‹ La popularitéChapitre 140 sur 158 · ACTE V, SCÈiNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈiNE II

EDOUARD

Pardon !

SIR GILBERT

Que je pardonne !

A qui , mon fils ? à toi ! quand ce cœur palpitant, Qui d'un pieux orgueil se gonfle en t'écoutant, Éclate , et sent se fondre en larmes de tendresse L'enthousiasme pur dont j'étouffais l'ivresse. Que je pardonne ! ah ! viens : ta place est dans mes bras !

EDOUARD

Mon père !

SIR GILBERT

Laisse-les t'insulter, les ingrats:

Ta défaite est, mon fils, ta plus sainte victoire. Mon affront fait ma joie , et ma honte est ma gloire , Ma couronne d'honneur au terme de mes jours, .lesuis pur, Edouard, et je le fus toujours; Mais ton égal , mais plein du beau feu qui t'anime , Mais martyr du devoir à cet excès sublime , L'ai-je été ? Ce long temps que ton père a vécu Vaut-il un jour de toi? non , non ; tu m'as vaincu ,

Et, fier, je m'humilie avec ma vie entière Devant un seul instant de ta noble carrière.

EDOUARD

Oui, pur 1 mon cœur cent fois me l'a dit avant vous; Et vous le prouverez à la face de tous.

SIR GILBERT

J'en réserve à Mortins la preuve irrécusable ; Mais quel souci nous trouble 1 un bruit si misérable Tombe , quand le public , un moment abusé. Avec l'accusateur confronte l'accusé.

L'estime est quelque chose.

EDOUARD

Ahîpourvous; mais pour elle^ Pour le nom d'une femme, une injure est mortelle.

Je t'entends , Edouard ; je plains lady Strafford , Et je la plains surtout de mériter son sort. Qui brave un préjugé provoque une injustice; Et pour trouver en soi le prix du sacrifice , H faut qu'un dévoi*iment, d'intérêt dégagé,

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