‹ La popularitéChapitre 135 sur 158 · ACTE IV, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IX

« Est-ce aimer le pays d'une mâle tendresse ,

«Que de lui préférer honneur, père ou maîtresse?

«Qui se donne au pays se donne tout entier.

« Viens, prends ton rang, suis-moi; viens, mon dignehéritier ;

« Viens te perdre toi-même , en sauvant sur ma tombe,

«Avec l'ordre qui meurt, la liberté qui tombe.

« Elève ton courage à ce pénible effort ;

« Ou si tu ne le peux , toi qui t'es cru si fort ,

«Si tu manques de cœur pour cette noble tâche,

« Cache-toi ; tu fais bien : mais tu n'étais qu'un lâche ! »

J'irai, Névil, j'irai, je cours où tu m'attends.

Saint amour du pays , c'est ton cri que j'entends ;

J'obéis et me perds. Quel est donc ton empire ,

Puisque je peux trouver , quand mon honneur expire,

Quand mon plus cher espoir vient de s'éteindre en moi.

Un douloureux plaisir à me vaincre pour toi î

Il a repris sur la table sa lettre qu'il emporte, et il s'élance hors de la scène. La toile tombe.

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