ACTE IV, .SCÈ^E M
Ce peuple divisé peut succomber pourtant.
Alors qu'aurons-Tîous fait, que ravir au royaume
Les droits qu'il a conquis en couronnant Guillaume?
Si le sort est pour nous, quel avis fera loi?
Est-ce le mien , Mortins? Tu vas plus loin que moi ;
Le tien ? Mais Thomas Goff va plus loin que toi-même ;
D'autres plus loin, sans doute, et d'extrême en extrême.
Rien n'arrêtera plus ton lion déchaîné.
Ou vaincus ou vainqueurs , qu'aurons-nous amené
Pour l'Angleterre en deuil par le meurtre affranchie?
Vaincus , le despotisme , et vainqueurs , l'anarchie.
MORTINS.
Tu la domineras.
EDOUARD
C'est en la terrassant.
MORTINS.
Encor une victoire!
Encor des flols de sang!
MORTINS.
Mais l'ordre !
EDOUARD
Le chaos !
MORTIIVS.
Que ton souffle féconde:
Va donc pour le chaos, et qu'il en sorte un monde!
EDOUARD
Ce monde, il est créé. Rends-le meilleur, plus pur;
Ne détruis pas, corrige; et quand il sera mûr
Pour des destins plus beauxet pour des droits plus larges ,
Sa raison le fera , ce bien dont tu te charges.
Mais comment l'accomplir, Mortins, par la terreur?
Imposer la raison , c'est révolter l'erreur.
Tu veux fonder, dis-tu, des lois républicaines;
Et sur quoi? sur des mœurs : où sont nos mœurs romaines ?
Tel qui fronde un abus s'engraisse d'un plus grand;