ACTE IV, SCÈiNE III
J'en conclus que ce mot dans deux sens doit s'entendre:
Quand on a, conserver; et quand on n'a pas, prendre.
Or, puisque nous avons, au moins défendons-nous :
Votre intérêt le veut; nous submergés, c'est vous
Qui serez englouti , si le torrent déborde.
Il faut le contenir; on le peut : qu'on s'accorde.
Je pense qu'Harrington agira sagement
S'il fait un pas vers vous pour un arrangement.
EDOUARD
Je dois sa chute au peuple ; un homme est un système.
CAVERLY.
Un homme peut changer.
EDOUARD
Qu'il tombe, et de moi-même Je lui tendrai la main.
CAA'ERLY.
C'est pour ne pas tomber Qu'il vous la tendrait , lui.
EDOUARD
Craint-il de succomber ,
Il est, n'en doutez pas, grand temps qu'il se retire.
CAVERLY.
Avec ce moyen-là tout ministre s'en lire: C'est un moyen connu, mais fâcheux.
EDOUARD
Quant à moi.
Sous le scrutin , ce soir, j'anéantis sa loi.
CAVERLY.
Si vous devez parler, je le crois bien malade.
EDOUARD
Vous a-t-il , par hasard, chargé d'une ambassade?
CAVERLY.
D'une ambassade, lui! je l'aurais bien reçu! Je viens en amateur... Mais d'où diable a-t-il su Que votre don vous cause un embarras pénible ?
EDOUARD
Il le sait?