ACTE V, SCÈrSK VI
MOKTIÎN'S , qui a t^ail sijjne à Thomas Got'f de »e contenir.
Si vous avez de nous reçu votre mandat ,
Ce fut en contractant, pour qu'on vous l'accordât,
L'engagement sacré d'être en tout point l'organe,
L'écho des sentimens de ceux dont il émane.
L'avez-vous été? non. Mon cœur en a saigné ,
Et de vous sans douleur ne s'est pas éloigné.
Je laisse là les bruits qu'on se plaît à répandre ;
Ma plume, en vous blâmant, n'y voulut pas descendre:
Un fait donné pour vrai peut êtrecontrouvé.
Et je le maintiens faux tant qu'il n'est pas prouvé.
SIK GILBERT.
C'est honorer, monsieur, et vous-même et la presse.
MORT IN S
Mais un reproche juste el que je vous adresse. Est d'avoir, au mépris du choix qu'on fit de vous , Tourné, sous nos drapeaux, vos armes contre nous, D'avoir répudié notre foi politique.
Soit erreur, soit raison , dans un moment critique, Vous l'avez fait ; le pacte est par vous déchiré : Rendez-nous le mandat qui vous fut conféré.
EDOUARD
A ce dernier affront j'étais loin de m'attendre. THOMAS GOFF.
Et VOUS ne trouvez pas un mot pour vous défendre ! Je vous connais donc , moi , qui vous ai tant aimé , Et qui devrais, morbleu ! me battre à poing fermé Pour m'étre si longtemps trompé sur votre compte. Comment , de père en fils !
MORTINS , qui veut le calmer.
Songez
THOMAS GOFF
C'est une honte.
Monsieur ne veut rien croire, eh bien , moi, je crois tout Le mal est toujours vrai quand on le dit partout. Devant un mot de vous je tombais en extase; Mais je suis revenu des grands faiseurs de phrase. Je veux des hommes purs, incorruptibles, francs, Comme monsieur Godwln que j'ai mis sur les rangs.