ACTE I, SCÈNE III
Où de nos opposans pas un seul ne manquait, A-t-il dit certains mots que certain journal cite 1*
EDOUARD
Le journal de Godwin ? Non.
SIR GILBERT
Je t'en félicite.
MORTINS.
Pourquoi ?
CAVERLY.
Voyez :
Citant de mémoire.
... «L'excès de l'oppression nous affranchit désormais de l'obéissance...
... « Le peuple a crié trop longtemps, qu'il agisse. »
SIR GILBERT
Cela me paraît imprudent.
Surtout lorsqu'on s'agite au nom du Prétendant.
26 LA POPULARITL.
MORTINS.
Toujours le Prétendant ! Eh ! que peut pour sa cause , Avec quelques Français, cette lady Montrose, Qui , courant les châteaux et les clans naontagnards , Se perd comme une fée au milieu des brouillards.
CAVERLY.
Que la noble lady soit ou sorcière ou fée ,
La flamme qu'elle allise est loin d'être étouffée.
Mais revenons au fait : Godwin a mal cité.
SIR GILBERT
J'en suis ravi.
EDOUARD
Godwin , dire la vérité ?
Le peut-il ? Au trésor employé sous Walpole, Des diffamations il eut le monopole ; Et pour quelques méfaits justement supprimé, Tranchant de l'homme libre il s'est dit opprimé. Il flagorne aujourd'hui ceux qu'il couvrait de boue , Salit de son encens la liberté qu'il loue ; Le tout, pour un parti qui se travaille en vain À prêcher l'anarchie au nom du droit divin.