‹ La popularitéChapitre 141 sur 158 · ACTE V , SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V , SCÈNE II

Vous ait fait par vertu braver ce préjugé. Il n'en est pas ainsi.

EDOUARD

De grâce !

SIR GILBERT

Je m'arrête En pensant au danger qui plane sur sa tète. Chez toi, dans ton absence, hier je suis venu, J'ai vu lady Strafford, et, son secret connu, D'agir en sa faveur j'ai senti l'importance, Et j'ai de Caverly réclamé l'assistance.

EDOUARD

Sa réputation , comment la recouvrer ?

SIR GILBERT

En lui donnant ton nom tu peux tout réparer.

EDOUARD

Je vengerai d'abord elle, vous et moi-même-

300 LA POPl LARITÉ.

SIR GILBERT

Un duel ! Tu prendrais pour arbitre suprême Le hasard d'un duel entre un infâme et toi ! Ecoute : j'ai du cœur, et ma vie en fait foi ; Mais je tiens que se battre est un pauvre courage , Quand le combat vous souille encor plus que l'outrage. A quoi sont bons ses jours, au mépris dévolus ? L'Etat n'en a que faire et l'honneur n'en veut plus; Les tiens sont l'honneur même , une cause à défendre, Des services rendus , des services à rendre. La vertu , la patrie ont des droits sur les tiens , Plus tu te sens utile et moins tu t'appartiens. Le lâche, diras-tu, peut tenir ce langage; L'homme de cœur le doit : pour relever le gage Qu'une insulte à mon nom jette sur mon chemin , Je veux , en le touchant , ne pas salir ma main. Là, ce serait l'opprobre avec la gloire aux prises. Fais fi de ta vengeance : un sang que tu méprises Ne vaut pas , ô mon fils , pour laver ton affront , Les pleurs sacrés qu'un père a versés sur ton front.

EDOUARD

Ne pouvant la venger, qu'au moins je la console :

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