‹ La Ponction du Sinus Maxillaire: La Voie du Méat InférieurChapitre 5 sur 33 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

C'est en 1778 que le dentiste parisien Jourdain pratiqua pour la première fois une ponction du sinus maxillaire au niveau du méat moyen par jes voies naturelles. Il opérait d’une manière aveugle. sans éclairage, en glissant une aiguille sous le cornet moyen.

Cette première publication semble pendant tout un siècle tombée dans loubli, car ce n’est qu'en {88 que Hartmann préconisa, pour faire une ponction du sinus maxillaire par le méat moyen, de se servir d’une seringue anglaise munie d’une fine canule. Dans ces cas il dit réussir presque toujours l’exploration. Une seule fois il aurait réséque une partie de la tête du cornet moyen. En 1888. Moritz Schmidt publie une nouvelle technique de ponction du sinus maxillaire, cette fois-ci par le méat inférieur. L'auteur cite Ziem qui auparavant pour diagnostiquer avec certitude une sinusite maxillaire proposa d'extraire une molaire, même saine, et de pratiquer par cette voie un lavage du sinus permettant de juger de son état. Moritz Schmidt, au moment de sa publication, se sert déja depuis quelque temps de la ponction par la cioison intersinuso-nasale.

Voici la technique qu'il indique

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Anesthésie du méat inférieur par une solution de cocaïne à 20 % pendant 10 minutes. —

A l’aide d’une seringue de Pravaz il soulève la tête du cornet inférieur et pique en sens oblique, dans la airection du conduit auditif externe, afin de traverser Ja cloison intersinuso-nasale. En cas d'échec de la ponction en un endroit, l’auteur essave un peu plus haut où un peu plus en arrière. En général on réussit cette manoeuvre et on peut ainsi montrer au patient après aspiration dans la seringue, le contenu du sinus intéressé.

Bien entendu il se sert de seringues désinfectées. D'abord l’auteur usa de canules droites d’un calibre double des canules ordinaires en spécifiant qu'il enfonce bien obliquement et en pressant 14 seringue contre le septum. Ultérieurement, il jugea plus utile de se servir d’une canule dégèrement courbée comme les canules pour oreilles. D’autre part il les prend plus épaisses. Pas de biseau trop long ni trop fin, car il pourrait se briser dans l'effort produit pour traverser la paroi intersinusonasale, L'auteur insiste sur l’ahsence de douleurs et d'accidents.

En 1889, Hartmann se sert d’une canule spé:

ciale portant son nom. La canule est terminée per un tube en caoutchouc qui permet, grâce à unc seringue, d’injecter soit de l’eau bouillie, soit une substance antiseptique. Cette méthode peut être employée uniquement dans des cas favorables. Il faut en effet que l’anatomie du sinus maxillaire permette le passage de la canule en tenant compte de sa courbure. :

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Lichtwitz, le 26 octobre 1890, fait à Paris une communication sur le « Diagnostic de l’empyème latent de l’antre d'Highmore par le lavage explorateur ».

À ce sujet il nous fait connaître le trocart portant son nom ainsi que sa technique opératoire. Pour faire la ponction du sinus maxillaire, il se sert d’une aiguille mesurant de 10 à 12 centimètres de longueur et avant une épaisseur de 1 mm. à HAL

Sa technique est la suivante : Anesthésie à la cocaine se faisant dans le méat inférieur en insistant surtout sur le toit du méat. Ponclion: Il introduit par le speculum de nez, sous le contrôle de la vue, l’aiguille recouverte de sa chemise, dans le méat inférieur. Il insiste sur le fait de perforer la cloison intersinuso-nasale à la distance de 3 cm. cn arrière de la tête du cornet inférieur.

Pour faciliter la ponction, il est utile de la faire à la partie la plus haute du méat inférieur. La partie extra-nasale de laiguille presse contre la cloison.

L'auteur fait remarquer l'absence de douleurs, sauf parfois douleurs irradiant dans la denture supérieure.

Hartmann, Kaufmann et Garel, après Jourdain, se mirent à laver le sinus maxillaire par lorifice naturel.

