge. ->

Les plates-bandes sur lesquelles on plante les fraisiers n'ont pas 1 màlire 36 ou 1 mèlre 70 centunitres de lar^ §e^ oHes doivent a^voir 1 métré 35 centimètres. Elles ne sont pas rayonnées de quatre ou dnq sillons; elles doivent Tètre de quatre, afin que l'on puisse cultiver et récollnr avec me égale fbciHté de cbaque dUé de la plate-bande » sans y mettre les pieds.

M. Poiteau conseille demeure en pots\ en aoùietseptembrcy trois ou quatre fols plus de fraisiers des Alpes que l'an a de place à leur donner dans les serres , afin de faire au mosne trois OH qtatre saisons. On commence à chauffer à ta fin de

£A KÊamE fKÀHÇAsns. ttr

novembre ou de décembre. On ne fait point trois saisons de fraise») sortoiit de la fraise des Alpes, qui n'est jamais épuisée avant que la récolte de la pleine terre commence; d'ailleuis trois saisons sont impossiMes, puisqu'il faut au moins trois mois d'une saison à l'autre. Il ne sert à rien de mettre des fraisiers en végétation dès le mois de décembre et de janvier, parce que dans ces mois il est ordinairement impossible de renouveler l'air des serres aussi souvent qvTA le faudrait pour faire nouer les fleurs du fraisier. Les plus habiles cultivateurs commencent ordinairement i mettre en végétation leurs fraisiers, soit sous l>àches ou dans les serres, vers les premiers jours de février , pour récolter vers le 16 avril. Il est {évident que H. Poiteatt a été tout à fait induit en erreur à eet égard. 11 serait à désirer que toutes )es personnes qui écrivent sussent qu'elles ne doivent pas s'en rapporter aux simples renseignements donnés par les cultivateurs, sans les avoir vérifiés eux-mèmea en les mettant en luraliipie. Cette critique est aussi destinée à faire mieux comprendre combien il est impossible de professer une culture quelconque sans l'avoir soi-même pratiquée avec succès et perfection; c'est ce qui nous Caiit répéter à la fin de cet ouvrage le vœu que nous avoM d<|à fiinnfr, dans riutérèt de la science , pour que le ministn , qui nomme des professeurs d'agriculture et d'horticulture sans qu'ils aient subi ni concours ni examen , leur imposât au moins l'oUigation d'écrire leurs leçons et de les adresser à toutes les sociétés d'horticulture , afin que parmi les menn bre^s de ces sociétés ceux qui s'occupent plus spécialement de telle ou telle culture en particulier puissent, étant con^suites par les présidents, donner de bons avis , empêcher les erreurs de se propager et mettre les professeurs à même de produire des cours instructifs pour tous , (au lieu de leçons qui, lorsqu'elles ne sont pas stériles, ne sont du moins profitables qu'à un très petit nombre de personnes.

CATALOGUE DES PRAISnSRS DÉCRITS PAR M. VOTTEàSi,

i" ««(«<». Fb&imcw e«wvw. Friiaiw icttrlMe «Mèrk^M.

— rose Berry.

Fraisier des bois à fruit ronge.

— — noire.

-^ à fruit blanc.

— — carminée.

^ à fleurs doubles.

-^ delabaied'Hodson.

^ à llears slaplet.

— de grappes.

-- de MoBtieiiiL

^-* oMoBgs.

.— - deFlormce.

— Gimstane.

— des Alpes.

princesse Charlotte.

— de Plymoutb.

écarlate Garnston.

— Boisson.

— Dec plus ultra.

^ diGaHta.

grosse «cari, de M. Knigfat.

écarlaieVanm.

Fraisier de Champagne.

— Dudiesne.

Ananas de la Caroline à fruit rond.

— de Longcbamps.

— à fruit long.

( — • ûê Bargemoiit.

deBatii.

^ hètèrophylle^

il iprandes IleQM.

-< de Suède.

àfrttiUkNW.

deKeen.

3« SêetUm. Caproks.

deMaytt.

Dowton.

Caimm comflini.

noire de Gibbe.

— nàle.

Pit Diastoii noire.

— «brioot.

Prince Hoir.

-— framboise.

— royal.

Siùiim. Fkamouls am.iiak

é* Section, Fraiiiirs «carlatis.!

Fraisier du Chili.

du Chili hermaphrodite, t

Ffataier«« Canada.

SottQiet.

^ de Virginie.

Wiimot.

— écarlate d'Autriche.

du CbUi jMM.

— — d'automne.

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