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INTRODUCTION ET HISTORIQUE

La science, en progressant nous a ouvert des horizons souvent tout nouveaux; fréquemment nous sommes surpris par la hardiesse des savants et par celle surtout des chirurgiens, qui ont fait subir l'épreuve du bistouri aux parties réputées comme extrêmement friables et délicates.

La médecine interne, elle aussi, explore avec hardiesse les cavités respectées hier encore comme inviolables.

C'est ainsi que depuis quelques années on a préconisé la ponction sous-occipitale. On dénomme ainsi la ponction de l'élargissement de la cavité sous-arachnoïdale au-dessous du grand trou occipital.

Un grand nombre de travaux, parus surtout en Allemagne et en Amérique, font foi des avantages qu’elle apporte au neurologue et syphiligraphe. En eflet, en Allemagne beaucoup de syphiligraphes distingués ayant besoin de multiples ponctions de contrôle, ont recours à cette ponction moins douloureuse, et dont la technique est aussi simple, ou plus peut-être, que celle de la ponction lombaire. En même temps la ponction haute, a rendu possible l’établissement de la myélographie. La thérapeutique ayant intérêt à amener certains sérums et médicaments aussi près que possible des centres nerveux, a également fondé de grandes espérances sur cette ponction sous-occipitale.

C’est d’ailleurs dans un but thérapeutique que la première ponction sous-occipitale a été faite. C'est WESTENHÔFFER qui, en 1905, a l’idée aussi logique que hardie, de drainer des méningites purulentes par une brèche créée dans la membrane occipito-atloïdienne, et c'est en lui que nous voyons le père

de la méthode. Dans quatre cas de tétanos il fit l'opération et rapporta ses observations et résultats lors du 78° congrès des sciences naturelles en 1906. C’est encore dans un but thérapeutique que MurPHy, en 1927, fait un drainage du liquide cérébrospinal par voie haute. VON PAYR en 1917 et LOSSEN en 1914 décomprimèrent la boîte cranienne hypertendue en ouvrant le confluent postérieur.

En Amérique, HAYNES et CUSHING employèrent l'incision de la membrane occipito-atloïdienne dans des cas de méningites, d’hydrocéphalie, de tumeur cérébrale.

VON PAYyR répéta son opération de 1911 et incisa en 1914 la membrane occipito-atloïidienne dans un cas de méningite séreuse post-traumatique.

L'intervention lui donna entière satisfaction.

ANTON et SCHMIEDEN décrivirent et réglèrent les actes opératoires employés par VON PAyYR donnant à ces opérations (101?) le nom de «suboccipitalstich » (perforation sousoccipitale).

Mais le moment n'était pas encore venu pour permettre à la méthode de s'imposer. Klle était restée ure acrobatie chirurgicale dans un but décompressif.

C'est seulement depuis une vingtaine d'années que Widal et son école et particulièrement RAvAUT pour le Hiquide céphalo-rachidien, nous ont montré l'intérêt du cytodiagnostic. À partir de cette découverte du grand cliricien français l'examen du liquide céphalo-rachidien a eu une valeur considérable. On y a adjoint par la suite l'examen de la réaction de Wassermann et pour compléter, plus tard, les recherches du benjoin colloïdal. Dans les dernières années on à, dans beaucoup de pays, essayé de retirer le liquide systématiquement par voie sous-occipitale et cette méthode a droit de cité à l'heure actuelle.

Pourtant dans un pur but diagnostic, QUINKE y avait déjà pensé, mais l’avait repoussé comme trop dangereuse, à priori.

L'honneur d'avoir pensé et proposé dès 1908 la méthode sous le nom de rachicentèse sous-occipitale, revient à OBRÉGIA, qui ainsi associe la médecine française aux premières

recherches faites dans le chapitre: la ponction sous-occipitale.

Ce sont les Américains qui sont entrés dans la voie des faits. Expérimentant sur des animaux (chats et chiens), Dixon et HALLIBURTON, WEED, WEGEFORTH, AYER et Essick exécutèrent en 1918 le nombre imposant de 1186 ponctions. Sur l'animal la région sous-occipitale est le point de prédilection pour l'obtention de liquide céphalo-rachidien et depuis les travaux de PLAUT et de MULZER, c'est cette voie qui est employée pour ponctionner les animaux.

Mais ce n’est qu’en 1919 que pour la première fois WEGE- FORTH, AvER et Essicxk ont tenté la ponction chez l’homme.

Préalablement en 1916, JAKOBSTAL avait déjà ponctionné le cadavre. 1917 EsskUCHEN le «grand Maître » de la ponction sous-occipitale dut s'abstenir de ponctionner le vivant devant le véto de son chef. Après de longues expériences sur le cadavre, EssKUCHEN en 1021 et 23 fit trente ponctions sous-occipitales. [1 décrivit et mit au point la méthode, donna sa technique et devint ainsi le véritable novateur.

Indépendamment de lui les Américains AYER, SALOMON, EBaAuGH, HovE, SELLING, MITCHELL, ReiLzzy employèrent la méthode (1920-1922) ‘sur quatre cent cinquante malades, en exécutant 1985 fois la ponction sous-occipitale.

La méthode qui en ce moment avait déjà fait des preuves trouva son indication primordiale lorsque SICCARD et Fo- RESTIER publièrent en 1923 leurs très beaux travaux sur le lipiodol et la myélographie.

Depuis 1922 de multiples médecins ont fait avec plus ou moins de succès des ponctions sous-occipitales ; en Allemagne surtout, cette méthode est devenue courante dans certaines cliniques. C’est ainsi qu'HOFFMANN et MERMES- HEIMER ont publié tout récemment un article sur la ponction sous-occipitale dans lequel ils ont pu donner des résultats de leurs expériences faites à Bonn et portant sur plus de 1500 cas. Ceci pour dire qu'à l'heure actuelle cette méthode n’est plus une méthode rare, qu’au contraire dans certains pays elle est devenue d'un emploi très courant.

Aussi nous at-il paru intéressant de nous former une

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