En 1892, Cartaz de Paris faisait une communication au sujet « Du traitement des suppurations rebelles du sinus maxillaire ». Lors de la discussion de cette question, Garel se fit l’ardent défen-

seur du lavage du sinus par l’orifice naturel. Quant à Moure, il exposa les sérieuses (difficultés que présente le cathétérisme du sinus maxillaire, difficultés résultant de la situation anatomique de lorifce de l’antre qui, selon lui, serait recouvert par une lèvre ostéomuqueuse de lPinfundibulum. Il ajoute que d’après ses recherches personnelles sur le cadavre, la paroi osseuse du sinus étant très mince, heaucoup de cathétérismes ne sont que des perforations de cette membrane.

L'année suivante, en 1893, Cartaz dit que si pour le traitement on est tenté de trépaner par la voie canine, pour le diagnostic de la sinusite maxillaire, on est obligé de pratiquer une ponction par Ie méat inférieur.

En 1895, Claoué, dans une communication nete que pour diagnostiquer un empyème du sinus moxillaire, il a fait une ponction exploratrice suivie d’un lavage d’après la méthode de Lichtwitz.

Dans son ouvrage sur les maladies des fosses nasales, publié à Paris en 1896, Lermoyez, en parlant du lavage explorateur du sinus maxillaire par l’orifice naturel, dit :

« Ce procédé est très rationnel en théorie.

mais en fait il est d’une exécution difficile, souvent impraticable. »

En 1900, Grouille fait le lavage par la voie alvéolaire au niveau de la deuxième petite molaire.

Reyt, en 1904, conseille la ponction par le méat inférieur suivie d’un lavage à l’eau bouillie simple.

29 1905, Frétrop par contre, se fait le grand diéfenseur du lavage par l’orifice naturel et donne la technique qu’il emploie. Trétrop (Société française O. R. L., compte rendu 1905, page 351) : « Je me suis arrêté à la forme simple du cathéter pour l’areille, avec cette différence que le tube est plus court, cônique dans toute sa longueur et se termine par une extrémité effilée destinée à l’orifice naturel. Le frottement dans ce tube est réduit au minimum. Un index placé à l'extrémité opposée du bec de la sonde permet de repérer toujours sa position.

L'introduction est fort simple. Après cocaïnisation convenable du méat moyen, on introduit la sonde, le bec en haut dans la direction de ce méat, en suivant une ligne fictive qui couperait dans son tiers inférieur l'angle formé par deux plans passant l’un sous la cloison nasale, l’autre sur leNdos duwnez MPArTVéDUN A Cinq our SIx centimètres de lorifice des fosses nasales, on fait basculer doucement le bec vers l’extérieur, de facon à le rendre horizontal, et l’on tombe dans l’orifice naturel. On $e rend compte que lon est bien dans cet orifice, en tirant légèrement la sonde en avant et en la repoussant de même en arrière : on perçoit la résistance du pourtour de cet orifice. On imprime alôrs un léger mouvement dé rotation à la sonde pour amener son bec un peu obliquement en bas et en dehors.

Un peu d’exercice sur les pièces anatomiques donne rapidement une grande sûreté de ce cathétérisme qu’on fait d’abord sous le contrôle du miroir et qu'on arrive à pratiquer bientôt sur un sujet connu sans lumière frontale, tout comme le cathétérisme de la trompe d’Eustache,

La sonde est maintenue en place par l’opérateur lui-même, par le sujet ou par un aide et lon injecte par son intermédiaire la solution choisie pour le diagnostic ou le traitement, le sujet ayant la tête penchée en avant. L'emploi du cathéter que je viens de vous décrire parmet de lancer dans le sinus un jet liquide puissant qui y détermine un vif remous, un véritable brassage des matières qui v sont contenues et les oblige à sortir. La direction oblique en bas et en dehors imprimée au bec du cathéter conserve toute sa force au jet liquide. »

En 1906, Furet, dans les comptes rendus de la Société française d’O. R. L., dans un article sur « Le traitement de la sinusite maxillaire par les lavages diaméatiques », donne son avis sur la ponction du sinus maxillaire par le méat inférieur.

