CONCLUSIONS
Ce qui précède ne doit pas être une apologie de la ponction sous-occipitale. Nous avons essayé de mettre au point la question dans son état actuel.
Nous ne nous cachons pas les dangers que comporte cette méthode pour un opérateur non avisé. Le fait d’avoir pu arriver par une aiguille, à dessein trop oblique, au niveau du IVe ventricule ne nous empêche pas de croire que cette région est à l'abri de l'aiguille si l'opérateur a tant soit peu de notions de la technique de la ponction et de la topographie des centres qui se trouvent devant lui. Maisil se dégage de là l'obligation pour l'opérateur de s'exercer d’abord sur le cadavre et de se rendre compte par autopsie des parties nerveuses qui se trouvent devant son aiguille.
Mais d’autre part il faudra que l’opérateur procède avec une extrême prudence. Il choisira relativement fine ou grosse son aiguille selon l’âge, le sexe et la constitution générale de l'individu à ponctionner. Il fera la ponction avec une sage lenteur en se servant surtout de la méthode indirecte.
Le mandrin sera, dans la dernière phase de la ponction, fréquemment sorti pour surprendre la première goutte de liquide qui s'écoule.
En plus la technique doit être impeccable. L'aiguille restera strictement dans le plan médian. On aura soin de prendre les points de repère, le malade sera couché ; on aura sur la table d'opération une seringue avec de la lobeline.
Ces précautions ne peuvent être bien prises qu’à l’hôpital. Contrairement à beaucoup d’auteurs nous ne croyons pas qu'il faille ponctionner couramment en dehors d’un établissement hospitalier.
Il y a des contre-indications à la ponction sous-occipitale. On ne ponctionnera ni le vieillard ni l'enfant en bas âge.
De même des maladies à dyscrasie sanguine (hémophilie, scorbut), les malformations de la colonne, sont autant de contre-indications à la ponction sous-occipitale. Par contre la ponction sous-occipitale, losqu’une bonne technique préside à son exécution, garde un très grand intérêt dans maints cas.
Son rôle capital réside dans la myélographie. Grâce à elle on peut découvrir très tôt des tumeurs des centres nerveux, des arachnoïdites, des spondilites.
En même temps elle permet de faire des mesures de pression comparative, méthode du plus haut intérêt comme nous avons vu pour les diagnostics des interruptions de la continuité de l’espace sous-arachnoïdal.
Au point de vue thérapeutique nous ne rappelons que l'intérêt de la ponction sous-occipitale pour la sérothérapie et les essais de stimulation du centre respiratoire par la lobeline intra-citernale pour lui prédire de ce côté un grand avenir.
Enfin sa facilité d'exécution, son indolence le manque de séquelle post-opératoire la rendent intéressante dans de multiples cas et spécialement pour le contrôle ambulant du liquide céphalo-rachidien de la syphilis méningée.
La ponction sous-occipitale à notre avis ne sera donc pas la rivale dangereuse de la ponction lombaire ; mais elle sera appelée à la remplacer souvent et d’autres fois les 2 ponctions se compléteront pour asseoir le diagnostic sur des bases plus sûres. Les 2 méthodes doivent être connues et par le neurologue et par le syphiligraphe.
Vu: Vu:
Le Président de thèse : Le Doyen de la Faculté: M.-L. PAUTRIER. P/ANCEL:
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Strasboure, Président du Conseil de l'Université :
Chr. PFISTER.