‹ La popularitéChapitre 122 sur 158 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

Le suffrage avili s'achète à prix courant; En gloire l'infamie avec de l'or se change : Qui bâtit là-dessus bâtit sur de la fange. Corrigeons donc les mœurs pour réformer les lois; En créant des vertus nous enfantons des droits , JNous hâtons du progrès la marche irrésistible ; Et si gouvernement fut jamais perfectible , C'est le nôtre : avançons , il avance avec nous ; Au mouvement forcé, seul il offre entre tous Liberté sans désordre , ordre sans tyrannie ; Sans secousse, progrès dans sa course infinie. 11 nous suivra; marchons, le flambeau dans les mains, Et pour les affranchir éclairons les humains. C'est notre mission, c'est notre œuvre première; C'est tout : la liberté , Mortins , c'est la lumière !

MORTINS.

C'est la force au besoin; elle épargne le temps, Et fait en un seul jour l'ouvrage de cent ans. Veux-tu t'associer au grand coup que je tente, Et servir tes amis ou tromper leur attente?

EDOUARD

Plutôt que de trahir la foi de mon serment ,

J'oserais pour la loi voter au parlement.

iMORTlNS.

Toi !

EDOUARD

Je la défendrais au lieu de la combattre ; Et je puis relever ce que j'allais abattre.

MORTINS.

Qui, toi?...

EDOUARD

Si la Cité du trouble est le foyer, L'armée à mon appel viendra la balayer.

Tu signerais cet ordre !

EDOUARD

Il est signé.

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