Sa technique est la suivante :

« L’instrument dont je me sers est une aiguille droite, de 10 à 12 em. de longueur et d’un diamètre extérieur de 2 à 3 mm., réunie à une seringue stéri- Hisable par un ajutage approprié. Je fais la ponc- {ion exclusivement dans le méat inférieur à 4 em. et demi environ de l’entrée des narines, après anesthésie locale au moyen de badigeonnage de cocaïne ou du mélange de Bonain, et j'ai toujours réussi, parfois en tâtonnant un peu, à pénétrer daps le sinus. Il m'est arrivé d’être obligé d'enlever d’abord à la pince la tête du cornet inférieur, dont le bord libre rasant le plancher du nez, rendait malaisée l'introduction de l'aiguille. Je Jave à Peau bouillie chaude, quelquefois légèrement phéniquée pour combattre la fétidité….. »

En 1908, Oudot, dans sa thèse de doctorat intitulée «Traitement de la sinusite maxillaire par les lavages diaméatiques », dit dans ses conclu- SIOUS :

« De tous les procédés de lavage du sinus, le seul que nous conseillons est le lavage pratiqué par la ponction du méat inférieur; nous rejetuns svstématiquement comme nuisible tout lavage fait par voie alvéolaire, comme illusoire tout lavage fait par les orifices naturels, comme dangereux tout lavage fait par le méat moyen. »

En 1909, P. M. Blanluet nous donne son avis et sa technique sur la ponction du sinus maxillaire dans un article intitulé : « De la ponction du sinus maxillaire par le méat inférieur ».

Il situe le lieu d’élection pour la ponction à 2 cm. en arrière de la tête du cornet inférieur. dans la région la plus mince du méat et à 15 mm. du plancher. L’anesthésie se fait par badigeonnage à Ja cocaïne à 1/20. Pour faire la ponction, il se sert indifféremment d’un trocart ordinaire, ou de celui de Krause, dont il limite la course à 4 ou 5 cm. Puis il fait le lavage.

L’ablation de la tête du cornet inférieur est rarement nécessaire.

Taptas, la même année, vante la ponction par le méat inférieur : « Il faut toujours essayer de guérir une sinusite maxillaire par des lavages faits & travers le méat inférieur et le traitement médi- CALE

En 1910, Berini n'utilise la voie alvéolaire que dans les cas obligatoires. II donne la préférence à la ponction par le méat inférieur.

Cette même année, Moure se fait le défenseur de la ponction par le méat inférieur. De même Bourgeois, au cours d’un article sur les indications thérapeutiques dans la sinusite max'llaire, conseille les lavages par le méat inférieur.

Sargnon, en 1911, emploie “les” différentes voies d’accès; dans un article sur < Quelques cas de chirurgie des sinus de la face », il dit

« Le traitement médical par les mhalations jointes au lavage du sinus, soit par les voies naturelles, soit par l’orifice alvéolaire, soit par Ie méait inférieur, nous ont donné habituellement toute satisfaction. »

Escat, en 1921, dans son traité de Technique O. R. L., dit à propos de la ponction par le méat inférieur :

Cette méthode, qui sert. auss! de ponction exploratrice, donne de très bons résultats dans les sinusites maxillaires non fongueuses et pas trop invétérées.

« Elle est la méthode de choix dans les sinusites aiguës et subaiguës. »

En 1922, Watson Williams préfère la ponction par le méat moyen, il se sert d’une aiguille spéciale assez forte, montée sur une seringue banale. Il perfore au niveau de l’apophvse unciforme.

Laurens, en 1924, dans son traité de Chirurgie de l’oreille, du nez, du pharynx et du larynx, dit :

« Les lavages peuvent se faire par deux voies : Le méat inférieur ou l’alvéole. Les lavages par l’orifice naturel, c’est-à-dire par le méat moyen, sont dangereux et souvent inefficaces. »

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En 1927, Liébault et Auzimour donnent nettement la préférence à la ponction par le méat inférieur.

En 1930, André Bloch dans une communication faite à la Société de Larvngologie des Hôpitaux de Paris, estime que le lavage du sinus mexillaire par l’orifice naturel ne doit pas être abandonné, et rend un bel hommage aux travaux de Garel sur cette méthode.

Nous iugeons utile, afin de pouvoir saisir la technique de la ponction du sinus maxillaire, et surtout pour apprécier les avantages d’une méthode sur une autre, de donner un aperçu anatomique du sinus maxillaire et de ses rapports.

Le sinus maxillaire où antre d'Highmore est en général volumineux et toujours uniquement facial. Nous pouvons lui considérer une forme pyramidale quadrangulaire. Nous étudicrons donc ses quatre parois, son sommet et sa base.

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