‹ La popularitéChapitre 156 sur 158 · I.ADY STRAFFORI · texte numérisé non relu

I.ADY STRAFFORI

Mais sur la liberté c'est vous qui veillerez; Faites régner les Stuar(s, et vous gouvernerez.

EDOUARD

Oui? moi !

LADY STRAFFORD

Leur volonté par ma voix vous confère Le droit d'agir pour eux et le pouvoir de faire Tout ce qu'ordonnera l'urgence du moment, Comme premier ministre à leur avènement.

EDOUARD

Moi!

UADY STRAFFORl>, lui présentant un papier.

Cet acte en fait foi.

EDOUARD

Je ne le veux pas lirr.

LADY STRAFFORD

Quand leur main l'a signé!

EDOUARD

La mienne le déchire.

Ma conduite est tracée.

LADY STRAFFORD

Où courez-vous?

EDOUARD

Je doi Marcher contre le peuple, et voter pour la loi.

LADY STRAFFORD. y

La liberté de tous par elle est suspendue.

EDOUARD

Dans l'intérêt de tous.

LADY STRAFFORD

Allez !... je suis perdue.

EDOUARD

Vous!

LADY STRAFFORD

Perdue, Edouard!

VARIAMES. 333

EDOUARD

Un complot sans effet Sera sans châtiment.

LAD Y STRAFFORD

Je sais ce que j'ai fait.

EDOUARD

Vous seule.

LADY STRAFFORD

Dans la loi ma sentence est écrite.

EDOUARD

Vain effroi.

LADY STRAFFORD

Je vous dis que ma tête est proscrite. EDOUARD.

Au péril de mes jours je la protégerai ;

Ma demeure est pour vous un refuge assuré.

LADY STRAFFORD

On mV viendra chercher.

On l'osera.

EDOUARD

Ne craignez pas qu'on l'ose !

LADY STRAFFORD

EDOUARD

Jamais.

LADY STRAFFORD

Je suis lady Montrose.

EDOUARD

Grand Dieu!

LADY STRAFFORD

De me sauver aurez-vous le pouvoir ?

EDOUARD

Ah! que m'avez- vous dit! qui? vous ! puisse encor voir La femme dont mon cœur rêvait la noble image , Qu'absente j'honorai d'un si constant hommage , Dans celle...

LADY STRAFFORD

Achevez donc : (\ue vous méprisez.

VARIAiNTES. 33'

>'on , Oh! non : j'ai beau haïr, détester ce faux nom Qui vous a fait descendre et vous devient funeste, Je vous aime encor plus que je ne le déteste.

LADY STRAFFORD

Mais ce nom , j'en suis fière ; il m'honore à mes yeux :

Porté par un martyr, il fut victorieux;

Je l'ai ressuscité; moi , femme, à sa mémoire

J'ai d'un parti déchu rattaché la victoire ;

Et qui donc m'y poussa? mes rois seuls! Ah! crois-moi.

Je l'avoue à ma honte , Edouard , ce fut toi...

Mais soyez libre ; allez ! follement révoltée ,

J'ai cherché ma sentence et je l'ai méritée.

Pensez que c'est justice ; et que ma vie enfin

Ne vaut pas qu'un regret en attriste la fin.

Tout a changé pour moi ; mourir est mon envie :

Je ne suis plus aimée, et n'aime plus la vie.

EDOUARD

Tu l'es encor; ta vie, ah ! c'est la mienne.

LADY STRAFFORD, avec exaltation.

Eh bien!

Défends-la donc pour toi; défends , sauve ton bien. Mon cœur souffre à t'en faire une loi tyrannique , Mais ta victoire enfin est mon refuge unique , Et quelque châtiment qui doive me frapper. C'est par elle, Edouard , que j'y veux échapper. Je n'ajouterai rien, non , rien pour t'y résoudre; Sois mon juge et prononce ; adieu , tu peux m'absoudre ; Tu peux me perdre; à toi jusqu'au dernier moment, Ou je vis pour t'aimer , ou je meurs en t'aimant ; J'attends mon sort. Adieu !

Page 1